Un homme en chaise roulante dans une salle de conférence de l’ONU, à New York.

Messages 2020

Secrétaire général de l'ONU

La pandémie de COVID-19 a frappé les collectivités et les sociétés à leurs racines, creusant les inégalités préexistantes. 

Même en temps normal, le milliard de personnes vivant avec un handicap dans le monde a moins de chances que les autres d’avoir accès à l’éducation, aux soins de santé et aux moyens de subsistance ou de participer à la vie de la collectivité et d’être incluses dans la société. 

Les personnes en situation de handicap sont exposées à un risque plus élevé de vivre dans la pauvreté ou de subir violence, négligence ou maltraitance. 

De plus, lorsque des crises telles que la COVID-19 s’abattent sur les populations, les personnes en situation de handicap sont parmi les plus touchées. 

La promotion de l’inclusion des personnes en situation de handicap passe par la reconnaissance et la protection de leurs droits. 

Ces droits concernent tous les aspects de la vie : le droit d’aller à l’école, de vivre au sein de la collectivité, d’accéder aux soins de santé, de fonder une famille, de participer à la vie politique, de faire du sport, de voyager et d’avoir un travail décent. 

Pendant que le monde s’efforce de se relever de la pandémie, nous devons garantir que les aspirations et les droits des personnes en situation de handicap seront pris en compte et dûment respectés dans un monde post-COVID-19 qui devra être inclusif, accessible et durable. 

Cette ambition ne pourra être réalisée que si des consultations actives sont menées avec les personnes en situation de handicap et les organisations qui les représentent. 

En cette Journée internationale des personnes handicapées, prenons l’engagement d’œuvrer ensemble pour briser les obstacles que rencontrent les personnes en situation de handicap et lutter contre les injustices et les discriminations qu’elles endurent.

 

António Guterres

António Guterres

 

Directrice générale de l'UNESCO

Comme nous le savons à présent, la pandémie de COVID-19 a eu des effets aussi dévastateurs que disproportionnés pour les personnes vivant avec une forme de handicap. L’absence de réponses adaptées a en effet lourdement pesé dans l’exacerbation, pour elles, des conséquences de la crise.

C’est, par exemple, le manque d’informations accessibles à tous, disponibles en braille ou en langue des signes. Dans le contexte de la crise sanitaire, nous en mesurons toutes les conséquences, et cet enjeu déjà crucial est devenu vital.

En période de crise éducative et de fermeture des établissements scolaires, c’est aussi l’avenir des enfants et jeunes en situation de handicap qui se trouve menacé, d’abord parce que les plus vulnérables sont aussi les plus à risque de subir une rupture de la continuité pédagogique, tout comme de souffrir de la distanciation. Mais aussi parce que les solutions d’éducation à distance sont trop peu souvent pensées pour prendre en compte leurs besoins spécifiques.

Il est donc crucial d’associer les personnes handicapées pour imaginer, face à cette situation inédite, des solutions qui s’adressent vraiment à toutes et à tous et pour tirer les leçons de cette expérience.

De manière générale, le handicap sous toutes ses formes doit être mieux pris en compte dans l’éducation – en développant ressources et compétences numériques au service de l’inclusion, en formant les enseignants aux principes qui fondent une éducation accessible à toutes et à tous, en rendant accessibles, enfin, les outils adaptés aux différents besoins d’apprentissage. C’est crucial pour les élèves handicapés, comme pour leurs camarades : car tous bénéficieraient d’une éducation plus inclusive.

L’accès à l’éducation, comme à tous les autres biens communs de nos sociétés, doit ainsi être universel – c’est une question d’équité et de respect des droits humains fondamentaux.

Nous ne pouvons laisser les personnes en situation de handicap être privées de leur droit fondamental à participer pleinement à la vie politique, économique, sociale et culturelle de leurs sociétés.

C’est ce que rappelle la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations Unies, cadre de référence essentiel de la lutte contre les discriminations dans ce domaine.

Aujourd’hui, nous devons nous donner les moyens de son ambition, et mobiliser les formidables ressources de nos sociétés, notamment la science et la technologie, pour répondre aux besoins spécifiques du handicap, compris sous toutes ses formes et dans toutes ses spécificités. Les personnes handicapées doivent pouvoir jouer tout leur rôle pour développer ces solutions, afin de mettre leurs compétences et leurs aptitudes au service de l’inclusion.

En cette Journée internationale des personnes handicapées, j’appelle donc toute la communauté internationale à se mobiliser pour que les personnes handicapées puissent contribuer activement à répondre à la crise et à inventer de nouveaux possibles.

Cette pandémie nous offre en effet une opportunité exceptionnelle de mettre en lumière ces questions fondamentales, et de faire des avancées décisives. Ensemble, saisissons-la et œuvrons concrètement à construire des sociétés plus inclusives, dans le respect de la différence et de la dignité humaine.

 

Audrey Azoulay

Audrey Azoulay