Un couple âgé Muisca portant chacun un masque.
Le Ministère de la Santé colombien a envoyé une infirmière Muisca à Suba, au nord de Bogotá, pour un suivi médical de la population autochtone locale.
Photo :OMS / Karen González Abril

Thème 2020 : COVID-19 et la résilience des populations autochtones

Bien que l'origine exacte de la COVID-19 n'ait pas encore été identifiée, le lien entre les dommages environnementaux et les pandémies est connu des principaux organismes de recherche. En grand danger face à la maladie de COVID-19, les peuples autochtones sont des partenaires indispensables dans la lutte contre la pandémie, ne serait-ce que par leurs connaissances fines des écosystèmes, leurs relations à l'environnement, leurs bonnes pratiques de guérison ou leurs savoirs traditionnels. 

Les territoires autochtones traditionnels couvrent 28 % de la surface terrestre mondiale, mais abritent 80 % de la biodiversité de la planète. Le mode de vie et les moyens d'existence des peuples autochtones peuvent nous apprendre beaucoup sur la préservation des ressources naturelles, l'approvisionnement et la production d'aliments de manière durable ; et sur une vie en harmonie avec la nature.  

Les peuples autochtones cherchent leurs propres solutions à cette pandémie. Ils prennent des mesures et utilisent des connaissances et des pratiques traditionnelles, telles que l'isolement volontaire et l'isolement de leurs territoires, ainsi que des mesures préventives. Plusieurs communautés de peuples autochtones se sont imposées une quarantaine, par exemple, et ont mis en place des contrôles pour limiter l'accès à leurs communautés.

Une nouvelle fois, ils nous montrent leurs capacités à se réadapter, c'est la raison pour laquelle le thème de cette journée, en 2020, a mis l'accent sur la résilience des populations autochtone. Dans le cadre des célébrations de cette journée, un événement spécial a été organisé, avec notamment une table ronde sur les moyens novateurs dont disposent les peuples autochtones pour faire preuve de résilience face à la pandémie, tout en faisant face à de graves menaces pour leur survie. Les peuples autochtones sont des partenaires indispensables dans la lutte contre la pandémie. 

Portrait of an indigenous person

Webinaire interactif

Le Service des peuples autochtones et du développement du Secrétariat de l’Instance permanente sur les questions autochtones a organisé un webinaire interactif réunissant les organisations de peuples autochtones, les agences des Nations Unies, les États membres, la société civile et autres participants. Les panélistes y ont partagé les bonnes pratiques et mis en évidence comment la préservation et la promotion des connaissances et pratiques traditionnelles des peuples autochtones pouvaient être utiles face à cette pandémie mais aussi après, afin de reconstruire en mieux. En savoir plus sur cet événement.

Leurs défis sont nos défis

La pandémie aggrave la situation précaire dans laquelle se trouvent aujourd'hui la plupart des peuples autochtones. Ces populations sont trois fois plus susceptibles de vivre dans l'extrême pauvreté, rendant plus difficile l'achat et le stockage de nourriture, ou le paiement de médicaments ou de traitements, et de subvenir à leurs besoin alors qu'ils ne sont pas en mesure de travailler.

Les peuples autochtones ont aussi un accès limité à des services de santé de qualité, ce qui a déjà des répercussions sur leur état de santé. De nombreuses communautés autochtones sont également sans défense contre les nouvelles maladies, en particulier les communautés qui se trouvent en situation d’isolement volontaire. Le manque d'accès à l'eau potable, à l'assainissement et à une nutrition adéquate, ainsi que le manque d'accès aux services publics sont une réalité pour nombre de ces populations. 

La crise sanitaire complexe qui se produit exige que l’on apporte des réponses intégrées et culturellement adaptées afin d’arrêter la propagation de la pandémie. Dans certains pays, les autorités publiques ont élaboré et diffusé du matériel d’information dans les langues autochtones, y compris sous la forme de messages radiophoniques. L’accès limité des peuples autochtones à l’éducation et le faible niveau d’instruction auquel ils parviennent limitent également l’utilité des informations diffusées par écrit dans le cadre des campagnes d’information menées en temps de crise.

Par ailleurs, le manque de reconnaissance de millions de peuples autochtones dans certains pays, conduit à leur invisibilité en termes d'identification, de statistiques et donc d'accès aux services publics de base ou à des mesures de compensations économiques.

Il existe de multiples points d'entrée pour accorder une attention particulière aux droits et au bien-être des peuples autochtones en tant que partie intégrante de la réponse à la COVID-19, comme soutenir l'accès à l'eau potable, aux aliments nutritifs et aux installations sanitaires, en respectant les systèmes alimentaires des peuples autochtones pendant la pandémie ; ou promouvoir les droits des femmes autochtones qui risquent d'être affectées de manière disproportionnée en raison de leur rôle important dans l'économie informelle et en tant que dispensatrices de soins.

Depuis des décennies, les peuples autochtones demandent la reconnaissance de leur identité, de leur mode de vie, de leurs terres, territoires et ressources naturelles mais, malgré leurs efforts, ils continuent d’être victimes de discriminations et d’injustices.

Afin de sensibiliser le public aux besoins de cette partie de la population, nous célébrons, le 9 août de chaque année, la Journée internationale des peuples autochtones. La date a été choisie pour rappeler la première réunion du Groupe de travail des Nations Unies sur les populations autochtones, tenue à Genève (Suisse) en 1982.

Le saviez-vous ?

  • Les peuples autochtones représentent 476 millions de personnes réparties dans 90 pays.
  • Plus de 86 % des populations autochtones travaillent dans l’économie informelle, contre 66 % des non autochtones.
  • Les populations autochtones sont près de trois fois plus exposés à la pauvreté extrême que les autres peuples.
  • Dans le monde, 47 % des populations autochtones actives n’ont pas fait d’études, contre 17 % des non autochtones. Cet écart est encore plus important chez les femmes.

COVID-19 et les peuples autochtones

Un jeune Masai porte un casque de protection sur un chantier.

À partir de nouvelles données de l’Organisation internationale du Travail (OIT), cette note de synthèse analyse les vulnérabilités des peuples autochtones et tribaux dans le contexte de la pandémie de COVID-19 et définit les mesures urgentes et permanentes à prendre pour leur garantir l’accès au travail décent et à la protection sociale, dans le cadre de la riposte au COVID-19 et du redressement.

 

Une famille de l'ethnie Hunza Gujal dans le nord du Pakistan.

Les données actuelles indiquent qu'au moins 40 % des 7 000 langues utilisées dans le monde sont plus ou moins menacées. Bien qu'il soit difficile d'obtenir des chiffres fiables, les experts s'accordent à dire que les langues autochtones sont particulièrement vulnérables car nombre d'entre elles ne sont pas enseignées à l'école ou utilisées dans la sphère publique. S'appuyant sur les enseignements tirés de l'Année internationale des langues autochtones (2019), la Décennie des langues autochtones (2022-2032) donnera la priorité à l'autonomisation de leurs utilisateurs.

 Illustration représentant le Siège de l‘ONU

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.