Bruxelles
Belgium
Discours du Vice Secrétaire général à la conférence de Bruxelles pour la République centrafricaine [French version only]
Statements | Jan Eliasson, Former Deputy Secretary-General
Statements | Jan Eliasson, Former Deputy Secretary-General
Monsieur le Président de la République centrafricaine,
Madame la Haute-Représentante, Federica Mogherini
Commissaires,
Monsieur le vice-Président de la Banque Mondiale,
Mesdames, messieurs les ministres,
Distingués délégué(e)s
Excellences,
Mesdames et messieurs,
J’aimerais aussi reconnaître la présence dans cette salle de l’assembleé nationale de RCA, en particulier son Président, L’honourable Karim Meckassoua, et les honorables parlementaires qui l’accompagnent.
Aussi je veux reconnaître l’importante délégation gouvernmentale aux côtés du President Touadéra.
Lors de ma récente visite en RCA, ce fut un immense privilège pour moi de m’entretenir avec toutes ces personnalités le dialogue sur l’avenir de leur pays et leur peuple.
Il y a moins de trois ans, la République centrafricaine était au bord de l’abime. Nous nous souvenons tous des images du bain de sang, qui ont inondé les medias et qui ont provoqué une onde de choc partout dans le monde. La communauté internationale a réagi en déployant des troupes provenant de la sous-région, de l’Union africaine, de la France, de l’Union européenne et des Nations Unies.
Ces efforts conjugués ont aidé à contenir la violence. Ils ont également contribué à créer des conditions favorables à la poursuite de la transition politique du pays et au rétablissement de l’ordre constitutionnel, avec l’élection du Président Touadéra.
Il y a deux semaines, je me suis rendu en République centrafricaine. J’ai vu un pays avec des défis gigantesques. J’ai constaté que les blessures resultant du conflit sont encore bien visibles. Le tissu social est déchiré. De nombreux Centrafricains sont profondément traumatisés et la réconciliation, dans certains cas, prendra certainement du temps.
Les conditions sécuritaires demeurent fragiles. Les groupes armés continuent de représenter une menace pour les civils et de déstabiliser l’autorité de l’État. Les fauteurs de trouble recourent à la violence pour perturber le processus politique et mettre en avant leurs intérêts. Les violations des droits de l’homme demeurent endémiques et se sont multipliées avec la récente intensification de la violence.
J’ai également vu un pays confronté à une situation humanitaire désastreuse. Quarante pour cent des habitants ont besoin d’une aide humanitaire vitale. Un cinquième de la population a été déplacée au sein du pays ou dans les pays voisins. Beaucoup de ces déplacés ont peur de retourner chez eux.
Pourtant, j’ai vu de nombreux signes d’espoir. J’ai trouvé un pays au potentiel énorme, un pays avec beaucoup de vitalité et dynamisme. Des hommes et des femmes de tous horizons m’ont fait part de leur désir de paix et de leur espoir d’un avenir différent. Le Président Touadéra croit fermement, je sais bien, à l’inclusivité, à la réconciliation et à la nécessité de transformer le pays. Les acteurs internationaux sur le terrain sont mobilisés et unis pour aider les Centrafricains à consolider les avancées faites jusqu’à présent.
J’ai quitté la République centrafricaine convaincu que le pays pourrait tourner la page, consolider la paix, parvenir à une vraie réconciliation et cohésion sociale et favoriser le développement.
Nous sommes tous ici aujourd’hui pour soutenir pleinement un peuple qui aspire à la paix. Je tiens à exprimer ma reconnaissance à l’Union européenne, qui a organisé une réunion d’une telle importance dans ce moment critique. Je veux bien aussi remercier la Banque Mondiale pour son soutien professionnel et substantiel à notre tâche commune.
Notre présence à Bruxelles démontre le partenariat étroit de la communauté internationale avec le peuple de la République centrafricaine et son gouvernement. A cet égard, je salue le travail conjoint accompli dans le cadre du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix. Ce plan définit les grandes priorités en matière de relèvement et de développement.
Je voudrais aussi souligner l’importance du Cadre d’engagement mutuel entre le Gouvernement centrafricain et la communauté internationale, que le Président Touadéra et moi-même, au nom du Secrétaire général et pour le compte de la communauté internationale, signerons aujourd’hui dans cette salle. Cet accord permettra d’appuyer les avancées politiques au plus haut niveau pour favoriser la paix et assurer la mise en œuvre du Plan national pour le relèvement et la consolidation de la paix.
La paix et la sécurité, le relèvement, le développement à long terme, la stabilisation et les droits de l’homme doivent aller, main dans la main, et se renforcer mutuellement. Des initiatives coordonnées et bien planifiées, comme celles articulées dans le Plan national pour le relèvement et la consolidation de la paix, seront primordiales. Même si nous nous engageons sur tous ces fronts, la priorité de sauver des vies humaines doit demeurer essentielle.
Le progrès sur le front politique est plus essentiel que jamais, surtout à la suite des violences récentes à Bangui et ailleurs dans le pays. Je salue l’adoption récente par les autorités centrafricaines de réformes clés et des stratégies sur le DDR, le secteur de la sécurité, la réforme de la police ainsi que la réconciliation.
Le dialogue et un engagement politique continu seront nécessaires pour mener la mise en œuvre de ces plans nationaux. Le soutien politique et financier de la communauté internationale sera également essentiel pour le succès de ces plans.
Dans le même temps, il faut répondre aux revendications et à la marginalisation par un dialogue et des négociations continus et inclusifs et rejeter la violence. Les groupes armés doivent être désarmés dans le cadre d’un programme de DDR holistique, inclusif et soutenu. Les forces nationales de défense et de sécurité doivent être transformées pour être représentatives, équilibrées ethniquement, effectives et responsables. La réconciliation nationale doit être facilitée à tous les niveaux.
Mais sans Etat de droit, les efforts de stabilisation seront futiles.
La justice devra être une composante essentielle de la réconciliation. Il faut que la Cour pénale spéciale devienne rapidement opérationnelle, que les institutions judiciaires et pénitentiaires reprennent progressivement leurs activités à travers le pays et qu’une stratégie de justice transitionnelle soit mise en place tout en assurant la protection des victimes et témoins.
L’amélioration des services sociaux de base sera primordiale. Les jeunes Centrafricains, aspirant désespérément à une vie meilleure, doivent être au cœur de cible de notre assistance.
Les vastes ressources naturelles du pays devront être exploitées en vue d’un développement durable. L’investissement qui promeut l’intégration économique régionale contribuera à préserver la paix. Il faudra aussi mobiliser la diaspora centrafricaine pour les initiatives de relèvement.
L’ONU fera sa part de travail. Notre mission de maintien de la paix, la MINUSCA, continuera de contrer fermement les actions des fauteurs de troubles pour prévenir la violence, assurer la sécurité et protéger les civils. En collaboration avec l’équipe de pays des Nations Unies et en coordination avec les partenaires internationaux, l’ONU poursuivra également le dialogue politique avec le Gouvernement autour des grandes priorités. Ce sont: le désarmement, la démobilisation et la réintégration, la réforme du secteur de la sécurité, la réconciliation et la cohésion sociale, le rétablissement de l’autorité de l’État et la lutte contre l’impunité.
Les institutions, fonds et programmes des Nations Unies, de même que les partenaires et les donateurs, notamment à travers le fonds multi-partenaires, Ezingo, accompliront un important travail de relèvement et de développement.
J’ai par ailleurs le plaisir de vous annoncer que le Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la paix va mettre à disposition dès à présent 15 millions de dollars pour couvrir les besoins clés de consolidation de la paix.
La République centrafricaine se trouve à un tournant. Nous devons maintenant tout faire pour soutenir et rassembler les forces du bien. Sinon, on risque de voir les fauteurs de trouble réussir à contrecarrer la marche du pays vers la paix, la réconciliation et le développement.
La République centrafricaine a souffert dans le passé d’un manque d’attention internationale. Aujourd’hui, plus que jamais, son peuple a besoin de notre engagement et de notre soutien à long terme. La conférence d’aujourd’hui montre que nous sommes résolus à éviter les erreurs du passé.
Nos chances de succès restent élevées si nous nous attaquons tous ensemble à la fois aux causes et aux conséquences du conflit. Notre réussite collective est à portée de main.
Je suis convaincu que les autorités centrafricaines prouveront aux Centrafricains et à la communauté internationale qu’elles sont elles aussi déterminées à engager des réformes difficiles mais nécessaires et à s’attaquer aux racines du conflit.
L’Organisation des Nations Unies demeure pour sa part profondément attachée à continuer de soutenir le peuple centrafricain.
J’espère que vous vous joindrez à nous aujourd’hui en vous engageant à fournir l’appui financier indispensable pour appuyer les priorités et les réformes nécessaires pour le relèvement et la stabilisation du pays, ainsi que pour mieux soutenir l’aide humanitaire.
Cette réunion est un acte de solidarité avec les forces positives, les forces de bien en RCA. Mais c’est aussi un acte visant securité et developpement durables dans un pays avec des ressources humaines et materielles substantielles et avec la promesse pour un meilleur avenir pour le peuple centrafricain. Nous sommes là à votre côté dans un moment crucial pour nous tous.
Je vous remercie.
Madame la Haute-Représentante, Federica Mogherini
Commissaires,
Monsieur le vice-Président de la Banque Mondiale,
Mesdames, messieurs les ministres,
Distingués délégué(e)s
Excellences,
Mesdames et messieurs,
J’aimerais aussi reconnaître la présence dans cette salle de l’assembleé nationale de RCA, en particulier son Président, L’honourable Karim Meckassoua, et les honorables parlementaires qui l’accompagnent.
Aussi je veux reconnaître l’importante délégation gouvernmentale aux côtés du President Touadéra.
Lors de ma récente visite en RCA, ce fut un immense privilège pour moi de m’entretenir avec toutes ces personnalités le dialogue sur l’avenir de leur pays et leur peuple.
Il y a moins de trois ans, la République centrafricaine était au bord de l’abime. Nous nous souvenons tous des images du bain de sang, qui ont inondé les medias et qui ont provoqué une onde de choc partout dans le monde. La communauté internationale a réagi en déployant des troupes provenant de la sous-région, de l’Union africaine, de la France, de l’Union européenne et des Nations Unies.
Ces efforts conjugués ont aidé à contenir la violence. Ils ont également contribué à créer des conditions favorables à la poursuite de la transition politique du pays et au rétablissement de l’ordre constitutionnel, avec l’élection du Président Touadéra.
Il y a deux semaines, je me suis rendu en République centrafricaine. J’ai vu un pays avec des défis gigantesques. J’ai constaté que les blessures resultant du conflit sont encore bien visibles. Le tissu social est déchiré. De nombreux Centrafricains sont profondément traumatisés et la réconciliation, dans certains cas, prendra certainement du temps.
Les conditions sécuritaires demeurent fragiles. Les groupes armés continuent de représenter une menace pour les civils et de déstabiliser l’autorité de l’État. Les fauteurs de trouble recourent à la violence pour perturber le processus politique et mettre en avant leurs intérêts. Les violations des droits de l’homme demeurent endémiques et se sont multipliées avec la récente intensification de la violence.
J’ai également vu un pays confronté à une situation humanitaire désastreuse. Quarante pour cent des habitants ont besoin d’une aide humanitaire vitale. Un cinquième de la population a été déplacée au sein du pays ou dans les pays voisins. Beaucoup de ces déplacés ont peur de retourner chez eux.
Pourtant, j’ai vu de nombreux signes d’espoir. J’ai trouvé un pays au potentiel énorme, un pays avec beaucoup de vitalité et dynamisme. Des hommes et des femmes de tous horizons m’ont fait part de leur désir de paix et de leur espoir d’un avenir différent. Le Président Touadéra croit fermement, je sais bien, à l’inclusivité, à la réconciliation et à la nécessité de transformer le pays. Les acteurs internationaux sur le terrain sont mobilisés et unis pour aider les Centrafricains à consolider les avancées faites jusqu’à présent.
J’ai quitté la République centrafricaine convaincu que le pays pourrait tourner la page, consolider la paix, parvenir à une vraie réconciliation et cohésion sociale et favoriser le développement.
Nous sommes tous ici aujourd’hui pour soutenir pleinement un peuple qui aspire à la paix. Je tiens à exprimer ma reconnaissance à l’Union européenne, qui a organisé une réunion d’une telle importance dans ce moment critique. Je veux bien aussi remercier la Banque Mondiale pour son soutien professionnel et substantiel à notre tâche commune.
Notre présence à Bruxelles démontre le partenariat étroit de la communauté internationale avec le peuple de la République centrafricaine et son gouvernement. A cet égard, je salue le travail conjoint accompli dans le cadre du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix. Ce plan définit les grandes priorités en matière de relèvement et de développement.
Je voudrais aussi souligner l’importance du Cadre d’engagement mutuel entre le Gouvernement centrafricain et la communauté internationale, que le Président Touadéra et moi-même, au nom du Secrétaire général et pour le compte de la communauté internationale, signerons aujourd’hui dans cette salle. Cet accord permettra d’appuyer les avancées politiques au plus haut niveau pour favoriser la paix et assurer la mise en œuvre du Plan national pour le relèvement et la consolidation de la paix.
La paix et la sécurité, le relèvement, le développement à long terme, la stabilisation et les droits de l’homme doivent aller, main dans la main, et se renforcer mutuellement. Des initiatives coordonnées et bien planifiées, comme celles articulées dans le Plan national pour le relèvement et la consolidation de la paix, seront primordiales. Même si nous nous engageons sur tous ces fronts, la priorité de sauver des vies humaines doit demeurer essentielle.
Le progrès sur le front politique est plus essentiel que jamais, surtout à la suite des violences récentes à Bangui et ailleurs dans le pays. Je salue l’adoption récente par les autorités centrafricaines de réformes clés et des stratégies sur le DDR, le secteur de la sécurité, la réforme de la police ainsi que la réconciliation.
Le dialogue et un engagement politique continu seront nécessaires pour mener la mise en œuvre de ces plans nationaux. Le soutien politique et financier de la communauté internationale sera également essentiel pour le succès de ces plans.
Dans le même temps, il faut répondre aux revendications et à la marginalisation par un dialogue et des négociations continus et inclusifs et rejeter la violence. Les groupes armés doivent être désarmés dans le cadre d’un programme de DDR holistique, inclusif et soutenu. Les forces nationales de défense et de sécurité doivent être transformées pour être représentatives, équilibrées ethniquement, effectives et responsables. La réconciliation nationale doit être facilitée à tous les niveaux.
Mais sans Etat de droit, les efforts de stabilisation seront futiles.
La justice devra être une composante essentielle de la réconciliation. Il faut que la Cour pénale spéciale devienne rapidement opérationnelle, que les institutions judiciaires et pénitentiaires reprennent progressivement leurs activités à travers le pays et qu’une stratégie de justice transitionnelle soit mise en place tout en assurant la protection des victimes et témoins.
L’amélioration des services sociaux de base sera primordiale. Les jeunes Centrafricains, aspirant désespérément à une vie meilleure, doivent être au cœur de cible de notre assistance.
Les vastes ressources naturelles du pays devront être exploitées en vue d’un développement durable. L’investissement qui promeut l’intégration économique régionale contribuera à préserver la paix. Il faudra aussi mobiliser la diaspora centrafricaine pour les initiatives de relèvement.
L’ONU fera sa part de travail. Notre mission de maintien de la paix, la MINUSCA, continuera de contrer fermement les actions des fauteurs de troubles pour prévenir la violence, assurer la sécurité et protéger les civils. En collaboration avec l’équipe de pays des Nations Unies et en coordination avec les partenaires internationaux, l’ONU poursuivra également le dialogue politique avec le Gouvernement autour des grandes priorités. Ce sont: le désarmement, la démobilisation et la réintégration, la réforme du secteur de la sécurité, la réconciliation et la cohésion sociale, le rétablissement de l’autorité de l’État et la lutte contre l’impunité.
Les institutions, fonds et programmes des Nations Unies, de même que les partenaires et les donateurs, notamment à travers le fonds multi-partenaires, Ezingo, accompliront un important travail de relèvement et de développement.
J’ai par ailleurs le plaisir de vous annoncer que le Fonds des Nations Unies pour la Consolidation de la paix va mettre à disposition dès à présent 15 millions de dollars pour couvrir les besoins clés de consolidation de la paix.
La République centrafricaine se trouve à un tournant. Nous devons maintenant tout faire pour soutenir et rassembler les forces du bien. Sinon, on risque de voir les fauteurs de trouble réussir à contrecarrer la marche du pays vers la paix, la réconciliation et le développement.
La République centrafricaine a souffert dans le passé d’un manque d’attention internationale. Aujourd’hui, plus que jamais, son peuple a besoin de notre engagement et de notre soutien à long terme. La conférence d’aujourd’hui montre que nous sommes résolus à éviter les erreurs du passé.
Nos chances de succès restent élevées si nous nous attaquons tous ensemble à la fois aux causes et aux conséquences du conflit. Notre réussite collective est à portée de main.
Je suis convaincu que les autorités centrafricaines prouveront aux Centrafricains et à la communauté internationale qu’elles sont elles aussi déterminées à engager des réformes difficiles mais nécessaires et à s’attaquer aux racines du conflit.
L’Organisation des Nations Unies demeure pour sa part profondément attachée à continuer de soutenir le peuple centrafricain.
J’espère que vous vous joindrez à nous aujourd’hui en vous engageant à fournir l’appui financier indispensable pour appuyer les priorités et les réformes nécessaires pour le relèvement et la stabilisation du pays, ainsi que pour mieux soutenir l’aide humanitaire.
Cette réunion est un acte de solidarité avec les forces positives, les forces de bien en RCA. Mais c’est aussi un acte visant securité et developpement durables dans un pays avec des ressources humaines et materielles substantielles et avec la promesse pour un meilleur avenir pour le peuple centrafricain. Nous sommes là à votre côté dans un moment crucial pour nous tous.
Je vous remercie.