Les drapeaux olympiques et des Nations Unies

La tradition grecque de l’ekecheiria (Trêve) a été créée au VIIIe siècle avant J.-C. en tant que principe sacré de l’olympisme. En 1992, le Comité international olympique (CIO) a rétabli cette tradition en invitant toutes les nations à respecter la Trêve olympique. Dans sa résolution 48/11 du 25 octobre 1993, l’Assemblée générale a engagé les États Membres à respecter la Trêve olympique. Le 3 novembre 2003, dans sa résolution 58/6, l’Assemblée générale a décidé d’ajouter à l’ordre du jour de sa 60e session un point subsidiaire intitulé « Édification d’un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l’idéal olympique ». Elle est convenue d’examiner cette question avant l’ouverture des XXe Jeux olympiques d’hiver, qui se sont déroulés à Turin (Italie) du 10 au 26 février 2006. Dans le Document final du Sommet mondial de 2005, les dirigeants ont souligné que « les sports pouvaient favoriser la paix et le développement » et encouragé l’Assemblée générale à débattre en vue de l’établissement de propositions de plan d’action sur le sport et le développement ».

Le Mouvement olympique aspire à contribuer, en prônant les valeurs éducatives du sport, à un avenir dans lequel l’humanité vivrait en paix. Il rassemble les athlètes du monde entier à l’occasion de la plus grande fête sportive internationale, les Jeux olympiques, et promeut, à l’instar de l’ONU, la paix, l’amitié, la solidarité et l’équité dans le monde. Compte tenu de ces objectifs communs, le CIO a décidé en 1998 que le drapeau de l’ONU flotterait désormais sur tous les sites accueillant des compétitions des Jeux olympiques. Pour leur part, les organismes des Nations Unies, notamment l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, sont en train d’élargir leur coopération avec le CIO. En appliquant le principe de l’ekecheiria, les pays peuvent au moins espérer que les atrocités typiques de la plupart des conflits armés actuels connaîtront une relative accalmie.

Appels solennels et Déclarations

Depuis 1994, le Président de l'Assemblée générale lance un appel solennel à tous les États pour qu’ils observent la Trêve olympique durant les Jeux. Depuis 2006, l'appel a également été lancé pour les Jeux paralympiques à venir. L'appel est lancé tous les deux ans, juste avant le début des Jeux olympiques d'hiver, d'été et paralympiques.

Background

La Trêve olympique ou ekekheiria est une tradition de la Grèce antique qui remonte au IXe siècle avant. J.-C. La coutume voulait que tous les conflits cessent pendant la durée de la Trêve, du septième jour précédant l’ouverture des Jeux au septième jour suivant leur clôture, pour permettre aux athlètes, aux artistes, à leurs parents et aux pèlerins de se rendre aux Jeux puis de retourner chez eux en toute sécurité.

Dans l’Antiquité, la tradition sacrée des Grecs de l’ekecheiria (Trêve) était la pierre angulaire des Jeux olympiques et assurait des conditions de sécurité et de paix aussi bien aux athlètes qui participaient aux Jeux qu’aux spectateurs. Son adoption même avait été décidée par l’oracle de Delphes comme moyen de mettre fin aux guerres qui dévastaient alors le Péloponnèse. Ainsi est né l’accord de paix le plus durable de l’histoire.

On a ranimé l’olympisme en 1896 pour contribuer à l’avènement d’un avenir de paix pour l’humanité grâce à la valeur éducative du sport. Le Mouvement olympique rassemble les jeunes du monde pour une immense fête sportive à la gloire de la paix, de l’amitié, de la solidarité et du respect des règles du jeu.

Depuis 1993, le soutien apporté à la Trêve olympique n’a cessé de croître au sein de l’Assemblée générale pour aboutir l’année dernière à l’adoption d’une résolution parrainée à l'unanimité – fait sans précédent – par tous les États Membres à l’unanimité. En ces temps d’instabilité, les États Membres témoignent de leur confiance dans l’idéal de la Trêve olympique.

Aujourd’hui, la Trêve olympique est l’expression du désir de l’humanité de construire un monde respectueux des règles de la compétition loyale, un monde de paix, d’humanité et de réconciliation. De surcroît, la Trêve olympique incarne un lien entre la sagesse de l’antiquité et l’objectif le plus impérieux des Nations Unies, qui est le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Afin d’illustrer de manière éclatante cette communauté d’objectifs et d’aspirations du mouvement olympique et des Nations Unies, le Comité international olympique a décidé qu’à compter de cette année, le drapeau des Nations Unies serait arboré à toutes les épreuves des Jeux olympiques. Cette tradition sera inaugurée lors des Jeux olympiques d’hiver de Nagano.

L'application de la trêve olympique aux Jeux paralympiques et la reconnaissance des droits des personnes handicapées qui en découle est une autre réalisation importante qui s'appuie sur les résolutions de l'Assemblée générale. Le pouvoir du sport de réaliser l'inclusion sociale et d'encourager la participation active des personnes handicapées sur une base équitable avec les autres a été directement démontré. (A/65/270, para.7)

L’Organisation des Nations Unies s’efforce vaillamment et inlassablement de ramener la paix et la stabilité dans les régions en crise. Cet objectif reste peut-être insaisissable, mais si la Trêve olympique peut nous accorder ne serait-ce qu’un bref répit dans les conflits armés, elle adressera à la communauté internationale un fort message d’espoir.