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UN
Secretary-General's remarks to the High-Level Meeting on the Sahel [French, as delivered, follows. Scroll further down for all-English]
Statements | António Guterres, Secretary-General
Statements | António Guterres, Secretary-General
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Merci pour votre présence à cette importante réunion.
Il y a urgence.
L'insécurité et l'instabilité politique au Sahel continuent d'aggraver une situation humanitaire déjà catastrophique.
Dans certaines régions, l'état a perdu tout accès aux populations.
Les groupes armés non étatiques consolident leur funeste emprise dans la région et cherchent même à étendre leur présence vers les pays du Golfe de Guinée.
La violence aveugle continue de tuer et de blesser des milliers de civils innocents, forçant des millions d’autres à fuir leur foyer.
Les femmes et les enfants en particulier subissent de plein fouet l'insécurité, la violence et les inégalités croissantes.
Les rapports faisant état de graves violations des droits humains commises par des groupes armés non étatiques – mais aussi parfois par certaines forces de sécurité– sont très préoccupants.
Le dérèglement climatique continue d'éroder les sols et de vider les masses d'eau, contribuant à l’insécurité alimentaire aiguë et exacerbant les tensions entre fermiers et éleveurs.
Dans un contexte global de bouleversements énergétique, alimentaire et financièr, la région est menacée par une crise de la dette systémique qui entraînerait des répercussions sur le continent tout entier.
Avec une dette dépassant parfois les trois-quarts du PIB, de plus en plus de pays de la région sont forcés de rediriger leur fonds vers le paiement de leur dette — aux dépens des services essentiels pour les populations.
Au-delà, cet espace fiscal réduit empêche les gouvernements du Sahel de mener une relance inclusive et d'investir dans la résilience face aux chocs externes.
Il faut absolument changer les règles du jeu des rapports financiers du monde. Ces règles du jeu sont aujourd’hui complètement contre les intérêts des pays en développement, et en particulier les intérêts des pays africains, avec des problèmes de dette, avec des problèmes de liquidités, avec des problèmes d’inflation, avec des problèmes d’instabilité, nécessairement posés par cette injustice profonde dans les rapports financiers et économiques internationaux.
Les instruments de coopération régionale sont aussi mis à mal.
Aujourd'hui, j'appelle à un renouvellement des efforts collectifs pour favoriser la gouvernance démocratique et restaurer l'ordre constitutionnel dans toute la région.
L'État de droit et le plein respect des droits humains sont indispensables pour garantir la sécurité et le développement durable.
Excellences, mesdames et messieurs,
Soyons clairs : la crise sécuritaire au Sahel représente une menace mondiale.
Si rien n’est fait, les effets du terrorisme, de l'extrémisme violent et du crime organisé seront ressentis bien au-delà de la région et du continent africain.
Un sursaut international, urgent et coordonné s’impose.
Au-delà des efforts existants, il faut repenser notre approche collective et faire preuve de créativité.
En décembre dernier, l'Union africaine et les Nations Unies se sont engagées à travailler ensemble, en tandem avec la CEDEAO et le G5 Sahel, pour améliorer l’action globale menée en matière de sécurité, de gouvernance et de développement à travers le Sahel.
Dans le cadre de cet effort, nous avons invité l'ancien président de la République du Niger, Son Excellence M. Mahamadou Issoufou, à présider le Groupe de haut niveau sur la sécurité et le développement au Sahel.
Ce groupe conduira une évaluation indépendante et formulera des recommandations concrètes pour faire face à la crise multiforme et mobiliser les ressources nécessaires pour y répondre durablement.
J’encourage chacun à travailler étroitement avec le Groupe indépendant afin de faire émerger des solutions audacieuses, quitte à sortir des sentiers battus.
Enfin, s’agissant du Mali, et à la demande du Conseil de sécurité, une revue d’ensemble du rôle de la MINUSMA est en cours. À la lumière des changements survenus dans le pays et des défis qui persistent en dépit des efforts collectifs, des solutions nouvelles s’imposent. Je formulerai des propositions en ce sens dans les mois à venir.
Excellences, chers amis,
Les Nations Unies sont prêtes à agir à vos côtés, avec urgence et solidarité, pour parvenir à un Sahel pacifique, stable et prospère.
Je vous remercie.
*****
[all-English]
Excellencies, ladies and gentlemen,
Thank you for your presence at this important meeting.
The situation is urgent.
Insecurity and political instability in the Sahel continue to make an already catastrophic humanitarian situation even worse.
In some regions, States have totally lost access to their populations.
Non-State armed groups are tightening their deadly grip over the region and are even seeking to extend their presence into the countries of the Gulf of Guinea.
Indiscriminate violence continues to kill and injure thousands of innocent civilians, while forcing millions of others to flee their homes.
Women and children in particular are bearing the brunt of insecurity, violence and growing inequality.
Reports of serious human rights violations committed by non-State armed groups – and also sometimes by security – are of great concern.
Climate disruption continues to cause soil erosion and the drying-up of water sources, thereby contributing to acute food insecurity and exacerbating tensions between farmers and herders.
Against a global backdrop of turmoil on energy, food and financial markets, the region is threatened by a systemic debt crisis that is likely to have repercussions throughout the continent.
With debt-to-GDP ratios of above 75 per cent in some cases, more and more countries in the region are being forced to channel their funds into debt payments, at the expense of essential services for their populations.
Furthermore, given their limited fiscal space, Governments in the Sahel are unable to pursue inclusive recovery or invest in resilience to external shocks.
It is absolutely necessary to change the rules of the game of the financial reports of the world. These rules of the game are today completely against the interests of developing countries, and in particular the interests of African countries, with debt problems, with liquidity problems, with inflation problems, with instability, necessarily posed by this profound injustice in international financial and economic relations.
At the same time, the process of democratic consolidation is still far from complete.
Regional cooperation instruments are also being undermined.
Today, I am calling for a renewal of our collective efforts to promote democratic governance and restore constitutional order throughout the region.
The rule of law and full respect for human rights are indispensable for ensuring security and sustainable development.
Excellencies, Ladies and gentlemen,
Let us be clear: the security crisis in the Sahel poses a global threat.
If nothing is done, the effects of terrorism, violent extremism and organized crime will be felt far beyond the region and the African continent.
A coordinated international breakthrough is urgently needed.
We must rethink our collective approach and show creativity, going beyond existing efforts.
In December 2021, the African Union and the United Nations undertook to work together, in tandem with ECOWAS and the Group of Five for the Sahel, to improve global action on security, governance and development across the Sahel.
As part of this effort, we invited former President of the Republic of the Niger, His Excellency Mr. Mahamadou Issoufou, to chair the High-level Panel on Security and Development in the Sahel.
The Panel will carry out an independent assessment and make specific recommendations to address the multifaceted crisis and mobilize the resources needed for a sustainable response to it.
I encourage each of you to work closely with the Independent High-level Panel to allow the emergence of bold solutions, even if that means stepping off the well-trodden path.
Lastly, with regard to Mali, a comprehensive review of the role of MINUSMA is under way, at the request of the Security Council. In the light of changes in the country and the challenges that persist despite collective efforts, new solutions must be found. I will be making proposals in that regard over coming months.
Excellencies, dear friends,
The United Nations stands ready to work alongside you, with urgency and solidarity, for a peaceful, stable and prosperous Sahel.
Thank you.
Merci pour votre présence à cette importante réunion.
Il y a urgence.
L'insécurité et l'instabilité politique au Sahel continuent d'aggraver une situation humanitaire déjà catastrophique.
Dans certaines régions, l'état a perdu tout accès aux populations.
Les groupes armés non étatiques consolident leur funeste emprise dans la région et cherchent même à étendre leur présence vers les pays du Golfe de Guinée.
La violence aveugle continue de tuer et de blesser des milliers de civils innocents, forçant des millions d’autres à fuir leur foyer.
Les femmes et les enfants en particulier subissent de plein fouet l'insécurité, la violence et les inégalités croissantes.
Les rapports faisant état de graves violations des droits humains commises par des groupes armés non étatiques – mais aussi parfois par certaines forces de sécurité– sont très préoccupants.
Le dérèglement climatique continue d'éroder les sols et de vider les masses d'eau, contribuant à l’insécurité alimentaire aiguë et exacerbant les tensions entre fermiers et éleveurs.
Dans un contexte global de bouleversements énergétique, alimentaire et financièr, la région est menacée par une crise de la dette systémique qui entraînerait des répercussions sur le continent tout entier.
Avec une dette dépassant parfois les trois-quarts du PIB, de plus en plus de pays de la région sont forcés de rediriger leur fonds vers le paiement de leur dette — aux dépens des services essentiels pour les populations.
Au-delà, cet espace fiscal réduit empêche les gouvernements du Sahel de mener une relance inclusive et d'investir dans la résilience face aux chocs externes.
Il faut absolument changer les règles du jeu des rapports financiers du monde. Ces règles du jeu sont aujourd’hui complètement contre les intérêts des pays en développement, et en particulier les intérêts des pays africains, avec des problèmes de dette, avec des problèmes de liquidités, avec des problèmes d’inflation, avec des problèmes d’instabilité, nécessairement posés par cette injustice profonde dans les rapports financiers et économiques internationaux.
Les instruments de coopération régionale sont aussi mis à mal.
Aujourd'hui, j'appelle à un renouvellement des efforts collectifs pour favoriser la gouvernance démocratique et restaurer l'ordre constitutionnel dans toute la région.
L'État de droit et le plein respect des droits humains sont indispensables pour garantir la sécurité et le développement durable.
Excellences, mesdames et messieurs,
Soyons clairs : la crise sécuritaire au Sahel représente une menace mondiale.
Si rien n’est fait, les effets du terrorisme, de l'extrémisme violent et du crime organisé seront ressentis bien au-delà de la région et du continent africain.
Un sursaut international, urgent et coordonné s’impose.
Au-delà des efforts existants, il faut repenser notre approche collective et faire preuve de créativité.
En décembre dernier, l'Union africaine et les Nations Unies se sont engagées à travailler ensemble, en tandem avec la CEDEAO et le G5 Sahel, pour améliorer l’action globale menée en matière de sécurité, de gouvernance et de développement à travers le Sahel.
Dans le cadre de cet effort, nous avons invité l'ancien président de la République du Niger, Son Excellence M. Mahamadou Issoufou, à présider le Groupe de haut niveau sur la sécurité et le développement au Sahel.
Ce groupe conduira une évaluation indépendante et formulera des recommandations concrètes pour faire face à la crise multiforme et mobiliser les ressources nécessaires pour y répondre durablement.
J’encourage chacun à travailler étroitement avec le Groupe indépendant afin de faire émerger des solutions audacieuses, quitte à sortir des sentiers battus.
Enfin, s’agissant du Mali, et à la demande du Conseil de sécurité, une revue d’ensemble du rôle de la MINUSMA est en cours. À la lumière des changements survenus dans le pays et des défis qui persistent en dépit des efforts collectifs, des solutions nouvelles s’imposent. Je formulerai des propositions en ce sens dans les mois à venir.
Excellences, chers amis,
Les Nations Unies sont prêtes à agir à vos côtés, avec urgence et solidarité, pour parvenir à un Sahel pacifique, stable et prospère.
Je vous remercie.
*****
[all-English]
Excellencies, ladies and gentlemen,
Thank you for your presence at this important meeting.
The situation is urgent.
Insecurity and political instability in the Sahel continue to make an already catastrophic humanitarian situation even worse.
In some regions, States have totally lost access to their populations.
Non-State armed groups are tightening their deadly grip over the region and are even seeking to extend their presence into the countries of the Gulf of Guinea.
Indiscriminate violence continues to kill and injure thousands of innocent civilians, while forcing millions of others to flee their homes.
Women and children in particular are bearing the brunt of insecurity, violence and growing inequality.
Reports of serious human rights violations committed by non-State armed groups – and also sometimes by security – are of great concern.
Climate disruption continues to cause soil erosion and the drying-up of water sources, thereby contributing to acute food insecurity and exacerbating tensions between farmers and herders.
Against a global backdrop of turmoil on energy, food and financial markets, the region is threatened by a systemic debt crisis that is likely to have repercussions throughout the continent.
With debt-to-GDP ratios of above 75 per cent in some cases, more and more countries in the region are being forced to channel their funds into debt payments, at the expense of essential services for their populations.
Furthermore, given their limited fiscal space, Governments in the Sahel are unable to pursue inclusive recovery or invest in resilience to external shocks.
It is absolutely necessary to change the rules of the game of the financial reports of the world. These rules of the game are today completely against the interests of developing countries, and in particular the interests of African countries, with debt problems, with liquidity problems, with inflation problems, with instability, necessarily posed by this profound injustice in international financial and economic relations.
At the same time, the process of democratic consolidation is still far from complete.
Regional cooperation instruments are also being undermined.
Today, I am calling for a renewal of our collective efforts to promote democratic governance and restore constitutional order throughout the region.
The rule of law and full respect for human rights are indispensable for ensuring security and sustainable development.
Excellencies, Ladies and gentlemen,
Let us be clear: the security crisis in the Sahel poses a global threat.
If nothing is done, the effects of terrorism, violent extremism and organized crime will be felt far beyond the region and the African continent.
A coordinated international breakthrough is urgently needed.
We must rethink our collective approach and show creativity, going beyond existing efforts.
In December 2021, the African Union and the United Nations undertook to work together, in tandem with ECOWAS and the Group of Five for the Sahel, to improve global action on security, governance and development across the Sahel.
As part of this effort, we invited former President of the Republic of the Niger, His Excellency Mr. Mahamadou Issoufou, to chair the High-level Panel on Security and Development in the Sahel.
The Panel will carry out an independent assessment and make specific recommendations to address the multifaceted crisis and mobilize the resources needed for a sustainable response to it.
I encourage each of you to work closely with the Independent High-level Panel to allow the emergence of bold solutions, even if that means stepping off the well-trodden path.
Lastly, with regard to Mali, a comprehensive review of the role of MINUSMA is under way, at the request of the Security Council. In the light of changes in the country and the challenges that persist despite collective efforts, new solutions must be found. I will be making proposals in that regard over coming months.
Excellencies, dear friends,
The United Nations stands ready to work alongside you, with urgency and solidarity, for a peaceful, stable and prosperous Sahel.
Thank you.