Journée internationale – Célébration de 2020

« Luttons ensemble contre le racisme, vestige de l’esclavage »

 

L’un des héritages dévastateurs de la traite transatlantique des esclaves est le racisme. Historiquement, il a servi de justification à l’asservissement des Africains. Aujourd’hui, il a mené à la relégation des personnes d’origine africaine dans les secteurs les plus pauvres et les plus marginalisés de la société. Le thème de 2020 souligne la réalité selon laquelle les effets durables de la traite transatlantique des esclaves, notamment le racisme, continuent de diviser les sociétés dans le monde entier et d’entraver notre progression vers un monde qui respecte les droits de l’homme et favorise le développement durable pour tous. Ce n’est qu’en affrontant ces héritages que nous pourrons réellement promouvoir l’inclusion et avancer ensemble.

 

Message du Président de l’Assemblée générale des Nations UniesCalendrier des événements

 


Message du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies

 

À l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, nous nous engageons à affronter ensemble l’héritage de racisme de l’esclavage.

Il est regrettable qu’en raison de l’évolution continue de la pandémie de COVID-19, la Réunion commémorative pour la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves ait dû être reportée. La pandémie de COVID-19 renforce notre devoir d’ouvrir notre esprit aux expériences vécues par les autres.

Aujourd’hui, nous nous souvenons des 15 millions d’Africains qui ont été arrachés à leur terre natale par la force. Ces personnes ont été soumises à une cruauté odieuse et privées de leur dignité, de leur liberté et de leur identité.

La traite transatlantique des esclaves a enraciné de profondes inégalités au sein des sociétés. Les économies ont prospéré au prix d’un coût humain élevé : des industries entières ont été construites sur la souffrance de nos semblables. Une minorité a amassé une richesse et un pouvoir énormes tandis que ceux qui ont travaillé dur se sont vus refuser les droits les plus fondamentaux.

L’esclavage a mis fin à de nombreuses vies et volé l’avenir de générations successives. Les descendants de ceux qui ont été réduits en esclavage continuent de faire face à des inégalités sociales et économiques durables, à l’intolérance, aux préjugés, au racisme et à la discrimination.

Nous devons prendre des mesures collectives pour réaffirmer notre engagement à mettre en œuvre la Déclaration de Durban adoptée lors de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée.

Aujourd’hui, j’appelle tous les États Membres à reconnaître les contributions des personnes d’origine africaine et à rendre hommage à leur résilience. Tout au long de cette Décennie des personnes d’ascendance africaine, j’invite instamment les États Membres à adopter, à mettre en œuvre et à renforcer les politiques et les programmes qui combattent les discours de haine, la xénophobie, le racisme et la discrimination raciale. Nous devons aller plus loin que la tolérance, vers un environnement de compréhension interculturelle.

Alors que nous célébrons le 75{s+}e{e+} anniversaire de l’Organisation des Nations Unies, nous devons prendre des mesures collectives pour réduire les inégalités, éliminer la discrimination raciale et mettre fin à l’esclavage moderne. Aujourd’hui, 40 millions de personnes sont prises dans ce piège. Les enfants représentent un quart des victimes, et 71 % des personnes réduites en esclavage sont des femmes. Il est du devoir de chaque État Membre d’éradiquer la traite des êtres humains, le travail forcé, la servitude et l’esclavage. Aucun d’entre nous ne sera vraiment libre tant que ces personnes souffriront.

Nous ne pouvons tout simplement pas être indifférents face à l’injustice. Il nous incombe à tous de faire respecter les droits de l’homme de tous, partout.

Tijjani Muhammad-Bande

 


Calendrier des événements

 

21 février2020

Exposition sur le racisme au Siège de l’ONU

Une exposition intitulée Nous et les autres : des préjugés au racisme a été montrée dans le hall des visiteurs de l’Organisation des Nations Unies à New York du 21 février au 4 mai 2020. Organisée en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et le Musée de l’Homme à Paris, en France, l’exposition examine la science derrière la « race », montre la manière dont le racisme s’est développé pendant la traite transatlantique des esclaves et continue de diviser les sociétés aujourd’hui, et enseigne qu’il n’est pas inévitable et peut être combattu de multiples manières.

 

28 février 2020

L’ONU montre le pouvoir des monuments lors de la projection d’un film sur le Mémorial de Gorée au Sénégal

Le programme « En mémoire de l’esclavage » s’est associé à la Fondation mondiale pour le Mémorial et la sauvegarde de Gorée lors d’une projection de film organisée par la Mission permanente du Sénégal. Le film, intitulé Gorée-Almadies : Recognizing Transatlanticity, a présenté le projet de mémorial porté par le Sénégal pour honorer l’Afrique, la diaspora africaine mondiale et les victimes de la traite transatlantique des esclaves. Les participants à la manifestation étaient les suivants : Maha El-Bahrawi, Directrice adjointe de la Division de la sensibilisation du public au Département de la communication globale des Nations Unies ; Saliou Niang Dieng, chargé d’affaires de la Mission permanente du Sénégal ; Malick Kane, Coordinateur du projet du Mémorial de Gorée ; Sheila Walker, Directrice exécutive d’Afrodiaspora, Inc ; et Peggy King Jorde, ancienne Directrice de la commémoration au monument national African Burial Ground.

 

25 mars 2020

L’ONU observe la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves

En raison de la COVID-19, la traditionnelle Réunion commémorative de l’Assemblée générale célébrant la Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves a été reportée. Cependant, le public a été invité à réfléchir le 25 mars sur l’histoire et les héritages honteux de la traite transatlantique des esclaves, notamment le racisme. Le public a également été encouragé à partager, sur les médias sociaux des Nations Unies, des cartes avec leurs propres messages de solidarité.

 

18 mai 2020

Une séance d’information auprès de la société civile met en lumière la stigmatisation, la xénophobie, les discours de haine et la discrimination raciale liés à la COVID-19.

À l’occasion de la Journée internationale du vivre-ensemble en paix (16 mai), plus de 300 personnes se sont réunies ce jour pour un webinaire en ligne afin de discuter des inégalités sociales liées à la pandémie de COVID-19. L’événement virtuel – intitulé « Combattre la stigmatisation, la xénophobie, les discours de haine et la discrimination raciale liés à la COVID-19 » – a été organisé par le programme des Nations Unies « En mémoire de l’esclavage », en partenariat avec le Groupe des relations avec la société civile du Département de la communication globale des Nations Unies et le Programme de communication sur l'Holocauste et les Nations Unies.

 

28 mai 2020

Un webinaire explore les liens entre la traite transatlantique des esclaves, le racisme et les effets de la COVID-19 sur les personnes d’origine africaine

Organisée par le programme des Nations Unies « En mémoire de l’esclavage » et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), cette discussion virtuelle – intitulée « L’inclusion en temps de COVID-19 ; confronter ensemble l’héritage de l’esclavage : le racisme » – a mis l’accent sur la manière dont la COVID-19 a exacerbé les conditions sanitaires découlant du racisme structurel et a fait souffrir les personnes d’origine africaine de manière disproportionnée.

 

8 juillet 2020

Débat sur les musées, les mémoriaux et la justice

Dans un webinaire intitulé « Musées, mémoriaux et commémoration après l’atrocité – communiquer une forme de justice permanente ? », des experts de la traite transatlantique des esclaves et du génocide ont illustré le lien entre les histoires et la mémoire des atrocités criminelles et montré comment éduquer les citoyens à leur sujet les prépare à lutter contre les préjugés et le racisme. Parmi les intervenants figuraient Ana Lucia Araujo, professeure d’histoire à l’Université Howard de Washington, D.C., membre du Comité scientifique international du projet « La route de l’esclave » de l’UNESCO et auteur de Slavery in the Age of Memory : Engaging the Past ; Stephen Smith, Directeur exécutif de la Fondation USC Shoah et de la Chaire UNESCO sur la prévention du génocide ; Honoré Gatera, Directeur du Mémorial du génocide de Kigali au Rwanda ; et Tali Nates, fondatrice et Directrice de la Johannesburg Holocaust and Genocide Foundation. Ce webinaire était le premier épisode d’une nouvelle série de discussions intitulée « Au-delà de l’ombre : aborder les histoires difficiles  » – une initiative conjointe du programme des Nations Unies « En mémoire de l’esclavage », du Programme de communication sur l’Holocauste et du Programme de communication sur le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 des Nations Unies.

 

19 novembre 2020

Discussion sur l’importance de préserver les lieux de sépulture des Africains réduits en esclavage

Le 19 novembre 2020, le programme « En mémoire de l’esclavage » a organisé une discussion sur le thème « Soulever le voile du passé ». Les intervenants ont évoqué l’importance de la préservation des lieux de sépulture des personnes réduites en esclavage par la traite transatlantique des esclaves, les questions éthiques soulevées par le non-respect de ces lieux sacrés ainsi que les défis auxquels sont confrontés les historiens qui écrivent l’histoire de la traite transatlantique des esclaves et l’histoire des hommes, des femmes et des enfants morts à cause de cette pratique brutale. Parmi les intervenant figuraient Peggy King Jorde, consultante en projets culturels et boursière Loeb à la Graduate School of Design de l’Université de Harvard, aux États-Unis, et Ciraj Rassool, professeur d’histoire à l’Université de Western Cape, en Afrique du Sud. Regarder la discussion.