Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)

À la fin de la deuxième Guerre mondiale, la famine et la maladie menaçaient les enfants d'Europe. En décembre 1946, les Nations Unies ont créé le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) pour leur fournir une aide d'urgence dans le domaine de la santé.

En 1953, l'Assemblée générale des Nations Unies a reconduit le mandat de l'UNICEF pour une durée illimitée et cette même année, l'agence a lancé avec succès une campagne mondiale contre le pian, une maladie défigurante soignable avec des injections de pénicilline et dont souffraient des millions d'enfants.

Tu n'es qu'un enfant (durée de la vidéo 1:46)

La Déclaration des droits de l'enfant

En 1959, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration des droits de l'enfant, qui énumère les droits de l'enfant en matière d'éducation, de santé et de nutrition.

Éducation

L'aide de l’UNICEF, centrée uniquement pendant plus d'une dizaine d'années sur les questions de santé des enfants, s’est progressivement orientée vers la formation des enseignants et la fourniture de matériel scolaire aux pays qui venaient d’accéder à l’indépendance.

En 1965, l'UNICEF s’est vu décerner le Prix Nobel de la paix à Oslo, en Norvège, pour « la promotion de la fraternité entre les nations ». Aujourd’hui, l’UNICEF travaille dans 190 pays et territoires pour sauver des vies d’enfants, pour défendre leurs droits et pour les aider à réaliser leur potentiel.

Convention relative aux droits de l'enfant

L’UNICEF s’appuie sur les dispositions et les principes de la Convention relative aux droits de l’enfant qui a vu le jour en 1989. La Convention relative aux droits de l’enfant énonce les droits qui doivent être respectés pour que les enfants puissent développer tout leur potentiel, être à l’abri de la faim et du besoin, et être protégés de la négligence et des mauvais traitements. Elle reflète une nouvelle vision de l’enfant : les enfants ne sont pas la propriété de leurs parents, pas plus qu’ils ne sont des bénéficiaires passifs de notre charité.

Depuis la ratification de la Convention, d'importants progrès ont été réalisés, qu’il s’agisse de la baisse de la mortalité infantile, de la hausse du nombre d’élèves scolarisés ou des horizons nouveaux qui s’ouvrent aux filles. Malgré ces avancées globales, il reste beaucoup à faire car de nombreux enfants sont encore laissés pour compte.

La situation des enfants dans le monde

Chaque enfant à un droit à la santé, à l’éducation et à la protection et chaque société a intérêt à accroître les opportunités de chacun dans la vie. Pourtant, à travers le monde, l’égalité des chances n’est pas assurée pour des millions d’enfants, cela sans autre raison que le pays, le sexe ou les circonstances de leur naissance.

Parmi ceux qui vivent avec moins de 1,90 dollar américain par jour dans le monde, près de la moitié sont des enfants. Leurs familles ont bien du mal à accéder aux soins de santé primaire et à la nutrition nécessaire pour leur donner un bon début dans la vie. Ces privations laissent des séquelles tenaces : en 2019, environ 149 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans accusaient un retard de croissance.

Malgré de grands progrès en matière de scolarisation dans plusieurs régions du monde, plus de 175 millions d’enfants, soit près de la moitié des enfants d’âge préscolaire dans le monde, ne sont pas inscrits dans l’enseignement préprimaire, ce qui les prive d’une vraie chance et les expose à de profondes inégalités dès le début de leur vie. Selon l’Institut de statistique de l’UNESCO, six enfants et adolescents sur dix n’acquièrent pas les compétences minimales en lecture et en mathématiques au cours du cycle scolaire. Ce problème est décuplé par les conflits armés, qui sont de plus en plus longs.

Les enfants dans les conflits armés

Il y a plus de vingt ans, le monde s’est engagé à agir pour lutter contre l'utilisation des enfants dans les conflits armés. Depuis, des milliers de garçons et filles ont été libérés suite à la mise en œuvre de plans d'action mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU visant à mettre fin et prévenir le recrutement et l'utilisation des enfants par des forces armées ou des groupes armés. Cependant, il reste encore aujourd’hui beaucoup à faire pour protéger les enfants touchés par un conflit armé.

En 2019, 1, 6 milliard d'enfants (soit 69 pour cent), vivaient dans des pays ou des régions touchés par les conflits armés et environ 426 millions d'enfants (plus d'un enfant sur six) vivaient dans une zone de conflit. 

Des millions d’enfants, dont beaucoup sont des enfants non accompagnés ou séparés de leur famille ont été déplacés par un conflit armé. Ces enfants courent un risque élevé de violations graves commises à l’intérieur et autour des camps ou autres endroits dans lesquels ils avaient cherché refuge. Il est urgent d’agir pour soulager le sort des nombreux enfants actuellement déplacés par un conflit armé et le Secrétaire générale encourage les États Membres à respecter les droits des enfants déplacés et réfugiés et à leur fournir les services d’appui nécessaires.

La violence à l’encontre des enfants

Le droit des enfants à la protection contre toute forme de violence est reconnu par la Convention relative aux droits de l'enfant. Mais ils sont encore un milliard à subir chaque année des actes de violence psychologique, physique ou sexuelle, tandis que toutes les sept minutes un enfant décède à la suite de violences.

La violence contre les enfants a lieu dans tous les contextes, quels que soient la culture, la classe et l’éducation.  Les enfants font l’objet de violences au sein des institutions, à l’école et au foyer. La violence par les pairs est également préoccupante, aussi bien que le harcèlement en ligne. Les enfants victimes de violences vivent dans l'isolement, la solitude et la peur. Ils ne savent pas vers qui se tourner pour demander de l'aide, surtout lorsque l'auteur des violences est un proche. Le sexe, le handicap, la pauvreté, la nationalité ou l'appartenance religieuse de l’enfant peuvent accroître le risque de violence ; les enfants les plus jeunes sont particulièrement vulnérables car ils sont moins à même de la dénoncer ou de demander de l’aide.

En 2006, l'étude des Nations Unies sur la violence à l’encontre des enfants a présenté un ensemble de recommandations pour mettre fin à la violence contre les enfants.  Suite à cette étude, le Secrétaire général de l’ONU a nommé une Représentante spéciale chargée de la question de la violence à l'encontre des enfants pour veiller à ce qu’elles fassent l’objet d’un suivi effectif et pour en surveiller la mise en œuvre.

Des progrès réels ont été accomplis :

  • de nombreux États disposent maintenant d'une loi visant à interdire la violence physique, psychologique et sexuelle et à assurer la protection des enfants victimes ;
  • des campagnes d’information sensibilisent de façon croissante sur l'impact négatif de la violence ;
  • le harcèlement scolaire, la violence sexuelle et des pratiques néfastes contre les enfants font l’objet de mesures importantes.

Nous disposons également de plus de données sur l'ampleur et la nature de la violence à l’encontre des enfants.

Malgres ces progrès significatifs, il reste encore beaucoup à faire. L'inclusion d'une cible spécifique (16.2) au sein du Programe de développement durable à l'horizon 2030 a montré que le monde entier était résolu à mettre fin à toutes les formes de violence à l'encontre des enfants. Nous devons agir de toute urgence afin que cette vision noble devienne une réalité pour chaque enfant.

Les enfants et les objectifs de développement durable

Près de 15 années d’efforts concertés autours des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ont abouti à d’immenses progrès visant à donner à des millions d’enfants un meilleur départ dans la vie.  Au cours de cette période, d'énormes progrès ont été réalisés pour réduire les décès d'enfants évitables, scolariser davantage d'enfants, réduire l'extrême pauvreté et garantir à un plus grand nombre de personnes l'accès à de l'eau potable et à des aliments nutritifs.

Cependant, les progrès ont été inégaux et bon nombre des problèmes les plus urgents pour le monde - notamment la lutte contre les inégalités, la promotion d'une croissance économique inclusive, la protection des enfants contre la violence et la lutte contre les changements climatiques - n'ont pas été suffisamment couverts dans les OMD.

Avec l’adoption, en 2015, des 17 objectifs de développement durable (ODD) par l’Assemblée générale des Nations Unies, les États Membres se sont fixé l’objectif ambitieux de mettre fin à l’extrême pauvreté d’ici 2030. Toutefois, sans efforts concertés d'ici à cette date :

  • Près de 52 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans mourront de maladies qu’on peut largement prévenir ;
  • Les enfants vivant en Afrique subsaharienne seront 16 fois plus affectés que ceux des pays à revenus élevés ; 
  • 90 pour cent des enfants vivants dans l’extrême pauvreté vivront en Afrique subsaharienne ; 
  • Plus de 60 millions d’enfants en âge d'école primaire seront déscolarisés, plus ou moins le même nombre qu’aujourd’hui ;
  • Plus de 150 millions de fillettes auront été mariées avant l'âge de 18 ans d'ici à 2030.

Ces inégalités et dangers violent les droits de ces enfants mais limitent aussi leurs chances de vivre une vie productive et d’offrir plus de perspectives à leurs propres enfants. La perpétration des cycles de désavantages et d’inégalités sont un frein à la stabilité et la sécurité des pays et sociétés.

Les enfants dans le système de l’ONU

Les efforts entrepris en faveur des enfants sont également soutenus par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) qui se focalise sur l’accès à l’éducation ; par l’Organisation internationale du Travail (OIT) qui vise à abolir le travail des mineurs ; par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) qui a un Programme pour les enfants et la jeunesse ; par le Programme alimentaire mondial (PAM) qui développe des initiatives en matière d'alimentation et de santé scolaires, ainsi que par l’Organisation mondiale pour la Santé (OMS) qui protège les enfants à travers ses campagnes pour éliminer et lutter contre les épidémies et les maladies.

Ressources