Selon les estimations publiées par la FAO, le monde n’est plus en voie de mettre un terme à la faim et à la malnutrition sous toutes ses formes d’ici à 2030.

Dans le même temps, la sécurité alimentaire et l'état nutritionnel des populations les plus vulnérables sont susceptibles de se détériorer davantage en raison des répercussions socio-économiques et sanitaires de la pandémie de la maladie à coronavirus (COVID-19). Lire le rapport sur l'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde.

Des efforts exceptionnels sont nécessaires pour contrer et surmonter les effets de la pandémie afin d’accélérer le progrès vers la réalisation de la cible 2.2 des ODD. La transformation des systèmes alimentaires, en fonction du contexte, est essentielle et le rapport en propose six, dont l'intégration de l’action humanitaire, les politiques de développement et la consolidation de la paix, dans les zones touchées par des conflits, le renforcement de la résilience face aux changements climatiques dans l’ensemble du système alimentaire ou encore en intervenant le long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire pour réduire le coût des aliments nutritifs.

L'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2021 (durée de la vidéo 1:36)

Changements sur les marchés alimentaires mondiaux

Au milieu des années 2000, nous avons pu observer la rapidité avec laquelle le marché mondial de l'alimentation pouvait changer. Pendant les deux décennies qui ont précédé l’an 2000, la demande alimentaire mondiale n'avait cessé d'augmenter, face à une série de phénomènes : la croissance de la population mondiale, des récoltes record, l'amélioration des salaires et la diversification des régimes alimentaires. Grâce à cela, les prix des denrées alimentaires étaient en baisse.

Cependant, à partir de 2004, les prix de la plupart des céréales ont commencé à augmenter ; l'augmentation de la production n'a pas pu suivre le rythme supérieur de la croissance de la demande. Les stocks de nourriture se sont épuisés. L'année suivante, en 2005, l'approvisionnement alimentaire a encore été réduit par des récoltes décevantes dans les principaux pays producteurs de denrées alimentaires. En 2006, la production céréalière mondiale avait chuté de 2,1 % et en 2007, les augmentations rapides des prix du pétrole ont entraîné une augmentation des coûts de production des engrais et autres aliments.

Alors que les prix des denrées alimentaires atteignaient des niveaux sans précédent, de nombreux pays ont cherché des moyens de se protéger d'une éventuelle pénurie alimentaire ou d'une augmentation soudaine des prix des denrées alimentaires. En conséquence, plusieurs pays ont imposé des restrictions à l'exportation, tandis que certains des principaux États importateurs ont commencé à acheter des céréales à n'importe quel prix afin de maintenir leurs stocks. Si tout cela ne suffisait pas, la crise économique mondiale de 2008 et 2009 a mis à mal la sécurité alimentaire de nombreux pays.

Une alimentation saine plus abordable

L’édition 2020 du rapport intitulé L'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, affirme qu'une fois les considérations de durabilité prises en compte, un changement global vers des régimes alimentaires sains aiderait à freiner le retour de la faim tout en permettant de réaliser d'énormes économies. Il calcule qu'un tel changement permettrait de compenser presque entièrement les coûts sanitaires d'une mauvaise alimentation, estimés à 1 300 milliards de dollars américains par an en 2030, tandis que le coût social des émissions de gaz à effet de serre lié à l'alimentation, estimé à 1 700 milliards de dollars américains, pourrait être réduit de trois quarts.

Le rapport préconise de transformer les systèmes alimentaires pour réduire le coût des aliments nutritifs et rendre l'alimentation saine plus abordable financièrement. Si les solutions spécifiques diffèrent d'un pays à l'autre, voire à l'intérieur d'un même pays, les réponses globales résident dans des interventions tout au long de la filière alimentaire, dans l'environnement alimentaire et dans l'économie politique qui façonne l'activité commerciale, la dépense publique et l'investissement.

L'étude appelle les gouvernements à :

  • intégrer la nutrition dans leurs stratégies agricoles ;
  • s'efforcer de réduire les facteurs d'augmentation des coûts dans la production, le stockage, le transport, la distribution et la commercialisation des aliments, y compris en réduisant les facteurs d'inefficacité, les pertes et le gaspillage alimentaires ;
  • aider les petits producteurs locaux à cultiver et à vendre des aliments plus nutritifs et à leur garantir un accès aux marchés ;
  • privilégier la nutrition des enfants; à favoriser le changement des comportements par l'éducation et la communication ;
  • intégrer la nutrition dans leurs systèmes de protection sociale et leurs stratégies d'investissement.

Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)

En l'an 2000, 189 pays ont pris des engagements ambitieux destinés à combattre de multiples situations, dont la faim dans le monde. Ces engagements ont débouché sur la formulation de huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Ces OMD sont devenus opérationnels grâce à la définition de cibles et d’indicateurs, qui permettaient de mesurer les progrès accomplis à l'échelle nationale et mondiale, sur une période de référence de 25 ans (de 1990 à 2015).

Le premier objectif comprennait trois cibles différentes : réduire de moitié la pauvreté dans le monde, assurer le plein emploi et la possibilité pour chacun de trouver un travail décent et productif, et réduire de moitié, d’ici à 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim.

Les résultats du rapport 2015 sur les OMD montrent qu’ils ont produit un mouvement anti-pauvreté sans-précédent avec plus de 200 millions de personnes qui ne souffrent plus de la faim depuis 1990. Le rapport montre que le fait de se fixer des objectifs a permis de libérer des millions de personnes de la pauvreté et de la faim, avec des résultats remarquables : la proportion de personnes sous-alimentées dans les régions en développement a baissé de près de moitié ; un enfant sur sept dans le monde souffre d’insuffisance pondérale, contre un sur quatre en 1990.

Cependant, il reste encore beaucoup à faire. Ces efforts seront désormais au coeur des activités menées en vue d'atteindre les objectifs de développement durable.​

Les objectifs de développement durable (ODD)

L'alimentation est un élément clé des objectifs de développement durable (ODD) du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

L'objectif de développement durable n°2 vise à éliminer la faim, à assurer la sécurité alimentaire, à améliorer la nutrition et à promouvoir l’agriculture durable. Les cibles visées par cet objectifs consistent notamment à :

  • Éliminer la faim et faire en sorte que chacun ait accès tout au long de l’année à une alimentation saine, nutritive et suffisante ;
  • Mettre fin à toutes les formes de malnutrition ;
  • Doubler la productivité agricole et les revenus des petits producteurs alimentaires ;
  • Assurer la viabilité des systèmes de production alimentaire ;
  • Accroître l’investissement en faveur de l’infrastructure rurale ;
  • Corriger et prévenir les restrictions et distorsions commerciales sur les marchés agricoles mondiaux ;
  • Adopter des mesures visant à assurer le bon fonctionnement des marchés de denrées alimentaire.

Faits et chiffres sur la faim

  • Restée pratiquement inchangée de 2014 à 2019, la prévalence de la sous-alimentation a augmenté en 2020 et a atteint environ 9,9 % contre 8,4 % un an plus tôt.
  • Selon des estimations, entre 720 et 811 millions de personnes dans le monde étaient confrontées à la faim en 2020.
  • Environ 660 millions de personnes pourraient encore être confrontées à la faim en 2030, en partie en raison des effets durables de la pandémie de COVID-19 sur la sécurité alimentaire mondiale.
  • Sur 768 millions de personnes - nombre total de personnes sous-alimentées en 2020 - , 282 millions vivent en Afrique, 418 millions en Asie et 60 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes.
  • Près d'une personne sur trois dans le monde, soit 2,37 milliards, n'avait pas accès à une alimentation adéquate en 2020, ce qui représente une augmentation de près de 320 millions de personnes en un an.
  • L'écart entre les sexes dans la prévalence de l'insécurité alimentaire modérée ou grave a continué à augmenter au cours de l'année de la pandémie de COVID-19 ; la prévalence de l'insécurité alimentaire modérée ou grave en 2020 était supérieure de 10 pour cent chez les femmes, contre 6 pour cent en 2019.
  • À l'échelle mondiale, 149,2 millions d'enfants de moins de cinq ans, soit 22 pour cent, souffraient de retard de croissance en 2020.

Le défi Faim Zéro

Le Défi Faim Zéro est une initiative mondiale lancée par le Secrétaire général de l'ONU, en 2012, lors de la Conférence sur le développement durable Rio+20. Il offre la vision d’un monde libéré de la faim, capable de répondre à la fois à la demande croissante de nourriture et d’affronter les nouveaux défis environnementaux.  Il repose sur 5 objectifs essentiels :

  • Zéro enfant de moins de 2 ans souffrant d’un retard de croissance ;
  • 100 pour cent d’accès à une alimentation adéquate toute l’année ;
  • Tous les systèmes agroalimentaires sont durables ;
  • 100 pour cent d’augmentation de la productivité des revenus des petits exploitants ;
  • Zéro perte ou zéro gaspillage de produits alimentaires.

L'impact de la COVID-19

La pandémie COVID-19 est une crise sanitaire et humaine qui menace la sécurité alimentaire et la nutrition de millions de personnes à travers le monde. Des centaines de millions de personnes souffraient déjà de la faim et de la malnutrition avant que le virus ne frappe et l’impact de la pandémie perturbe le fonctionnement des systèmes alimentaires et affecte les chaînes d’approvisionnement alimentaire mondiales.

Les niveaux élevés de chômage, la perte de revenus et l’augmentation du coût des denrées alimentaires compliquent l’accès à la nourriture pour un grand nombre de personnes. Les prix des aliments de base ont augmenté dans certains pays, à un moment où les gens ont moins d’argent.

Nous devons nous attaquer aux problèmes que pose cette crise sur le plan de la nutrition et de la sécurité alimentaire. Répondre à la crise nécessite la collaboration de tous les secteurs et de tous les pays, tant pour en atténuer les conséquences immédiates que pour repenser les systèmes alimentaires, afin de permettre à tous d’avoir accès à des aliments sains et de rendre la production et la consommation alimentaires compatibles avec le développement durable.

Les programmes, fonds et institutions spécialisées de l'ONU participant à la sécurité alimentaire

Le Programme alimentaire mondial (PAM)

Le Programme alimentaire mondial (PAM) est la plus grande agence humanitaire qui lutte contre la faim dans le monde. Chaque année, le PAM apporte une assistance à plus de 80 millions de personnes dans près de 80 pays, et répond constamment aux urgences. Le PAM œuvre également pour améliorer la sécurité alimentaire à plus long terme. Pour ce faire, il met au point des programmes qui utilisent la nourriture comme vecteur pour créer des biens productifs, transmettre les connaissances et redynamiser les commerces. Cela permet de renforcer la résilience des individus et des communautés.

Ensemble pour un monde de faim zéro (durée de la vidéo 1:52)

La Banque mondiale

L’investissement dans l’agriculture et le développement rural, afin de soutenir la production alimentaire et la nutrition, fait partie des priorités du Groupe de la Banque mondiale. L’institution collabore avec ses partenaires pour améliorer la sécurité alimentaire et bâtir un système capable de nourrir tous les habitants du monde, où qu’ils vivent et tous les jours. Ses activités portent notamment sur la promotion de techniques agricoles climato-intelligentes et d’actions de restauration des terres agricoles dégradées, le développement de cultures plus résilientes et nutritives et sur l’amélioration du stockage et du transport des aliments pour réduire les pertes.

Quelle est la mission du Groupe de la Banque mondiale ? (durée de la vidéo 1:41)

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

Atteindre la sécurité alimentaire pour tous est au cœur des efforts menés par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) – en veillant à ce que les êtres humains aient un accès régulier et suffisant à une nourriture de bonne qualité leur permettant de mener une vie saine et active. Ses trois principaux objectifs sont les suivants : contribuer à éradiquer la faim, l'insécurité alimentaire et la malnutrition; éliminer la pauvreté et favoriser le progrès social et économique pour tous; et gérer et utiliser de manière durable les ressources naturelles, y compris la terre, l’eau, l’air, le climat et les ressources génétiques, au profit des générations présentes et futures. La FAO joue également un rôle déterminant dans la compilation, le traitement et la diffusion mondiale des statistiques concernant l’alimentation et l’agriculture, et publie notamment l'Indice des prix des produits alimentaires, qui mesure la variation mensuelle des cours internationaux d'un panier de denrées alimentaires.

75e anniversaire de la FAO (durée de la vidéo 2:19)

Le Fonds international de développement agricole (FIDA)

Le Fonds international de développement agricole (FIDA) veille à ce que les populations rurales pauvres acquièrent les compétences et s'organisent pour profiter et avoir un meilleur accès aux ressources naturelles, aux technologies agricoles et à des opportunités pour le développement rural. Il travaille avec les populations rurales pauvres, les gouvernements, les donateurs, les organisations non gouvernementales et de nombreux autres partenaires, en mettant l'accent sur des solutions spécifiques à chaque pays. Tous les projets et les programmes du FIDA sont liés à l'alimentation et à la sécurité alimentaire. Au cours des trois dernières décennies, le FIDA a apporté son appui à près de 400 millions de femmes et d'hommes qui vivent dans la pauvreté dans les zones rurales.

Nous faisons la différence (durée de la vidéo 8:57)

Ressources