Des étudiants regardent la présentation « Financer l'avenir : Éducation 2030 » lors d'un événement de haut niveau au Siège de l'ONU. Photo ONU/Rick Bajornas

Messages 2022

Secrétaire général de l'ONU

Partout dans le monde, la pandémie de COVID-19 a plongé l’éducation dans le chaos.

La scolarité de 1,6 milliard d’élèves et d’étudiants a été interrompue au plus fort de la pandémie et la situation n’est pas encore réglée.  

Aujourd’hui encore, les fermetures d’écoles perturbent la vie de plus de 31 millions d’élèves et d’étudiants, et exacerbent une crise de l’apprentissage.

Si nous n’agissons pas, dans les pays en développement, la proportion d’enfants qui sortent de l’école sans savoir lire pourrait passer de 53 à 70 %.  

La crise qui secoue l’éducation ne se limite toutefois pas à des questions d’accès et d’inégalité.

Le monde évolue à un rythme vertigineux : innovation technique, changements spectaculaires dans le monde du travail, réalité de l’urgence climatique et perte de confiance généralisée entre les populations et les institutions.   

Les systèmes éducatifs classiques peinent à transmettre les connaissances, compétences et valeurs dont nous avons besoin pour offrir un avenir meilleur, plus vert et plus sûr à toutes et à tous.

L’éducation est un bien commun inestimable et un catalyseur essentiel de l’ensemble du Programme de développement durable à l’horizon 2030.  

La communauté internationale ne peut se permettre de tergiverser ; elle se doit de la garantir et d’en assurer la qualité et l’utilité.  

C’est pourquoi j’organise un Sommet sur la transformation de l’éducation cette année.

Le moment est venu de renouveler notre engagement collectif en faveur de l’éducation.

Cela suppose de se doter de plans détaillés pour aider les élèves et les étudiants à rattraper les retards pris dans l’apprentissage.

Cela suppose de placer l’éducation au cœur des efforts de relèvement qui visent à transformer l’économie et la société et à avancer plus rapidement sur la voie du développement durable.  

Cela suppose de faire preuve de solidarité financière avec les pays en développement.

Cela suppose également de se lancer dans une réflexion et une analyse afin de déterminer comment les systèmes éducatifs nationaux peuvent évoluer et se transformer d’ici à 2030.  

Lors du Sommet sur la transformation de l’éducation, pour la première fois, les dirigeantes et les dirigeants mondiaux, les jeunes et l’ensemble des acteurs de l’éducation se réuniront pour examiner ces questions essentielles.

En cette Journée internationale de l’éducation, et dans la perspective du Sommet prévu cette année, j’invite chacun et chacune à s’unir pour faire de l’éducation un bien commun et une priorité politique absolue en vue du relèvement et au-delà. 

António Guterres

António Guterres

 

Directrice générale de l'UNESCO

Alors  que  nous  célébrons  la  quatrième  Journée  internationale  de  l’éducation,  notre  monde se trouve à un tournant.

Des   inégalités   criantes,   une   planète   abîmée,   une   polarisation   croissante   et   les   conséquences désastreuses de la pandémie nous placent devant un choix générationnel : continuer sur une voie non durable ou changer radicalement de cap.

L’éducation peut nous aider à résoudre tous ces problèmes – mais elle doit relever de sérieux défis.

Nous n’avons pas encore tenu notre engagement de garantir le droit à une éducation de  qualité  pour  tous.  Les  perturbations  engendrées  par  la  COVID-19  n’ont  fait  qu’exacerber une crise de l’éducation qui, même avant la pandémie, privait d’éducation 268 millions d’enfants, en particulier des filles.  En raison de cette exclusion, des millions d’enfants,  de  jeunes  et  d’adultes  sont  exposés  à  la  pauvreté,  à  la  violence  et  à  l’exploitation.

En ces  temps  exceptionnels,  le  statu quo  n’est  plus  envisageable.  Si  nous  voulons  transformer l’avenir, si nous voulons changer de cap, nous devons repenser l’éducation.

Il  s’agit  de  forger  un  nouveau  contrat  social  pour  l’éducation,  comme  le  propose  le  rapport de l’UNESCO sur Les futurs de l’éducation, publié en novembre dernier. Nous devons  réparer  les  injustices  du  passé  et  orienter  la  transformation  numérique  vers  l’inclusion  et  l’équité.  Il  faut  également  faire  en  sorte  que  l’éducation  contribue  pleinement  au  développement  durable – par  exemple,  en  intégrant  l’éducation  à  l’environnement dans tous les programmes scolaires et en formant les enseignants dans ce domaine.

Pour ce faire, nous devons soutenir financièrement l’éducation, en gardant à l’esprit qu’il ne  s’agit  pas  d’une  dépense,  mais  d’un  investissement.  C’est  pourquoi  nos  États  membres ont réaffirmé, dans la Déclaration de Paris adoptée lors de la Réunion mondiale de  l’UNESCO  sur  l’éducation  en  novembre  dernier,  leur  engagement  à  consacrer  au moins 4 % du PIB ou au moins 15 % des dépenses publiques à l’éducation.

Nous devons également renforcer l’aide internationale et la coopération mondiale, car cette  pandémie  nous  rappelle  brutalement  à  quel  point  nos  sociétés  sont  fragiles  et  interconnectées. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons réaliser ce changement, par la solidarité et la coopération.

Cela suppose de mettre en place un vaste mouvement englobant les gouvernements, la  société  civile,  les  éducateurs,  les  étudiants  et  les  jeunes  afin  de  mobiliser  notre  intelligence collective et de réimaginer notre avenir ensemble.

Tel est notre message à l’occasion de cette Journée internationale de l’éducation – parce que  l’éducation  est  un  bien  commun,  un  droit  fondamental  et  le  fondement  d’un  avenir  durable.

Audrey Azoulay

Audrey Azoulay