Programme de communication sur le génocide des
Tutsis au Rwanda en 1994 et les Nations Unies

Portrait de Mme Binaifer Nowrojee, défenseur des droits de l'homme
« Elles n’ont pas péri pendant le génocide, mais aujourd’hui, elles meurent du sida, alors au fond, c’était une condamnation à mort en suspens. »
Mme Binaifer Nowrojee, défenseur des droits de l'homme, s'exprimant durant la Conférence du 31 mai 2006 sur les femmes vivant avec le VIH / SIDA à cause de violences sexuelles subies durant le génocide au Rwanda.
⇨ Conférence de presse du 31 mai 2006 

Un défi de taille

La non prévention du génocide s’accompagne de coûts énormes, qu’on les évalue en nombre de vies perdues ou en souffrances subies par les survivants.

Au Rwanda, aujourd’hui, des milliers de survivants du génocide ont encore beaucoup de difficultés à se refaire une vie, y compris :


les victimes de la violence sexuelle
les orphelins
les veuves

On estime entre 100 000 et 250 000 le nombre de femmes violées pendant les trois mois du génocide au Rwanda en 1994.

Victimes de la violence sexuelle

Les viols commis en temps de guerre sont souvent systématiques et ont pour objectif de terroriser la population, briser les familles, détruire les communautés, et parfois, de modifier la composition ethnique de la prochaine génération. Ils servent également parfois à empêcher les femmes de la communauté ciblée de pouvoir enfanter.

La violence sexuelle commise en temps de guerre pose des problèmes multiples aux survivantes :

  • La honte et la stigmatisation associées à un viol public peuvent souvent contraindre une victime et sa famille à fuir leur communauté et abandonner leur terre, leurs biens et leurs ressources. En conséquence, les femmes se retrouvent souvent plus pauvres et plus exposées à de nouveaux sévices, et elles ont besoin d’une aide financière pour retomber sur leurs pieds.
  • Les femmes et leur famille doivent souvent faire face à des traumatismes psychologiques de longue durée. La guerre détruit l’infrastructure même qui est nécessaire pour aider ces femmes : il ne reste plus guère de conseillers et de psychologues qualifiés. Les dispensaires manquent de ressources et de personnel compétent.
  • Les femmes ont des besoins médicaux, en particulier des opérations de chirurgie reconstructive et peut-être des traitements contre le VIH/sida.
  • Et elles réclament justice – des réparations légales pour veiller à ce que leurs agresseurs soient appréhendés et punis.

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Il y avait plus d'un million d'orphelins au Rwanda en 1994, une grande partie due au génocide, mais depuis cette époque, de plus en plus de jeunes rwandais sont devenus orphelins en raison du VIH/sida.

Orphelins

D’après le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), il y avait, en 1994, plus d’un million d’orphelins au Rwanda. La plus grande partie d’entre eux sont devenus orphelins à la suite du génocide, mais depuis cette époque, de plus en plus de jeunes rwandais sont devenus des orphelins du VIH/sida;

Il était fréquent de voir des enfants plus âgés élever seuls des enfants plus jeunes, dans le Rwanda d’après le génocide. Le Rwanda de 1994 avait l’une des proportions les plus importantes au monde de familles dirigées par un enfant – quelque 42 000 foyers élevaient tant bien que mal près de 101 000 enfants.

Beaucoup de ces enfants n'étaient pas scolarisés ou ne mangeaient pas régulièrement. Certains d’entre eux, en raison des viols généralisés commis pendant le génocide et de la propagation croissante du VIH/sida, tombaient eux-mêmes malades. Un grand nombre d’entre eux étaient sans défense face à l’exploitation et aux abus. C’est une génération n'a pas eu d'enfance et dont l’avenir fut extrêmement compromis.

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Parmi les survivants du génocide au Rwanda, il y a eu des milliers de femmes, tant hutues que tutsies, rendues veuves par le conflit.

Veuves

Le génocide au Rwanda a rendu des milliers de femmes, tant hutues que tutsies, veuves par le conflit. Toutes traumatisées, beaucoup d’entre elles ont été violées, certaines sont infectées par le VIH/sida et un grand nombre d’entre elles ont assisté au massacre de membres de leur famille.

Depuis 1994, ces femmes et les organisations qui les aident se battent pour faire changer les attitudes envers les femmes au Rwanda et pour modifier les lois sur la propriété et les lois sur les droits conjugaux et de succession des femmes.

    Ces femmes ont actuellement besoin :
  • De l’application des lois qui défendent leurs droits;
  • De services médicaux et psychologiques;
  • D’aide et d’indemnisations financières;
  • De programmes éducatifs visant à faire prendre conscience de la valeur de l’égalité des droits pour les femmes.

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Œuvrer pour aider les survivants

Depuis 1994, de nombreuses organisations se sont mises en place au Rwanda et ailleurs pour répondre aux besoins des survivants du génocide. Les activités des ces organisations vont de l’aide aux victimes qui réclament justice par l’entremise des procédures judiciaires locales, nationales ou internationales; la prestation d’une assistance médicale et psychologique; la gestion d’orphelinats et des programmes d’embauche pour les jeunes au Rwanda. Pour en savoir plus et pour apporter votre concours à leurs efforts, consulter la page Impliquez-vous.