Une vingtaine d’associations de consommateurs se sont réunies, le 17 mars, à la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (CCIAD) pour marquer la Journée mondiale des droits des consommateurs. À cette occasion, des acteurs ont rappelé que leurs actions s’inscrivent pleinement dans le sillage des Objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’ODD 12, consacré à la consommation et à la production responsables.
Au-delà de la défense du pouvoir d’achat, ces associations souhaitent sensibiliser les populations aux enjeux de santé publique, de protection des ressources et de responsabilité environnementale. Leur action repose sur un constat simple : le consommateur doit être mieux informé pour pouvoir faire des choix éclairés et responsables.
Informer et éduquer pour responsabiliser les consommateurs
Pour Amadou Sow, Président de l’association Actions citoyennes pour la consommation et la normalisation, l’un des principaux défis reste l’accès à l’information. Selon lui, de nombreux consommateurs ne disposent pas des connaissances nécessaires pour évaluer la qualité ou la sécurité des produits proposés sur le marché.
« Sans information, le consommateur est exposé. L’accès à l’information permet aux populations de comprendre les produits qu’elles consomment et d’adopter des comportements plus responsables », explique-t-il.
Son association défend une approche fondée sur l’information, l’éducation et la communication, afin d’aider les citoyens à mieux comprendre les produits qu’ils consomment et leurs impacts potentiels sur la santé ou l’environnement. L’objectif est de favoriser une consommation plus sûre et plus responsable, en ligne avec les principes de l’ODD 12.
Produits périmés et factures élevées : des préoccupations majeures
La sécurité des produits et la protection du pouvoir d’achat figurent également parmi les préoccupations majeures des associations.
Le docteur Anne-Marie Sow, Présidente de l’Association pour la défense des usagers de l’eau, de l’électricité, des communications et des services (ADTECS), alerte sur la présence importante de produits périmés ou non conformes sur le marché sénégalais.
Au-delà de la qualité des produits, son association agit aussi sur la question du coût des services essentiels, notamment l’eau et l’électricité. Dans un contexte où de nombreux ménages consacrent une part importante de leurs revenus aux factures d’énergie ou de télécommunications, la sensibilisation à la lutte contre le gaspillage apparaît comme un levier important.
« Lutter contre le gaspillage d’eau et d’énergie, c’est aussi aider les populations à faire des économies et à mieux vivre », souligne-t-elle.
L’association encourage ainsi les populations à utiliser l’énergie de manière plus responsable et à se tourner vers des solutions plus durables, comme l’énergie solaire, contribuant ainsi aux objectifs de l’ODD 7 sur l’énergie propre et d’un coût abordable.
Éco-gestes et recyclage : l’enjeu environnemental
Au-delà des questions économiques et sanitaires, certaines associations mettent également l’accent sur les enjeux environnementaux.
Pour Fallou Fall, Président de l’Association pour l’orientation et la sensibilisation des consommateurs sur l’environnement (ASSOSCEN Sénégal), la consommation responsable passe aussi par l’adoption d’éco-gestes au quotidien et par le développement d’initiatives de recyclage.
« Recycler les déchets plastiques, c’est transformer ce qui pollue notre environnement en ressources utiles pour la communauté », explique-t-il.
Son association mène ainsi des initiatives de réutilisation et de recyclage des bouteilles plastiques, qui peuvent être transformées en objets ou servir à aménager des espaces publics, dans une logique d’économie circulaire.
Cette démarche s’inscrit dans plusieurs Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 12 sur la consommation responsable, mais aussi l’ODD 14 consacré à la protection des océans, fortement impactés par la pollution plastique.
Un rôle clé de la société civile
Malgré des moyens souvent limités, ces associations entendent jouer un rôle important dans la promotion d’une consommation plus responsable au Sénégal. Elles plaident notamment pour un renforcement du soutien des pouvoirs publics et pour une meilleure application des réglementations existantes.
En agissant sur plusieurs fronts, elles espèrent contribuer à faire évoluer les pratiques et à rapprocher le Sénégal des objectifs fixés dans l’Agenda 2030 pour le développement durable.



