Des étudiants regardent la présentation « Financer l'avenir : Éducation 2030 » lors d'un événement de haut niveau au Siège de l'ONU. Photo ONU/Rick Bajornas

Messages 2021

Secrétaire général de l'ONU

Lorsque l’éducation est perturbée, tout le monde est touché, en particulier les élèves, les enseignants et les familles.

Aujourd’hui, en cette troisième Journée internationale de l’éducation, je rends hommage à leur résilience face à une pandémie qui, à son paroxysme, a obligé presque toutes les écoles, tous les instituts et toutes les universités à fermer leurs portes.

Bien que cette perturbation ait abouti à des innovations en matière d’apprentissage, elle a également anéanti les espoirs d’un avenir meilleur parmi les populations vulnérables. 

Nous en payons toutes et tous le prix. 

Après tout, l’éducation est indispensable à l’élargissement des perspectives d’avenir, à la transformation des économies, à la lutte contre l’intolérance, à la protection de notre planète et à la réalisation des objectifs de développement durable. 

À l’heure où le monde continue de lutter contre la pandémie, l’éducation – en tant que droit fondamental et bien public mondial – doit être protégée pour éviter une catastrophe générationnelle. 

Avant le début de la pandémie, quelque 258 millions d’enfants et d’adolescents, dont une majorité de filles, n’étaient pas scolarisés. 

Dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire, plus de la moitié des enfants de 10 ans n’apprenaient pas à lire un texte simple.

En 2021, nous devons saisir toutes les occasions de renverser la situation. 

Nous devons assurer la reconstitution intégrale du fonds du Partenariat mondial pour l’éducation et renforcer la coopération mondiale en matière d’éducation.

Nous devons également redoubler d’efforts pour imaginer une nouvelle éducation – en formant les enseignants, en comblant le fossé numérique et en repensant les programmes d’enseignement afin de doter les apprenants des compétences et des connaissances dont ils ont besoin pour s’épanouir dans un monde en rapide évolution.

Engageons-nous à promouvoir l’éducation pour toutes et tous – aujourd’hui et chaque jour.

António Guterres

António Guterres

 

Directrice générale de l'UNESCO

Nous célébrons cette troisième Journée internationale dans un contexte exceptionnel : celui de la plus grande perturbation de l’histoire dans la vie des étudiants, des enseignants, et de toute la communauté éducative.

Alors que la pandémie réaccélère, la moitié des apprenants dans le monde continuent à faire face à des interruptions dans leur scolarité.

Au pic de la pandémie, les établissements étaient même fermés pour 91 % des apprenants, soit 1,5 milliard d’élèves et d’étudiants.

Chacun a alors pu mesurer que l’éducation était un bien public mondial ; que l’école était plus qu’un lieu d’apprentissage : un lieu de bien-être, de protection, de nutrition,
d’émancipation.

Pour beaucoup, une éducation sans école a dû s’organiser, à travers Internet, la radio, la télévision, le courrier papier. Mais, faute de moyens de connectivité, trop d’élèves – 470 millions – ont été laissés de côté, redoublant les inégalités.

Aujourd’hui, la situation reste menaçante. Vingt-quatre millions d’élèves, dont des millions de filles pour qui l’école offre un havre de paix, pourraient ne jamais retrouver le chemin des classes, en plus des 258 millions d’enfants et d’adolescents déjà déscolarisés avant la crise.

Rouvrir les écoles, et les garder ouvertes, doit donc être la priorité. Mais cette réouverture doit aussi se faire en préservant pleinement la santé des enseignants, des élèves et de leurs familles. C’est pourquoi l’UNESCO a développé des guides pratiques, avec des indications claires en ce sens. 

C’est pourquoi aussi l’UNESCO, avec l’Internationale de l’éducation, a appelé les gouvernements et la communauté internationale à considérer les enseignants et le personnel éducatif comme un groupe prioritaire dans les efforts de vaccination.

Dans le même temps, il faut continuer à développer l’enseignement à distance : parce que la pandémie est toujours là, parce qu’il faut faire face aux prochaines crises, et parce que c’est aussi un bon moyen de perfectionner les pédagogies et les façons d’apprendre.

C’est ce à quoi travaille la Coalition mondiale pour l’éducation, lancée par l’UNESCO.

Celle-ci rassemble plus de 160 partenaires et agit dans 70 pays, pour la continuité des apprentissages et la réouverture des écoles.

Par exemple, en République démocratique du Congo, des programmes éducatifs ont été développés pour atteindre 4 millions d’élèves par la radio. La plate-forme ImaginEcole a été de même lancée, pour proposer des ressources à plus de 6 millions d’élèves en Afrique, en ligne et hors ligne.

Dans ce contexte inédit, l’UNESCO appelle les États à donner un nouvel élan à l’action pour l’éducation.

Lors de la Réunion mondiale sur l’éducation, organisée par l’UNESCO en octobre dernier, plus de 70 chefs d’État, de gouvernement et ministres ont pris des
engagements marquants : pour rouvrir les écoles, mieux former les enseignants, renforcer les compétences des élèves, résorber la fracture de la connectivité, et mieux financer l’éducation.

L’éducation doit être mieux financée, mais elle doit être aussi repensée.

Parce que les derniers mois ont souligné de nouveaux enjeux : l’éducation scientifique et sanitaire bien sûr ; mais aussi l’éducation aux médias et à l’information, et au numérique ; ou bien l’éducation à l’environnement et la citoyenneté mondiale, pour respecter la planète comme on respecte l’autre.

Dans ce monde de changements profonds, l’UNESCO repense l’éducation avec son initiative sur Les futurs de l’éducation. Cette réflexion mondiale engage près d’un million d’élèves, enseignants, parents d’élèves – et nous invitons toutes et tous à la rejoindre.

En cette Journée internationale, l’UNESCO vous invite à promouvoir l’éducation comme droit fondamental, et plus puissant instrument de développement qui soit.

Car défendre l’avenir de ce droit, c’est défendre le droit à l’avenir.

Audrey Azoulay

Audrey Azoulay