Un petit garçon range des briquespar terre pour les faire sécher.
Des centaines de familles avec de jeunes enfants travaillent et vivent dans ces briqueteries près d'Islamabad, souvent dans des conditions de travail forcé.
Photo :Organisation internationale du Travail (OIT) / Marcel Crozet

L'esclavage n'est pas simplement un vestige du passé

L'esclavage n'est pas seulement un vestige du passé, mais une réalité tristement actuelle. Selon l'Organisation internationale du Travail (OIT), il y a actuellement plus de 40 millions de victimes du travail forcé dans le monde. L'esclavage moderne est un terme recouvrant plusieurs pratiques telles que le travail forcé, la servitude pour dettes, le mariage forcé et la traite d'êtres humains. Elle implique des situations d'exploitation qu'une personne ne peut refuser ou quitter en raison de menaces, de violence, de contraintes et/ou d'abus de pouvoir.

L'OIT a adopté un nouveau protocole juridiquement contraignant destiné à renforcer les efforts mondiaux visant à éliminer le travail forcé, qui est entré en vigueur en novembre 2016.

Logo de la campagne illustrant un oiseau avec des ailes

Campagne « 50 pour la liberté » 

Nous avons la chance de faire l'Histoire.

Le Protocole de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur le travail forcé peut redonner l’espoir et la liberté aux millions de personnes victimes de l’esclavage moderne.

Mais il doit d’abord être ratifié par les différents pays du monde.

Notre objectif est de convaincre au moins 50 pays à ratifier le protocol sur le travail forcé.

Contexte

La Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage commémore l'adoption par l'Assemblée générale des Nations Unies de la Convention pour la répression et l'abolition de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui [A/RES/317(IV)] du 2 décembre 1949.

L'objectif de cette journée est d'éradiquer les formes contemporaines d'esclavages telles que la traite d'êtres humains, l'exploitation sexuelle, le travail des enfants, les mariages forcés et le recrutement forcé d'enfants dans les conflits armés.

Les principales formes de l'esclavage moderne

L'esclavage a évolué et s'est manifesté de différentes manières à travers l'Histoire. Aujourd'hui, certains formes traditionnelles de l'esclavage demeurent, tandis que d'autres ont évolué. Les organes des Nations Unies dédiés aux droits humains ont démontré la persistence de formes anciennes d'esclavage, ancrées dans les croyances et les pratiques traditionnelles. Ces formes d'esclavage sont le résultat de discriminations contre les groupes les plus vulnérables au sein de sociétés, considérés comme appartenant à des castes inférieures, des minorités tribales ou encore les peuples autochtones.

Le travail forcé

Le travail forcé peut être défini comme un travail accompli contre son gré et sous la menace d'une peine quelconque. Cela renvoie à des situations dans lesquelles des personnes sont contraintes à travailler par le recours à la violence ou l’intimidation, ou par des moyens plus subtils tels que la manipulation de dettes, la rétention de papiers d’identité ou la menace de dénonciation aux autorités migratoires.

Le travail des enfants

Dans le monde, plus de 150 millions d'enfants sont contraints de travailler, ce qui représente plus d'un enfant sur dix.  Cela va à l'encontre de la Convention relative aux droits de l'enfant, qui reconnaît « le droit de l'enfant d'être protégé de l'exploitation économique et de tout travail susceptible d'être dangereux ou d'interférer avec l'éducation de l'enfant, ou de nuire à la santé de l'enfant ou son développement physique, mental, spirituel, moral ou social ». La majorité du travail des enfants qui se produit aujourd'hui est à des fins d'exploitation économique. Toutes les tâches exécutées par les enfants ou les adolescents ne tombent pas forcément sous la dénomination de travail des enfants qui lui doit être éliminé.

Les tâches qui se limitent à aider les parents à la maison, dans l’entreprise familiale sous certaines conditions, gagner un peu d’argent de poche en dehors des heures de cours ou pendant les vacances scolaires ne sont pas considérées en tant que telles comme des tâches relevant du travail des enfants. Par contre, le concept « travail des enfants » regroupe l’ensemble des activités qui privent les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et nuisent à leur scolarité, santé, développement physique et mental.

La traite d'êtres humains

Selon le Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, l’expression « traite des personnes » désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation.

L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes.

Le saviez-vous ?

  • À un moment donné en 2016, 40,3 millions de personnes étaient victimes de l’esclavage moderne, dont 24,9 millions du travail forcé et 15,4 millions du mariage forcé.
  • Cela signifie qu’il y a plus de 5 victimes d’esclavage moderne sur mille personnes à le monde.
  • Une victime sur 4 d’esclavage moderne est un enfant.
  • Sur les 24,9 millions de personnes réduites au travail forcé, 16 millions sont exploitées dans le secteur privé (travail domestique, construction, agriculture, entre autres); 4,8 millions sont victimes d’exploitation sexuelle, et 4 millions sont astreintes à des travaux forcés imposés par les autorités publiques.
  • Les femmes et les filles sont disproportionnellement touchées par le travail forcé; elles représentent 99 % des victimes dans l’industrie du sexe, et 58 % dans d’autres secteurs.

    Source : Les estimations mondiales de l’esclavage moderne : travail forcé et mariage forcé (2017), OIT

    Ressources

    Instruments internationaux

    Instruments de l'Organisation internationale du Travail (OIT)

    Autres liens

    Un journaliste lève sa caméra vidéo au-dessus de la foule.

    Les journalistes ont une voix que beaucoup de travailleurs n'ont pas : ils peuvent mettre en lumière les pratiques abusives et le déni des droits fondamentaux humains et du travail. Ces outils de l'OIT fournissent, en plus d'un glossaire multimédia sur la migration - des informations et des conseils aux professionnels des médias sur la manière de rendre compte de manière précise et efficace du travail forcé et du recrutement équitable.

    Une femme se couvre le visage de fleurs.

    « L'Action mondiale contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants - Asie et Moyen-Orient » est une initiative de l'ONUDC, de l'OIM et de ses partenaires, dans les quatre pays suivant : l'Afghanistan, l'Iran, l'Iraq et le Pakistan. Le projet fournit une assistance directe aux victimes de la traite des êtres humains et aux migrants vulnérables, en renforçant les mécanismes d'identification, d'orientation et de protection.

     

     Illustration représentant le Siège de l‘ONU

    Chaque journée internationale représente une opportunité d’informer le grand public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont l’occasion pour les pouvoir publics mais aussi la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.