Conférence de presse virtuelle du Secrétaire général de l'ONU, António Guterres. Photo ONU/Manuel Elias

Messages

2020
Message du Secrétaire général

Les journalistes et autres professionnels des médias sont indispensables : leurs informations nous aident à prendre des décisions informées. À l’heure où le monde est aux prises avec la pandémie du Covid-19, ce sont parfois des vies qui sont en jeu.

En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, nous appelons les gouvernements et autres acteurs à faire en sorte que les journalistes puissent faire leur travail, pendant la pandémie et au-delà.

La propagation de la pandémie du Covid-19 en a fait naître une nouvelle, celle de la désinformation, où de dangereux conseils de santé côtoient les théories conspirationnistes les plus folles.

Le remède, c’est la presse : des informations et des analyses vérifiées, scientifiques et fondées sur des faits.

Pourtant, depuis le début de la pandémie, restrictions et sanctions s’accumulent contre de nombreux journalistes qui ne font que leur travail.

Il est inévitable de restreindre temporairement la liberté de circulation pour venir à bout du Covid-19. Cela ne doit pas être un prétexte pour empêcher les journalistes de travailler.

 

Nous remercions aujourd’hui les médias, qui nous apportent faits et éclairages, qui tiennent les dirigeants, tous secteurs confondus, comptables de leurs actes, et qui savent exprimer les vérités qui dérangent.

Nous saluons tout particulièrement celles et ceux qui sauvent des vies en informant sur la santé publique.

Et nous appelons les gouvernements à protéger les professionnels des médias et à renforcer et protéger cette liberté de la presse indispensable pour un avenir de paix, de justice et de respect universel des droits humains.

António Guterres

António Guterres

 

2020
Directrice générale de l'UNESCO

Alors  que  la  pandémie  de  COVID-19  nous  fait  basculer  dans  l’inquiétude  et  l’incertitude,  l’information  libre  nous  est  essentielle  pour  faire  face  à  la  crise,  la  comprendre, la penser, et la surmonter.

Nous mesurons d’abord son importance vitale : informer, c’est donner à chacune et chacun  les  moyens  de  lutter  contre  la  maladie  en  adoptant  les  comportements  adéquats.

C’est  pourquoi  notre  Organisation est  engagée  avec  l'ensemble  de  la  famille  de  l’ONU dans la lutte contre « l’infodémie », de rumeurs et de fausses informations, qui aggrave la pandémie et met des vies en danger. À travers deux campagnes fortes sur les réseaux sociaux, « Together for Facts, Science and Solidarity» et «Don’t go viral»,   nous mettons ainsi nos forces en commun.  

Pour  multiplier  l’efficacité  de  ces  efforts, notre  Organisation  a également  créé  un  Centre de ressources pour les médias face au COVID-19,afin d’aider les journalistes à traquer les fausses informations et à rendre compte de la crise de manière sûre et efficace, ainsi que nous y invite le thème de cette Journée mondiale, « journalisme sans crainte ni complaisance ». Ce thème vient à point nommé célébrer le travail de celles et ceux qui se dressent pour la liberté de l’information, pour l’indépendance d’une presse qui dit et interroge les faits.

Cette liberté de la presse est trop souvent malmenée. Que ce soit par le contrôle politique, idéologique ou économique, par les attaques qui visent à diffamer et à décrédibiliser, ou encore par le harcèlement, on cherche trop souvent à réduire au silence les journalistes et en particulier les femmes. Malheureusement, les circonstances exceptionnelles que nous vivons aujourd’hui intensifient encore ces pressions sur les journalistes.

La crise actuelle renforce également les incertitudes pour la presse sur le plan économique : par exemple, alors même que s’accélère la transition numérique, les recettes publicitaires, dont dépendent bien des parutions, sont en baisse, voire en chute libre ; à terme, des journaux pourraient ainsi être forcés de réduire ou cesser leur activité, privant des communautés d’un autre regard sur le monde, d’une profondeur de champ nécessaire à la diversité des opinions.

Or dans un monde aussi interdépendant que le révèle cette crise, chaque menace ou attaque contre la diversité et la liberté de la presse, et contre la sécurité des journalistes, nous concerne tous.

C’est pourquoi le système des Nations Unies, ainsi que de nouvelles alliances d’associations de médias, de gouvernements, et d’acteurs légaux, académiques oude la société civile, soutiennent partout dans le monde les journalistes dans leur lutte pour leur indépendance et pour la vérité. J’appelle aujourd’hui à redoubler ces efforts : dans ce moment crucial et pour demain, nous avons besoin d’une presse libre et des journalistes, qui doivent, quant à eux, pouvoir compter sur l’ensemble d’entre nous.

Audrey Azoulay

Audrey Azoulay

 

La propagation de la pandémie du Covid-19 en a fait naître une nouvelle, celle de la désinformation, où de dangereux conseils de santé côtoient les théories conspirationnistes les plus folles.

António Guterres