Un groupe de personnes

Message du Secrétaire général (2021)

Alors que le monde peine à sortir de la pandémie de COVID-19 et à se remettre de ses conséquences désastreuses, nous devons tirer les enseignements de ces 18 derniers mois pour faire en sorte qu’à l’avenir, en période de crise, la démocratie soit plus forte. Nous devons pour cela élaborer et cultiver de bonnes pratiques de gouvernance dans les situations d’urgence, que ce soit dans le domaine de la santé publique, de l’environnement ou des finances.

En outre, nous devons lutter contre les injustices criantes mises au jour par la crise, qu’il s’agisse des inégalités omniprésentes liées au genre, des lacunes des systèmes de santé ou encore de l’accès inégal aux vaccins, à l’éducation, à Internet et aux services en ligne. En plus de faire payer un lourd tribut aux plus démunis, ces inégalités de longue date menacent la démocratie.

Consolider la démocratie implique également d’accepter sans réserve que les peuples et les communautés qui en ont communément été exclus participent activement à la prise de décisions − notamment par des manifestations pacifiques − et de leur donner de vrais moyens de se faire entendre. Le fait de réduire au silence les femmes, les minorités religieuses et ethniques, les peuples autochtones, les personnes en situation de handicap, les défenseurs et défenseuses des droits humains et les journalistes entrave la création de sociétés florissantes. La démocratie ne peut tout simplement pas survivre, et encore moins s’épanouir, en l’absence d’espace civique.

Pour protéger la démocratie, il faut aussi mettre fin progressivement aux pouvoirs exceptionnels et autres mesures d’urgence au fur et à mesure que la situation sanitaire s’améliore. Certains États et certaines institutions du secteur de la sécurité ont eu recours aux pouvoirs exceptionnels car ils représentent un raccourci facile. Avec le temps, ces pouvoirs peuvent s’infiltrer dans le cadre juridique et devenir permanents, compromettant ainsi l’état de droit et ébranlant les libertés fondamentales et les droits humains qui forment le socle de la démocratie.

Comme je l’ai souligné au plus fort de la pandémie, toute crise représente une menace pour la démocratie, car on a vite fait de méconnaître les droits des peuples, et en particulier ceux des personnes les plus vulnérables. C’est pourquoi j’ai accordé à la protection des droits en temps de crise une place centrale dans mon appel à l’action en faveur des droits humains. 

En cette Journée internationale de la démocratie, alors que nous commençons à nous projeter au-delà de la pandémie de COVID-19, engageons-nous à construire un avenir dans lequel les droits humains et l’état de droit seront considérés comme faisant partie intégrante de la démocratie. Engageons-nous à défendre les principes d’égalité, de participation et de solidarité afin de traverser les prochaines crises plus sereinement.
 

Message de la Directrice générale de l'UNESCO

En cette Journée internationale de la démocratie, nous célébrons davantage qu’un principe d’organisation politique : nous célébrons un idéal de « dignité, d’égalité, et de respect de la personne humaine », celui justement qui fonde l’Acte constitutif de l’UNESCO.

La démocratie est en effet une promesse permanente faite à l’humanité, un espace privilégié des libertés et des droits humains sans cesse à créer et à entretenir, qui demande la participation quotidienne de chacun et chacune à la communauté politique.

La démocratie exige donc beaucoup de nous tous, organisations, États, sociétés civiles, individus, pour que nous lui offrions le cadre renouvelé de son épanouissement – un esprit de médiation et de coopération, propice au dialogue et nourri par une culture de la vérité.

C’est notamment à travers l’éducation que cet esprit se construit et s’entretient, car « dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau », comme le remarquait le philosophe français Alexis de Tocqueville.

Avec ses programmes d’alphabétisation et d’éducation à la citoyenneté mondiale, l’UNESCO entend justement permettre à des élèves de tous les âges de s’approprier cet idéal démocratique et de liberté, et d’en devenir les promoteurs et les artisans.

C’est aussi l’ambition du travail que mène l’UNESCO pour l’éducation aux médias et à l’information, afin de forger l’esprit critique des nouvelles générations. Face à la prolifération des fausses rumeurs, il est en effet indispensable, dès le plus jeune âge, de construire et de nourrir un dialogue éclairé, fondé sur des informations fiables.

Plus généralement, cet idéal démocratique d’échange et de débat irrigue l’ensemble de l’esprit multilatéral qu’incarnent et défendent les Nations Unies. Sans cette exigence de coopération, d’écoute et de dialogue, nous ne pourrons pas faire face aux défis auxquels l’humanité est désormais confrontée.

Cette Journée internationale est donc l’occasion de réaffirmer notre engagement collectif au service des valeurs démocratiques, car elles sont non seulement une méthode indispensable à la coopération, mais aussi un idéal qui nous élève et nous rassemble.