Des abeilles.

Messages 2021

Secrétaire général de l'ONU

Nous atteignons rapidement un point de non-retour, concernant la planète.

Nos urgences, sur le plan environnemental, sont triples : perte de la biodiversité, dérèglements climatiques et pollution galopante.

L’humanité a pendant trop longtemps abattu des forêts, pollué des fleuves et des océans et épuisé des pâturages.

Nous ravageons les écosystèmes qui sont le fondement même de nos sociétés.

Nous courons le risque de nous priver d’eau, de nourriture et de ressources essentielles pour notre survie.

La dégradation du monde naturel compromet déjà le bien-être de 3,2 milliards de personnes, soit 40 % de l’humanité.

Si la Terre est fort heureusement résiliente, elle a besoin de notre aide.

Nous avons encore le temps de remédier aux dégâts causés.

C’est pourquoi, en cette Journée mondiale de l’environnement, nous lançons la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes.

Des gouvernements, des entreprises, la société civile et des particuliers uniront leurs forces dans une tentative mondiale inédite de soigner la Terre.

En restaurant les écosystèmes, nous pouvons induire une transformation qui contribuera à la réalisation de tous les objectifs de développement durable.

La tâche est monumentale.

Il nous faut replanter et protéger nos forêts.

Il nous faut nettoyer les fleuves et les mers.

Il nous faut verdir les villes.

Ces gestes nous aideront à préserver les ressources de la planète, à créer des millions d’emplois d’ici à 2030, à dégager des revenus de plus 7 000 milliards de dollars chaque année et à éliminer la pauvreté et la faim.

La Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes est un appel mondial à l’action.

Elle ralliera un appui politique, des recherches scientifiques et une aide financière, pour décupler les capacités de restauration.

Chacun peut y contribuer.

D’après la science, ces 10 prochaines années sont notre chance ultime d’empêcher une catastrophe climatique, d’endiguer le flux de pollution et de mettre fin à l’extinction des espèces.

Inaugurons aujourd’hui une nouvelle décennie, qui nous permettra enfin de faire la paix avec la nature et de garantir un avenir meilleur pour tous.

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres

António Guterres

Directrice générale de l'UNESCO

De mi-mai à juin, l’UNESCO célèbre, chaque année, trois Journées internationales aussi centrales que complémentaires, car elles permettent d’envisager de manière conjointe les trois piliers systémiques du changement climatique : la biodiversité, l’environnement et l’océan.

Cette année, cette saison internationale de l’environnement est une nouvelle fois marquée par le contexte très particulier de la pandémie de COVID-19, qui nous démontre que l’environnement ne peut pas être envisagé comme une question isolée.

Alors que la jeunesse, des citoyens, des associations et des scientifiques nous exhortent à l’action, nous devons entendre leur appel et changer radicalement notre rapport au monde et au vivant.

Pour cela, l’UNESCO peut compter sur son programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) – un programme pionnier à bien des égards dont nous célébrons cette année le cinquantième anniversaire. Dans les plus de 700 réserves de biosphère UNESCO dans le monde, s’invente et se pratique au quotidien une autre relation entre l’humain et son environnement – une relation d’éthique et de respect, accordant une plus large place aux savoirs autochtones.

Alors que 2021 marque le début de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes, codirigée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, et le Programme des Nations Unies pour l’environnement, et à laquelle l’UNESCO est étroitement associée, le formidable réservoir d’expériences accumulées dans nos réserves de biosphère pourra désormais servir au monde entier.

L’UNESCO aura en effet la responsabilité du Panel « Les humains dans la nature » pour justement élargir et prolonger les pistes qui sont explorées, depuis 50 ans, au sein de nos réserves de biosphère, afin de prévenir la dégradation des écosystèmes dans le monde.

L’année 2021 marque également le début d’une autre grande décennie d’action pour la communauté internationale : la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable.

L’UNESCO, avec sa Commission océanographique intergouvernementale (COI), va mettre à profit ces 10 ans pour que la communauté internationale développe les connaissances sur l’océan, et le protège durablement Le dernier rapport de l’UNESCO, d’avril 2021, montre que, sans cette protection, le rôle crucial de l’océan dans la régulation du climat pourrait à l’avenir s’atténuer.

Il y a urgence à agir. En utilisant tout le potentiel qu’offrent ces deux Décennies, mais en profitant également des grands rendez-vous de cette année pour que des engagements forts et collectifs soient pris. Après le Forum de l’UNESCO sur la biodiversité du 24 mars, la communauté internationale se donne en effet rendez vous à Kunming pour la COP15 sur la biodiversité, à Glasgow pour la COP26, ou encore à Marseille pour le Congrès mondial de la nature.

Mais cet engagement pour l’environnement se joue d’abord dans les esprits, et donc dans les écoles. C’est la raison pour laquelle l’UNESCO a présenté en mai dernier, à la Conférence de Berlin, son nouveau cadre mondial pour l’éducation au développement durable, qui donnera les clés critiques pour apprendre à respecter ces biens communs de l’humanité que sont les écosystèmes, le vivant et l’océan.

Alors que nous célébrons coup sur coup la biodiversité, l’environnement et l’océan, formons donc le vœu que cette année 2021 soit décisive et nous permette enfin d’élargir à notre Terre le concept Ubuntu « je suis, parce que nous sommes ».

La Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay

Audrey Azoulay