Une fresque sur un mur de Kaboul rend hommage aux 35 journalistes tués en Afghanistan depuis 2001.
Une fresque sur un mur de Kaboul rend hommage aux 35 journalistes tués en Afghanistan depuis 2001.
Photo :Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA)/Fardin Waezi

Si nous n’assurons pas leur protection, il nous sera extrêmement difficile de rester informés et de prendre des décisions fondées sur l’analyse des faits.  Si les journalistes ne peuvent pas faire leur travail en toute sécurité, nous perdons un rempart important contre la pandémie de désinformation et de mésinformation qui se propage en ligne ». 

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres

Protégez les journalistes, protégez la vérité

Au cours des quatorze dernières années (2006-2019), plus de 1,200 journalistes ont été tués pour avoir voulu couvrir des évènements et informer le public. Dans neuf cas sur dix, les meurtriers restent impunis. L'impunité mène à un plus grand nombre d'assassinats et représente souvent un symptôme d'aggravation des conflits et d'effondrement des systèmes de droit et de justice. 

Ce chiffre n’inclut pas les nombreux autres journalistes qui, quotidiennement, subissent des agressions non mortelles, y compris la torture, la disparition forcée, la détention arbitraire, l’intimidation et le harcèlement, que ce soit en situation de conflit ou non. En outre, il existe, pour les femmes journalistes, des risques spécifiques, notamment les agressions sexuelles.

Cette impunité non seulement enhardit les criminels, mais aussi décourage la société, y compris les journalistes eux-mêmes. L’impunité favorise l’impunité et alimente un cercle vicieux.

Lorsqu’elles restent impunies, les agressions de journalistes envoient aux gens ordinaires un message très négatif selon lequel s’ils diffusent une « vérité embarrassante » ou des « opinions indésirables », ils s’attireront des problèmes. En outre, la société perd confiance dans son propre système judiciaire, censé défendre les droits de chacun. Les auteurs de crimes contre des journalistes s’enhardissent donc lorsqu’ils se rendent compte qu’ils peuvent agresser leurs cibles sans jamais être traduits en justice.

La société tout entière pâtit de cette impunité. Le genre d’information qui est « passé sous silence » est exactement le genre que le public a besoin de connaître. L’information, qu’elle soit économique, sociale ou politique, est essentielle pour prendre des décisions optimales. Cet accès à une information fiable et de qualité est la pierre angulaire de la démocratie, de la bonne gouvernance et d’institutions efficaces.

L'Organisation des Nations Unies pour l"éducation, la science et la culture (UNESCO) s’inquiète de cette situation car l'impunité cause des dommages aux sociétés entières en dissimulant de graves violations des droits de l'homme, de la corruption et de la criminalité.

En 2018, l’UNESCO a lancé la campagne mondiale #TruthNeverDies, pour interpeller l’opinion publique et lui faire prendre conscience de la situation des journalistes dans le monde. À savoir que des centaines de journalistes ont été assassinés pour avoir voulu raconter une histoire. Une histoire de corruption, de trafic, de violence. Une histoire qui dérange.

Découvrez l'histoire de ces journalistes tués parce qu'ils exerçaient leur métier. 

 

Événement 

L'UNESCO et les Pays-Bas avaient prévu de tenir la Conférence mondiale sur la liberté de la presse du 22 au 24 avril à La Haye. Cependant, en raison de la crise du COVID-19, la conférence a été reportée et se tiendra les 9 et 10 décembre 2020 dans un format mixte en ligne/en personne. Ce sera une célébration conjointe de la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai) et de la Journée internationale pour mettre fin à l'impunité pour les crimes contre les journalistes (2 novembre).

Comment renforcer le rôle des acteurs du judiciaire, en particulier des procureurs, pour enquêter sur et poursuivre les crimes et les attaques commis contre les journalistes ? Le 10 décembre, une session en ligne intitulée « Renforcer les enquêtes et les poursuites pour mettre fin à l'impunité pour les crimes commis contre les journalistes » tentera de répondre à cette question, en partenariat avec l'Association internationale des procureurs.

Historique

En décembre 2013, lors de sa 68e session, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution intitulée « La sécurité des journalistes et la question de l’impunité » (A/RES/68/163), qui a proclamé à la date du 2 novembre la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Cette résolution a exhorté les États Membres à prendre des mesures précises pour combattre la culture actuelle d’impunité. La date de cette journée internationale a été choisie en mémoire de deux journalistes français, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés le 2 novembre 2013 au Mali.

Cette résolution historique condamne toutes les attaques et violences perpétrées contre des journalistes et des travailleurs des médias. Elle exhorte également les États Membres à faire tout leur possible pour prévenir cette violence, en faire rendre compte, traduire en justice les auteurs des crimes commis contre des journalistes et des travailleurs des médias, et veiller à ce que les victimes disposent de recours appropriés. Elle demande, en outre, aux États de promouvoir un environnement sûr et propice dans lequel les journalistes puissent effectuer leur travail de manière indépendante et sans ingérence indue.

Télécharger les visuels de la campagne >>

Le saviez-vous ? 

  • Globalement, au cours de la dernière décennie, un journaliste a été tué en moyenne tous les quatre jours.
  • L'année 2019 affiche le plus faible bilan enregistré par l'UNESCO au cours de la dernière décennie, avec 57 morts.
  • En 2019, le plus grand nombre d'attaques mortelles a eu lieu dans la région de l'Amérique latine et des Caraïbes, représentant 40 % du total des meurtres enregistrés dans le monde, suivie par la région de l'Asie et du Pacifique avec 26 % des meurtres.
  • La plupart des journalistes ont été tués dans des pays sans conflit armé.

Source : UNESCO 2020

Ressources

Documents

Organisée chaque année depuis 1993, la Conférence mondiale de la liberté de la presse offre aux journalistes, aux représentants de la société civile, aux autorités nationales, aux universitaires et au grand public l'occasion de discuter des nouveaux défis qui se posent à la liberté de la presse et à la sécurité des journalistes et de travailler ensemble à l'identification de solutions. Elle se tiendra les 9 et 10 décembre 2020 dans un format mixte, en ligne/en personne, et aura pour thème « Un journalisme sans crainte et sans complaisance » S'inscrire >>

 

Un journaliste dans une zone à risque

Ce rapport est un mécanisme unique dans le système des Nations Unies permettant d’assurer le suivi des assassinats de journalistes. Sa première publication date de 2008 et il est soumis tous les deux ans au Conseil Intergouvernemental du Programme international pour le développement de la communication de l’UNESCO (PIDC). Combattre l’impunité est une étape importante pour faire face aux chiffres élevés des assassinats de journalistes. 

 

 

 Illustration : perspective du bâtiment du Secrétariat de l‘ONU et titre, les journées internationales.

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.