Composition avec différentes personnes autochtones.
Une marginalisation séculaire et un ensemble de vulnérabilités différentes exposent les peuples autochtones aux graves effets de la crise.
Photo :Composition de l'ONU avec des photographies de l'Organisation panaméricaine de la santé (à gauche), Martine Perret (au centre) et UNICEF Equateur-Arcos (à droite).

Ne laisser personne de côté : les peuples autochtones et l'appel pour un nouveau contrat social

Plus de 476 millions d'autochtones vivent dans 90 pays du monde, soit 6,2 % de la population mondiale. Les peuples autochtones représentent une immense diversité de cultures, de traditions, de langues et de systèmes de connaissances uniques. Ils entretiennent une relation particulière avec leurs terres et ont des conceptions différentes du développement, fondées sur leurs propres visions du monde et priorités. 

Bien que de nombreux peuples autochtones du monde entier soient autonomes et que certains aient réussi à établir une autonomie sous des formes diverses, bon nombre d'entre eux sont encore sous l'autorité des gouvernements centraux qui exercent un contrôle sur leurs terres, leurs territoires et leurs ressources. Malgré cette réalité, les peuples autochtones ont démontré des exemples extraordinaires de bonne gouvernance, allant des Haudenosaunee aux parlements samis existants en Finlande, en Suède et en Norvège.

La pandémie de COVID-19 a mis en évidence et exacerbé de nombreuses inégalités existantes, touchant de manière disproportionnée des populations du monde entier qui souffraient déjà de pauvreté, de maladie, de discrimination, d'instabilité institutionnelle ou d'insécurité financière. Du point de vue des peuples autochtones, le contraste est encore plus frappant. Il est clair que dans beaucoup de nos sociétés, le contrat social a besoin d'être pour le moins réexaminé. 

Portrait of an indigenous person

Commémoration virtuelle : lundi 9 août de 9 h 00 à 11 h 00 (heure de New York)

L'Instance permanente sur les questions autochtones organisera une commémoration virtuelle pour que les orateurs puissent discuter de la refonte d'un nouveau contrat social pour les peuples autochtones, dans lequel leurs propres formes de gouvernance et leurs modes de vie doivent être respectés et fondés sur leur consentement libre, préalable et éclairé. En savoir plus sur cet événement.

Qu'est-ce qu'un contrat social ?

En ce 9 août, Journée internationale des peuples autochtones, nous devons exiger l'inclusion, la participation et l'approbation des peuples autochtones dans la constitution d'un système présentant des avantages sociaux et économiques pour tous.

C'est pourquoi le thème de 2021 est « Ne laisser personne de côté : Les peuples autochtones et l'appel pour un nouveau contrat social ». Mais, qu'est-ce que cela signifie ?

Un contrat social est un accord non écrit que les sociétés passent pour coopérer en vue d'obtenir des avantages sociaux et économiques. Dans de nombreux pays, les peuples autochtones ont été chassés de leurs terres, marginalisées des activités politiques et économiques, et ont vu leurs cultures et leurs langues dénigrées. Ceux-là n'ont jamais été inclus dans le contrat social au départ. Le contrat social a été conclu entre les populations dominantes. 

Au cours des dernières années et décennies, diverses sociétés ont cherché à y remédier, notamment par des excuses, des efforts de vérité et de réconciliation, des réformes législatives et constitutionnelles, tandis qu'au niveau international, ces efforts ont inclus l'adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et d'organes consultatifs tels que l'Instance permanente sur les questions autochtones.

Malgré l'existence d'instruments internationaux pour répondre à ces inégalités, tous ne sont pas impliqués dans ce processus collectif visant à garantir que personne ne soit laissé de côté. Il est donc nécessaire de construire et de redéfinir un nouveau contrat social qui soit l'expression de la coopération pour l'intérêt social et le bien commun de l'humanité et de la nature. 

Le nouveau contrat social doit être fondé sur une participation et un partenariat authentiques qui favorisent l'égalité des chances et respectent les droits, la dignité et les libertés de tous. Le droit des peuples autochtones à participer à la prise de décision est un élément clé pour parvenir à la réconciliation entre les peuples autochtones et les États. 

Le saviez-vous ?

  • Les peuples autochtones représentent 476 millions de personnes réparties dans 90 pays.
  • Plus de 86 % des populations autochtones travaillent dans l’économie informelle, contre 66 % des non autochtones.
  • Les populations autochtones sont près de trois fois plus exposés à la pauvreté extrême que les autres peuples.
  • Dans le monde, 47 % des populations autochtones actives n’ont pas fait d’études, contre 17 % des non autochtones. Cet écart est encore plus important chez les femmes.

Exposition photo

Laftadio Kupayna, une jeune fille autochtone du village de Massy, en Papouasie Nouvelle Guinée, s'apprête à participer à une grande cérémonie annuelle, habillée avec des vêtements traditionnels. Ce portrait, réalisé par le photographe Alexander Khimushin, fait partie de l’exposition photo « The World In Faces » (les visages du monde), un hommage au droit des peuples autochtones à leurs cultures, identités et traditions et à leur autodétermination. L'exposition a été conçue et présentée en 2019, lors de l'Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones. Découvrez d'autres photos célébrant la diversité culturelle des peuples autochtones !

A masai boy with a security helmet

Résultat d'un exercice de collecte de données collectif et communautaire dans 11 pays, ce rapport de l'OIT démontre que les peuples autochtones sont confrontés à de nombreux obstacles dans l'exercice de leurs métiers traditionnels et dans l'accès à des opportunités de travail décent, à l'éducation et à la protection sociale. Cette situation est aggravée par la pandémie de COVID-19. À partir des avis exprimés et des priorités mises en avant par les peuples autochtones eux-mêmes, l'étude examine également comment soutenir les travailleurs, les coopératives, les entrepreneurs et les économies des peuples autochtones.

A family from the Hunza Gujal ethnic group in North Pakistan

Les données actuelles indiquent qu'au moins 40 % des 7 000 langues utilisées dans le monde sont plus ou moins menacées. Bien qu'il soit difficile d'obtenir des chiffres fiables, les experts s'accordent à dire que les langues autochtones sont particulièrement vulnérables car nombre d'entre elles ne sont pas enseignées à l'école ou utilisées dans la sphère publique. S'appuyant sur les enseignements tirés de l'Année internationale des langues autochtones (2019), la Décennie des langues autochtones (2022-2032) donnera la priorité à l'autonomisation de leurs utilisateurs.

A crowd of women sitting and laughing

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.