L’électronucléaire au XXIe siècle (durée de la vidéo 5:22)

L’histoire des Nations Unies est liée à celle de l’ère nucléaire. L’horreur de la Seconde Guerre mondiale et des bombardements de Nagasaki et d’Hiroshima, en août 1945, a démontré la nécessité d’une action collective dans le domaine du nucléaire. La première résolution adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU, le 24 janvier 1946, décide de créer une Commission qui traitera des problèmes soulevés par la découverte de l’énergie atomique et d’autres questions connexes.

En 1953, dans un discours historique prononcé devant l’Assemblée générale et connu sous le nom de « L’atome au service de la paix », le président des États-Unis, Dwight D. Eisenhower, exhortera la communauté internationale à considérer une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. Dans un contexte de guerre froide, il proposera également pour la première fois la création d’une agence internationale de l’énergie atomique, qui verra le jour en 1957.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est un organisme indépendant qui travaille avec les États Membres et de nombreux autres partenaires afin de promouvoir une utilisation pacifique, sûre et en toute sécurité de l’énergie nucléaire. En 1957, les Nations Unies et l’AIEA ont signé un accord qui établit leurs relations conformément au Statut de l’agence. Dans l’exercice de ses fonctions, l’AIEA « agit selon les buts et principes adoptés par les Nations Unies en vue de favoriser la paix et la coopération internationales, conformément à la politique suivie par les Nations Unies en vue de réaliser un désarmement universel garanti et conformément à tout accord international conclu en application de cette politique ».

L’énergie nucléaire en chiffres

En 2021, le parc nucléaire mondial comptait 443 réacteurs nucléaires répartis dans 32 pays, tandis que 55 nouveaux réacteurs étaient en construction, selon les données de l’AIEA. Fin 2018, 13 pays comptaient sur l'énergie nucléaire pour fournir au moins un quart de leur électricité. En France, en Slovaquie et en Ukraine, l'énergie nucléaire représente plus de la moitié de la production totale d'électricité.

La sécurité nucléaire

La sécurité nucléaire relève de la responsabilité de chaque État qui utilise la technologie nucléaire sur son territoire.  Par l'intermédiaire de son Département de la sûreté et de la sécurité nucléaires, l'AIEA s'efforce de fournir un cadre mondial de sûreté et de sécurité nucléaires solide, durable et visible pour la protection des personnes, de la société et de l'environnement.  Ce cadre prévoit l'élaboration et l'application harmonisées de normes, de lignes directrices et d'exigences en matière de sûreté et de sécurité ; mais il n'a pas pour mandat de faire appliquer les normes de sécurité dans un pays.

Tchernobyl

En 1986, la catastrophe nucléaire survenue à la centrale nucléaire de Tchernobyl a été provoquée par un ensemble de défaillances au niveau de la conception du réacteur et de la part de ses opérateurs.

Au cours des quatre années qui ont suivi l'accident de Tchernobyl, les autorités soviétiques ont décidé de faire face aux conséquences de l'explosion au niveau national. Sans soutien soviétique, l'Organisation des Nations Unies et ses partenaires ont cherché des moyens de fournir une aide d'urgence, notamment en évaluant la sûreté nucléaire et les conditions environnementales de la zone contaminée, et en diagnostiquant les diverses pathologies liées à cet accident.

Après Tchernobyl, la coopération internationale en matière de sûreté nucléaire a été considérablement renforcée : quatre conventions internationales de sûreté, deux codes de conduite, des principes fondamentaux de sûreté et un ensemble de normes de sûreté de l'AIEA mondialement reconnues ont été élaborés et adoptés. Les normes de sûreté de l'AIEA reflètent un consensus international relatif au niveau de sécurité nécessaire pour protéger les personnes et l'environnement contre les effets nocifs des rayonnements ionisants.

Fukushima

En mars 2011, le Japon a été frappé par un tremblement de terre de magnitude 9, suivi d'un tsunami dévastateur dans l'est du pays. L'accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi à la suite du tsunami est le plus grave enregistré depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Des matières radioactives ont été libérées dans l’air et des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées. Les capacités du Centre des incidents et des urgences de l'AIEA ont immédiatement été déployées : une équipe d’experts en sûreté nucléaire, en intervention d'urgence et en radioprotection a été mise à disposition.  Le Centre a recueilli et analysé des données et fourni des mises à jour régulières aux États Membres de l'AIEA, aux organisations internationales, aux médias et au public.

Trois mois après la catastrophe, l’AIEA a organisé à Vienne une Conférence ministérielle sur la sûreté nucléaire, au cours de laquelle les États Membres ont réaffirmé leur plein appui au Plan d’action de l’AIEA adopté en septembre 2011 et qui montre la voie à suivre pour l'établissement d'un cadre efficace et fiable de coopération internationale pour la sûreté nucléaire dans le monde.

La non-prolifération des armes nucléaires

Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) est un traité multilatéral qui est entré en vigueur en 1970. L’une de ses dispositions est de de créer des garanties pour faire en sorte que les produits fissiles spéciaux fabriqués ou utilisés dans les installations nucléaires des États non dotés d'armes nucléaires servent uniquement à des fins pacifiques. Ces garanties sont gérées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui peut mener des visites dans les installations contenant des matières passibles de contrôles.

Dans les années 90, les inspecteurs de l’AIEA ont découvert en Iraq un programme clandestin d’armement nucléaire. En 2005, le Comité Nobel norvégien a décidé d’attribuer à l’AIEA et à son Directeur général de l’époque, Mohamed ElBaradei, le Prix Nobel de la paix « pour leurs efforts visant à empêcher l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins militaires et pour que l’énergie nucléaire à des fins civiles soit utilisée de la façon la plus sûre possible. »

La Conférence du désarmement des Nations Unies

La Conférence du désarmement, seul forum de négociation multilatéral sur les questions de désarmement, a négocié le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), qui a été adopté en 1996. Le Bureau des affaires de désarmement œuvre pour le désarmement nucléaire et la non-prolifération. Le Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique a négocié les Principes de sources d’énergie nucléaires dans l’espace en 1992. Le Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets de rayonnement ionisants (UNSCEAR) présente des rapports à l’Assemblée générale et évalue les niveaux et les effets des rayonnements ionisants au niveau mondial, de même qu’il fournit une base scientifique pour la radioprotection.

Terrorisme nucléaire

Pour prévenir les dangers du terrorisme nucléaire, les Nations Unies ont également adopté la Convention sur la protection physique des matières nucléaires, en 1980, à Vienne en Autriche, ainsi que la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire, en 2005.

Des zones exemptes d’armes nucléaires

Les contrôles régionaux des armes nucléaires ont pris la forme de zones exemptes d'armes nucléaires, qui visent à œuvrer pour la non-prolifération et le désarmement nucléaires dans des zones géographiques définies en vue de renforcer la paix et la sécurité internationales. L’Article VII du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) stipule, en effet, que « aucune clause du présent Traité ne porte atteinte au droit d'un groupe quelconque d'Etats de conclure des traités régionaux de façon à assurer l'absence totale d'armes nucléaires sur leurs territoires respectifs ».

Traités sur une zone exempte d’armes nucléaires

Plusieurs zones exemptes d’armes nucléaires ont été créées en vertu de traités :

Ressources