Une femme montre l’encre qu’elle a sur le doigt, preuve qu’elle a voté lors des élections législatives au Timor-Leste, le 7 juillet 2012. Photo ONU / Martine Perret

Message du Secrétaire général de l'ONU

La pandémie de COVID-19 est venue confirmer deux vérités fondamentales au sujet des droits humains.

Premièrement, les violations de ces droits nuisent à tous égards.

La pandémie de COVID-19 a des conséquences disproportionnées pour les groupes vulnérables, dont les personnes travaillant en première ligne, les personnes handicapées, les personnes âgées, les femmes et les filles, et les minorités.

La pauvreté, les inégalités, la discrimination, la destruction du milieu naturel et d’autres manquements aux droits humains fragilisent profondément nos sociétés, ce qui explique la propagation de la maladie.

La pandémie nuit également aux droits humains, car elle sert de prétexte à des politiques sécuritaires musclées et à des mesures répressives qui restreignent l’espace civique et la liberté des médias.

Deuxièmement, les droits humains sont universels et nous protègent tous.

Pour être efficace, la riposte à la pandémie doit être fondée sur la solidarité et la coopération.

Les démarches clivantes, l’autoritarisme et le nationalisme n’ont pas lieu d’être, face à une menace mondiale.

Les personnes et leurs droits doivent être au cœur de la riposte et de la relance. Pour vaincre cette pandémie et nous protéger à l’avenir, il nous faut des cadres universels fondés sur les droits, comme la couverture sanitaire pour tous.

Dans mon appel à l’action en faveur des droits humains, j’ai expliqué le rôle central de ces droits dans la réponse aux crises, l’égalité des genres, la participation du public, la justice climatique et le développement durable.

À l’occasion de la Journée des droits de l’homme, et quotidiennement, prenons la résolution d’agir ensemble, en mettant les droits humains au premier plan, afin de nous relever de la pandémie de COVID-19 et de bâtir un avenir meilleur pour tous.

António Guterres

António Guterres

 

Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme

Cette année, la Journée des droits de l’homme arrive à un moment que nous n’oublierons jamais.

La COVID-19 nous a pris de court et a bouleversé notre monde.

Une tragédie suivie d’une occasion extraordinaire de mieux reconstruire.

Cette Journée des droits de l’homme est un appel à l’action.

Un appel pour nous tous à saisir cette occasion et à construire le monde que nous voulons.

Pour cela, nous devons tirer les leçons de cette crise.

Un : mettre fin à toute forme de discrimination. Tout comme les problèmes de santé préexistants fragilisent certaines personnes, le manque de respect des droits de l’homme a rendu l’ensemble de la société plus vulnérable. Si l’un d’entre nous est à risque, nous sommes tous en danger. La discrimination, l’exclusion et les violations des droits de l’homme nous affectent tous.

Deux : réduire les inégalités. La protection sociale, la couverture sanitaire universelle et d'autres systèmes permettant l'exercice des droits fondamentaux ne sont pas un luxe. Ils permettent à nos sociétés de continuer à fonctionner et peuvent être la base d’un avenir plus équitable.

Trois : encourager la participation, surtout des jeunes. Toutes les voix méritent d’être entendues.

Quatre : renforcer notre volonté et nos efforts pour atteindre les objectifs de développement durable, un programme concret pour les droits de l’homme universels.

Ces objectifs sont non seulement appropriés, mais aussi judicieux.

Et ils ne peuvent être atteints que d’une seule façon : en défendant les droits de l’homme.

Car les droits de l’homme permettent de créer des sociétés justes et résilientes. Ils sont la réponse à cette crise humaine. Comme l’urgence climatique, la COVID-19 nous rappelle que nous faisons partie d’une seule humanité. Nous devons agir.

En travaillant ensemble, nous pouvons mieux reconstruire.

En étant solidaire, nous pouvons bâtir un monde plus résilient, durable et juste.

Ensemble, défendons les droits de l’homme.

Michelle Bachelet

Michelle Bachelet

 

« Les personnes et leurs droits doivent être au cœur de la riposte et de la relance. Pour vaincre cette pandémie et nous protéger à l’avenir, il nous faut des cadres universels fondés sur les droits, comme la couverture sanitaire pour tous. »

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres

Directrice générale de l'UNESCO

« Nier aux gens leurs droits humains, c’est remettre en cause leur humanité même » affirmait Nelson Mandela, défenseur par excellence de cet « idéal commun » défini par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

Alors que nous célébrons la Journée internationale des droits de l’homme, c’est avec force que ces mots résonnent en nous aujourd’hui, en ce moment difficile pour la communauté internationale.

En effet, la pandémie a exacerbé de vieilles blessures, creusé les inégalités, provoqué une hausse des violences faites contre les femmes, et frappé de plein fouet les plus vulnérables.

C’est en cela que cette crise nous donne à tous l’opportunité de placer les droits de l’homme au coeur de notre projet commun, pour « reconstruire en mieux », thème de cette année 2020.

Le mandat de l’UNESCO trouve à cet égard une pertinence profonde, appuyée par une conviction humaniste : un monde plus harmonieux se fondera sur les piliers universels que sont la culture, l’éducation, la science et l’information.

Depuis le début de la pandémie, nous avons ainsi oeuvré sans relâche, dans tous nos domaines de compétences, notamment pour lutter contre les manifestations de racisme et de xénophobie qui ont pu augmenter avec la pandémie.

C’est tout le sens de notre travail avec la Coalition internationale des villes inclusives et durables de l’UNESCO. Nous avons ainsi choisi les villes comme des espaces privilégiés pour formuler une réponse contre toutes les formes de discrimination, d’exclusion et de violation des droits inaliénables – car ces derniers sont la condition de notre dignité.

Par ailleurs, la pandémie a plus que jamais démontré la valeur de la recherche scientifique, et encouragé le développement d’outils numériques adaptés aux défis de notre temps.

L’UNESCO s’engage ainsi à promouvoir un progrès scientifique humaniste à travers l’élaboration de deux instruments normatifs sur l’éthique de l’intelligence artificielle et sur la science ouverte.

Enfin, cette Journée internationale est l’occasion de réaffirmer notre engagement pour un autre de ces droits fondamentaux, le droit à l’éducation, que proclame la Déclaration universelle des droits de l’homme en son article 26 : « Toute personne a droit à l’éducation ».

Cette Déclaration doit être plus que jamais notre référence, parce que, pour rappeler les mots d’Eleanor Roosevelt lors de son adoption, elle élèvera les droits de chacun, dans toutes les régions du monde, et permettra l’accès « à un niveau de vie plus élevé et à une plus grande jouissance de la liberté ».

En cette Journée internationale, souvenons-nous ainsi que les droits de l’homme ne sont pas un acquis de toujours, mais une conquête de tous les jours, pour laquelle il faut, aujourd’hui et demain, nous mobiliser.

Audrey Azoulay

Audrey Azoulay