Image d'une mer en tempête.

Message du Secrétaire général, António Guterres (2022)

Le mois dernier, l’Organisation météorologique mondiale a annoncé que quatre indicateurs clés sur le climat avaient battu de nouveaux records en 2021 : l’élévation du niveau de la mer, le réchauffement de l’océan, l’acidification de l’océan et les concentrations de gaz à effet de serre. Il est clair que la triple crise liée aux changements climatiques, à la perte de biodiversité et à la pollution menace la santé de nos océans, dont, en fin de compte, nous dépendons toutes et tous.

L’océan produit plus de 50 % de l’oxygène de la planète et constitue la principale source de subsistance pour plus d’un milliard de personnes. L’économie bleue emploie quelque 40 millions de personnes. Or, les ressources et la biodiversité océaniques sont mises à mal par les activités humaines. Plus d’un tiers des stocks de poissons dans le monde sont exploités à des niveaux biologiquement non viables. Une proportion importante des récifs de corail a été détruite. La pollution plastique atteint les îles les plus reculées et les fosses océaniques les plus profondes. Les zones côtières qui meurent à cause de la pollution terrestre sont de plus en plus nombreuses.

Il est temps de prendre conscience que, pour atteindre les objectifs de développement durable et les objectifs de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, il faut agir d’urgence, collectivement, à la revitalisation de l’océan. Cela signifie qu’il faut trouver un nouvel équilibre dans notre relation avec le milieu marin. Cela signifie aussi qu’il faut travailler avec la nature, et non contre elle, et établir des partenariats inclusifs et diversifiés entre les régions, les secteurs et les communautés afin de collaborer de manière créative et trouver des solutions pour les océans.

Cette dynamique est en marche. En novembre dernier, la conférence de Glasgow sur les changements climatiques a pris acte du rôle joué par les écosystèmes marins dans la réalisation des objectifs climatiques mondiaux. En mars, des pays sont convenus d’unir leurs efforts pour élaborer un nouveau traité visant à mettre fin à la pollution plastique, qui menace le milieu marin. À la fin du mois, la Conférence des Nations Unies sur les océans, qui se tiendra à Lisbonne, sera consacrée à l’intensification des mesures fondées sur la science et l’innovation en vue de la réalisation de l’objectif de développement durable no 14. Et les échanges se poursuivront concernant un nouvel accord sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale.

Il est de notre responsabilité collective de veiller à la santé de l’océan, qui doit aussi être un milieu productif, et ce n’est qu’en œuvrant ensemble que nous pourrons nous acquitter de cette responsabilité. En cette Journée mondiale de l’océan, j’invite toutes celles et tous ceux qui sont concernés par la santé des océans à se mobiliser pour revitaliser nos mers et nos océans.

António Guterres

António Guterres

Message de la Directrice générale de l'UNESCO

Chaque année, entre la mi-mai et le début du mois de juin, l’UNESCO célèbre trois Journées internationales consacrées à des sujets aussi fondamentaux que complémentaires. Elles sont l’occasion d’envisager ensemble les trois piliers systémiques du changement climatique : la biodiversité, l’environnement et l’océan – thème de la présente Journée mondiale.

L’océan nous relie, nous fait vivre et nous soutient. Cependant, sa santé a atteint un seuil critique. Nous devons prendre d’urgence des mesures collectives pour mieux comprendre, préserver et revitaliser ce bien commun mondial, et exploiter les connaissances sur les océans pour relever les défis les plus pressants de notre planète.

Tel est l’objectif de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable, lancée en 2021 et coordonnée par la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO. Ce que nous accomplirons ou n’accomplirons pas au cours de cette Décennie aura des conséquences considérables pour le « poumon bleu » de notre planète.

La Décennie de l’Océan est désormais en marche et a donné lieu à des centaines d’actions de la Décennie novatrices visant à susciter une véritable révolution des connaissances sur l’océan et à revitaliser l’océan par une action collective.

L’UNESCO approuve aujourd’hui une nouvelle série de 44 actions de la Décennie, dont quatre programmes porteurs de transformation sur la pollution marine, la résilience des écosystèmes et le lien entre océan et climat, ainsi que des projets et des contributions financières et en nature qui nous rapprochent de notre but – parvenir à l’océan que nous voulons. Ces actions de la Décennie s’élèvent désormais au nombre de 180 et concernent tous les continents et tous les bassins océaniques, favorisant ainsi un réseau mondial qui permettra de faire évoluer la situation pour de bon.

Lors du One Ocean Summit qui s’est tenu en février, l’UNESCO a contribué à cet objectif en exprimant son ambition de mobiliser un engagement collectif en vue de cartographier les fonds marins d’ici à 2030. Nous avons également présenté de nouvelles ressources pédagogiques pour l’éducation sur les océans.

Dans ce contexte, la Journée mondiale de l’océan est l’occasion, aujourd’hui plus que jamais, de célébrer l’action collective. Nous appelons en ce jour non seulement les particuliers, mais aussi les gouvernements, les scientifiques, les entreprises privées, les sociétés civiles et les communautés locales à se joindre à cet effort mondial pour gérer l’océan dans l’intérêt de notre sécurité, de notre bien-être et de notre prospérité à tous.

L’UNESCO tiendra son engagement de réaliser cet objectif commun, en commençant par la Conférence des Nations Unies sur les océans 2022 que les gouvernements du Portugal et du Kenya accueilleront ce mois-ci. Nous organiserons la première réunion en présentiel de l’Alliance pour la Décennie de l’Océan, qui rassemblera des dirigeants de gouvernements, d’organisations philanthropiques et d’entreprises consacrant leur énergie et leurs efforts à assurer le succès de la Décennie.

Avant toute chose, en cette Journée mondiale de l’océan, gardons à l’esprit que nous dépendons de l’océan, poumon bleu de la planète, autant qu’il dépend de nous. L’océan a été l’origine de la vie sur Terre il y a plus de quatre milliards d’années, mais il est surtout, en ce jour, notre présent et notre avenir. Il nous appartient de protéger ce bien commun.