Conférence de presse virtuelle du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres.

Messages

2021
Message du Secrétaire général

Les défis mondiaux auxquels nous faisons face durant cette période de pandémie de COVID 19 révèlent que la diffusion d’informations fiables, vérifiées et accessibles à toutes et à tous est essentielle pour sauver des vies et construire des sociétés fortes et résilientes. 

Durant la pandémie, comme dans d’autres crises, telles que celle de l’urgence climatique, les journalistes et les professionnels des médias nous aident à nous orienter dans un tourbillon d’informations qui nous submergent, en dévoilant les inexactitudes et contrevérités pernicieuses. 

Dans de trop nombreux pays, ces hommes et ces femmes, rien qu’en faisant leur travail, s’exposent personnellement à de grands risques – restrictions inédites, censure, mauvais traitements, harcèlement ou détention –, allant jusqu’à mettre leur vie en péril. Cette situation ne cesse hélas de se dégrader.

Les répercussions économiques de la pandémie ont durement touché de nombreux médias, dont la survie même est menacée. 

Les budgets s’amenuisent et, avec eux, l’accès à des informations fiables. Dans le vide ainsi laissé s’insinuent rumeurs, contrevérités et opinions extrêmes ou génératrices de dissensions. 

J’exhorte tous les gouvernements à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour défendre la liberté, l’indépendance et la diversité des médias. 

Un journalisme libre et indépendant est notre meilleur allié dans la lutte contre les informations fausses et trompeuses. 

Le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes vise à créer un environnement sûr pour les professionnels des médias dans le monde entier – car l’information est un bien public.

Aujourd’hui, nous célébrons le trentième anniversaire de la Déclaration de Windhoek pour le développement d’une presse africaine libre, indépendante et pluraliste. Bien que les médias aient radicalement changé ces trente dernières années, l’appel urgent lancé dans la Déclaration en faveur de la liberté de la presse et du libre accès à l’information est plus pertinent que jamais. 

Entendons cet appel et redoublons d’efforts pour protéger la liberté des médias, afin que l’information reste un bien public vital pour toutes et tous.

 

António Guterres

António Guterres

 

2021
Directrice générale de l'UNESCO

Il y a aujourd’hui 30 ans, des journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs de toute l’Afrique se rassemblaient pour rédiger un appel en faveur de la liberté de la presse : la Déclaration de Windhoek sur le développement d’une presse africaine indépendante et pluraliste. Cette déclaration historique visait à faire de la libre circulation de l’information un bien commun – un objectif toujours d’actualité.

Depuis 1991, le paysage de l’information a connu des changements considérables, notamment avec l’arrivée d’Internet et des médias sociaux. Des possibilités inouïes s’offrent à présent à nous pour nous exprimer, nous tenir informés et communiquer avec les autres. Mais nous devons également faire face à la montée de la désinformation et des discours de haine, au bouleversement des modèles économiques des médias et à la concentration du pouvoir entre les mains d’un petit nombre de sociétés privées.

La pandémie a mis en évidence la nécessité de disposer d’informations fiables. C’est grâce au journalisme indépendant que nous avons pu mieux comprendre cette crise. Les journalistes se sont rendus sur le terrain, souvent à leurs risques et périls. Beaucoup d’entre eux ont été menacés, arrêtés, harcelés – en particulier les femmes.Soixante-deux journalistes ont été tués pour leur travail en 2020, et bien d’autres ont perdu la vie à cause de la COVID-19. Nous leur en sommes immensément redevables.La pandémie a également aggravé des problèmes existants, de nombreux médias faisant désormais face à des pertes financières. Le pouvoir des plates-formes Internet s’est encore renforcé, à la faveur des confinements qui nous ont contraints à effectuer en ligne une grande partie de nos activités quotidiennes. Et les fausses informations et les rumeurs ont fleuri, avec parfois de terribles conséquences.

Cette année, le thème retenu pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse, « L’information comme bien public », souligne la valeur incontestable d’une information vérifiée et fiable. Il appelle l’attention sur le rôle essentiel que jouent les journalistes libres et professionnels dans la production et la diffusion de ces informations, en luttant contre les fausses informations et autres contenus préjudiciables.

Ce thème concorde avec les efforts menés par l’UNESCO pour garantir la bonne santé à long terme d’un journalisme indépendant, pluraliste, ainsi que la sécurité des professionnels des médias partout dans le monde, notamment dans le cadre du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité.

Dans le cadre de ces efforts, nous nous employons à instaurer une plus grande transparence sur les plates-formes en ligne dans des domaines tels que la modération des contenus, tout en respectant les droits de l’homme et les règles internationales en matière de liberté d’expression. Nous dotons les citoyens, au titre de l’éducation aux médias et à l’information, des compétences dont ils ont besoin pour évoluer dans ce nouveau paysage de l’information, et leur permettre d’éviter les tromperies et les manipulations en ligne.

Aujourd’hui, nous nous employons également à faire en sorte que l’évolution de ce paysage soit prise en compte dans les principes inscrits dans la Déclaration de Windhoek, à l’heure où nous célébrons le 30e anniversaire de ce texte fondamental lorsde la Conférence mondiale sur la liberté de la presse, qui doit se tenir à Windhoek, en Namibie, les 2 et 3 mai.À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, j’appelle chacun et chacune à renouveler son engagement en faveur du droit fondamental à la liberté d’expression, à défendre les professionnels des médias et à se joindre à nous pour garantir que l’information reste un bien public.

 

Audrey Azoulay

Audrey Azoulay