Note de presse
Dakar, 19 mars 2026 – Selon une évaluation rapide préparée par un groupe d’économistes et d’experts issus du système des Nations Unies au Sénégal, la crise au Moyen‑Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz pourraient avoir des effets sur le Sénégal principalement via les coûts de l’énergie, du fret et de certaines denrées alimentaires, tout en ouvrant des marges d’action pour renforcer la résilience économique du pays.
Le document souligne que le trafic maritime dans le détroit a fortement reculé au cours des dernières semaines, ce qui illustre l’ampleur de la perturbation et la nécessité pour les pays importateurs de rester vigilants face aux évolutions des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le Sénégal fait face à ce choc dans un contexte de vulnérabilité extérieure persistante. En 2024, le pays a importé environ 11.8 milliards de dollars de marchandises et exporté environ 6.4 milliards de dollars, soit un déficit commercial d’environ 5.4 milliards de dollars.
L’analyse met également en évidence la dépendance du Sénégal aux hydrocarbures importés, aux produits alimentaires de base et aux engrais, même si le démarrage de la production pétrolière et gazière ouvre des perspectives à moyen terme.
Dans le même temps, un niveau d’endettement public élevé et une marge de manœuvre budgétaire limitée accentuent la pression sur un environnement économique déjà contraint.
« Cette évaluation rapide nous rappelle qu’une crise éloignée du Sénégal peut néanmoins avoir des effets concrets sur la vie quotidienne ici, à travers les prix du carburant, les coûts du transport, les prix des denrées alimentaires et la pression sur les finances publiques », a déclaré Mme Aminata Maiga, Coordonnateur résident des Nations Unies au Sénégal. « Elle montre aussi l’importance d’anticiper les risques à un stade précoce, de protéger les plus vulnérables, de renforcer la confiance du public et de saisir ce moment pour bâtir une plus grande résilience. »
Le document identifie trois principaux canaux par lesquels ce choc pourrait affecter le Sénégal. Premièrement, à travers une inflation importée liée à une hausse du coût du carburant, des engrais, du fret, de l’assurance maritime et d’autres intrants essentiels, avec des conséquences possibles sur le transport, l’agriculture, la pêche, l’industrie et les budgets des ménages.
Deuxièmement, elle pourrait exercer une pression supplémentaire sur les finances publiques en augmentant les besoins de subventions et en réduisant les marges disponibles pour les dépenses sociales et de développement.
Troisièmement, elle pourrait fragiliser d’avantage les plus vulnérables en pesant sur le pouvoir d’achat, en creusant les inégalités et en augmentant le risque de tensions, ce qui justifie une attention accrue à la protection sociale ciblée, aux droits humains et à la cohésion sociale.
Dans le même temps, la note met en lumière plusieurs domaines d’opportunité importants pour le Sénégal. Il s’agit notamment de renforcer le rôle du pays comme pôle régional de l’énergie et de la logistique, d’accélérer les réformes dans les domaines du gaz pour l’électricité, des énergies renouvelables et du stockage stratégique, d’approfondir l’intégration régionale à travers la Zone de libre-échange continentale africaine, et de consolider la protection sociale adaptative ainsi que la transparence économique.
Elle souligne également l’importance d’une information publique fiable pour contribuer à limiter la spéculation, les achats de panique et la désinformation en période d’incertitude, tout en saluant les efforts déployés par le gouvernement pour contrer les rumeurs et renforcer la communication officielle.
Pour les Nations Unies au Sénégal, les principaux messages sont clairs : poursuivre et renforcer l’analyse et l’anticipation des chocs externes ; appuyer une meilleure protection ciblée des ménages vulnérables ; contribuer à préserver les dépenses sociales prioritaires ; soutenir les efforts du gouvernement pour stabiliser les prix tout en préservant les équilibres macroéconomiques ; accélérer la diversification, la résilience et l’intégration régionale ; et ancrer la réponse dans les droits humains, la cohésion sociale et la confiance du public.
Cette évaluation rapide a été préparée pour appuyer une discussion éclairée et une action concrète à un moment où les évolutions géopolitiques internationales peuvent avoir des répercussions économiques et sociales immédiates bien au-delà de la région où elles prennent naissance, tout en soulignant les opportunités du Sénégal pour renforcer sa souveraineté économique et sa résilience
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Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Fatima Rassoul Beye
Chargée de communication
Bureau du Coordonnateur résident des Nations Unies au Sénégal
+221 78 717 36 21
fatima.beye@un.org
Note aux rédactions :
La situation reste évolutive et très incertaine. Compte tenu de la rapidité des développements, les informations contenues dans cette évaluation rapide pourraient évoluer au fur et à mesure de la situation.
La note peut être téléchargée ici.



