Une coopérative et des groupes locaux forment les agriculteurs à l'apiculture et produisent du miel et des dérivés tels que la gelée royale, le propolis et le pollen. Ce projet est mis en oeuvre à Pasac, un village du sud du Guatemala, par le PNUD et le ministère de l'Environnement. Photo: PNUD-Guatemala/Carolina Trutmann

Pourquoi avons-nous besoin des pollinisateurs ?

La production et reproduction de nombreuses plantes cultivées et sauvages du monde dépendent directement du travail des pollinisateurs. Sans eux, notre diversité alimentaire serait donc très restreinte – pas de citrouilles, ni fraises, ni café, ni même cacao par exemple – avec des conséquences lourdes sur l'équilibre de l'alimentation humaine. Ils servent également de sentinelles pour les risques environnementaux émergents puisqu'ils nous fournissent de précieuses informations sur l'état de santé des écosystèmes locaux.

La pollinisation, pilier de nos écosystèmes

Les pollinisateurs (parmi lesquels nous trouvons les abeilles mais aussi les papillons, les chauves-souris, les colibris et tant d’autres) assurent la reproduction des végétaux et des arbres à travers le processus de pollinisation, en garantissant ainsi le développement des fruits, des légumes et des semences dont nous avons besoin pour notre alimentation, mais aussi pour la production de fibres comme le coton, le lin et pour l’élaboration de médicaments, biocarburants ou matériaux de construction.

La très grande majorité des espèces de plantes à fleurs ne produisent des graines que si des animaux pollinisateurs transportent du pollen des anthères aux stigmates des fleurs. Sans ça, de nombreuses espèces interdépendantes et de nombreux processus fonctionnant au sein d'un même écosystème disparaîtraient. La pollinisation s'avère donc être un processus fondamental pour les écosystèmes terrestres naturels et gérés par l'homme.

Les abeilles, ambassadrices des pollinisateurs

La plupart des 25 000 à 30 000 espèces d'abeilles (Hymenoptera: Apidae) constituent avec les mites, les mouches, les guêpes, les coléoptères et les papillons la majorité des agents pollinisateurs. Il existe toutefois une grande variété de pollinisateurs, dont certaines espèces de vertébrés qui pourraient vous surprendre. En effet, les chauves-souris, des mammifères non volants (comme plusieurs espèces de singes, rongeurs, lémuriens, écureuils arboricoles, olingos et kinkajous) et des oiseaux (colibris, nectarinidés, drépanidinés et quelques perroquets) contribuent eux aussi aux systèmes de pollinisation !

Étant donné que des relations spécifiques existent entre les plantes et leurs pollinisateurs, protéger la diversité de ces derniers revient à assurer la variété et l’abondance des plantes nécessaires à notre alimentation. Protéger les processus de pollinisation c'est donc aussi protéger la biodiversité, et vice-versa.

Protéger les pollinisateurs pour s'adapter aux changements climatiques

Selon leur espèce, les pollinisateurs ont tous différentes caractéristiques et différents rôles à jouer pour faire face aux changements climatiques. Leur variété permet en effet de garantir une présence efficace même dans des conditions climatiques changeantes, assurant ainsi la résilience des agroécosystèmes et leur adaptation aux changements climatiques. Ils permettent ainsi de rendre notre agriculture durable. 

Pas de pollinisateurs, pas d’ODD !

La diversité et la densité des pollinisateurs ont un impact direct et positif sur les rendements des récoltes. Les pollinisateurs permettent notamment d’améliorer la production alimentaire de 2 milliards de petits agriculteurs dans le monde, apportant ainsi une contribution importante à la sécurité alimentaire de la population mondiale. La chasse au miel à partir de colonies d’abeilles sauvages demeure aussi un des moyens de subsistance des populations tributaires des forêts dans de nombreux pays en développement. À l'inverse, le déclin de ces espèces engendre de nombreuses conséquences sur les écosystèmes et sur la qualité et les quantités des cultures vivrières, avec pour conséquence directe un déséquilibre des régimes alimentaires et un appauvrissement des ressources naturelles, tout comme un appauvrissement des populations. La santé, voire la vie, de milliards de personnes s'en trouvera affectée et de nombreux objectifs de développement durable (ODD), comme celui visant à éliminer la faim dans le monde et celui visant à préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, ne seront plus atteignables.

Logo de l'ODD 15

Découvrez l'objectif de développement durable qui veut préserver nos écosystèmes !

Plus de 80% de l’alimentation des êtres humains est assurée par des plantes. La perte des pollinisateurs entraînerait une perte de biodiversité exponentionnelle, mettant en danger nos écosystèmes et notre alimentation.

infographie sur les pollinisateurs; cliquer sur l'image pour ouvrir le PDF

Devenir apiculteurs : une solution contre le chômage des jeunes en Algérie

De nouvelles techniques apicoles au Togo protègent l'environnement