Un étudiant dans une salle de classe détruite par une bombe en Afghanistan
Ehsanullah dans son école de Zheray, un district de la province méridionale de Kandahar, en Afghanistan. L'école, qui accueillait autrefois environ 1 300 élèves, compte aujourd'hui moins de 400 élèves - et certaines salles de classe restent inutilisables.
Photo :UNICEF/UN0309055/Kocic

L’éducation prise pour cible

Dans le monde entier, les attaques contre les enfants se poursuivent sans relâche, à mesure que les belligérants méprisent l’une des règles les plus fondamentales de la guerre : la protection des enfants. La longueur des conflits actuels menace l’avenir de générations entières. Sans accès à l’éducation, une génération d’enfants vivant en situation de conflit grandira sans avoir acquis les compétences nécessaires pour contribuer à leur pays et leur économie, aggravant ainsi la situation déjà désespérée de millions d’enfants et de leur famille.

Le droit d’un enfant à l’éducation ne peut pas être préservé dans les zones de conflit si l’éducation elle-même n’est pas protégée. L’éducation peut sauver des vies. Quand ils ne vont pas à l’école, les enfants sont particulièrement à la merci de la maltraitance, de l’exploitation et du recrutement par des forces ou des groupes armés. L’école devrait être un lieu sûr où les enfants sont à l’abri des menaces et des situations de crise. Cela constitue également une mesure essentielle pour rompre le cycle des crises et réduire le risque de conflits à l’avenir.

La Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques veut souligner la situation critique de plus de 75 millions d’enfants et de jeunes de 3 à 18 ans vivant dans 35 pays touchés par la crise et leur besoin urgent d’un soutien éducatif. Elle exprime aussi des préoccupations quant aux effets de la violence permanente sur ces enfants et sur leur capacité à accéder à l'éducation. Les conséquences d’une telle situation nécessitent une attention particulière au-delà des besoins des apprenants, dont les établissements par ailleurs été temporairement fermés en raison de la pandémie de COVID-19.

En proclamant cette journée, les Nations unies envoient un message clair concernant l'importance de préserver les écoles en tant que lieux de protection et de sécurité pour les élèves et leurs enseignants et la nécessité de maintenir l'éducation en tête des politiques publiques. Cela reste une priorité alors que les gouvernements continuent de lutter contre la COVID-19, qui a entraîné la fermeture d'écoles pour plus de 90 % de la population scolaire et étudiante mondiale.

Contexte

La journée a été proclamée à la suite d'une décision unanime de l'Assemblée générale des Nations Unies, appelant l'UNESCO et l'UNICEF à sensibiliser le public au sort de millions d'enfants vivant dans des pays touchés par un conflit. La résolution proclamant la journée a été présentée par l'État du Qatar et coparrainée par 62 pays.

La résolution A/RES/74/275 de l'Assemblée générale affirme en effet que les gouvernements ont la responsabilité première de fournir une protection et d'assurer une éducation de qualité inclusive et équitable à tous les niveaux à tous les apprenants, en particulier ceux qui se trouvent dans des situations vulnérables. Elle souligne en outre la nécessité d'intensifier les efforts et d'augmenter le financement pour promouvoir des environnements scolaires sûrs et protecteurs dans les situations d'urgence humanitaire ; elle affirme que doivent être prises toutes les mesures possibles pour protéger les écoles, les apprenants et le personnel éducatif contre les attaques ; elle appelle enfin à s'abstenir de toute action entravant l'accès des enfants à l'éducation et souligne la nécessité de faciliter l'accès à l'éducation dans les situations de conflit armé.

L'UNESCO, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, et l’UNICEF, Fonds des Nations Unies pour l’enfance, faciliteront la célébration annuelle de la journée en étroite collaboration avec des partenaires au sein et en dehors du système des Nations Unies. Travaillant en première ligne dans les pays touchés par des conflits, les entités des Nations Unies aident depuis longtemps les États Membres à renforcer leurs capacités à offrir à tous l'accès à une instruction de qualité en temps de crise.

António Guterres

Lorsque la transmission de la COVID-19 à l’échelle locale sera jugulée, il faudra donner la priorité absolue au retour des élèves dans les écoles et autres centres d’enseignement dans les meilleures conditions de sécurité possibles.”

Secrétaire général de l'ONU, António Guterres

 

Le saviez-vous ?

  • Plus de 22 000 étudiants, enseignants et universitaires ont été blessés ou tués lors d'attaques contre l'éducation pendant des conflits armés ou des situations d’insécurité au cours des cinq dernières années.
  • Entre 2015 et 2019, 93 pays ont subi au moins une attaque signalée contre l'éducation.
  • Les étudiants et les enseignants ont été le plus souvent touchés par des attaques directes en Afghanistan, au Cameroun et en Palestine.
  • Les forces armées, d'autres acteurs étatiques et des groupes armés ont utilisé des écoles et des universités à des fins militaires dans 34 pays entre 2015 et 2019, y compris comme bases, centres de détention et magasins d'armes.
  • Au cours des cinq dernières années, les forces armées de l'État ou des groupes armés auraient recruté des élèves dans des écoles de 17 pays.

Source : Éducation prise pour cible 2020

Une fille devant le tableau noir à l'extérieur d'une salle de classe détruite

La Déclaration sur la sécurité dans les écoles a été ouverte à la signature des États à Oslo (Norvège), en mai 2015. Il s’agit d’un engagement politique visant à mieux protéger les élèves, les enseignants, les établissements scolaires et les universités pendant les conflits armés, à favoriser la poursuite de l’enseignement en temps de guerre et à mettre en place des mesures concrètes pour éviter l’utilisation des établissements scolaires à des fins militaires. 

des garçons en âge scolaire en Syrie

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés est le principal défenseur des Nations Unies pour la protection et le bien-être des enfants touchés par les conflits. Les attaques contre les écoles sont l'une des « six violations graves » qui justifient l'inscription sur les listes des gouvernements ou des groupes armés figurant dans les annexes au Rapport annuel du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés présenté au Conseil de sécurité. Les autres violations graves concernent le meurtre ou la mutilation des enfants, leur recrutement comme enfants soldats, les violences sexuelles commises contre les enfants, l'enlèvement d'enfants et enfin le refus d'accès humanitaire.

 

 Illustration : perspective du bâtiment du Secrétariat de l‘ONU et titre, les journées internationales.

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.