À mi-parcours de la Décennie d’action des Nations Unies pour la nutrition

NEW YORK | Le 23 juillet 2020 – Depuis le lancement de la Décennie d’action des Nations unies pour la nutrition, en avril 2016, ce sont près de cinq années d’énergie et d’efforts voués à encourager les partenariats et le dialogue en faveur de la nutrition qui se sont écoulées.

 

Réalisations

Une séance d’information informelle sur l’examen à mi-parcours de la Décennie de la nutrition, organisée en ligne le 23 juillet 2020, a réuni 134 délégués des États Membres de l’ONU, des organismes des Nations Unies, de la Fondation pour les Nations Unies, de la Commission européenne et de diverses organisations de la société civile.

Le Secrétariat mixte FAO/OMS de la Décennie de la nutrition, représenté par Mme Anna Lartey, Directrice de la Division de la nutrition et des systèmes alimentaires à la FAO, et M. Francesco Branca, Directeur du Département Nutrition pour la santé et le développement de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a résumé les principaux points de l’examen à mi-parcours, en commençant par les résultats obtenus dans les six domaines d’action du programme de travail de la Décennie et les domaines prioritaires proposés pour les cinq prochaines années, l’accent étant mis sur les approches multisectorielles de lutte contre toutes les formes de malnutrition. «Le monde n’est toujours pas en voie de vaincre la malnutrition», a déclaré M. Branca. «Si des progrès ont été réalisés en matière de retard de croissance infantile et d’allaitement maternel exclusif, le surpoids chez l’enfant ne recule pas et l’obésité chez l’adulte est en augmentation.»

Après l’exposé sur l’examen à mi-parcours, les débats ont porté sur les enseignements tirés des cinq premières années de la Décennie de la nutrition et sur les actions à mener en priorité durant la seconde moitié de la Décennie en vue de faire progresser le programme mondial sur la nutrition et de contribuer à mettre en œuvre la Décennie d’action en faveur des objectifs de développement durable (ODD).

Il a été observé que, malgré la prise de conscience et l’engagement croissants des acteurs de la nutrition, les objectifs finaux étaient encore loin d’être atteints. La faim augmente depuis quatre ans et les différentes formes de malnutrition touchent des millions de personnes dans le monde, en grande partie à cause des schémas d’inégalité économique et sociale qui se développent. «L’élimination des barrières agricoles dans le monde est un impératif moral, surtout au moment où l’insécurité alimentaire et la malnutrition sont en hausse. C’est ce qui fait la différence entre reconstruire et reconstruire en mieux», a déclaré M. Ronaldo Costa Filho, Représentant permanent du Brésil auprès de l’ONU à New York.

 

Pandémie de COVID-19

La crise de la COVID-19 et ses conséquences sur les systèmes alimentaires ont été largement examinées tout au long de la séance d'information, ainsi que plusieurs moyens d'y remédier.

Comme l’a souligné Mme Leslie Norton, Représentante permanente du Canada auprès de l’ONU à Genève: «en tant que communauté mondiale, nous devons nous unir et redoubler d’efforts pour lutter contre la malnutrition. Il s’agit notamment de déterminer comment et où atténuer le risque supplémentaire créé par la pandémie de covid-19, y faire face et, en fin de compte, l’éliminer.» M. James Roscoe, Représentant permanent adjoint par intérim du Royaume-Uni auprès de l’ONU, partageait l’avis de Mme Norton: «étant donné que la covid-19 a exacerbé les facteurs sous-jacents de la malnutrition, cet examen à mi-parcours est essentiel pour recentrer nos efforts au moment où nous entrons dans la seconde moitié de la Décennie de la nutrition».

 

La voie à suivre

Il est clairement ressorti du dialogue interactif que les défis à relever avaient une portée de plus en plus mondiale et qu’il fallait donc, pour y répondre convenablement, intensifier la coopération à tous les niveaux. Dans ses observations finales, M. Mohammad K. Koba, Représentant permanent adjoint de la République d’Indonésie, a souligné: «nous avons la possibilité de réorienter nos activités pendant la seconde moitié de la Décennie de la nutrition, mais nous devons renforcer notre solidarité pour parvenir à la sécurité alimentaire et à une bonne nutrition pour tous».

Les délégués ont conclu qu’il faudrait impérativement que le programme de travail pour la période 2021‑2025 tienne compte des nouveaux défis afin que l’accès à une alimentation saine et abordable, tout au long de l’année, devienne une réalité pour toutes les populations d’ici 2025. La seconde moitié de la Décennie de la nutrition devrait être une période d’initiative et de mise en œuvre marquée par la création de réseaux d’action et le renforcement des engagements propres à chaque pays en matière d’action sur la nutrition. Le Sommet de Tokyo consacré à la nutrition pour la croissance et le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, prévus en 2021, offrent une occasion unique de prendre de nouveaux engagements spécifiques, mesurables, réalisables, pertinents et limités dans le temps (SMART) en faveur de la nutrition et de maximiser les retombées positives des différents ODD.