Des agricultrices africaines sourient en groupe devant la caméra.

Message du Secrétaire général (2022)

 

Dans toutes les régions, les sécheresses sont de plus en plus fréquentes et intenses.

Le bien-être de centaines de millions de personnes est compromis par la multiplication des tempêtes de sable, des incendies de forêt, des mauvaises récoltes, des déplacements de population et des conflits.

D’ici le milieu du siècle, les trois quarts de la population mondiale pourraient connaître la sécheresse.

Les changements climatiques en sont une cause majeure, mais notre gestion des terres porte aussi sa part de responsabilité.

La moitié de la population mondiale est déjà aux prises avec les conséquences de la dégradation des terres, les femmes et les filles payant le plus lourd tribut.

Il est en notre pouvoir d’inverser cette spirale infernale et c’est même notre devoir.

En garantissant la productivité des terres et des sols, il est possible de lutter contre les changements climatiques à moindre coût, tout en protégeant les plus défavorisés, ainsi que d’améliorer les moyens de subsistance et le bien-être des personnes les plus pauvres et les plus vulnérables du monde.

L’accès des femmes à la propriété foncière est également un élément crucial de la restauration des terres.

Nous pouvons réhabiliter les sols pour une fraction des dépenses qui sont actuellement consenties dans des subventions nuisibles à l’environnement.

Chaque dollar investi dans la restauration des terres peut générer 30 fois plus de bénéfices.

En Afrique, l’initiative Muraille verte pour le Sahara a déjà permis de restaurer des millions d’hectares et créé des milliers d’emplois, de Dakar à Djibouti.

Néanmoins, la tâche reste immense.

C’est en prenant soin de nos sols et de leur biodiversité que nous pouvons lutter contre la crise climatique et contribuer à tous nos objectifs de développement durable.

Agissons dès maintenant pour protéger notre avenir de la sécheresse.

Je vous remercie.

Nous pouvons réhabiliter les sols pour une fraction des dépenses qui sont actuellement consenties dans des subventions nuisibles à l’environnement. Chaque dollar investi dans la restauration des terres peut générer 30 fois plus de bénéfices.
 

António Guterres

Message vidéo

Message de la Directrice générale de l'UNESCO (2022)

 

On associe souvent trop vite le désert au vide et à l’absence : on sait pourtant aujourd’hui que des écosystèmes complexes s’y sont adaptés et s’y développent – et que même dans l’histoire humaine, ces espaces ont souvent été de véritables carrefours de circulations et d’échanges.

Mais si le désert peut accueillir la vie, son avancée, en revanche, la menace : car elle perturbe alors des espèces, des paysages, des sociétés qui avaient patiemment construit leur équilibre sur ces végétations, ces plans d’eau que le désert avale dans sa course. 

Cette désertification, comme les épisodes de sécheresse, ne sont cependant pas une fatalité : l’humanité y joue sa part – parce qu’elle contribue à les provoquer, mais aussi parce qu’elle peut y remédier.

Pour cela, elle doit d’abord comprendre, analyser ses fautes et les ressorts de la désertification et de la sécheresse. L’UNESCO, maison des sciences et de l’éducation, œuvre à cette prise de conscience, en mesurant et analysant ce phénomène. C’est l’ambition notamment de notre projet d’Atlas des sécheresses, ou du programme de suivi que nous menons en Afrique et en Amérique latine. 

C’est sur ce socle de la connaissance que doit se construire cette coopération que célèbre aujourd’hui cette Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse, sous le thème « Tous ensemble contre la sécheresse ». 

Une coopération qui est, pour la communauté internationale, un devoir : et c’est dans cet esprit que s’est réunie le mois dernier, à Abidjan, la COP 15 pour la lutte contre la désertification – et qui a abouti à l’engagement historique d’accélérer la restauration d’un milliard d’hectares de terres dégradées d’ici à 2030. Un engagement auquel contribueront aussi, sans aucun doute, les réflexions qui ont été menées à Dakar, en mars, lors du Forum mondial de l’eau. 

Cette coopération doit aller plus loin encore car « tous ensemble », cela ne veut pas seulement dire tous les pays – mais aussi toutes les disciplines, toutes les communautés locales, toutes les associations, les entreprises… La désertification et la sécheresse sont en effet des problèmes transversaux, multiformes, touchant des régions extrêmement variées. 

L’UNESCO est attentive à cette diversité des enjeux, qui guide par exemple notre programme BIOPALT, autour du lac Tchad : dans cette région, et aux côtés des communautés locales, nous déployons une approche transversale pour mieux prévenir les inondations et les sécheresses, mais aussi mieux valoriser les ressources naturelles et culturelles. Ce sont en effet les sociétés dans leur ensemble, qui peuvent lutter contre la désertification.

Mobiliser largement et faire bloc autour de cette cause : c’est tout le sens de cette Journée mondiale.

Cette désertification, comme les épisodes de sécheresse, ne sont cependant pas une fatalité : l’humanité y joue sa part – parce qu’elle contribue à les provoquer, mais aussi parce qu’elle peut y remédier.

Audrey Azoulay