Photo montage de femmes au Viet Nam et au Sahara occidental.
Selon l'UNFPA, les interruptions des programmes de planification familiale ont eu un impact sur environ 12 millions de femmes. Femmes au Sahara occidental (à g.) ; des femmes de la tribu "Flower Hmong" au Viet Nam vendent du riz sur un marché (à d.).
Photo :ONU / Martine Perret (à gauche) | ONU / Kibae Park (à droite)

Les droits et les choix sont la solution : en cas de baby-boom, influer sur les taux de fécondité ne peut se faire qu’en faisant des droits et de la santé reproductive de tou·te·s une priorité

Alors que nous vivons la deuxième année de la pandémie de COVID-19, nous sommes dans une période incertaine où certaines parties du monde commencent à émerger des graves difficultés provoquées par cette crise, tandis que d’autres sont toujours aux prises avec le coronavirus alors que l’accès aux vaccins reste lointain, provoquant énormément de décès.

La pandémie a affaibli les systèmes de santé, notamment dans le domaine de la santé sexuelle et procréative. Alors que celles et ceux qui ont accès à ces services retardent habituellement les grossesses en cas d’incertitude économique ou de crise, on estime que les perturbations dans les livraisons de contraceptifs ainsi que les confinements vont provoquer une augmentation sensible des grossesses non planifiées chez les plus vulnérables. Selon une étude de l’UNFPA datant de mars dernier, 12 millions de femmes ont subi des perturbations dans leurs services de planification familiale.

La crise a également mis en lumière et accentué les inégalités de genre : la violence basée sur le genre s’est accrue pendant les confinements, tout comme le risque de mariage d’enfants et de mutilations génitales féminines, alors que les programmes destinés à éliminer ces pratiques néfastes ont été perturbés eux aussi. De très nombreuses femmes ont quitté leur travail, soit parce que leurs emplois (souvent mal payés) ont disparu, soit parce que leur responsabilité d’aidantes envers leurs enfants désormais scolarisés à distance ou envers des personnes âgées ont augmenté. Cela a déstabilisé leurs finances à court et long terme.

Dans ce contexte, beaucoup de pays s’inquiètent d’un changement dans les taux de fécondité. Au cours de l’histoire, ce type de position alarmiste a souvent donné lieu à l’abrogation de certains droits fondamentaux. Dans les régions où la population augmente, on a vu la mise en place de politiques néfastes comme la contraception ou la stérilisation forcée. Dans d’autres, l’accès à la contraception a pu être restreint.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) déconseille vivement toute réponse politique réactionnaire, qui peut avoir des conséquences terribles lorsqu’elle viole les droits, la santé et le choix des personnes concernées. L’agence des Nations Unies défend au contraire la nécessité de donner la priorité aux droits et à la santé procréative de toutes et tous, en garantissant l’accès à l’information et aux services, y compris en cas de bouleversement démographique ou de changement de tendance dans la fécondité. 

 

Des jeunes femmes

Tableau de bord de la population mondiale

Le tableau de bord de la population mondiale présente des données sur le taux de fécondité, la parité entre les sexes dans la scolarisation, des informations sur la santé sexuelle et reproductive, et bien plus encore. Ensemble, ces données mettent en lumière la santé et les droits des personnes dans le monde, en particulier des femmes et des filles. Les chiffres présentés fournis par l'UNFPA et d'autres agences des Nations Unies sont mis à jour chaque année.

Tendances démographiques

Il a fallu des centaines de milliers d'années pour que la population mondiale atteigne 1 milliard d'habitants, mais seulement 200 ans pour être multipliée par sept. En 2011, la population mondiale a franchi la barre des 7 milliards d'individus, et elle devrait atteindre 9 milliards d'ici à 2050.

Cette croissance spectaculaire est en grande partie imputable à l'augmentation du nombre d'individus en âge de procréer, et s'est accompagnée d'une évolution marquante des taux de fécondité, d'une urbanisation grandissante et d'une accélération des migrations. Ces tendances auront d'importantes répercussions sur les générations à venir.

D'énormes changements se sont produits récemment en ce qui concerne les taux de fécondité et l'espérance de vie. Au début des années 1970, chaque femme avait en moyenne 4,5 enfants. En 2014, le taux de fécondité au niveau mondial a chuté à environ 2,5 enfants par femme.

Parallèlement, l'espérance de vie globale moyenne a augmenté, passant de 64,8 ans au début des années 1990 à 70 ans aujourd'hui. De plus, le monde est confronté à des taux d'urbanisation élevés et à une accélération des flux migratoires. L'année 2007 a été la première année marquée par une prévalence de la population urbaine par rapport à la population rurale, et d'ici à 2050, environ 66 % de la population mondiale vivra dans des villes.

Ces mégatendances ont de lourdes implications. Elles ont des conséquences sur le développement économique, l'emploi, la répartition des revenus, la pauvreté et les protections sociales. Elles ont également une incidence sur les initiatives visant à garantir l'accès universel aux soins de santé, à l'éducation, au logement, à l'assainissement, à l'eau, à l'alimentation et à l'énergie. Afin de répondre plus durablement aux besoins des individus, les responsables politiques doivent comprendre comment de nombreuses personnes vivent sur la planète, où elles se trouvent, quel âge elles ont, et combien de personnes leur succéderont.

En 1950, soit cinq ans après la création de l’ONU, la population mondiale était estimée à près de 2,6 milliards de personnes. En octobre 2011, le chiffre de 7 milliards de personnes sur notre planète avait été franchi. Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a marqué ce tournant en pilotant une campagne innovante, « 7 milliards d’actions », qui mettait l'accent sur les défis, les possibilités et les actions nécessaires à notre avenir commun sur la Terre. Selon les projections, la population mondiale devrait augmenter de 2 milliards de personnes au cours des trente prochaines années, passant à 9,7 milliards en 2050. 

Nous avons le droit inaliénable de choisir ce que nous faisons de notre corps, de le protéger, d’en prendre soin et de nous exprimer à travers lui comme bon nous semble. Notre qualité de vie en dépend. Notre vie elle‑même en dépend.  Le droit à disposer de notre corps signifie que nous avons le pouvoir et les moyens de faire des choix, sans avoir à craindre des violences ou l’intervention d’autrui pour décider à notre place. Cela signifie être capable de décider si, quand et avec qui nous souhaitons avoir des relations sexuelles. Cela signifie décider par soi‑même si et quand l’on veut avoir un enfant. Cela signifie être libre d’aller chez le médecin quand nous en éprouvons le besoin.

A crowd of women sitting and laughing

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.