Palau. Photo: Pablo_Marx, Flickr

Photo: Palau. Pablo_Marx, Flickr

À propos des petits États insulaires en développement

Les petits États insulaires en développement forment un groupe distinct de 38 États Membres et de 20 États non membres de l’ONU/membres associés de commissions régionales de l’ONU qui sont exposés à des risques sociaux, économiques et environnementaux particuliers.

Ils se trouvent dans trois régions :Caraïbes Pacifique, et Atlantique, océan Indien et mer de Chine méridionale.

Ainsi qu’indiqué lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement qui s’est tenue à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992, les petits États insulaires en développement doivent faire face a des problèmes particuliers en matière d’environnement et de développement. 

Ces pays comptent, au total, 65 millions d’habitants, soit à un peu moins de 1 % de la population mondiale, mais ils sont confrontés à des problèmes sociaux, économiques et environnementaux uniques.

L’isolement géographique est, pour beaucoup de petits États insulaires en développement, l’un de ces problèmes. Un grand nombre d’entre eux assument, de ce fait, des coûts d’importation et d’exportation de marchandises élevés et souffrent de l’irrégularité du trafic international. Il leur faut toutefois s’approvisionner dans une large mesure sur les marchés extérieurs parce qu’ils n’ont que des ressources limitées.

La zone économique exclusive des petits États insulaires en développement – c’est-à-dire la zone océanique qu’ils contrôlent – représente en moyenne 28 fois la superficie de leur territoire. Un grand nombre de ces pays tirent donc l’essentiel de leurs ressources naturelles de l’océan. Ils sont particulièrement vulnérables à la perte de biodiversité et aux changements climatiques, car ils n’ont guère d’autres possibilités économiques en raison, notamment, de leur petit nombre d’habitants, de leur éloignement des marchés internationaux, de l’ampleur de leurs coûts de transport, de leur vulnérabilité à des chocs économiques exogènes et de la fragilité des écosystèmes terrestres et marins.

Les changements climatiques ont des effets très concrets sur les petits États insulaires en développement. La saison des cyclones tropicaux de 2017, durant laquelle sont survenus les ouragans Harvey, Irma, Maria et Nate, a été l’une des plus meurtrières et les plus dévastatrices jamais observée, et a provoqué la destruction d’infrastructures des communications, d’énergie et des transports, d’habitations et d’établissements sanitaires et scolaires. Les phénomènes à évolution lente, comme l’élévation du niveau des mers, menacent l’existence de petites collectivités insulaires et nécessitent l’adoption de mesures draconiennes telles que la réinstallation de populations avec toutes les difficultés que cela peut poser. Ces problèmes sont encore aggravés par l’insuffisance des capacités institutionnelles, la pénurie de ressources financières et une grave vulnérabilité aux chocs systémiques.

La biodiversité revêt de l’importance pour les moyens d’existence de nombreux petits États insulaires en développement, dont plus de la moitié du produit intérieur brut peut provenir de secteurs comme le tourisme et la pêche. Au-delà de son intérêt économique, la biodiversité a une valeur esthétique et spirituelle pour de nombreuses collectivités insulaires. Depuis des siècles, ces dernières tirent profit de la diversité biologique qui leur procure des ressources alimentaires et de l’eau propre, réduit l’érosion des plages, contribue à la formation des sols et du sable et les protège des ondes de tempête.

Pour les petits États insulaires en développement, une grande diversité biologique est non seulement une source de revenus économiques, mais aussi un moyen d’éviter les coûts additionnels que pourraient avoir les changements climatiques, l’érosion des sols, la pollution, les inondations, les catastrophes naturelles et d’autres phénomènes destructeurs.

Au niveau régional, les petits États insulaires en développement reçoivent aussi un appui d’organisations intergouvernementales, principalement la Communauté des Caraïbes (CARICOM), le Forum des îles du Pacifique et la Commission de l’océan Indien (COI).

Programmes d’action de l’ONU en faveur des petits États insulaires en développement

Programme d’action de la Barbade - 1994

En 1994, le Programme d’action de la Barbade a défini des mesures particulières visant à permettre aux petits États insulaires en développement de parvenir à un développement durable.

La Stratégie de Maurice - 2005

En 2005, la Stratégie de Maurice pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en développement a été adoptée dans le but de combler les lacunes observées au niveau de la mise en œuvre.

Les Orientations de Samoa - 2014

En 2014, la communauté internationale s’est réunie à Samoa pour la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement dans le but de définir une nouvelle trajectoire de développement durable pour ce groupe de pays. Les Orientations de Samoa reconnaissent les répercussions négatives des changements climatiques et de l’élévation du niveau des mers sur les efforts déployés par ces pays, entre autres, pour promouvoir leur développement économique, la sécurité alimentaire, la réduction des risques de catastrophe et la gestion des océans.
 
Bien que nombre des petits États insulaires en développement marquent des avancées sur la voie du développement durable, leurs vulnérabilités particulières – notamment leur faible superficie, leur isolement, les effets des changements climatiques, la perte de biodiversité et leurs ressources limitées – continuent dans bien des cas d’entraver leurs progrès et ils continuent par conséquent d’être considérés comme des cas spéciaux.

Les Orientations de Samoa visent à s’attaquer aux problèmes particuliers auxquels sont confrontés les petits États insulaires en développement et à promouvoir le développement de ces derniers en privilégiant cinq lignes d’action prioritaires :

  • Promouvoir une croissance économique soutenue et durable, partagée et équitable, offrant à tous un travail décent, caractérisée par des modes de consommation et de production durables et des moyens de transport viables
  • Mener une action visant à atténuer les changements climatiques et à promouvoir l’adaptation grâce à la mise en œuvre de programmes de gestion durable de l’énergie et de réduction des risques de catastrophe
  • Protéger la biodiversité des petits États insulaires en développement et veiller à la salubrité de l’environnement en atténuant l’impact des espèces animales et végétales invasives, en gérant de manière adéquate les produits chimiques et les ressources en eau, y compris les déchets dangereux, et en protégeant les océans et les mers
  • Améliorer la santé des populations et le développement social en menant une action axée sur la sécurité alimentaire et la nutrition, l’approvisionnement en eau et les services d’assainissement, en réduisant l’incidence des maladies non transmissibles et en favorisant l’équité de genre et l’autonomisation des femmes
  • Promouvoir l’établissement de partenariats entre les petits États insulaires en développement, les organismes des Nations Unies, les partenaires de développement et d’autres entités dans le but d’atteindre ses objectifs

Documents officiels

Les Orientations de Samoa

Les Orientations de Samoa ont donné lieu à l’élargissement du mandat du Bureau qui couvre maintenant les petits États insulaires en développement. La hausse du niveau des mers et d’autres conséquences préjudiciables des changements climatiques continuent de présenter des risques considérables pour ces pays et d’entraver les efforts qu’ils déploient pour parvenir à un développement durable. Les changements climatiques sont aussi, pour beaucoup d’entre eux, la menace la plus grave pour leur survie et leur viabilité.