Photo de Abida et son fils.
Photo :UNFPA
Abida et son fils vivent à Afar, en Éthiopie. À Afar, le Programme commun UNFPA-UNICEF pour l'élimination des mutilations génitales féminines a permis, en coordination avec la communauté, de réduire fortement ces pratiques néfastes, qui ont chuté de 31% dans certains districts. Photo : Sara Elgamal pour l'UNFPA

Mettre fin aux mutilations génitales féminines d'ici à 2030

 

Les mutilations génitales féminines (MGF) recouvrent l'ensemble des interventions qui consistent à altérer ou à léser les organes génitaux de la femme pour des raisons non médicales. Elles sont considérées au niveau international comme étant une violation des droits humains des femmes et des filles, notamment de leurs droits à la santé, à la sécurité et à l'intégrité physique, ainsi que de leur droit à la vie lorsque ces pratiques ont des conséquences mortelles.

Les filles qui subissent des mutilations génitales féminines font face à des complications à court terme, telles que des douleurs intenses, des saignements excessifs, des infections et des difficultés à uriner, ainsi qu'à des conséquences à plus long terme pour leur santé sexuelle et reproductive et leur santé mentale.

Bien que principalement concentrée dans 30 pays d'Afrique et du Moyen-Orient, la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) est un problème universel. Elle persiste également dans certains pays d'Asie et d'Amérique latine, ainsi que parmi les populations immigrées vivant en Europe occidentale, en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Pour promouvoir l'élimination des MGF, des efforts coordonnés et systématiques, impliquant l'ensemble d'une communauté, sont nécessaires. Ils doivent être axés sur les droits humains, l'égalité entre les sexes, l'éducation sexuelle et porter une attention particulière aux besoins des femmes et des filles ayant subi de telles pratiques.

« Libérer le pouvoir de la jeunesse : une décennie d'accélération des efforts pour zéro mutilations génitales féminines »

En 2012, l'Assemblée générale des Nations Unies a désigné le 6 février Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF) afin d’intensifier l’action mondiale visant à éliminer cette pratique.

Mettre fin aux MGF en une décennie exigera le soutien de tous. Avec une croissance démographique importante en particulier chez les jeunes, impliquer la jeunesse dans la lutte contre les MGF devient indispensable. C'est pourquoi la journée internationale 2020 s'est concentrée sur la mobilisation des jeunes autour de l'élimination de ces pratiques néfastes, sous le thème : « Libérer le pouvoir de la jeunesse : une décennie d'accélération des efforts pour zéro mutilations génitales féminines ».

L'ONU dans la lutte contre les MGF

Bien qu’il s’agisse d’une pratique millénaire, il y a des raisons de penser que nous pouvons mettre fin aux mutilations génitales féminines en une seule génération. C'est pourquoi l'ONU intensifie ses efforts afin de pouvoir éliminer complètement cette pratique d'ici à 2030, conformément à l'esprit de l'Objectif de développement durable 5 : égalité entre les sexes.

Depuis 2008, le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), conjointement avec l'UNICEF, dirige le plus grand programme mondial visant à accélérer l'élimination des mutilations génitales féminines. Le programme se concentre actuellement sur 17 pays d'Afrique et du Moyen-Orient et soutient également des initiatives régionales et mondiales.

Au fil des ans, ce partenariat a permis d'importantes réalisations. Par exemple, plus de 3,3 millions de filles et de femmes ont bénéficié de services de protection et de soins liés aux mutilations génitales féminines et 13 pays ont pu mettre en place un cadre juridique visant à interdire cette pratique, ainsi que des plans d'action pour financer des programmes devant contribuer à l'élimination des MGF.

#EndFGM #YouthEndFGM  

Ensemble, nous pouvons éliminer les mutilations génitales féminines d’ici 2030. Notre action aura des retombées positives sur la santé, l’éducation et la promotion économique des filles et des femmes. »

Message du Secrétaire général, António Guterres

Le saviez-vous ?

  • En 2020, 4,1 millions de filles dans le monde risquent de subir des mutilations génitales féminines.
  • Selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), le coût pour prévenir les mutilations génitales féminines s’élève à 95 dollars par fille aujourd'hui.
  • Les 30 pays où les mutilations génitales féminines sont les plus répandues, ont une population très jeune, dont au moins 30% sont des jeunes filles de moins de 15 ans.
  • Dans les pays où prévalent encore les mutilations génitales féminines, ces pratiques sont désormais de moins en moins acceptées chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans, contrairement aux adultes âgés de 45 à 49 ans. Par conséquence, les nouvelles générations ont aujourd’hui généralement plus de chances de grandir sans MGF par rapport à leurs parents.

« Une partie de moi » est un film produit dans le cadre d'une campagne du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et réalisé par Sara Elgamal dans le désert de l'Afar, en Éthiopie. Il met en lumière les récits poignats de trois femmes ayant survécu à des mutilations génitales féminines (MGF) : Zahra, Abida et Khadija. Ce film rend hommage à leur combat pour mettre fin à cette pratique au sein des communautés et donner de l'espoir aux générations futures.

 

 Illustration : perspective du bâtiment du Secrétariat de l‘ONU et titre, les journées internationales.

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.