Sculpture d'un homme à cheval et d'un dragon couché sur le sol.
La sculpture « Le Bien défait le Mal », au Siège de l’ONU à New York, représente St. George terrassant le dragon. Le dragon a été créé à partir de fragments de missiles nucléaires soviétiques SS-20 et américains Pershing.
Photo :ONU / Milton Grant

La réalisation d’un monde exempt d’armes nucléaires est l'un des objectifs les plus anciens de l'Organisation des Nations Unies. Cette question était, en effet, déjà inscrite dans la première résolution de l'Assemblée générale en 1946, qui établit aussi la Commission de l'énergie atomique des Nations Unies (dissoute en 1952), ayant pour mandat de réfléchir à des mesures spécifiques pour le contrôle de l'énergie nucléaire et l'élimination de tout type d’armes de destruction massive.

En 1959, l’Assemblée générale a appuyé la nécessité d’un désarmement général et complet. Depuis, elle travaille sans relâche pour faire avancer le désarmement nucléaire, qui reste une question à l'ordre du jour encore aujourd'hui et parmi l'une des priorités des Nations Unies. Le désarmement nucléaire a dominé aussi, à partir de 1975, la conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). En 1978, la première session extraordinaire de l'Assemblée générale consacrée au désarmement a réaffirmé que des mesures efficaces en matière de désarmement nucléaire constituaient la plus haute priorité, appuyée ensuite par l’ensemble des Secrétaires généraux des Nations Unies.

Pourtant, à ce jour, environ 13 400 armes nucléaires persistent dans le monde et les pays qui possèdent de tels armements ont financé des plans à long terme pour les moderniser. Plus de la moitié de la population mondiale vit dans des pays qui possèdent de telles armes ou font partie d'alliances nucléaires. Alors qu’on a assisté à d'importantes réductions des armes nucléaires déployées depuis la guerre froide, aucune ogive nucléaire n’a été détruite en vertu d'un traité bilatéral ou multilatéral, de même qu’aucune négociation en vue du désarmement nucléaire n’a été pour le moment initiée.

Malgré tout, la doctrine de dissuasion nucléaire persiste et constitue un élément des politiques de sécurité de l’ensemble des États possédant des armes nucléaires, ainsi que de leurs alliés. Les problèmes de sécurité qui prévalent ne peuvent être une excuse pour continuer à s'appuyer sur les armes nucléaires ou pour abandonner notre responsabilité commune d'atteindre une société mondiale pacifique. Le cadre international de contrôle des armements qui contribuait à la sécurité internationale depuis la guerre froide et agissait comme un frein à l'utilisation des armes nucléaires et au désarmement nucléaire avancé, subit une pression croissante.

Le 2 août 2019, le retrait des États-Unis a signifié la fin du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Les États-Unis et la Fédération de Russie s'étaient engagés à éliminer toute une classe de missiles nucléaires. De plus, le Traité entre les États-Unis d'Amérique et la Fédération de Russie sur les mesures visant à réduire et à limiter davantage les armes stratégiques offensives (appelé « nouveau START ») expirera en février 2021. Si ce traité n’est pas prorogé, comme le prévoient ses articles, ou n’est pas suivi d’un autre traité après son expiration, ce sera la première fois que les deux plus grands arsenaux nucléaires stratégiques du monde n’auront aucune contrainte par rapport à cette question depuis les années 1970.

Les États Membres sont de plus en plus frustrés par ce qui est perçu comme un désarmement nucléaire tardif, incertain et incomplet. Cette frustration fait écho aux préoccupations croissantes liées aux conséquences humanitaires potentielles en cas d’utilisation même d’une seule arme nucléaire, sans parler des conséquences catastrophiques que pourraient engendrer une véritable guerre nucléaire régionale ou mondiale.

C'est pourquoi, l’Assemblée générale a décidé de déclarer le 26 septembre Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires. Cette journée est l'occasion pour la communauté internationale de réaffirmer son engagement en faveur du désarmement nucléaire mondial et de reconnaître l’urgence d’y parvenir. Elle permet également de sensibiliser le grand public, ainsi que les dirigeants, aux avantages socio-économiques d’un monde exempt d’armes nucléaires. Cette Journée est particulièrement importante pour l’Organisation des Nations Unies, étant donné la nature universelle de ses membres. Il s’agit du lieu idéal pour trouver des solutions aux plus grands défis de l'humanité et pour parvenir à la paix et la sécurité internationales.

Conformément à la résolution 68/32 de l'Assemblée générale, l’objectif de la journée est donc de promouvoir et atteindre l'élimination totale des armes nucléaires en renforçant la sensibilisation et l'éducation du public sur la menace que représentent ces armes pour l'humanité et sur la nécessité de leur élimination totale. Elle encourage enfin la communauté internationale à redoubler d’efforts pour parvenir finalement à l’édification d’un monde exempt d’armes nucléaires.

Contexte

Par sa résolution, à la suite de sa réunion de haut niveau sur le désarmement nucléaire - tenue le 26 septembre 2013 à New York -, l'Assemblée générale a proclamé le 26 septembre Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.

Cette résolution demande également que des négociations commencent au plus tôt, dans le cadre de la Conférence du désarmement, en vue de l’adoption rapide d’une convention globale relative aux armes nucléaires interdisant la détention, la mise au point, la fabrication, l’acquisition, la mise à l’essai, l’accumulation, le transfert et l’emploi ou la menace d’emploi de ces armes et prévoyant leur destruction.

Avec la résolution, l’Assemblée générale a aussi déployé toute une série d’efforts visant à sensibiliser le public et à renforcer l’engagement international sur les questions de désarmement nucléaire. En 2009, elle a de plus proclamé le 29 août Journée internationale contre les essais nucléaires (résolution 64/35).

En 2014, l’Assemblée générale a réitéré (par sa résolution 69/58) son inviation à tous les États Membres, le système des Nations Unies et la société civile, y compris les organisations non gouvernementales, les milieux universitaires, les parlementaires, les médias et les particuliers, à marquer et à promouvoir la journée par toutes sortes d’activités d’information et de sensibilisation du public. Une demande qui figure dans d’autres résolutions, tel que les résolutions 70/34, 71/71, 72/251, 73/40 et 74/54.

Pour célébrer la journée, les Nations Unies organisent et soutiennent des événements aussi bien à New York qu’à Genève. Les centres d’information des Nations Unies dans le monde sont encouragés à leur tour à sensibiliser le public sur la question de l’élimination totale des armes nucléaires.

Chronologie d’événements importants

1945 - Deux bombes atomiques ont détruit les villes d'Hiroshima et de Nagasaki, au Japon, tuant 213 000 personnes.  

1946 - Dans sa toute première résolution, l’Assemblée générale a fait du désarmement nucléaire l’un des principaux objectifs des Nations Unies.

1959 - L'Assemblée générale a inscrit le désarmement nucléaire dans le cadre de l'objectif plus global d'un désarmement général et complet sous un contrôle international efficace (résolution 1378 (XIV)). Il s’agit de la première résolution de l’Assemblée générale à être parrainée par l’ensemble des États Membres de l’ONU.

1963 - Le Traité interdisant les essais d'armes nucléaires dans l'atmosphère, dans l'espace extra-atmosphérique et sous l'eau, également connu sous le nom de Traité d'interdiction partielle des essais nucléaires, a été ouvert à la signature. Des discussions de plusieurs années entre l'Union soviétique, le Royaume-Uni et les États-Unis se sont déroulées avec un sentiment d’urgence à la suite de la crise des missiles de Cuba en 1962.

1967 - La course aux armements nucléaires et la crise des missiles de Cuba de 1962 ont incité les gouvernements latino-américains à négocier le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires en Amérique latine et dans les Caraïbes (Traité de Tlatelolco), qui a créé la première zone exempte d'armes nucléaires au sein d’une région très peuplée.

1978 - L’Assemblée générale a tenu sa première session extraordinaire consacrée au désarmement. Dans le document final, les États Membres ont affirmé que leur objectif ultime commun est « un désarmement général et complet sous un contrôle international efficace » et que « des mesures efficaces de désarmement nucléaire et de prévention de la guerre nucléaire ont la plus haute priorité ».

1985 - Le Pacifique Sud est devenu la deuxième zone exempte d'armes nucléaires (Traité de Rarotonga).

1991 - L'Afrique du Sud a renoncé volontairement à son programme d'armes nucléaires.

1992 - Par le Protocole de Lisbonne et le Traité sur la réduction des armes stratégiques (START I), la Biélorussie, le Kazakhstan et l'Ukraine ont renoncé volontairement aux armes nucléaires en leur possession après la dissolution de l'Union soviétique.

1995 - À la Conférence d'examen et de prorogation du TNP de 1995, les États parties ont adopté sans vote les décisions sur la prorogation indéfinie du Traité, « Renforcement du processus d'examen du Traité » et « Principes et objectifs relatifs à la non-prolifération et au désarmement nucléaires », ainsi que « Résolution sur le Moyen-Orient ».

L'Asie du Sud-Est est devenue la troisième zone exempte d'armes nucléaires (Traité de Bangkok).

1996 - L'Afrique est devenue la quatrième zone exempte d'armes nucléaires (Traité de Pelindaba).

À la demande de l'Assemblée générale, la Cour internationale de Justice a rendu un avis consultatif sur la licéité de la menace ou de l'emploi d'armes nucléaires.

Le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires est ouvert à la signature.

2000 - À la Conférence d’examen du TNP de 2000, les États parties ont adopté treize mesures pratiques et progressives pour un désarmement nucléaire. 

2006 - L'Asie centrale est devenue la cinquième zone exempte d'armes nucléaires (Traité sur une zone exempte d'armes nucléaires en Asie centrale).

2008 - Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a annoncé son plan en cinq points pour atteindre le désarmement nucléaire.

2010 - À la Conférence d'examen du TNP de 2010, les États parties ont adopté un plan d'action en 64 points couvrant les trois piliers du Traité - désarmement nucléaire, non-prolifération nucléaire et utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire - et des mesures pratiques pour mettre en œuvre la résolution de 1995 visant la création au Moyen-Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires.

2013 - L’Assemblée générale a tenu sa toute première réunion de haut niveau sur le désarmement nucléaire. L’Assemblée générale, dans sa résolution 68/32, a déclaré que le 26 septembre serait la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.

L’Assemblée générale, conformément à la résolution 67/56, convoque un groupe de travail à composition non limitée chargé de faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire.

2016 - L’Assemblée générale, conformément à la résolution 70/33, convoque un deuxième groupe de travail à composition non limitée chargé de faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire.

2017 -  Le 7 juillet, le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires est adopté. C'est le premier instrument multilatéral juridiquement contraignant pour le désarmement nucléaire à avoir été négocié en 20 ans.

2018 - Le Secrétaire général a lancé « Assurer notre avenir commun : un agenda pour le désarmement ». L’Agenda traite de l’élimination des armes nucléaires dans le cadre du « désarmement pour sauver l’humanité ».

2020 - Cinquantième anniversaire de l'entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Vidéo

 

Mettre fin aux explosions nucléaires (en anglais)

 

Photos

 

Personnes réunies dans une salle à l'ouverture de la Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération à Genève

Ouverture de la Conférence d'examen du Traité sur la non-prolifération, le 5 mai 1975, au Palais des Nations à Genève. La Conférence avait comme objectif d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

 

Un invité regarde des images de l'exposition «Contre les armes nucléaires», présentée par les missions permanentes du Japon et de la République du Kazakhstan auprès des Nations Unies

Ouverture de l'exposition « Contre les armes nucléaires », présentée par les missions permanentes du Japon et de la République du Kazakhstan auprès des Nations Unies au Siège de l'ONU, en 2009. L'exposition illustre la dévastation causée par les explosions des bombes à Hiroshima et Nagasaki et par des décennies d'essais d'armes nucléaires au cœur du Kazakhstan.

 

Ressources

 

Documents

Autres célébrations sur ce thème

Photo de couverture illustrant un Orizuru, origami en forme de grue. Selon la légende japonaise, les vœux de celle ou de celui qui fait mille grues en papier sont exaucés par les dieux.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné lors de la présentation de son programme de désarmement « Assurer notre avenir commun » que la norme interdisant les essais nucléaires est un exemple de mesure servant des objectifs de désarmement et de non-prolifération. En limitant la mise au point de nouveaux types d’armes nucléaires sophistiquées, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires a freiné la course aux armements. Il constitue également une barrière normative solide face aux États qui chercheraient à mettre au point, à fabriquer et à se procurer des armes nucléaires au mépris de leurs engagements en matière de non-prolifération.

 

 

Matériel radioactif

L’histoire des Nations Unies est liée à celle de l’ère nucléaire. L’horreur de la Seconde Guerre mondiale et des bombardements des villes japonaises de Nagasaki et d’Hiroshima, en août 1945, a démontré la nécessité d’une action collective dans le domaine du nucléaire. En 1953, dans un discours historique connu sous le nom de « L’atome au service de la paix », le président des États-Unis, Dwight D. Eisenhower, a exhorté la communauté internationale à considérer une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire - regardez un extrait de ce discours.

 

 Illustration représentant le Siège de l‘ONU

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.