Photo d'une famille nombreuse en Afrique.
Mura (deuxième à droite) et sa famille, à Afar, en Ethiopie. Le père de Mura soutient l'abandon des mutilations génitales féminines et protège ses filles contre cette pratique.
Photo :UNFPA/Luca Zordan

Mettre fin aux mutilations génitales féminines d'ici à 2030

 

Les mutilations génitales féminines (MGF) recouvrent l'ensemble des interventions qui consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales. Elles sont considérées au niveau international comme étant une violation des droits humains des femmes et des filles, notamment de leurs droits à la santé, à la sécurité et à l'intégrité physique, ainsi que de leur droit à la vie lorsque ces pratiques ont des conséquences mortelles.

Les filles qui subissent des mutilations génitales féminines font face à des complications à court terme, telles que des douleurs intenses, des saignements excessifs, des infections et des difficultés à uriner, ainsi qu'à des conséquences à plus long terme pour leur santé sexuelle et reproductive et leur santé mentale.

Bien que principalement concentrée dans 30 pays d'Afrique et du Moyen-Orient, la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) est un problème universel. Elle persiste également dans certains pays d'Asie et d'Amérique latine, ainsi que parmi les populations immigrées vivant en Europe occidentale, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Les effets de la maladie à coronavirus (COVID-19)

En raison de la pandémie de COVID-19, la réalisation des objectifs de développement durable (ODD), notamment en ce qui concerne l’élimination des mutilations génitales féminines d’ici à 2030, sera compromise et deux millions de cas supplémentaires de mutilations génitales féminines devront être évités, estime le programme conjoint du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) sur l’élimination des mutilations génitales féminines.

Pour promouvoir l'élimination des MGF, des efforts coordonnés et systématiques, impliquant l'ensemble d'une communauté, sont nécessaires. Ils doivent être axés sur les droits humains, l'égalité entre les sexes, l'éducation sexuelle et porter une attention particulière aux besoins des femmes et des filles ayant subi de telles pratiques.

« Le temps de l’inaction mondiale est révolu : Unissons-nous, Finançons, Agissons pour mettre fin aux mutilations génitales féminines »

En 2012, l'Assemblée générale des Nations Unies a désigné le 6 février Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF) afin d’intensifier l’action mondiale visant à éliminer cette pratique.

En 2021, le Programme conjoint UNFPA-UNICEF pour l’élimination des mutilations génitales féminines « Accélérer le changement » et le Comité inter-africain sur les pratiques traditionnelles néfastes (IAC) présentent ensemble le thème de la Journée internationale de la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines  :

  • Unissons-nous pour transformer les normes sociales néfastes;
  • Finançons des approches novatrices et celles qui se sont montrées efficaces;
  • Agissons pour mettre fin aux mutilations génitales féminines à l'horizon 2030.

La journée a été célébrée sur les réseaux sociaux avec le hashtag #Act2EndFGM !

L'ONU dans la lutte contre les MGF

Bien qu’il s’agisse d’une pratique millénaire, il y a des raisons de penser que nous pouvons mettre fin aux mutilations génitales féminines en une seule génération. C'est pourquoi l'ONU intensifie ses efforts afin de pouvoir éliminer complètement cette pratique d'ici à 2030, conformément à l'esprit de l'Objectif de développement durable 5 : égalité entre les sexes.

Depuis 2008, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), conjointement avec l'UNICEF, dirige le plus grand programme mondial visant à accélérer l'élimination des mutilations génitales féminines. Le programme se concentre actuellement sur 17 pays d'Afrique et du Moyen-Orient et soutient également des initiatives régionales et mondiales.

Au fil des ans, ce partenariat a permis d'importantes réalisations. Par exemple, plus de 2,8 millions de personnes dans 3 362 communautés ont participé à des déclarations publiques d'élimination des MGF. Le nombre de communautés ayant mis en place des structures de surveillance pour les filles exposées au risque de MGF a doublé par rapport à 2018.

 

Le saviez-vous ?

  • Plus de 200 millions de femmes et de jeunes filles ont subi des mutilations génitales, et au moins 4 millions de jeunes filles sont exposées à cette pratique chaque année.
  • L'UNFPA estime qu'il est possible que surviennent d'ici à 2030, 2 millions de cas de mutilation génitale féminine qui auraient pu être évités sans cette pandémie.
  • Les 30 pays où les mutilations génitales féminines sont les plus répandues, ont une population très jeune, dont au moins 30 % sont des jeunes filles de moins de 15 ans.
  • Selon une étude de l'UNFPA (réalisée avant la pandémie de COVID-19), le coût de la prévention des mutilations génitales féminines est aujourd'hui de 95 dollars américains par fille.
  • Environ 1 femme ou jeune fille sur 4 - soit 52 millions dans le monde - a subi des mutilations génitales féminines pratiquées par un prestataire de services de santé.

« Une partie de moi » est un film produit dans le cadre d'une campagne du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et réalisé par Sara Elgamal dans le désert de l'Afar, en Éthiopie. Il met en lumière les récits poignats de trois femmes ayant survécu à des mutilations génitales féminines (MGF) : Zahra, Abida et Khadija. Ce film rend hommage à leur combat pour mettre fin à cette pratique au sein des communautés et donner de l'espoir aux générations futures.

 

A crowd of women sitting and laughing

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.