Opération Licorne en 1971, en Polynésie française.
Opération Licorne en 1971, en Polynésie française.
Photo :Organisation du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (OTICE)

Le premier essai nucléaire a eu lieu le 16 juillet 1945. Depuis cette date, plus de 2 000 essais nucléaires ont été effectués. Au fil des années, il est apparu clairement que les essais nucléaires ont des conséquences redoutables et tragiques, surtout en cas de défaillances de conditions de réalisation, d’autant que les armes nucléaires actuelles sont beaucoup plus puissantes et destructrices qu'à l'époque.

Le 2 décembre 2009, lors de sa 64e session, l’Assemblée générale a proclamé le 29 août Journée internationale contre les essais nucléaires en adoptant la résolution 64/35. Cette résolution appelle à éduquer le public et à le sensibiliser « aux effets des explosions expérimentales d’armes atomiques et autres explosions nucléaires et à la nécessité d’y mettre fin, en tant que moyen parmi d’autres de parvenir à l’objectif d’un monde sans armes nucléaires ». La résolution a été initiée par la République du Kazakhstan, à laquelle se sont joints un grand nombre d’auteurs et de co-auteurs, afin de commémorer la fermeture du polygone d’essais nucléaires de Semipalatinsk (Kazakhstan), le 29 août 1991.

L’année 2010 a marqué la célébration inaugurale de la Journée internationale contre les essais nucléaires. Depuis lors, cette journée est célébrée chaque année à travers le monde lors des colloques, de conférences, d'expositions, de compétitions, de publications, de programmes diffusés par les médias et bien d'autres activités.

Depuis la proclamation de la Journée internationale contre les essais nucléaires, nombre d’avancées bilatérales et multilatérales gouvernementales ainsi que de vastes mouvements de la société civile ont contribué à faire progresser la cause de l’interdiction des essais nucléaires.

En outre, « convaincue que le désarmement nucléaire et l’élimination totale des armes nucléaires sont la seule garantie absolue contre l’emploi ou la menace des armes nucléaires », l’Assemblée générale a désigné le 26 septembre Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, journée consacrée à la poursuite de l'objectif de l'élimination totale des armes nucléaires, grâce à la mobilisation d'efforts internationaux. La Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires a été observée pour la première fois en septembre 2014. La Journée internationale contre les essais nucléaires et d'autres événements et actions ont favorisé les avancées globales pour un monde sans armes nucléaires.

L’instrument international permettant de mettre fin à toutes les formes d’essais nucléaires est le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires de 1996 (TICE). Malheureusement, celui-ci n’est pas encore entré en vigueur.

Comme le Secrétaire général l’a reconnu dans son programme de désarmement intitulé « Assurer notre avenir commun », lancé le 24 mai 2018, la norme contre les essais est un exemple de mesure qui sert à la fois les objectifs de désarmement et de non-prolifération. En limitant la mise au point de nouveaux types d’armes nucléaires perfectionnés, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires freine la course aux armements. Il constitue également un obstacle normatif puissant contre les États potentiels qui pourraient chercher à développer, fabriquer et acquérir ultérieurement des armes nucléaires en violation de leurs engagements de non-prolifération.

Tout doit être fait pour assurer l’entrée en vigueur du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires et préserver sa place dans l’architecture internationale. À cet égard, le Secrétaire général lance un appel à tous les États restants dont la ratification est nécessaire pour que le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires entre en vigueur et s’engage à signer le Traité rapidement s’ils ne l’ont pas déjà fait afin d'accélérer l'achèvement de leurs processus de ratification.

L’ONU espère qu’un jour toutes les armes nucléaires seront éliminées. D'ici là, observons la Journée internationale contre les essais nucléaires et travaillons à la promotion de la paix et de la sécurité dans le monde entier.

Historique

Le 2 décembre 2009, lors de sa 64ème session, l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 29 août Journée internationale contre les essais nucléaires en adoptant sa résolution A/RES/64/35. Le préambule de cette résolution souligne qu’« il ne faut ménager aucun effort pour mettre fin aux essais nucléaires, afin d’éviter leurs effets dévastateurs et nocifs sur la vie et la santé des populations ainsi que sur l’environnement » et que « l’arrêt des essais nucléaires est l’un des principaux moyens d’atteindre l’objectif d’un monde sans armes nucléaires ».

Le principal levier pour l'éradication des armes nucléaires est le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), qui a été adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 septembre 1996. Les États-Unis d'Amérique ont été le premier pays à signer ce traité l’année de son adoption, suivis de 71 autres nations. À ce jour, le Traité a été signé par 185 pays, et ratifié par 170. Mais pour entrer en vigueur, il doit encore être ratifié par les États ayant d’importantes capacités nucléaires.

Si la communauté internationale s’accorde généralement à reconnaître les risques pour la vie humaine encourus lors des essais d’armes nucléaires, il demeure des soupçons quant à la possibilité d’essais nucléaires clandestins. D’aucuns craignent également que, faute d’essais, la fiabilité des armes nucléaires ne soit compromise. Cependant, au fil des années, les avancées dans les domaines de la science et de la technologie ont renforcé de manière exponentielle la capacité de contrôler et de vérifier les mécanismes de conformité et développant les possibilités de détection de la prolifération des armes nucléaires. Ces activités et instruments de surveillance ont été conçus et mis au point par le Secrétariat technique provisoire de la Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE). Malgré des ratifications au point mort, une action de plus en plus dynamique de sensibilisation du public, notamment grâce aux activités et événements entrepris lors de la Journée internationale contre les essais nucléaires, pousse les puissances visées à progresser dans leur adhésion au Traité afin que l’arrêt de tous les essais d’armes nucléaires devienne enfin une réalité.

La Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des armes nucléaires et ses 170 signataires continuent à œuvrer avec énergie en faveur de l’entrée en vigueur du Traité. Le système international de surveillance de l’Organisation, qui couvre déjà plus de 90 % des États Membres, permet à ceux-ci d’être assurés qu’aucune explosion nucléaire n’échappera à la détection.

Cependant, aucune action n’est aussi cruciale pour éviter une guerre nucléaire ou écarter la menace nucléaire terroriste que l’élimination totale des armes nucléaires. Mettre fin de manière irréversible aux explosions nucléaires empêchera le développement ultérieur de ces armes.

Au fil des années

Depuis la proclamation de la Journée internationale contre les essais nucléaires, plusieurs avancées et initiatives se sont développées et d'importantes conférences ont eu lieu afin de tirer parti des évolutions et avancer.

2021

  • 22 janvier  Le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires entre formellement en vigueur.
  • 3 février Le Traité entre les États-Unis d'Amérique et la Fédération de Russie sur des mesures visant à réduire et à limiter davantage les armements stratégiques offensifs (« Nouveau traité START ») est prorogé pour une période supplémentaire de cinq ans jusqu'au 4 février 2026.
  • 6 avril — Les pourparlers entre les parties au JCPOA et les États-Unis d’Amérique sur le retour à la pleine mise en œuvre du JCPOA commencent à Vienne.
  • 19-23 avril — La première réunion du Groupe d'experts gouvernementaux sur la vérification du désarmement nucléaire se tient à Genève.
  • 16 juin — Les États-Unis d’Amérique et la Fédération de Russie publient une déclaration présidentielle conjointe sur la stabilité stratégique à l'issue du Sommet des deux présidents à Genève.
  • 21 juillet —La Dixième Conférence d'examen des Parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires est à nouveau reportée à une date ultérieure en raison de la pandémie de COVID-19.
  • 29 juillet — La Quatrième Conférence des zones exemptes d'armes nucléaires et de la Mongolie a été à nouveau reportée par l'Assemblée générale à une date ultérieure en raison de la pandémie de COVID-19.

2020

  • 14 janvier — La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni (réunis sous le sigle E3) renvoient la question du retrait progressif des engagements liés au nucléaire de la part de la République islamique d'Iran dans le cadre du Plan d’action global commun (JCPOA) à la Commission mixte du JCPOA, invoquant le mécanisme de résolution des différends de l’Accord.
  •  27 mars — Compte tenu de la situation liée à la pandémie mondiale de coronavirus (COVID-19), les États parties décident de reporter la Conférence d'examen des parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires à une date ultérieure, dès que les circonstances le permettront, mais au plus tard en avril 2021.
  • 13 avril — La Quatrième Conférence des zones exemptes d’armes nucléaires et de la Mongolie est reportée à 2021, date qui sera décidée par l'Assemblée générale des Nations Unies lors de sa 75e session.
  • 2 juillet — La République islamique d'Iran renvoie les problèmes de mise en œuvre avec l'E3 (France, Allemagne, Royaume-Uni) à la Commission mixte du JCPOA, invoquant le mécanisme de règlement des différends de l'Accord.
  • 24 octobre — Le 50e instrument de ratification du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires est déposé auprès des Nations Unies.

2019

  • 1er février — Les États-Unis annoncent la suspension de leur mise en conformité avec leTraité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).
  • 2 février — La Fédération de Russie suspend le traité FNI.
  • 27-28 février — Le Sommet entre les dirigeants de la République populaire démocratique de Corée et des États-Unis d’Amérique se tient à Hanoi, au Viet Nam.
  • 8-12 avril — La Troisième réunion du Groupe d’experts gouvernementaux chargée d’examiner le rôle de la vérification dans la promotion du désarmement nucléaire se tient à Genève.
  • 29 avril - 10 mai — La Troisième session du Comité préparatoire de la conférence de révision du traité de non-prolifération nucléaire de 2020 se tient à New York.
  • 8 mai — La République islamique d'Iran annonce son intention de ne plus adhérer à certaines dispositions du Programme d'action global commun (« JCPOA », en anglais).
  • 30 juin — Le sommet entre les dirigeants de la République populaire démocratique de Corée et des États-Unis d’Amérique se tient dans la zone démilitarisée de Corée.
  • 18-22 novembre — La première Conférence pour la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient se tient à New York.
  • 12 décembre — L'Assemblée générale adopte la résolution A/RES/74/50 portant création du Groupe d'experts gouvernementaux chargé d'examiner plus avant les questions de vérification du désarmement nucléaire.

2018

Le rôle de la société civile

Depuis le début de l'ère nucléaire, la société civile a joué un rôle de premier plan dans les efforts visant à mettre fin aux essais nucléaires. Des femmes et des hommes - physiciens, sismologues, scientifiques, médecins ou avocats, élus locaux ou députés -, ainsi que des associations, des instituts de recherche ou des ONG, de même que les personnes ou les communautés ayant été exposées aux contaminants radioactifs résultant des tests atmosphériques (appelées les « Downwinds ») ou encore les hibakusha (les survivants des bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki) et le grand public, ont été très impliqués.

Quelques exemples :

  • Durant les années 50, des médecins et des associations de femmes ont mené des campagnes de sensibilisation concernant les conséquences des tests atmosphériques sur la santé, notamment la présence de radio-isotopes dans les dents des enfants. Cette campagne a contribué à la conclusion du Traité d'interdiction partielle des essais nucléaires, qui interdit les essais sous l'eau, dans l'atmosphère et dans l'espace mais pas sous terre.
  • Dans les années 80, des scientifiques américains et russes ont mené des expériences conjointes visant à démontrer la faisabilité d'un mécanisme de vérification d'une interdiction des essais souterrains.
  • Au cours de la même période, des groupes américains ont organisé des manifestations de masse sur le site d'essai du Nevada aux États-Unis, et une puissante campagne anti-test, connue sous le nom de Mouvement antinucléaire international Nevada-Semipalatinsk, a vu le jour au Kazakhstan, où se trouve le principal site de test soviétique de Semipalatinsk. Des actions et des campagnes très médiatisées ont également été dirigées sur le site d'essai français de Mururoa, dans le Pacifique, dans les années 1980, ainsi que dans les années 1990.
  • À partir de 1985, des ONG ont fait pression dans le cadre du processus d'examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) pour réunir les engagements nécessaires à la conclusion d’un Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE).
  • Dans les années 90, des ONG et des parlementaires ont déclenché la convocation d'une Conférence d'amendement des Etats Parties au Traité interdisant les essais d'armes nucléaires, processus qui a contribué à jeter les bases des négociations sur le TICE.
  • Des chercheurs non gouvernementaux ont pu développer une compréhension des techniques de vérification.
  • Des groupes de recherche et de plaidoyer non gouvernementaux ont suivi de près les négociations ayant conduit à l’adoption du TICE, en 1996.
  • Des ONG ont fait campagne pour persuader leurs gouvernements de négocier, puis de ratifier le TICE.

Au cours des dernières décennies, les efforts entrepris par la société civile en vue d’une interdiction complète des essais nucléaires ont été intimement liés au projet plus large visant à parvenir à l'élimination totale des armes nucléaires. Pour promouvoir l’entrée en vigueur du TICE, les ONG, la société civile et le grand public peuvent exhorter leurs gouvernements et leurs parlements à signer et à ratifier le texte. Ils peuvent également exhorter leurs gouvernements à approuver la proposition en cinq points du Secrétaire général pour le désarmement nucléaire, qui comprend notamment l'entrée en vigueur du TICE. De nombreuses entités, telles que les instituts de recherche, les institutions universitaires et les ONG, sont engagées dans des travaux liés au désarmement, notamment en ce qui concerne le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE).

La menace nucléaire s’accentue une fois de plus. L’interdiction complète des essais nucléaires constitue une étape essentielle à franchir si l’on veut empêcher l’amélioration qualitative et quantitative des armes nucléaires et parvenir au désarmement nucléaire ».

António Guterres, Secrétaire général de l'ONU

End of Nuclear Tests Day Logo

Ressources

Traités et autres instruments juridiques relatifs aux armes nucléaires

Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)

Autres ressources

Organismes des Nations Unies

Photos

Orizuru, an origami paper crane

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné lors de la présentation de son programme de désarmement « Assurer notre avenir commun » que la norme interdisant les essais nucléaires est un exemple de mesure servant des objectifs de désarmement et de non-prolifération. En limitant la mise au point de nouveaux types d’armes nucléaires sophistiquées, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires a freiné la course aux armements. Il constitue également une barrière normative solide face aux États qui chercheraient à mettre au point, à fabriquer et à se procurer des armes nucléaires au mépris de leurs engagements en matière de non-prolifération.

 

 

Radioactive material

L’histoire des Nations Unies est liée à celle de l’ère nucléaire. L’horreur de la Seconde Guerre mondiale et des bombardements de Nagasaki et d’Hiroshima, en août 1945, a démontré la nécessité d’une action collective dans le domaine du nucléaire. En 1953, dans un discours historique, connu sous le nom de « L’atome au service de la paix », le Président des États-Unis, Dwight D. Eisenhower, a exhorté la communauté internationale à considérer une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.

 

A crowd of women sitting and laughing

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.