Une femme avec un masque regarde vers l'objectif de la caméra.
Beatriz Sebastião, 28 ans, une patiente souffrant d'une fistule à l'hôpital de district de Mocuba, province de Zambezia, au Mozambique, le 18 novembre 2020.
Photo :UNFPA Mozambique.

Les droits des femmes sont des droits humains. Mettons fin à la fistule obstétricale !

La fistule obstétricale est l’une des lésions les plus graves et les plus dangereuses susceptibles de survenir lors d’un accouchement. Il s’agit d’une perforation entre le vagin et la vessie ou le rectum, due à un arrêt prolongé du travail en l’absence de soins obstétricaux. Elle provoque une fuite d’urine et/ou de matières fécales par le vagin, et entraîne à plus long terme des problèmes médicaux chroniques. Les femmes qui en souffrent sont souvent condamnées à la dépression, à l’isolement social et à une aggravation de la pauvreté.

Ce problème peut être évité grâce à une assistance médicale adéquate et sa survenue constitue une violation des droits humains et un rappel des inégalités flagrantes.

Le thème de cette année - « Les droits des femmes sont des droits humains ! Nous devons éliminer la fistule obstétricale maintenant ! - » Nous ne devons pas laisser le hasard décider de qui survit et de qui doit souffrir d’une blessure si terrible. Chacune mérite une vie digne, et cette journée sert à nous rappeler cette promesse que nous avons faite de la garantir pour toutes et tous. 

Nous devons mettre un terme à la fistule obstétricale, car il s'agit d'une étape essentielle pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) et réaliser la promesse de la Déclaration et de la programme d'action de Pékin ainsi que du Programme d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement. Les deux plans sont orientés vers la lutte pour les droits des femmes, y compris la santé sexuelle et reproductive. 

Afin d'atteindre cet objectif, le Fonds des Nations unies pour la population a lancé un manuel actualisé qui constitue une ressource cruciale et un guide sur la voie de la santé, de l'égalité des sexes et des droits de l'homme pour tous.  

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Voix de femmes

Sur le plan des droits fondamentaux, la persistance de la fistule obstétricale est une tragédie mais l’espoir persiste. De nombreuses femmes, à travers le monde, contribuent aux efforts de prévention et à l’élimination de la fistule obstétricale.

Mettre fin à la fistule obstétricale d'ici à 2030

En 2020, le compte à rebours a commencé pour atteindre l'objectif d'éliminer la fistule obstétricale d'ici 2030, comme le reflète le dernier rapport du Secrétaire général. Ce rapport fournit des données ainsi qu'un plan et des stratégies nécessaires pour atteindre cet objectif ambitieux mais réel.

La fistule obstétricale peut être évitée en grande partie en retardant l'âge de la première grossesse, en mettant fin aux pratiques traditionnelles néfastes et en offrant des soins obstétricaux en temps utile.

Malheureusement, la pandémie actuelle affecte toutes ces mesures préventives dans les pays en développement où la fistule obstétricale existe toujours. Davantage de femmes et de filles seront exposées au risque de fistule obstétricale en raison de la surcharge des systèmes de santé. En outre, les réparations de fistules ont été largement suspendues car jugées non urgentes et les hôpitaux ont détourné des ressources pour soigner les patients atteints de COVID-19. 

La pandémie risque aussi de causer de graves retards dans les programmes visant à éliminer les mutilations génitales féminines et le mariage d’enfants, ce qui entraînerait près de 2 millions de cas de mutilations génitales de plus sur les dix prochaines années que ce qui avait été estimé jusqu’ici. Ces retards dans les programmes, qui s’ajouteraient aux difficultés économiques mondiales, pourraient aussi avoir pour conséquence 13 millions de mariages d’enfants de plus sur les dix ans à venir.

Cela rend plus que probable une augmentation des cas de fistules. Dans la période de relèvement après la pandémie de COVID-19, de nouvelles stratégies seront nécessaires pour faire face à l'amoncellement de cas.

Compte tenu de ce possible scénario, il est plus important que jamais d'appeler la communauté internationale à profiter de la Journée internationale pour l'élimination de la fistule obstétricale pour sensibiliser de manière significative au problème et intensifier les actions visant à éliminer la fistule obstétricale, ainsi que pour insister sur le suivi et le soutien postopératoires des patientes souffrant de fistule obstétricale.

Dans le même temps, en réponse à l'impact du COVID 19 sur les services de santé maternelle, l'UNFPA, l'agence des Nations Unies pour la santé sexuelle et reproductive, en collaboration avec d'autres agences comme l'UNICEF ou ONU Femmes, restera engagée dans ses programmes de protection du personnel de santé maternelle, de fourniture de soins de maternité sûrs et efficaces aux femmes et à leurs bébés et de maintien et de protection des systèmes de santé maternelle.

Le saviez-vous ?

  • Des centaines de milliers de femmes vivent avec une fistule obstétricale non traitée en Asie, en Afrique subsaharienne, dans la région des États arabes, en Amérique latine et aux Caraïbes.
  • Non traitée, la fistule obstétricale provoque une incontinence chronique et peut entraîner divers troubles physiques : infections fréquentes, maladie rénale, blessures douloureuses et infertilité.
  • Une chirurgie réparatrice effectuée par un(e) spécialiste de la fistule peut effacer la lésion, avec des taux de succès allant jusqu'à 90 pour cent.
  • Le coût moyen du traitement de la fistule est de 600 dollars américains par patiente.

Assemblée générale - Résolutions

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Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et ses partenaires ont lancé, en 2003, une Campagne mondiale pour éliminer les fistules. Menée dans plus de 55 pays, elle vise à prévenir et à traiter la fistule, mais aussi à réinsérer les femmes et leur permettre de retrouver leur autonomie après l'opération. Depuis 2013, cette campagne a permis plus de 113 000 interventions de réparation de la fistule et les agences partenaires en ont soutenu des milliers d'autres. Ces traitements aident à rétablir la santé et l'espoir des survivants. Ils leur donnent aussi les moyens de retrouver une vie normale et leur dignité.

 

 

Midwife checking a pregnant woman

La pandémie de COVID-19 sévit partout dans le monde et met à rude épreuve les systèmes de santé publique. Les épidémies précédentes montrent que cette crise pourrait imposer un lourd tribut aux femmes et aux filles. En effet, les systèmes de santé réorientent les ressources des services de santé sexuelle et reproductive, et l'accès des femmes à la planification familiale, aux soins prénatals et à d'autres services essentiels pourrait en souffrir.

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Chaque journée internationale représente une opportunité d’informer le grand public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont l’occasion pour les pouvoir publics mais aussi la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.