Une communauté à flanc de colline à Medellin, en Colombie.
Une communauté à flanc de colline à Medellin, en Colombie.
Photo :ONU Habitat/Julius Mwelu

Par sa résolution 40/202, du 17 décembre 1985, l'Assemblée générale des Nations Unies a décidé de faire du premier lundi d'octobre de chaque année la Journée mondiale de l'habitat. Cette Journée met l'accent sur le droit fondamental de tous à un logement adéquat et rappelle également à la communauté internationale sa responsabilité collective dans l'avenir de l'habitat humain.

Un logement pour tous : amélioration de l’environnement urbain

Avoir un logement adéquat est plus que jamais une question de vie ou de mort. La COVID-19 l’a bien montré car l’une des principales mesures nécessaires pour enrayer la propagation du virus a été le confinement.

En même temps, la COVID-19 nous a rappelé qu’une maison est bien plus qu’un simple toît. Pour que nous nous sentions en sécurité et que nous puissions continuer à vivre, à travailler, à apprendre, un foyer doit être sûr, nous permettre d’accéder aux services et infrastructures de base pour les mesures d’hygiène et avoir suffisamment d’espace pour l’éloignement physique. Elle doit également être située dans un endroit qui permet aux résidents d’accéder à des espaces verts et publics ouverts, à des possibilités d’emploi, à des services de santé, à des écoles, à des centres de garde d’enfants et à d’autres installations sociales.

On estime à 1,8 milliard, le nombre de personnes vivant dans des bidonvilles et des quartiers informels, dans des logements inadéquats ou sans-abri dans nos villes avant le début de la pandémie. Les personnes sont susceptibles de souffrir d’une mauvaise santé en raison de l’absence de services de base, d’un espace d’auto-isolement et d’une exposition à de multiples risques socio-économiques et environnementaux, notamment la violence, les inondations, les incendies, la pollution, et sont donc plus vulnérables à la COVID-19.

La pandémie de COVID-19 a mis en évidence des inégalités structurelles, en montrant comment les personnes issues de minorités, les peuples autochtones et les migrants sont affectés de manière disproportionnée par la précarité du logement, la surpopulation et le « vivre sans-abri ».

La COVID-19 a également montré des vulnérabilités croissantes et s’est répandue dans des zones où les individus manquent de logements adéquats, connaissent des inégalités et la pauvreté. Les résidents de ces zones ne sont souvent pas reconnus, protégés et risquent souvent d’être expulsés et relogés, en particulier en temps de crise.

Le logement est un droit de l’homme et un catalyseur pour tous les autres droits fondamentaux. C’est le seul moyen de garantir le « droit à la ville pour tous ».

Contexte

Un logement convenable pour tous

Une grande partie des êtres humains, en particulier dans les pays en développement, n'ont ni toit, ni installations sanitaires. Le bien-être physique, psychologique, social et économique d'un individu dépend de ses conditions de vie dans un logement salubre et en sûreté, où il peut bénéficier des services essentiels. Faire en sorte que ces conditions soient remplies devrait être l'un des axes fondamentaux des actions qui doivent impérativement être entreprises en faveur de celles et ceux qui ne vivent pas dans des conditions décentes. Assurer un logement convenable à tous, en particulier aux plus vulnérables, dans les villes et les campagnes est impératif.

Une urbanisation croissante

De nombreux centres urbains voient leur population augmenter rapidement et de façon largement incontrôlée, ce qui provoque un rapide processus d'urbanisation. Cette croissance a principalement lieu dans les pays en développement et s'articule essentiellement autour de quartiers d'habitats informels ou de bidonvilles. Par conséquent, les zones urbaines qui se développent le plus vite sont précisément les zones les moins armées pour faire face au changement climatique. Ces régions sont par ailleurs souvent extrêmement fragilisées en termes de gouvernance, d'infrastructures ou de justice sociale et économique.

Habitat et développement durable

L’habitat est au cœur de l’objectif 11 des 17 objectifs de développement durable adoptés lors du Sommet mondial sur le développement durable. Il a pour but d’assurer, d’ici à 2030, l’accès de tous à un logement et à des services de base adéquats à un coût abordable. Il vise également à améliorer les systèmes de transport et la sécurité routière. De plus, il entend promouvoir, d’ici à 2020, les habitats qui favorisent l’insertion de tous, l’utilisation rationnelle des ressources, l’adaptation aux effets des changements climatiques, leur atténuation et la résilience face aux catastrophes.

Différents thèmes

Les thèmes de la Journée, choisis chaque année par le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), visent à promouvoir une politique de développement durable qui puisse assurer un logement approprié à tous. Chaque thème met en lumière un des champ d'action de ONU-Habitat, parmi lesquels :

  • Des logements inclusifs et des services sociaux
  • Un environnement sûr et sain pour tous, avec une attention particulière portée aux besoins des enfants, des jeunes, des femmes, des personnes âgées et des personnes handicapées
  • Une énergie et des transports abordables et durables
  • La promotion, la protection et la restauration des espaces verts urbains
  • De l'eau et des installations sanitaires sûres et propres
  • La qualité de l’air
  • La création d’emplois
  • L'amélioration de la planification urbaine et la réfection des bidonvilles
  • Une meilleure gestion des déchets
Un enfant joue dans une rue avec une roue de vélo.

Le plan stratégique pour 2020–2023 repositionne ONU-Habitat comme une entité mondiale majeure, un centre d’excellence et d’innovation. À cet égard, l’organisation est en train de recentrer sa position de « leader d’opinion » et de programme-ressource pour les questions relevant de ses travaux, orientant le débat et l’ordre du jour mondiaux en matière de développement urbain durable, guidant les débats politiques, générant des connaissances spécialisées de pointe, élaborant des règles, des principes et des normes techniques, et jouant un rôle de catalyseur dans l’échange de connaissances, de données d’expérience et de meilleures pratiques pour faire les bons choix s’agissant des villes et autres établissements humains.

 

 

 

Vue d'un embouteillage de voitures sur une autoroute.

Les zones urbaines, en particulier les villes, abritent désormais un peu plus de la moitié des sept milliards d’habitants de notre planète. Les tendances actuelles de l'urbanisation indiquent que trois milliards de personnes supplémentaires vivront dans les zones urbaines d'ici à 2050. L'Observatoire urbain mondial (GUO – Global Urban Observatory en anglais) est une unité statistique spécialisée chargée du suivi mondial du programme pour l'habitat et d'autres programmes ayant un lien urbain. Elle publie des travaux normatifs, tels que l'Initiative pour la prospérité des villes (IPV), afin d’aider les décideurs à concevoir des interventions politiques. 

 

 Illustration : perspective du bâtiment du Secrétariat de l‘ONU et titre, les journées internationales.

Chaque journée internationale représente une occasion d’informer le public sur des thèmes liés à des enjeux majeurs comme les droits fondamentaux, le développement durable ou la santé. Ces journées sont aussi l’occasion pour le système des Nations Unies, les pouvoir publics et la société civile d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources.