Photo :
Razia Shamshad a accouché après quatre jours de travail douloureux et sans soins médicaux appropriés. Elle a souffert d'une fistule obstétricale mais a pu bénéficier d’une intervention chirurgicale réparatrice. Aujourd’hui, elle veut aider d'autres femmes qui souffrent d’une fistule. Photo : UNFPA Pakistan

Il faut plus que jamais éliminer la fistule obstétricale

La fistule obstétricale est l’une des lésions les plus graves et les plus dangereuses susceptibles de survenir lors d’un accouchement. Aujourd'hui, les efforts mis en oeuvre pour prévenir et éliminer la fistule à travers le monde risquent d'être compromis dans le contexte de la crise sanitaire liée à la pandémie de COVID-19.

La fistule est une perforation entre le vagin et la vessie ou le rectum, due à un arrêt prolongé du travail en l’absence de soins obstétricaux. Elle provoque une fuite d’urine et/ou de matières fécales par le vagin, et entraîne à plus long terme des problèmes médicaux chroniques. Les femmes qui en souffrent sont souvent condamnées à la dépression, à l’isolement social et à une aggravation de la pauvreté, souligne le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

Selon l'UNFPA, l’agence directrice des Nations Unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive, les perturbations économiques et physiques causées par la maladie à coronavirus (COVID-19) en 2019-2020 pourraient avoir d’énormes conséquences sur les droits et la santé des femmes et des filles.

Sur une période de six mois, dans les pays à faibles et moyens revenus, les diverses et importantes perturbations causées par les confinements pourraient empêcher 47 millions de femmes d’avoir accès à des contraceptifs modernes, ce qui provoquerait près de 7 millions de grossesses non désirées supplémentaires.

La pandémie risque aussi de causer de graves retards dans les programmes visant à éliminer les mutilations génitales féminines et le mariage d’enfants. Ces retards dans les programmes, qui s’ajouteraient aux difficultés économiques mondiales, pourraient aussi avoir pour conséquence 13 millions de mariages d’enfants de plus sur les dix ans à venir. On constate également dans le monde entier des perturbations des services de planification familiale.

Dans de nombreux endroits, les structures de santé ferment ou limitent les services fournis. Là où les systèmes de santé sont débordés par les cas de COVID-19, le personnel de santé n’a pas toujours le temps ni l’équipement individuel de protection nécessaire pour assurer des conseils ou des services de planification familiale. Dans certaines régions, les femmes ne se rendent plus dans les structures de santé à cause des mesures de confinement ou bien par crainte de s’exposer à la COVID-19. De plus, les ruptures dans les chaines d’approvisionnement limitent la disponibilité des contraceptifs dans de nombreux endroits.

Depuis le 23 mai 2013, les Nations Unies célèbrent la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale, qui vise à sensibiliser la société à cette problématique et à mobiliser l'appui de la communauté internationale. Plus que jamais, il faut mettre fin à la fistule obstétricale dans le monde.

Pregnant icon

Voix de femmes

Sur le plan des droits fondamentaux, la persistance de la fistule obstétricale est une tragédie mais l’espoir persiste. De nombreuses femmes, à travers le monde, contribuent aux efforts de prévention et à l’élimination de la fistule obstétricale.

Thème 2020 : Mettre fin aux inégalités entre les sexes - Mettre fin aux inégalités en matière de santé - Mettre fin à la fistule maintenant !

Le thème 2020 exprimait un message clair. Les femmes et les filles exposées à un risque de fistule étaient déjà confrontées à d’importants obstacles pour accéder à des soins de santé avant la pandémie de COVID-19. Or, à l’heure où de nombreux pays peinaient à faire face à la COVID-19, les services de santé sexuelle et reproductive risquaient d'être négligés. Cette situation pouvaient avoir des conséquences dramatiques pour les femmes et les filles déjà confrontées à des difficultés économiques, sociales, culturelles et logistiques.

La pandémie a aggravé les inégalités, en particulier celles entre les sexes, en exposant les personnes les plus vulnérables et en amplifiant les conséquences de la crise sanitaire sur les systèmes sociaux et économiques. Dans le contexte de la riposte à la COVID-19, les efforts pour mettre fin à la fistule doivent se poursuivre. La fourniture de services de santé maternelle de qualité et universelle doit rester une priorité. Les services de prévention, de traitement et de suivi de la fistule doivent également bénéficier d’une attention particulière. 

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), l'agence de l’ONU en charge des questions de santé sexuelle et reproductive, reste pleinement engagée à fournir des soins de santé maternelle sûrs et efficaces aux femmes et à leurs bébés.

 

Le saviez-vous ?

  • Des centaines de milliers de femmes vivent avec une fistule obstétricale non traitée en Asie, en Afrique subsaharienne, dans la région des États arabes, en Amérique latine et aux Caraïbes.
  • Non traitée, la fistule obstétricale provoque une incontinence chronique et peut entraîner divers troubles physiques : infections fréquentes, maladie rénale, blessures douloureuses et infertilité.
  • Une chirurgie réparatrice effectuée par un(e) spécialiste de la fistule peut effacer la lésion, avec des taux de succès allant jusqu'à 90 pour cent.
  • Le coût moyen du traitement de la fistule est de 600 dollars américains par patiente.

Assemblée générale - Résolutions

Une femme est assise de profil. Elle porte un nouveau-né enroulé dans un tissu sur son dos.

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et ses partenaires ont lancé, en 2003, une Campagne mondiale pour éliminer les fistules. Menée dans plus de 55 pays, elle vise à prévenir et à traiter la fistule, mais aussi à réinsérer les femmes et leur permettre de retrouver leur autonomie après l'opération. Depuis 2013, cette campagne a permis plus de 113 000 interventions de réparation de la fistule et les agences partenaires en ont soutenu des milliers d'autres. Ces traitements aident à rétablir la santé et l'espoir des survivants. Ils leur donnent aussi les moyens de retrouver une vie normale et leur dignité.

 

 

Une sage-femme pratique un examen prénatal à une femme enceinte.

La pandémie de COVID-19 sévit partout dans le monde et met à rude épreuve les systèmes de santé publique. Les épidémies précédentes montrent que cette crise pourrait imposer un lourd tribut aux femmes et aux filles. En effet, les systèmes de santé réorientent les ressources des services de santé sexuelle et reproductive, et l'accès des femmes à la planification familiale, aux soins prénatals et à d'autres services essentiels pourrait en souffrir.

 Illustration : perspective du bâtiment du Secrétariat de l‘ONU et titre, les journées internationales.

Chaque journée internationale représente une opportunité d’informer le grand public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont l’occasion pour les pouvoir publics mais aussi la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.