Conférences | Drogue

CONTEXTE

En mars 1961 à New York, La Convention unique sur les stupéfiants de 1961 fut adoptée. Celle-ci vise à lutter contre la consommation de drogues par le biais d'une intervention internationale coordonnée. Tout d'abord, elle a pour but de limiter la possession, la consommation, le commerce, la distribution, l'importation, l'exportation, la fabrication et la production de drogues uniquement à des fins médicales et scientifiques. Elle lutte également contre le trafic de stupéfiants par le biais d'une coopération internationale pour dissuader et décourager les trafiquants de drogues. Elle fut modifiée par le Protocole de 1972.

En 1971, la Convention sur les substances psychotropes, établit un système de contrôle international des substances psychotropes. Elle répond à la diversification et l'expansion du nombre de drogues donnant lieu à un usage illicite et a mis en place des contrôles d'un nombre de drogues synthétiques en fonction de leur potentiel d'usage illicite d'une part et de leur valeur thérapeutique d'autre part.

En 1988, la Convention des Nations Unies contre le traffic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes, fournit des mesures pragmatiques contre le trafic de stupéfiants, notamment des provisions contre le blanchiment d'argent et le détournement de précurseurs chimiques. Elle prévoit une coopération internationale par le biais de livraisons contrôlées et de transmissions de poursuites.

Ces trois principaux traités internationaux relatifs au contrôle des drogues se renforcent et se complètent. Un des objectifs majeurs des deux premiers traités est de codifier des mesures de contrôle à appliquer au niveau international pour assurer la disponibilité des stupéfiants et des substances psychotropes à des fins médicales et scientifiques, et pour prévenir tout détournement vers les circuits illicites. Ces traités incluent également des dispositions générales sur le trafic et l'abus de drogue.

Suite à ces trois conventions qui ont établi les traités majeurs encore utilisés à ce jour, l'Assemblée générale de l'ONU a convoqué des sessions extraordinaires.

La première session extraordinaire de l'Assemblée générale s’ouvrit sur le thème de : l'abus des drogues le 20 février 1990 à New York. Les États Membres étaient préoccupés par l’ampleur croissante prise par la demande, la production, l’offre, le trafic et la distribution illicites de stupéfiants et de substances psychotropes. Les Nations Unies étaient alarmées par ces menaces pesant sur la santé et le bien-être de l’humanité ainsi que la stabilité des nations, des structures politiques, économiques, sociales et culturelles de toutes les sociétés.

L’ONU proclama à la fin de cette session que la période 1991-2000 serait celle de la Décennie des Nations Unies contre la drogue. De plus, cette session lança un Programme d’action mondial fort pour lutter contre le fléau de la drogue.

La seconde session extraordinaire convoquée par l'Assemblée générale des Nations le 12 décembre 1996 pour lutter contre le problème mondial de la drogue eut lieu du 8 au 10 juin 1998 à New York. Elle examina la lutte contre la production, la vente, la demande, le trafic et la distribution illicites de stupéfiants et de substances psychotropes et ses activités connexes, et proposa de nouvelles stratégies, méthodes, activités pratiques et mesures spéciales pour renforcer la coopération internationale face au problème des drogues illicites.

Chefs d’État et de gouvernement, ministres, délégués et représentants de la société civile se réunirent du 19 au 21 avril 2016, à New York, pour une troisième session extraordinaire consacrée à la drogue, afin de faire le point sur l’application de la Déclaration politique et du Plan d’action sur la coopération internationale en vue d’une stratégie intégrée et équilibrée de lutte contre le problème mondial de la drogue.

Toutes les nations ont été encouragées à garder à l’esprit les principes clefs du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et à ne laisser personne de côté. De plus, un document important fut adopté lors de la session nommé :« Notre engagement commun à aborder et à combattre efficacement le problème mondial de la drogue ».

 

OBJECTIFS

Les objectifs principaux menés à travers ces conférences sur la thématique de la drogue visent à :

  • aborder et combattre le problème mondial de la drogue : situation mouvante, évolutions et circonstances du moment, dangers et risques nouveaux et persistants ;

  • renforcer la coopération internationale fondée sur le principe de la responsabilité commune et partagée ;

  • accentuer le développement alternatif ; la coopération régionale, interrégionale et internationale ;

  • réduire la demande et prendre des mesures connexes, y compris la prévention et le traitement ;

  • assurer la disponibilité des substances placées sous contrôle destinées exclusivement à des fins médicales et scientifiques et l’accès à ces substances, tout en en prévenant le détournement ;

  • réduire l’offre et prendre des mesures connexes pour augmenter l’efficacité de la répression et des mesures prises face à la criminalité liée aux drogues ; lutter contre le blanchiment d’argent et promouvoir la coopération judiciaire ;

  • traiter les questions transversales : drogues et droits de l’homme, jeunes, enfants, femmes et collectivités.

FEUILLE DE ROUTE

Au travers de conférences, de sessions extraordinaires et de son organe l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l’ONU cherche à engager un maximum de pays dans ses démarches et doit avancer dans sa stratégie de lutte en tenant compte de facteurs toujours plus nombreux tels que :

  • les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur le marché de la drogue ;

  • l'expansion, la complexité et l’évolution rapide du marché des drogues ;

  • des changements politiques au sein des nations ;

  • des nouvelles tendances du secteur ;

  • de l’évolution des usage de drogue ;

  • de la complexité des chaînes d’approvisionnement ;

  • du niveau d’implications des gouvernements en termes de politiques antidrogues couplées à des programmes plus vastes en matière de développement durable, de sécurité et de droits humains ;

  • des besoins spécifiques des femmes si l’on veut atténuer la vulnérabilité particulière des personnes qui sont en contact avec le système pénal en raison d’infractions liées à la drogue ;

  • de la coopération internationale pour faire face au problème transnational de la drogue.

Gros plan d'un pavot à opium en Afghanistan.

Qu'en est-il aujourd'hui ?

Selon le Rapport mondial sur les drogues 2020 de lOffice des Nations Unies contre le crime et la drogue (UNODC), l’usage de drogues est en augmentation sur le plan mondial, tant en termes de chiffres globaux que de proportion de la population mondiale qui en consomme. En 2009, on estimait le nombre d’usagers de drogues à 210 millions, soit 4,8 % de la population mondiale âgée de 15 à 64 ans, contre 269 millions en 2018, soit 5,3 % de la population.Au cours des 20 dernières années, l’usage de drogues a augmenté beaucoup plus rapidement dans les pays en développement que dans les pays développés.

La pandémie de COVID-19 a plongé le monde dans une crise sans précédent. La maladie a mis à rude épreuve les prestataires de soins de santé dans de nombreux pays et les restrictions imposées par les gouvernements ont profondément déstabilisé l’économie mondiale. En ce qui concerne le marché de la drogue, il est difficile de connaître et de prévoir les effets de la pandémie, mais ils pourraient être désastreux. Certains producteurs pourraient se retrouver contraints de chercher de nouveaux procédés de fabrication, les restrictions de mouvement limitant l’accès aux précurseurs et aux produits chimiques de base. Empêchés de passer les frontières du fait de l’interdiction de voyager, les trafiquants devront peut-être trouver de nouvelles routes et de nouvelles méthodes.

Par ailleurs, les modes d’usage et la disponibilité des drogues sont susceptibles d’évoluer, et la capacité des gouvernements à réagir peut se trouver entravée. Les transformations découlant de la pandémie de COVID-19 sont sans précédent, mais l’on peut tirer des enseignements des crises précédentes. Après la crise économique de 2008, certains usagers de drogues ont commencé à rechercher des substances synthétiques moins chères et les modes d’usage ont évolué vers l’injection.

Dans le même temps, les gouvernements ont réduit les budgets consacrés à la drogue. Si les gouvernements réagissent de la même manière au ralentissement actuel de l’économie, des interventions telles que la prévention de l’usage de drogues et des comportements à risque qui y sont liés ainsi que les services de traitement de la toxicomanie pourraient être durement touchés. De même, les opérations d’interception et la coopération internationale pourraient ne plus être prioritaires, ce qui faciliterait la tâche aux trafiquants.