Des drapeaux d'États Membres flottent au Siège des Nations Unies, à New York.
Des drapeaux d'États Membres flottent au Siège des Nations Unies, à New York. En tant qu’organisation internationale la plus représentative et la plus emblématique du multilatéralisme, l’ONU est le principal instrument pour résoudre, par une action collective, les problèmes multiformes et complexes au niveau mondial. Photo ONU/JC McIlwaine

Les vertus du multilatéralisme et de la diplomatie

La Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix a été proclamée par l'Assemblée générale des Nations Unies (A/RES/73/127) , le 12 décembre 2018, et fut célébrée pour la première fois le 24 avril en 2019.

Le multilatéralisme et la diplomatie sont essentiels pour accomplir des progrès en matière de paix et de sécurité, de développement durable et de droits de l'homme - les trois piliers de l'Organisation des Nations Unies. L'engagement de régler les différends par des moyens pacifiques, ainsi que la volonté absolue de préserver les générations futures du fléau de la guerre, font partie des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies.

Des problématiques comme les crises humanitaires et migratoires, les changements climatiques ou la pandémie de COVID-19 traversent les frontières et nécessitent une attention et une action collectives. Les progrès technologiques ont également un impact sur le paysage politique et socio-économique ainsi que sur les relations entre les États. Cette Journée internationale est donc l'occasion de réaffirmer les principes de la Charte des Nations Unies et d'encourager les prises de décision multilatérale et la diplomatie pour parvenir à un règlement pacifique des conflits entre nations.

Message du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres

24 avril 2020

La pandémie de COVID-19 est une tragédie qui vient nous rappeler à quel point nous sommes unis les uns aux autres. Ne connaissant pas de frontières, le virus nous lance, par sa nature, un défi planétaire. Pour le combattre, il nous faut œuvrer, ensemble, comme une même famille humaine.

Nous devons tout faire pour sauver des vies et atténuer les ravages économiques et sociaux causés par la pandémie. Surtout, nous devons tirer les leçons qui s’imposent à la vue des faiblesses et des inégalités que le virus a mises au jour et investir dans l’éducation, les systèmes de santé, la protection sociale et la résilience.

Nous devons faire face au plus grand défi qui soit depuis la Seconde Guerre mondiale. Or, avant de subir cette épreuve, le monde était, déjà, gravement menacé par d’autres périls transnationaux, notamment, et surtout, les changements climatiques.  

Pour autant, le multilatéralisme n’est pas seulement un moyen, pour nous, d’affronter des périls communs. Il nous offre aussi des chances, que nous devons saisir ensemble. L’occasion nous est offerte de reconstruire sur de meilleures bases, en bâtissant des économies et des sociétés plus inclusives et durables.

Il ne suffit pas de clamer les vertus du multilatéralisme : nous devons continuer à prouver qu’il est plus qu’utile. La coopération internationale doit évoluer avec son temps.

Il nous faut un multilatéralisme en réseau, dans lequel la coopération entre toutes les organisations multilatérales mondiales soit renforcée et auquel les organisations régionales puissent apporter une contribution vitale ; il nous faut un multilatéralisme inclusif, qui repose sur des liens étroits avec la société civile, les entreprises, les autorités locales et régionales et les autres parties prenantes... et où les jeunes aient voix au chapitre dans la prise des décisions qui façonneront notre avenir.

En ce moment charnière pour la coopération internationale, et alors que cette année est celle du soixante-quinzième anniversaire de l’Organisation des Nations Unies, efforçons-nous, ensemble, de donner corps au projet de ses fondateurs et de construire, pour toutes et tous, un avenir sain, équitable, pacifique et plus durable.

Historique

Lors de sa création en 1945, au lendemain d’une seconde guerre mondiale dévastatrice, l’Organisation des Nations Unies a été dotée par ses membres fondateurs d’un objectif prioritaire : le maintien de la paix et de la sécurité. La Charte des Nations Unies rappelle que l'un des buts et principes de l'Organisation est de régler les différends par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, « afin de préserver les générations futures du fléau de la guerre ».

La prévention des conflits reste cependant l'un des aspects les plus méconnus du travail des Nations Unies. Le Conseil de sécurité, qui assume une responsabilité essentielle dans la prévention des conflits violents, s'est traditionnellement concentré sur la gestion des crises immédiates et des conflits à grande échelle. La faible visibilité de la prévention des conflits est aggravée par la difficulté de mesurer l'impact de l'action de l'ONU sur la prévention de l'embrasement, de l'escalade, de la persistance et de la récurrence de conflits violents, étant donné qu'il est difficile de démontrer qu'une telle action a abouti à l'absence de conflit.

La nature interconnectée des tendances mondiales actuelles démontre que les pays ne peuvent gérer seuls les risques. Nous ne pouvons réussir que si nous menons un travail collectif. Le multilatéralisme n'est pas une option, c’est le moyen le plus efficace, qu’il soit régional ou mondial, d’atteindre les objectifs de la paix, du développement durable et des droits de l’homme pour tous.

La diplomatie préventive est particulièrement importante pour appuyer les efforts des Nations Unies en faveur du règlement pacifique des différends. Mais l’action entreprise par l’Organisation en matière de prévention des conflits s’étend bien au-delà des limites traditionnelles de la diplomatie préventive en ce sens qu’elle met en jeu une vaste gamme d’entités des Nations Unies exerçant leurs activités dans de nombreux domaines pertinents, tels que l’élimination de la pauvreté et le développement, les droits de l’homme et la primauté du droit, les élections et la mise en place d’institutions démocratiques, et le contrôle des armes légères, pour ne citer que quelques exemples.

Le 12 décembre 2018, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution (A/RES/73/127) proclamant la Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie au service de la paix. Elle y souligne que cette journée internationale doit permettre de promouvoir les valeurs de l’Organisation des Nations Unies, de réaffirmer la confiance de nos peuples dans les buts et principes énoncés dans la Charte, de réaffirmer l’importance et la pertinence du multilatéralisme et du droit international et de progresser vers la réalisation de l’objectif commun consistant à parvenir à une paix pérenne et durable par la diplomatie.

 

António Guterres

Il ne suffit pas de clamer les vertus du multilatéralisme : nous devons continuer à prouver qu’il est plus qu’utile. La coopération internationale doit évoluer avec son temps.

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, 24 avril 2020.
L'Assemblée générale adopte une résolution déclarant le 24 avril Journée internationale du multilatéralisme et de la diplomatie pour la paix.

Le moyen le plus efficace de réduire les souffrances et le coût massif des conflits est de les empêcher. L’ONU joue un rôle important dans la prévention des conflits en ayant recours à la diplomatie, aux bons offices et à la médiation. On entend par « diplomatie préventive » les mesures diplomatiques prises pour empêcher les différends de dégénérer en conflits et pour limiter la propagation des conflits lorsqu’ils éclatent. La diplomatie préventive peut englober une intervention du Conseil de sécurité, du Secrétaire général et d’autres acteurs pour décourager le recours à la violence dans des situations critiques. 

 

 Illustration : perspective du bâtiment du Secrétariat de l‘ONU et titre, les journées internationales.

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.