New York

19 February 2021

Secretary-General's remarks at Munich Security Conference Segment on "Priorities for Global Action" [as delivered] [scroll down for French version]

Thank you very much. It is a great pleasure to be back in Munich, even if virtually.

Dear friends,

Our global tests and challenges are getting bigger and more complex.

Yet our responses remain fragmented and insufficient.  

COVID-19 has x-rayed the world, exposing deep fissures and fragilities.

Those vulnerabilities go well beyond pandemics and public health.  

Climate catastrophe is looming.

Inequality and discrimination are ripping the social fabric.

Corruption is destroying trust.

The struggle for women’s rights faces a pushback.

The Sustainable Development Goals are off-track.

Wild West behaviour in cyberspace has created new vectors of instability.

And even the nuclear disarmament regime is eroding – despite the welcome decision of the United States and the Russian Federation to extend the New Start treaty. 

Now, 2021 must be the year to get back on track. 

Pandemic recovery is our chance.

Four imperatives, in my opinion, stand out.

First, a Global Vaccination Plan.

Vaccines must be available and affordable for everyone, everywhere.

Vaccine equity is crucial for saving lives and for saving economies.  

Countries need to share excess doses and provide the billions needed for the COVAX initiative to be in full swing.  

We also need at least a doubling of global manufacturing capacity, through sharing of licenses and technology transfer. 

I believe the G20 is well placed to establish an Emergency Task Force to prepare such a Global Vaccination Plan, bringing together the countries, the companies and the international organizations and the financial institutions with the required power, scientific expertise and production and financial capacities.

I am ready to galvanize the full United Nations System in support of this effort, starting by the World Health Organization.

Our second priority must be to reach net zero greenhouse gas emissions by mid-century.

There is reason for hope. 

Now countries representing more than 65 per cent of emissions and more than 70 per cent of the world economy have committed to net zero greenhouse emissions by 2050.

Let’s expand this coalition to 90 per cent by the November Climate Conference in Glasgow.

All countries, cities, corporations and financial institutions should set benchmarks to implement the net-zero transition in the next 30 years.

This should start now with concrete steps: 
 

  • To put a price on carbon.
  • To end subsidies and financing for coal and other fossil fuels, and to reinvest those funds in renewable energy and in just transition.

Third, we need to ease geopolitical tensions and enhance diplomacy for peace.

We cannot solve the biggest problems when the biggest powers are at odds.

Our world cannot afford a future where the two largest economies split the globe into two opposing areas in a Great Fracture — each with its own dominant currency and trade and financial rules, its own Internet and its artificial intelligence capacity and strategy. 
 
A technological and economic divide risks turning into a geo-strategic and military divide. 

We must avoid this at all costs.

I also want to repeat my call for a global ceasefire.

We have seen some encouraging signs in a few stubborn peace processes.

But elsewhere, fighting continues.

Everyone is losing.

We also need a ceasefire beyond traditional battlefields:

In homes, workplaces, schools and public transportation, where women and girls face an epidemic of violence.

And in cyberspace, where attacks of all kinds are happening every day.  Digital technologies must be a force for good — and that requires also a total ban on lethal autonomous weapons, the most dangerous dimension that artificial intelligence can bring to the future of war.

Fourth, it is time to re-define global governance for the 21st century.

The collective security arrangements agreed more than 75 years ago have prevented a third world war.

Our common principles must endure for the 21st century.  

That means ensuring new ways to deliver global public goods, to build a fair globalization and solve common challenges.
 
We do not need new bureaucracies.  

But we need to strengthen multilateralism so that the world has: 

A networked multilateralism that links global and regional organizations, economic and political entities, and an inclusive multilateralism that engages businesses, cities, universities and movements for gender equality, climate action and racial justice.

And a multilateralism that respects the rights of future generations.

Many believe that growing multipolarity in the world will guarantee by itself peace.

But let us heed history.  More than a century ago, Europe was multipolar – but there were no multilateral governance mechanisms.  The result was the First World War.

Now is the time for solidarity and international cooperation to tackle our even bigger and more complex challenges.

I am convinced that if we are determined, we can achieve our shared goals. Thank you.
*****
DISCOURS PRONONCÉ À L’OCCASION DU VOLET DE LA CONFÉRENCE DE MUNICH SUR LA SÉCURITÉ CONSACRÉ AU THÈME « PRIORITÉS D’ACTION À L’ÉCHELLE MONDIALE »

Merci beaucoup. C’est un grand plaisir d’être de retour à Munich, même si c’est de manière virtuelle.

La complexité et l’ampleur des épreuves et des défis que nous traversons à l’échelle mondiale vont croissantes, mais les mesures prises pour les affronter restent insuffisantes et manquent de cohésion.

Tel un rayon X, la COVID-19 a mis au jour les fractures profondes et les fragilités du monde, qui vont bien au-delà des pandémies et de la santé publique :

Une catastrophe climatique se profile à l’horizon.

Inégalités et discriminations effilent le tissu social.

La corruption érode la confiance.

La lutte pour les droits des femmes régresse.

Les objectifs de développement durable sont loin d’être atteints.

Les comportements dignes du Far West observés dans le cyberespace ont créé de nouveaux vecteurs d’instabilité.

Et même le régime de désarmement nucléaire s’effrite, bien que les États-Unis et la Fédération de Russie aient pris l’heureuse décision de proroger le nouveau Traité de réduction des armements stratégiques.

Maintenant, 2021 est l’année pour nous mettre sur les rails.

Nous devons profiter du relèvement après la pandémie.

Selon moi, quatre impératifs se dégagent.

Premièrement, il nous faut un plan mondial de vaccination.

Les vaccins doivent être disponibles et abordables pour toutes et tous, partout dans le monde.

Il est en effet crucial d’assurer l’équité en matière de vaccination si l’on veut sauver des vies et redresser l’économie.

Les pays doivent redistribuer les doses excédentaires et verser les milliards de dollars nécessaires à la pleine mise en œuvre de l’initiative COVAX.

Il nous faudra aussi au moins doubler la capacité de production mondiale par la voie du partage de licences et du transfert de technologie.

Je pense que le G20 est bien placé pour mettre en place une équipe spéciale d’urgence qui serait chargée d’élaborer un plan de vaccination mondial associant les pays, les entreprises, les organisations internationales et les institutions financières qui ont l’autorité, l’expertise et les capacités productives et financières nécessaires.

Je suis prêt à mobiliser l’ensemble du système des Nations Unies pour soutenir cet effort, en commençant par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Notre deuxième priorité doit être d’atteindre la neutralité carbone d’ici le milieu du siècle.

Il y a des raisons d’espérer.

Des pays produisant plus de 65 % des émissions de gaz à effet de serre et représentant plus de 70 % de l’économie mondiale se sont engagés à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

Fixons-nous l’objectif d’élargir cette coalition de façon à parvenir à un taux de 90 % d’ici à la Conférence sur les changements climatiques qui se tiendra en novembre à Glasgow.

Tous les pays, villes, entreprises et institutions financières devraient fixer des critères de référence pour assurer la transition vers la neutralité carbone au cours des 30 prochaines années.

Il faut commencer dès maintenant en prenant des mesures concrètes :

- Fixer le prix du carbone.
- Mettre fin au subventionnement et au financement du charbon et des autres combustibles fossiles, et réinvestir les fonds ainsi libérés dans les énergies renouvelables et dans une adaptation équitable.

Troisièmement, nous devons apaiser les tensions géopolitiques et consolider la diplomatie en faveur de la paix.

Il est impossible de régler les problèmes les plus graves si les pays les plus puissants font opposition.

Notre monde ne supportera pas un avenir dans lequel les deux plus grandes économies diviseraient la planète en deux zones opposées, de part et d’autre d’une Grande Fracture, chacune dotée de sa propre monnaie dominante et de ses propres règles commerciales et financières, de son propre Internet et de ses propres capacités en matière d’intelligence artificielle.

Une fracture technologique et économique risque de se muer en fracture géostratégique et militaire.

C’est ce que nous devons éviter à tout prix.

Je réitère également mon appel en faveur d’un cessez-le-feu mondial.

Nous avons vu poindre çà et là des signes encourageants dans le cadre de certains processus de paix solides.

Mais ailleurs, les combats continuent.

Nous sommes tous perdants.

Il nous faut également instaurer un cessez-le-feu au-delà des champs de bataille traditionnels : aussi bien dans les foyers, les lieux de travail, les écoles et les transports publics, où les femmes et les filles font face à une épidémie de violence, que dans le cyberespace, où des attaques en tous genres se produisent chaque jour. Les technologies numériques doivent servir le bien, ce qui suppose aussi une interdiction totale des armes létales autonomes, l’aspect le plus dangereux que l’intelligence artificielle peut apporter au futur de la guerre.

Quatrièmement, il est temps de redéfinir la gouvernance mondiale à l’aune du XXIe siècle.

Les accords de sécurité collective conclus il y a plus de 75 ans ont permis d’éviter une troisième guerre mondiale.

Nos principes communs doivent résister à l’épreuve du XXIe siècle, ce qui suppose de trouver de nouveaux moyens de livrer des biens publics mondiaux, de parvenir à une mondialisation équitable et de résoudre les problèmes communs.

Nous n’avons pas besoin de nouvelles bureaucraties, mais nous devons renforcer le multilatéralisme de sorte qu’il s’appuie sur des réseaux reliant les organisations internationales et régionales, les entités économiques et politiques. Et qu’il soit inclusif et mobilise les entreprises, les villes, les universités et les mouvements pour l’égalité des genres, l’action climatique et la justice raciale. Et un multilatéralisme qui respecte les droits des générations futures.

Nombreux sont celles et ceux qui pensent que la multipolarité grandissante observée dans le monde permettra de garantir la paix, mais revenons sur ce que l’histoire nous a enseigné. Il y a plus d’un siècle, l’Europe était multipolaire, mais il n’y avait pas de mécanismes de gouvernance multilatérale. Et quel a été le résultat? La Première Guerre mondiale.

L’heure est venue pour nous de faire preuve de solidarité et de coopération internationale afin de nous attaquer aux problèmes toujours plus grands et plus complexes auxquels nous faisons face.

C’est par notre détermination que nous pourrons atteindre nos objectifs communs : j’en suis convaincu.

Je vous remercie.