30 mars 2020 — Quelque trois milliards de personnes, soit plus d’un tiers de la population mondiale, sont désormais appelées ou astreintes à un confinement chez elles pour contenir la propagation du coronavirus. Face à cette transformation radicale de la vie quotidienne, les Nations Unies proposent une série de conseils pratiques destinés à permettre à chacun de gérer au mieux cette situation de crise.

« Je sais que vous êtes nombreux à être anxieux, inquiets, déconcertés. C’est bien normal. Nous sommes face à une menace sanitaire sans précédent », a fait observer António Guterres, Secrétaire général de l’ONU. « Le virus se propage, le danger grandit et nos systèmes de santé, nos économies et notre vie quotidienne sont mis à rude épreuve ».

Dans ce contexte exceptionnel, si de nombreux adultes - en situation de télétravail ou de chômage à leur domicile - développent une forte anxiété face à la pandémie et à ses conséquences pour leur foyer, les enfants ne sont pas épargnés. Au-delà du juste équilibre entre la nécessaire distanciation sociale et le maintien d’une forme de normalité, les parents sont invités à avoir des conversations ouvertes et encourageantes avec leurs enfants afin de les aider à faire face.

Informer les enfants et créer de nouvelles routines

Pour le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), qui appelle les employeurs à soutenir les parents qui travaillent durant cette période de confinement, la fermeture des établissements scolaires et universitaires est « l'occasion de nouer de meilleures relations avec nos enfants et nos adolescents ». L’agence onusienne préconise un « temps de tête-à-tête libre et amusant » afin de permettre aux enfants et aux jeunes de « se sentir aimés et en sécurité ». Adopter un ton « positif et rassurant » est fortement recommandé.

Dans un guide en huit points sur la façon de parler aux enfants de la maladie de COVID-19, l'UNICEF souligne à cet égard que « les enfants ont le droit d’être informés de ce qu’il se passe dans le monde ».  Toutefois, est-il précisé, les adultes ont « la responsabilité de les protéger de la détresse ». Il leur est donc conseillé d’employer « des mots adaptés à l’âge » de l’enfant et d’être « attentifs à ses réactions et sensibles à son niveau d’anxiété ». L’agence propose par ailleurs un ensemble de stratégies destinées à préserver la santé mentale des adolescents face à cette « nouvelle normalité temporaire ».

Plus largement, elle soutient la mise en place, dans la durée, de programmes journaliers à la fois souples et cohérents. « La COVID-19 nous prive des tâches quotidiennes que nous avions au travail, à la maison et à l'école. C'est difficile pour les enfants, les adolescents et pour vous. Créer de nouvelles routines peut aider », affirme-t-elle dans une note d’orientation, invitant les parents à associer leurs enfants à la planification des activités, notamment scolaires.

Alors que 80% des écoliers et des étudiants du monde entier n’ont plus accès à leur établissement d’enseignement, l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a publié une liste de solutions d’apprentissage à distance. Cette agence de l’ONU s’emploie aussi à rassembler les organisations internationales, la société civile et les partenaires du secteur privé au sein d'une large coalition visant à assurer la continuité scolaire, avec ou sans la technologie adaptée, et à appuyer les réponses éducatives nationales.

Maintenir une activité physique régulière

La fermeture des salles de sport, des stades, des piscines et des terrains de jeux prive aujourd’hui des centaines de millions de personnes de leur activité sportive, physique ou ludique habituelle. Il est pourtant essentiel de rester physiquement actif, notamment pour les adultes. S’astreindre à un exercice corporel régulier permet d'améliorer son endurance cardio-respiratoire ainsi que son état musculaire et osseux, tout en réduisant les risques de maladies non transmissibles et de dépression.

A l’approche de la Journée internationale du sport au service du développement et de la paix, le 6 avril prochain, les Nations Unies travaillent avec des influenceurs du sport à l’élaboration d’une campagne d’information et d’incitation qui sera postée sur les réseaux sociaux. L’objectif est d’encourager le grand public à rester actif sur le plan physique et à favoriser la solidarité face aux défis posés par la pandémie.

Dans une note destinée aux personnes âgées de 18 à 64 ans, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande 150 minutes d’activité physique modérée ou au moins 75 minutes d’intensité soutenue par semaine, voire une combinaison des deux. Elle ajoute que des exercices de renforcement musculaires devraient être pratiqués au moins deux jours par semaine. En cas de télétravail, une pause de trois minutes toutes les demi-heures est à prévoir. Quant aux enfants, il leur faut une heure d’activité physique au quotidien.

« Si vos directives locales ou nationales le permettent, sortez pour une promenade, une course ou une balade à l'extérieur et gardez une distance de sécurité avec les autres », a conseillé Tedros Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, lors d’un récent point de presse. « Si vous ne pouvez pas quitter la maison, trouvez une vidéo d'exercice en ligne, dansez sur de la musique, faites du yoga ou montez et descendez les escaliers ».

Boire et s’alimenter sainement

Des régimes alimentaire sains devraient également faire partie de la réponse de chacun à cette crise. C’est ce que recommandent les experts en nutrition du Programme alimentaire mondial (PAM), qui rappellent en premier lieu l’importance de boire régulièrement, même en situation d’activité réduite, en évitant les boissons sucrées ou alcoolisées.

Outre les aliments essentiels pour l’énergie que sont le riz, les pâtes, le pain et les racines, le PAM conseille de consommer quotidiennement, mais en petite quantité, des aliments contribuant à la croissance physique et à la régénérescence du corps : viande, poisson, œufs, lait et autres produits laitiers tels que le fromage et le yaourt. En veillant à leur date de péremption, les œufs sont une bonne source de protéines faibles en gras et de vitamines. Il est en revanche préférable de limiter la viande en conserve en raison de sa richesse en sel et en matières grasses. Le thon en boîte se révèle plus sain.

Les sources de protéines d'origine végétale, comme les lentilles et les haricots, ont une longue durée de conservation et sont riches en vitamines et minéraux. Le PAM conseille de rincer soigneusement les aliments secs avant la cuisson. L’agence, qui apporte une aide alimentaire et nutritionnelle à 87 millions de personnes vulnérables dans le monde, encourage également la consommation de fruits et légumes de couleur (verts, jaunes-oranges, rouges, violets) généralement riches en vitamines et en antioxydants.

Confinement oblige, les fruits et légumes en conserve, congelés, séchés ou fermentés constituent une excellente source alternative de vitamines et de minéraux, surtout s’il devient difficile d’acheter des produits frais. Selon la situation, indique le PAM, des aliments et suppléments enrichis peuvent être nécessaires ou combinés avec des repas pour fournir les nutriments nécessaires, en particulier dans les contextes où le régime alimentaire est de mauvaise qualité et en quantité limitée. Les aliments fortement transformés, riches en matières grasses, en sucre et en sel, sont quant à eux à proscrire en cette période de sédentarité : ils ne sont pas sains et n'apportent aucun avantage nutritionnel.