Objectif 5 : Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles

Objectif 5 : Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles2020-07-02T09:49:57-04:00

L’égalité des sexes n’est pas seulement un droit fondamental à la personne, elle est aussi un fondement nécessaire pour l’instauration d’un monde pacifique, prospère et durable.

Des progrès ont été réalisés au cours des dernières décennies. Davantage de filles sont scolarisées, moins de filles sont contraintes de se marier précocement, davantage de femmes siègent dans les parlements et occupent des postes de direction, et les lois sont réformées afin de faire progresser l’égalité des sexes.

En dépit de ces avancées, de nombreux défis subsistent : les lois et les normes sociales discriminatoires restent omniprésentes ; les femmes restent sous-représentées à tous les niveaux du pouvoir politique ; et, 20 % des femmes et des filles âgées de 15 à 49 ans ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime sur une période de 12 mois.

Avec la propagation de la pandémie de COVID-19, même les progrès limités obtenus en matière d’égalité des sexes et de droits des femmes pourraient être réduits à néant. La COVID-19 creuse des inégalités déjà existantes dont souffrent les femmes et les filles dans tous les domaines, de la santé à l’économie, en passant par la sécurité et la protection sociale.

Par ailleurs, les femmes remplissent un rôle prépondérant dans la lutte contre le virus, notamment en tant que travailleuses de santé de première ligne et en tant que dispensatrices de soins au sein des familles. La charge des soins non rémunérés s’est accrue : les enfants ne vont plus à l’école et les personnes âgées ont besoin d’aide plus que jamais. Les femmes sont également plus durement touchées par les conséquences économiques de la COVID-19, car elles occupent plus souvent des emplois moins sûrs que les hommes. Près de 60 % des femmes travaillent dans le secteur informel, ce qui les rend plus susceptibles de sombrer dans la pauvreté.

La pandémie a également entraîné une forte augmentation de la violence à l’égard des femmes et des filles. En raison des mesures de confinement prises par les administrations, de nombreuses femmes sont forcées de se confiner chez elles avec leur agresseur. Or, les services qui sont censés leur apporter une aide sont perturbés ou inaccessibles. Selon les nouvelles données disponibles, depuis le début de la pandémie, la violence faite aux femmes et aux filles, et en particulier la violence domestique, s’accroît.

COVID-19 riposte

« Avec la propagation de la pandémie de COVID-19, même les gains limités réalisés au cours des dernières décennies risquent d’être annulés », a averti le Secrétaire général de l’ONU en avril 2020, avant d’appeler les gouvernement à placer les femmes et les filles au cœur de leurs efforts dans la planification du relèvement.

Les plus touchées par cette pandémie, les femmes seront aussi l’épine dorsale du relèvement dans les communautés.

Fondamentalement, c’est en donnant aux femmes et aux filles une place centrale dans les économies qu’on obtiendra des résultats meilleurs et plus durables pour toutes et tous en matière de développement, qu’on accélérera la reprise et qu’on retrouvera la dynamique nécessaire à la réalisation des objectifs de développement durable.

Chaque plan d’action face à la COVID-19, chaque plan de relance et de budgétisation des ressources doit tenir compte de l’impact de cette pandémie sur les femmes, en visant à : 1) inclure les femmes et les organisations de femmes au cœur de toute action relative à la COVID-19 ; 2) remédier aux inégalités associées aux soins non rémunérés, en créant une économie des soins inclusive qui bénéficie à toutes les parties prenantes ; 3) concevoir des plans socio-économiques résolument axés sur la vie et l’avenir des femmes et des filles.

ONU-Femmes a mis en œuvre une réponse rapide et ciblée visant à atténuer l’incidence de la crise de la COVID-19 sur les femmes et les filles et à garantir qu’elles bénéficient des mesures de relèvement à long terme. La réponse d’ONU-Femmes se concentre sur cinq priorités :

  1. Atténuer et lutter contre la violence basée sur le genre, y compris la violence domestique
  2. Élaborer des plans de protection sociale et de relance économique bénéficiant aux femmes et aux filles
  3. Veiller à ce que les populations soutiennent et appliquent un partage équilibré de la charge de travail en matière de soins
  4. Veiller à ce que les femmes et les filles dirigent et participent à la planification des interventions et à la prise de décisions s’agissant de la COVID-19
  5. Tenir compte des questions de genre dans les données et les mécanismes de coordination

La pandémie de COVID-19 offre l’occasion de prendre des mesures radicales et positives pour remédier à des inégalités qui affectent de nombreux domaines de la vie des femmes depuis longtemps, mais également de construire un monde plus juste et plus résilient.

  • On estime qu’à l’heure actuelle, 750 millions de femmes et de filles dans le monde ont été mariées avant l’âge de 18 ans. Au moins 200 millions de filles et de femmes actuellement en vie ont subi des mutilations génitales féminines dans les 30 pays disposant de données représentatives.
  • Une femme sur cinq, dont 19% des femmes âgées de 15 à 49 ans, ont subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ou des violences sexuelles de la part d’une autre personne. Pourtant, 49 pays ne disposent toujours pas de lois protégeant les femmes contre la violence domestique
  • Environ les deux tiers des pays des régions en développement ont atteint l’égalité des sexes dans l’enseignement primaire
  • Alors que les femmes ont beaucoup progressé dans les fonctions politiques à travers le monde, leur représentation dans les parlements nationaux (23,7%) est encore loin de la parité.
  • Seulement 52 pour cent des femmes mariées ou vivant en concubinage prennent librement leurs propres décisions concernant les rapports sexuels, l’utilisation de moyens de contraception et les soins de santé.
  • À l’échelle mondiale, les femmes ne représentent que 13% des propriétaires de terres agricoles.
  • Plus de 100 pays ont pris des mesures pour suivre les allocations budgétaires en faveur de l’égalité des sexes.
  • En Afrique du Nord, les femmes représentent moins de 20% de l’emploi salarié dans le secteur non agricole. Dans le reste du monde, la proportion de femmes dans l’emploi salarié hors secteur agricole a augmenté de 35% en 1990 à 41% en 2015
  • Dans 46 pays, les femmes occupent aujourd’hui plus de 30 % des sièges dans au moins une chambre du Parlement national
  • En Asie du Sud, le risque de se marier chez l’enfant a diminué de plus de 40% depuis 2000.
  • Les taux de mutilations génitales féminines chez les filles âgées de 15 à 19 ans dans les 30 pays où la pratique est concentrée sont passés de 1 fille sur 2 en 2000 à 1 fille sur 3 en 2017.

5.1 Mettre fin, dans le monde entier, à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et des filles

5.2 Éliminer de la vie publique et de la vie privée toutes les formes de violence faite aux femmes et aux filles, y compris la traite et l’exploitation sexuelle et d’autres types d’exploitation

5.3 Éliminer toutes les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et la mutilation génitale féminine

5.4 Faire une place aux soins et travaux domestiques non rémunérés et les valoriser, par l’apport de services publics, d’infrastructures et de politiques de protection sociale et la promotion du partage des responsabilités dans le ménage et la famille, en fonction du contexte national

5.5 Garantir la participation entière et effective des femmes et leur accès en toute égalité aux fonctions de direction à tous les niveaux de décision, dans la vie politique, économique et publique

5.6 Assurer l’accès de tous aux soins de santé sexuelle et procréative et faire en sorte que chacun puisse exercer ses droits en matière de procréation, ainsi qu’il a été décidé dans le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement et le Programme d’action de Beijing et les documents finaux des conférences d’examen qui ont suivi

5.a Entreprendre des réformes visant à donner aux femmes les mêmes droits aux ressources économiques, ainsi qu’à l’accès à la propriété et au contrôle des terres et d’autres formes de propriété, aux services financiers, à l’héritage et aux ressources naturelles, dans le respect du droit interne

5.b Renforcer l’utilisation des technologies clefs, en particulier l’informatique et les communications, pour promouvoir l’autonomisation des femmes

5.c Adopter des politiques bien conçues et des dispositions législatives applicables en faveur de la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation de toutes les femmes et de toutes les filles à tous les niveaux et renforcer celles qui existent

Égalité des sexes : pourquoi est-ce important ? [PDF]
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