Une jeune mère inquiète, marchant avec son enfant et autant d'affaires qu'elle peut en porter.

Contexte

La République démocratique du Congo (RDC) demeure au coeur d’une situation humanitaire inédite, marquée par la persistance des conflits armés, des déplacements massifs, des chocs climatiques et des épidémies récurrentes. Pour des millions de Congolais, chaque jour est une lutte pour la survie, dans un contexte où la violence, la pauvreté et l’instabilité s’ajoutent à l’épuisement d’une crise prolongée.

Dans l’est du pays, la guerre continue de dévaster des vies. L’extension du territoire sous contrôle de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris la prise des villes de Goma, Bukavu et Uvira, a entraîné de nouveaux déplacements mais également le retour, parfois forcé, de centaines de milliers de familles vers leurs zones d’origine, souvent encore instables.

Parallèlement, dans l’Ituri, le Maniema et le Tanganyika, d’autres foyers de violence persistent. Les attaques de groupes armés, les tensions identitaires et les représailles ont laissé des villages entiers en ruines. Les survivants relatent des nuits de peur, des pillages et une incertitude quotidienne. Les femmes et les filles sont exposées à la violence basée sur le genre (VBG), stigmatisées et privées d’un soutien adéquat.

Aux effets dévastateurs des conflits s’ajoutent les conséquences du changement climatique. En 2025, des pluies diluviennes et des inondations ont ravagé Kinshasa et d’autres régions. Dans le Grand Kasaï et le Maniema, elles ont détruit des milliers d’hectares de terres agricoles, aggravant l’insécurité alimentaire.

Près d’un quart de la population vit désormais en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Dans plusieurs provinces, des familles ne disposent que d’un repas par jour, tandis que des enfants quittent l’école pour chercher de la nourriture ou travailler dans les champs. Les épidémies, notamment de choléra et de rougeole, se propagent, exacerbées par la dégradation des services de santé et par le manque d’eau potable.

Malgré un environnement opérationnel extrêmement contraint, la résilience des populations affectées demeure un facteur clé de réponse. Les mécanismes communautaires de solidarité continuent de jouer un rôle essentiel dans la prévention des violences et la protection des groupes les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants. Les acteurs humanitaires, malgré les difficultés d’accès et de financement, poursuivent leur action vitale : distribution de nourriture, soins, abris, éducation et protection.

Néanmoins, les besoins dépassent largement les moyens disponibles. En 2026, près de 15 millions de personnes auront besoin d’assistance humanitaire. Le contraste entre l’ampleur de la souffrance et les ressources limitées souligne l’urgence d’une solidarité renforcée. Car derrière chaque chiffre se cache une histoire, celle d’une femme, d’un enfant, d’une famille qui refuse d’abandonner l’espoir d’un avenir meilleur, dans un pays qui aspire encore à la paix.

Source : Besoins humanitaires et Plan de réponse 2026 (OCHA)