Le Secrétaire général de l'ONU, en gros plan, s’adresse à des journalistes.

Message du Secrétaire général de l'ONU (2021)

L’an dernier, d’après l’UNESCO, 62 journalistes dans le monde ont été tués à raison de leur travail.

Si beaucoup ont perdu la vie en couvrant un conflit, le nombre de professionnels des médias tués en dehors des zones de conflit a augmenté ces dernières années. Dans de nombreux pays, le simple fait d’enquêter sur la corruption, les trafics, les violations des droits humains ou les questions environnementales met la vie des journalistes en danger.

L’impunité pour les meurtres de journalistes est extrêmement élevée. Selon l’UNESCO, près de 9 cas sur 10 restent impunis. Les journalistes font en outre face à une multitude d’autres périls : enlèvement, torture, détention arbitraire, campagne de désinformation, harcèlement, notamment dans la sphère numérique. Les femmes journalistes sont tout particulièrement exposées à la violence en ligne.

Les crimes contre les journalistes ont une influence énorme sur la société tout entière. De tels faits empêchent en effet les citoyens de prendre des décisions éclairées. La pandémie de COVID-19 et la pandémie parallèle de désinformation ont montré que l’accès aux faits et aux informations scientifiques était une véritable question de vie ou de mort. Lorsque l’accès à l’information est menacé, c’est la démocratie et l’état de droit qui sont ébranlés.

En cette Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes, nous rendons hommage au travail des journalistes tués dans l’exercice de leur métier et demandons que justice soit faite pour les crimes commis à leur encontre.
Je demande instamment aux États Membres et à la communauté internationale d’être solidaires des journalistes dans le monde entier, aujourd’hui comme chaque jour, et de faire preuve de la volonté politique nécessaire pour enquêter sur les crimes commis contre les journalistes et les professionnels des médias et pour en poursuivre les auteurs avec la plus grande fermeté.

Je demande instamment aux États Membres et à la communauté internationale d’être solidaires des journalistes dans le monde entier, aujourd’hui comme chaque jour, et de faire preuve de la volonté politique nécessaire pour enquêter sur les crimes commis contre les journalistes et les professionnels des médias et pour en poursuivre les auteurs avec la plus grande fermeté. ». 

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres

Message de la Directrice générale de l'UNESCO (2021)

L’un des rôles les plus importants des journalistes consiste à mettre la vérité en lumière. Cela suppose d’identifier, de compiler et de vérifier les faits, puis de rendre compte avec exactitude de leur signification, ce qui place les journalistes dans une position unique et déterminante – selon les termes du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, il leur appartient ainsi de « dire la vérité aux puissants ».

Cependant, pour trop de journalistes, dire la vérité a un prix. Vérité et pouvoir ne vont pas toujours de pair – entre 2006 et 2020 dans le monde, près de 1 200 journalistes ont été tués dans l’exercice de leur métier. Beaucoup ont perdu la vie en couvrant des conflits, mais beaucoup plus encore sont tués en dehors des situations de conflit, pour avoir enquêté sur des affaires de corruption, de trafic, de malversations politiques, de violations des droits de l’homme ou d’atteintes à l’environnement.

La mort n’est pas le seul risque auquel les journalistes sont exposés : les attaques contre la presse peuvent prendre la forme de menaces, d’enlèvements, d’arrestations, d’emprisonnements ou de harcèlement – hors ligne et en ligne, et ciblant les femmes en particulier.

Nous pouvons et nous devons faire davantage. Dans près de neuf cas sur 10, les auteurs de ces crimes restent impunis. Les journalistes sont indispensables pour garantir le droit fondamental à la liberté d’expression énoncé à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Lorsque des journalistes sont attaqués en toute impunité, il y a une défaillance des systèmes judiciaire et de sécurité pour tous.

Les États ont donc l’obligation de protéger les journalistes et de veiller à ce que les auteurs de crimes à leur égard soient condamnés. Les juges et les procureurs, en particulier, ont un rôle important à jouer pour promouvoir des procédures pénales rapides et efficaces. À cette fin, l’UNESCO a formé près de 23 000 acteurs judiciaires ces dernières années, notamment des juges, des procureurs et des avocats, sur les normes internationales en matière de liberté d’expression et de sécurité des journalistes, en particulier sur les questions d'impunité.

Pour sensibiliser l’opinion et soutenir ces actions, l’UNESCO célèbre chaque année, le 2 novembre, la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Cette année, notre campagne #EndImpunity met en exergue certains des risques spécifiques auxquels les journalistes sont confrontés dans leur quête de la vérité. En ce jour, j’appelle tout le monde à se joindre à cette campagne, ainsi que tous les États membres et les organisations internationales et non gouvernementales à unir leurs forces pour garantir la sécurité des journalistes et en finir avec l’impunité.

Ce n’est qu’en enquêtant et en engageant des poursuites pour les crimes commis contre les professionnels des médias que nous pourrons garantir l’accès à l’information et la liberté d’expression. Ce n’est qu’en permettant que la vérité soit dite que nous pourrons faire progresser la paix, la justice et le développement durable dans nos sociétés.

Ce n’est qu’en enquêtant et en engageant des poursuites pour les crimes commis contre les professionnels des médias que nous pourrons garantir l’accès à l’information et la liberté d’expression. Ce n’est qu’en permettant que la vérité soit dite que nous pourrons faire progresser la paix, la justice et le développement durable dans nos sociétés. ». 

La Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay