Deyanira Cordoba est issue d’une famille qui cultive le café dans la région de Nariño, en Colombie. Dans le cadre d'un projet d'ONU-Femmes, elle a été sensibilisée aux questions des droits des femmes. ONU Femmes/Ryan Brown.

Message du Secrétaire général, 8 mars 2020

Ces dernières décennies, les droits des femmes ont énormément progressé : pensons notamment à l’abolition de lois discriminatoires, ou encore à l’augmentation du nombre de filles qui vont à l’école. Mais voilà que ces droits subissent le contre-choc d’un puissant effet de réaction. Dans certains pays, la protection juridique contre le viol et la violence domestique s’affaiblit ; les droits des femmes en matière de sexualité et de procréation sont menacés.

Tout cela parce que l’égalité des genres est, fondamentalement, une question de pouvoir. Des siècles de discrimination systématique et de patriarcat profondément enraciné ont créé des rapports de force extrêmement déséquilibrés entre les genres dans nos systèmes économiques et politiques, dans nos entreprises et dans nos cultures.

Cela nous touche toutes et tous profondément et entrave notre capacité de faire face à toute une série de défis et de menaces, qu’il s’agisse de parvenir à une mondialisation équitable qui profite à toutes et à tous, de mettre fin à l’épidémie de violence contre les femmes ou de bâtir des sociétés pacifiques et sûres. Nous devons également combler d’urgence le fossé numérique entre les femmes et les hommes, qui menace d’asseoir les inégalités entre les genres dans les sociétés et les économies pour les décennies à venir.

Les femmes n’occupant toujours qu’un quart des sièges des parlements du monde entier, la représentation politique est la preuve la plus flagrante du déséquilibre des rapports de force. C’est pourquoi la parité femmes-hommes à l’ONU est l’une de mes grandes priorités : nous y sommes parvenus aux postes de direction, deux ans avant la date que nous nous étions fixée. À l’avenir, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que les femmes soient représentées dans tous les processus de prise de décisions de l’Organisation, y compris dans les processus de paix. Je plaiderai également auprès des États Membres pour l’abrogation de toutes les lois discriminatoires, pour la participation égale des femmes et des hommes dans tous les domaines, pour une protection accrue contre la violence et pour des économies plus inclusives.

L’égalité des genres est un moyen de redéfinir et de transformer les rapports de force de sorte que toutes et tous soient gagnants. Le moment est venu d’arrêter de vouloir changer les femmes et de commencer à changer les systèmes et les rapports de force qui les empêchent de réaliser leur potentiel.

Le XXIe siècle doit être le siècle de l’égalité femmes hommes. Nous devons répondre à l’appel et agir pour qu’il en soit ainsi.

António Guterres

Message vidéo

Le XXIe siècle doit être le siècle de l’égalité femmes-hommes. Chacun a un rôle à jouer pour qu’il en soit ainsi.

António Guterres, lors d'un discours prononcé le 27 février 2020 à la New School, à New York.