Une femme travaille dans une plantation de café

Retrouvez sur cette page les différents messages publiés par le système des Nations Unies à l'occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars.

Message de la Directrice exécutive d'ONU Femmes

La Journée internationale des femmes de cette année arrive à un moment difficile pour le monde et pour l’égalité des sexes, mais ce même moment est idéal pour mener une action transformatrice et pour féliciter les femmes et les jeunes pour leur combat acharné en faveur de l’égalité de genre et des droits fondamentaux. Notre priorité porte sur le leadership des femmes et sur le renforcement de leur représentativité dans tous les domaines, actuellement dominés par les hommes, où des décisions sur des questions qui affectent la vie des femmes sont prises. L’absence généralisée et désastreuse de représentation des intérêts des femmes a trop duré.

Alors que nous examinons les difficultés extraordinaires infligées à des millions de femmes et de filles et à leurs communautés par la COVID-19, nous nous réjouissons par avance des excellentes perspectives de changement offertes par le Forum Génération Égalité et les Coalitions d’action.

Nous avons constaté au cours de cette pandémie une augmentation des actes de violence envers les femmes et les filles et un recul de l’apprentissage des filles à mesure que les taux d’abandon scolaire, les responsabilités en matière de soins et les mariages d’enfants augmentent. Nous constatons que des dizaines de millions de femmes supplémentaires ont sombré dans l’extrême pauvreté, car elles perdent leur emploi à un rythme plus élevé que les hommes, et elles pâtissent de leurs difficultés à accéder aux nouvelles technologies et de leur manque de compétences numériques. On ne peut pas laisser les hommes résoudre seuls ces problèmes parmi tant d’autres. Pourtant, bien qu’il y ait des exceptions notables, la plupart des pays affichent une absence flagrante de femmes dans les postes de décisions et de leadership qui pourraient garantir que ces questions soient présentées et traitées efficacement, une situation qui nuit au processus de changement pour les femmes en général.

Des avancées sont à saluer, comme l’arrivée des femmes aux plus hauts postes d’organisations telles que l’OMC (Organisation mondiale du commerce), le FMI (Fonds monétaire international) et la BCE (Banque centrale européenne) et nous attendons avec impatience d’autres nominations de ce type qui contribueront à redéfinir le profil des dirigeants. Pourtant, ce n’est pas la norme. En 2020, les femmes représentaient en moyenne (à l’échelle mondiale) 4,4 pour cent des chefs d’entreprise, 16,9 pour cent des membres des conseils d’administration, 25 pour cent des parlementaires nationaux et 13 pour cent des négociateurs de paix. Seuls 22 pays ont actuellement à leur tête une femme cheffe d’État ou de gouvernement, tandis que 119 n’ont jamais connu une telle configuration – ce qui a des conséquences importantes pour les aspirations des filles qui grandissent. Vu la tendance actuelle, il faudra attendre 2150 avant de parvenir à la parité entre les sexes au plus haut poste de l’État. 

Cela peut et doit changer. Pour ce faire, nous devons avoir la volonté politique de soutenir activement et intentionnellement la représentation des femmes. Les leaders peuvent définir et atteindre des objectifs de parité, notamment en nommant des femmes à des postes exécutifs à tous les échelons du gouvernement, comme cela s’est produit dans les quelques pays dont les exécutifs sont paritaires. Des mesures spéciales peuvent fonctionner. On a pu ainsi observer de réels progrès en matière de leadership féminin lorsque les pays ont mis en place et appliqué des quotas. Il en va de même pour les pays ayant adopté des politiques destinées à régler le problème de la représentativité. Sans ces mesures, les progrès sont plus lents, voire inexistants, et facilement réduits à néant.

Aucun pays ne peut prospérer sans la participation des femmes. Nous avons besoin d’une représentation des femmes qui reflète toutes les femmes et les filles dans toutes leur diversité et leurs capacités, indépendamment de leur situation sur le plan culturel, social, économique et politique. Il s’agit là de la seule façon d’obtenir un véritable changement sociétal qui intègre les femmes dans la prise de décisions, sur un pied d’égalité et au bénéfice de toutes et tous.

Telle est la philosophie du Programme à l’horizon 2030, des Objectifs de développement durable et de la perspective de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing. Cette vision est celle de la société civile et des nombreux jeunes qui montrent déjà la voie et de toutes celles et ceux qui nous rejoindront dans les Coalitions d’action de la Génération Égalité. Nous devons prendre des mesures audacieuses et décisives dans le monde entier pour intégrer un grand nombre de femmes au cœur des espaces de prise de décisions et les considérer comme partenaires à part entière, afin de pouvoir progresser immédiatement vers un monde plus écologique, plus équitable et plus solidaire.

Phumzile Mlambo-Ngcuka

Nous avons besoin d’une représentation des femmes qui reflète toutes les femmes et les filles dans toutes leur diversité et leurs capacités, indépendamment de leur situation sur le plan culturel, social, économique et politique. Il s’agit là de la seule façon d’obtenir un véritable changement sociétal qui intègre les femmes dans la prise de décisions, sur un pied d’égalité et au bénéfice de toutes et tous. »

Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d'ONU Femmes
Retrouvez le message sur le site Internet d'ONU Femmes

 

Message vidéo

Message de la Directrice générale de l'UNESCO

Ce 8 mars 2021 doit plus que jamais être une journée d’union et de mobilisation, alors que la pandémie exacerbe toutes les fractures de notre monde – en particulier les inégalités de genre.

Ce sont d’abord les inégalités éducatives qui ont été creusées : 767 millions de femmes et de filles ont ainsi été privées de leurs classes au pic de la pandémie, et aujourd’hui, 11 millions d’entre elles pourraient ne jamais y retourner et s’ajouter aux 132 millions déjà déscolarisées avant la crise.

Les vulnérabilités socioéconomiques montent également en flèche. Selon une étude récente de l’OIT, les pertes d’emplois à l’échelle mondiale ont touché 5 % des femmes, contre 3,9 % des hommes.

En perdant leur indépendance financière, les femmes ont été aussi plus exposées aux violences et aux discriminations. Par exemple, selon les données de l’ONU, chaque trimestre de confinement provoque 15 millions de cas supplémentaires de violence sexiste et deux millions de mutilations génitales féminines, qui auraient pu être évitées, se produiront au cours de la prochaine décennie .

Les femmes journalistes et artistes n’ont également pas été épargnées dans leur pratique professionnelle, comme l’a établi une enquête menée par l’UNESCO, le Centre international des journalistes et Freemuse.

C’est pourquoi, en ce 8 mars, nous devons nous mobiliser toutes et tous, les femmes comme les hommes, pour porter le flambeau de l’égalité.

L’UNESCO, qui a fait de l’égalité des genres une priorité globale, s’y est attelée tout au long de la crise.

Pour soutenir le retour des filles à l’école, nous avons par exemple lancé, avec la Coalition mondiale pour l’éducation, la campagne « Girls back to school », et publié un Guide de bonnes pratiques, diffusé dans plus de 50 pays de l’Union africaine.

Nous avons aussi donné la parole aux femmes, artistes, scientifiques, journalistes, citoyennes, par exemple dans le numéro spécial du Courrier de l’UNESCO « Les femmes prennent la parole ».

Les femmes doivent en effet être actrices du changement.

C’est encore trop peu le cas. Comme le montre le rapport de l’UNESCO sur la science, les femmes ne comptent que pour 33 % des chercheurs à travers le monde – et pourtant elles contribuent de manière décisive à la science, comme Katalin Karikó, qui a permis la percée de l’ARN messager.

Cette sous-représentation se vérifie dans les laboratoires comme dans les cercles de pouvoir : seulement 20 femmes sont à la tête d’États ou de gouvernements selon ONU-Femmes.

Face à ces injustices redoublées, face à cette « honte du XXIe siècle » pour reprendre les mots d’Antonio Guterres, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, il est plus que temps de s’unir.

L’UNESCO s’investit dans les domaines que couvre son mandat pour soutenir le droit à l’éducation des femmes, pour promouvoir l’émergence de femmes artistes, journalistes ou chercheuses, mais aussi pour encourager l’engagement des hommes.

Car c’est avant tout dans les esprits, pour défaire les préjugés et les stéréotypes, que les défenses de l’égalité doivent s’élever.

Audrey Azoulay

Ce 8 mars 2021 doit plus que jamais être une journée d’union et de mobilisation, alors que la pandémie exacerbe toutes les fractures de notre monde – en particulier les inégalités de genre. »

Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO
Retrouvez le message sur le site Internet de l'UNESCO