Des jeunes participant à un événement des Nations Unies

Retrouvez sur cette page les messages publiés par le système des Nations Unies à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale 2021.

Message de la Directrice générale de l'UNESCO

La pandémie de COVID-19 a eu des conséquences catastrophiques pour les populations du monde entier, modifiant nos modes de vie, de travail et de socialisation. Cependant, si nous sommes tous vulnérables face à cette maladie, certains le sont plus que d’autres. Parmi les minorités raciales et ethniques, par exemple, les ravages de la pandémie sont beaucoup plus graves.

Pour remédier à cette situation, l’UNESCO a adopté, en décembre 2020, l’Appel mondial contre le racisme. Sur le constat que la COVID-19 « a parallèlement déclenché une dangereuse pandémie de désinformation, de discours de haine et de violences à l’égard de certaines ethnies ou nationalités », cet appel souligne l’urgence de lutter contre le racisme et la discrimination qui continuent de gangrener nos sociétés.

Aujourd’hui, alors que les vaccins offrent un nouvel espoir pour l’avenir, nous devons non seulement rester fermes dans notre discours et nos convictions, mais aussi traduire nos paroles en actes.

C’est pourquoi en cette Journée internationale, l’UNESCO exhorte l’humanité à défendre la justice sociale et l’égalité, et à répondre à l’appel contre le racisme et la discrimination, en vue de construire une société plus inclusive et tolérante - une société exempte de toute forme de violence.

Nous ne pourrons y parvenir seuls : cet effort mondial dépend de l’engagement des gouvernements, de la société civile, des milieux universitaire et scientifique, des entreprises, des parties prenantes et des organisations internationales.

L’UNESCO participe à cet effort. S’appuyant sur sa longue expérience dans ce domaine, elle élabore une feuille de route contre le racisme afin de documenter les politiques et pratiques qui permettent de lutter efficacement contre ce fléau.

Il s’agit d’identifier des points de comparaison et d’en tirer des enseignements. Il s’agit de veiller à ce que les lois et les institutions soient exemptes de préjugés. Et il s’agit aussi de prendre des mesures positives. Car nous pouvons faire évoluer les mentalités et aider à mieux faire comprendre ce problème, notamment par l’éducation à la citoyenneté mondiale et le dialogue interculturel. Nous pouvons combattre les préjugés dans le cyberespace, par exemple en élaborant une recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle. Nous pouvons favoriser la compréhension mutuelle, la réconciliation et la coopération, par exemple en soutenant la recherche et l’enseignement sur la traite des esclaves et l’esclavage.

Pour galvaniser ces efforts, nous organiserons, le 22 mars 2021, un Forum mondial contre le racisme et la discrimination qui réunira nos partenaires et offrira un espace où échanger des points de vue et partager des solutions à ce problème.

La différence est source de richesse et de force. La diversité des humains et des civilisations humaines est ce qui rend le monde plus beau. Comme l’a dit le Malien Amadou Hampâté Bâ : « Comme il serait ennuyeux et monotone d’avoir un monde uniforme, où tout le monde, coulé dans le même moule, penserait et vivrait de la même façon ! Sans rien à apprendre des autres, comment pourrions nous nous enrichir ? ».

La différence est source de richesse et de force. La diversité des humains et des civilisations humaines est ce qui rend le monde plus beau. Comme l’a dit le Malien Amadou Hampâté Bâ : 'Comme il serait ennuyeux et monotone d’avoir un monde uniforme, où tout le monde, coulé dans le même moule, penserait et vivrait de la même façon ! Sans rien à apprendre des autres, comment pourrions nous nous enrichir ?'. »

La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay

 

Message de la Directrice exécutive d'ONU Femmes

L’année dernière, le monde entier a dû faire face à beaucoup de douleurs et de peur supplémentaires. Le virus de COVID-19 a profité des fragilités existantes en matière de santé et a mis clairement en évidence les inégalités, avec un effet particulièrement dévastateur sur les personnes les plus pauvres et les plus marginalisées de la société. Cette crise a été la plus discriminatoire de notre génération. Un virus ne peut pas agir intentionnellement, mais son impact en trace les conséquences, dont beaucoup se sont manifestées le long des lignes de faille de la privation liée à la race. Par exemple, dans la quasi-totalité des pays, les populations autochtones font partie de la catégorie de santé « la plus vulnérable à la COVID-19 ». Les personnes d’origine africaine sont généralement plus pauvres, moins éduquées et ont moins d’opportunités où qu’elles soient dans le monde. Et dans chacune des catégories concernées, les femmes et les filles sont plus gravement touchées que les hommes.

Le soulèvement mondial contre l’injustice raciale, déclenché aux États-Unis par les meurtres d’hommes et de femmes noirs, reflète la résurgence de la lutte mondiale contre la suprématie et l’inégalité.

Cette semaine encore, le 17 mars, les meurtres commis à Atlanta, aux États-Unis, ont exposé ouvertement la recrudescence du racisme anti-asiatique. Ni le racisme anti-asiatique ni la violence sexuelle racialisée ne sont nouveaux aux États-Unis ou ailleurs, mais l’escalade de la haine anti-asiatique qui dure depuis un an les a portés à un autre niveau. Nous avons dénoncé à l’échelle mondiale l’intersectionnalité aiguë de la xénophobie, du racisme et de la violence à l’égard des femmes tout au long de la pandémie, comme nous l’avions fait précédemment.

Je condamne le racisme et la discrimination où qu’ils se produisent, et ONU Femmes est solidaire de tous ceux qui en sont victimes. Dans leur pire forme, ils se manifestent par le génocide et la suppression de groupes raciaux entiers. En tant que membres de la communauté mondiale, nous devons être sur nos gardes contre cela.

Au sein d’ONU Femmes et dans tout le système des Nations Unies, nous reconnaissons l’existence d’une inégalité raciale structurelle, comme dans toutes les institutions, ainsi que de préjugés conscients et inconscients. Nous avons pris des mesures correctives énergiques contre l’injustice raciale, qui se manifeste souvent par un manque de diversité et d’inclusion à tous les niveaux.

Mais nous devons continuer à exercer des pressions et à faire plus. Pour ONU Femmes, cela comprend également le développement de relations programmatiques et de collaboration plus profondes avec des mouvements et des organisations axés sur la justice raciale. L’élan créé par leurs actions à travers le monde permet de s’attaquer aux racines de la discrimination raciale, de l’injustice et de l’inégalité, en particulier l’inégalité entre les sexes.

Plus de 50 ans après la création de cette journée pour commémorer le meurtre de 69 personnes par la police à Sharpeville, en Afrique du Sud, l’Assemblée générale des Nations unies a appelé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour éliminer toutes les formes de discrimination raciale.

Aujourd’hui, presque exactement un an après le meurtre de Breonna Taylor, et dans un contexte mondial marqué par des tensions raciales, nous ne devons pas gâcher ce moment, mais agir maintenant pour créer un monde qui soit inclusif, égalitaire en matière de genre, et antiraciste.

Condamner le racisme et la discrimination où qu’ils se produisent : agir pour instaurer la justice raciale et un monde inclusif et égalitaire en matière de genre. »

La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies et Directrice exécutive d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka