Comprendre l'impact dévastateur de la violence sexuelle liée aux conflits
La violence sexuelle liée aux conflits est un crime contre l'humanité et constitue un acte de génocide en vertu du droit international, menaçant la sécurité individuelle et collective et entravant l'instauration d'une paix durable.
Elle a des répercussions sur la santé physique, sexuelle, reproductive et mentale des victimes. Au-delà des traumatismes physiques et psychologiques, elle peut entraîner la stigmatisation et pousser les survivants et leurs familles dans la pauvreté. Dans certaines communautés, les survivants vont jusqu'à devenir victimes d'ostracisme, ce qui limite leur accès aux services d'aide sociale et de soins y compris médicaux essentiels.
En outre, les conséquences sont encore plus graves si des grossesses résultent de ces violences, celles-ci pouvant conduire à un rejet des enfants nés dans de telles circonstances par les communautés. Enfin, cette forme de violence est souvent liée à d'autres atrocités commises en temps de guerre, notamment l'enlèvement et le recrutement de personnes dans des groupes armés.
Une attaque contre la cohésion sociale
La violence sexuelle liée aux conflits menace la cohésion sociale en détruisant les liens communautaires et en laissant un traumatisme durable aux survivants et à leurs familles. De nombreux survivants gardent le silence par peur des représailles, par manque de soutien et/ou à cause de la stigmatisation dont ils font l'objet au lieu de toucher les auteurs des violences.
L'autonomisation des survivants par la guérison et le soutien communautaire
Il est de la responsabilité de la communauté internationale d'examiner en profondeur les effets à long terme sur les familles et les communautés de la violence sexuelle liée aux conflits. Si ces effets et leurs enjeux ne sont pas pris en compte, leurs répercussions ne feront que croître et s'aggraver avec le temps.
Pour briser ce cycle et favoriser la guérison, l'accès à la santé mentale et au soutien psychosocial est crucial. Les survivants ont besoin de soins tenant compte de leurs traumatismes afin de les aider à surmonter ces expériences et à renforcer leur résilience. Des stratégies d'intervention efficaces comprennent le soutien communautaire, les ressources adaptées aux enfants pour les jeunes survivants, les initiatives éducatives et les changements législatifs visant à prévenir la violence sexuelle liée aux conflits.
En s'attaquant aux traumatismes intergénérationnels, nous pouvons favoriser un environnement dans lequel les survivants et leurs enfants peuvent se réapproprier leur vie, en transformant les horreurs de leur expérience en espoir et en cercle de guérison.

Événement 2025
L'événement organisé cette année aura pour thème « Rompre le cycle, guérir les cicatrices : Lutter contre les effets intergénérationnels de la violence sexuelle liée aux conflits ».
Jeudi 19 juin 2025
10 h 00 - 12 h 30 (heure de New York)
Siège de l'ONU, New York
Salle de conférence 5
L'événement de cette année, qui marque la 11e célébration officielle de la Journée, est organisé conjointement par le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général sur la violence sexuelle en temps de conflit, le Bureau de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé et la Mission permanente de l'Argentine auprès des Nations Unies.
L'objectif de l'événement est de se montrer solidaire des victimes et de ceux qui les soutiennent, de susciter l'espoir, la connaissance et l'inspiration en lançant un appel mondial pour mettre fin au viol en temps de guerre ( #EndRapeInWar) !
Contexte
Définition
L’expression « violence sexuelle liée aux conflits » recouvre des actes tels que le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, l’avortement forcé, la stérilisation forcée, le mariage forcé, ainsi que toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, perpétrés contre des femmes, des hommes, des filles ou des garçons, et ayant un lien direct ou indirect avec un conflit. Cette expression inclut également la traite des personnes à des fins de violences sexuelles ou d’exploitation sexuelle lorsque ces faits surviennent en temps de conflit.
Une préoccupation constante est que la crainte et les pressions culturelles dissuadent la grande majorité des victimes de violences sexuelles liées aux conflits de porter plainte. Les professionnels sur le terrain estiment que, pour chaque cas de viol déclaré lié à un conflit, il y en a 10 à 20 qui ne le sont pas.
Résolutions de l'ONU
Le 19 juin 2015, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté par consensus la résolution A/RES/69/293 proclamant le 19 juin Journée internationale pour l'élimination de la violence sexuelle en temps de conflit afin de sensibiliser à la nécessité d'y mettre un terme, de manifester de la solidarité envers les victimes et de rendre hommage à celles et ceux qui luttent en première ligne pour éliminer ces crimes.
Cette date a été choisie pour commémorer l'adoption décisive, le 19 juin 2008, de la résolution S/RES/1820(2008), dans laquelle le Conseil de sécurité a condamné l'utilisation de la violence sexuelle comme une arme de guerre pouvant faire obstacle à la consolidation de la paix.
Pour répondre aux groupes terroristes qui se servent désormais de la traite et des violences sexuelles comme arme de terreur et source de revenus, le Conseil de sécurité a adopté la résolution S/RES/2331(2016), par laquelle il engage les États Membres à prendre des mesures décisives et immédiates pour prévenir et réprimer la traite des êtres humains et les violences sexuelles, notamment dans le cadre des conflits armés. La résolution souligne que la traite d'êtres humains en temps de conflit armé et les violences sexuelles et sexistes commises en période de conflit peuvent s'inscrire parmi les objectifs stratégiques et dans l'idéologie de certains groupes terroristes. De tels actes peuvent devenir une tactique pour ceux-ci et un instrument servant à alimenter leurs coffres et à conforter leur pouvoir en facilitant l’enrôlement et la destruction de communautés.
Plus d'informations
Ressources
Rapports du Secrétaire général sur la violence sexuelle liée aux conflits
- 2024 : S/2024/292
- 2023 : S/2023/413
- 2022 : S/2022/272
- 2021 : S/2021/312
- 2020 : S/2020/487
- 2019 : S/2019/280
- 2018 : S/2018/250
Autres rapports - Action de l'ONU
- Dernier rapport : Rapport 2024 de l'Équipe d'experts
Plus de rapports (en anglais) >>
Autres sites web
- #NonÀLaHaine
- Non au viol : Campagne des Nations Unies visant à mettre fin à la violence sexuelle lors des conflits armés
- Représentante spéciale chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit
- L'Équipe d'experts de l'état de droit et des questions touchant la violence sexuelle liée aux conflits
Publication
Vidéos
Danai Gurira au Conseil de sécurité
« La question de l’impunité, le fait de savoir qu’on peut violer une mère, une fille, un fils, un enfant et s’en sortir sans problème, alimente la pathologie qui maintient ce problème grave et croissant » - L'Ambassadrice de bonne volonté de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes) Danai Gurira au Conseil de sécurité (23 avril 2024)
Violences sexuelles dans les conflits
Les Rohingyas sont une communauté minoritaire musulmane au Myanmar. Des centaines de milliers d’entre eux ont fui la violence et la persécution. D'innombrables femmes sont enceintes à la suite d’un viol pendant leur voyage. Ces grossesses arrivent maintenant à terme. Les agences des Nations Unies offrent des services de santé et de sécurité, y compris des soins prénatals cruciaux.
Exposition virtuelle
Découvrez le parcours de guérison d'une survivante de violence sexuelle liée à un conflit


