Programme de communication sur le génocide des
Tutsis au Rwanda en 1994 et les Nations Unies

Cérémonie de signature de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide
Paris, 11 décembre 1948
(00:01:35)

Le génocide est un crime

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la communauté internationale s’est inquiétée de la nécessité de prévenir le génocide et d’en punir les responsables. Aux termes du droit international, le génocide a été défini comme un crime dans la Convention sur le génocide de 1948 (Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide). La Convention qualifie de crime les actes suivants : le génocide, l'entente en vue de commettre le génocide, l'incitation directe et publique à commettre le génocide, la tentative de génocide et la complicité dans le génocide.

Aujourd’hui, tous les gouvernements sont tenus de respecter cette loi, qu’ils aient signé la Convention ou pas.

Malgré cette Convention, il y a eu depuis d’autres atrocités de masse – y compris le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 – ce qui a mis en relief l’échec de la communauté internationale à faire de la prévention du génocide une réalité.

Face à cet échec collectif et en vue de tirer les enseignements du passé, l’ancien Secrétaire général, M. Kofi Annan, a élaboré en 2004 un plan d’action en cinq volets pour la prévention du génocide, plan qui incluait la création d’un poste de Conseiller spécial pour la prévention du génocide  dont le mandat prévoyait qu’il fasse office de mécanisme d’alerte rapide face aux situations qui risquaient de donner lieu à un génocide.

Comprendre le génocide

Le génocide n’est pas un phénomène qui se produit du jour au lendemain ou sans signes précurseurs. Il s’agit en fait d’une stratégie délibérée dont les répercussions se ressentent au-delà des frontières du pays touché car ce crime a des retombées négatives sur la sûreté et la sécurité des populations des régions avoisinantes.

Les effets d’un génocide sur les générations à venir sont vraiment très forts.

Aujourd’hui, les conséquences du génocide au Rwanda se ressentent encore de très nombreuses manières, tant dans le pays même que dans les pays voisins, y compris dans les régions orientales la République démocratique du Congo.

Les signes précurseurs du génocide

Le Conseiller spécial pour la prévention du génocide, travaillant en collaboration avec d’autres spécialistes de la question, a compilé une liste de signes précurseurs susceptibles d’indiquer qu’une communauté est en danger de subir un génocide ou des atrocités du même ordre. Ces signes peuvent être ce qui suit :

  • Le pays a un gouvernement totalitaire ou autoritaire et le pouvoir est entre les mains d’un seul groupe;
  • Le pays est en guerre ou alors il existe un environnement anarchique dans lequel des massacres peuvent se produire sans provoquer de réaction rapide ou sans être facilement documentés.