Journée de la langue française

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Pourquoi apprendre le français?

L'ONU encourage vivement le personnel à pratiquer plusieurs langues. Certains membres sont billingues ou trilingues grâce à un héritage familial multiculturel, d'autres ont appris le français au cours de leurs études ou à l'ONU dans le cadre du Programme d'enseignement des langues et des technique de communications, qui propose aux fonctionnaires de l'ONU des cours dans les six langues officielles. Ils témoignent ici de leurs experiences d'apprentissage du français.

Témoignages

Pilar Fuentes

J’ai appris le français parce que je voulais comprendre la culture, et certainement la langue est la clé de la culture et de toutes ses spécificités.

Quelqu'un m’a dit « apprendre une langue étrangère, c'est comme déménager dans un autre pays »...

Quelqu'un m’a dit « apprendre une langue étrangère, c'est comme déménager dans un autre pays » et c’est vrai, parceque derrière une langue se trouve une culture, et chacune d’entre elles est, d’une manière ou d’une autre, fascinante. On peut être satisfait de connaître la langue de Molière, mais on l’est encore plus quand elle nous permet d’apprendre la vie qui se découvre derrière elle.

En apprenant la langue je suis tombée amoureuse de la vie, les gentes, de la culture, du cinéma et de la littérature françaises. Je suis devenue membre de la Bibliothèque française de l'ONU il y a quelque temps, et maintenant je suis un fan de TV5 et de la Bibliothèque électronique du Québec.

Serguei Gogin.

J’ai commencé à étudier le français assez tard, à 17 ans, quand je suis entré à l’Université linguistique de Moscou. A l’époque j’étais tellement heureux d’avoir réussi les examens d’entrée et d’avoir l’anglais comme langue B, qu’il m’était égal que ma langue C soit l’allemand, le français, l’espagnol, l’italien ou n’importe qu’elle autre langue.

Pourtant, dès les premières leçons je suis tombé amoureux de cette belle langue et je passais tout mon temps et faisais tout mon possible pour l’apprendre. C’est grâce au français que j’ai eu la chance de vivre un peu à Paris, de travailler dans les organisations internationales, de rencontrer des amis francophones et d’apprécier à sa juste valeur la grande culture française.

Et voilà, mon histoire d’amour avec la langue française dure depuis quinze ans déjà.

Penelope MacDonell

C’est des vacances en famille en France qui ont d’abord suscité mon intérêt pour le français. Mon père parlait très bien le français, et pour une petite enfant, c'était amusant de le voir parler aux gens dans une langue différente. J'ai ensuite eu l'occasion d'étudier le français à l'école secondaire en Ecosse. A l’époque, les élèves devaient étudier le français ou l'allemand pendant deux ans, puis nous avions la possibilité de continuer l’étude de la langue.

J'ai choisi le français et beaucoup apprécié. J'ai aimé l'idée de découvrir un autre pays et sa culture , tout au long de l'apprentissage d'une langue différente. Enfant, j'ai aussi beaucoup aimé les livres d'Astérix, et j'ai pensé qu'il serait amusant de les lire dans leur langue originale. J'ai continué à étudier le français au cours de mon cursus scolaire, et notre professeur de français (qui était français) a organisé un voyage pour nous en Belgique. Ce fut une expérience fantastique.

J'ai conservé mon intérêt pour le français, et j’ai également étudié le russe. J'ai fini par faire une maîtrise en interprétation et traduction. Mon travail en tant qu'interprète m'a emmenée à Strasbourg, en France, où j'ai vécu pendant 7 ans. Etre capable de parler le français a fait de mon séjour en France une expérience incroyable, riche et intéressante qui m’a beaucoup plu.

Linghua  Sun

Lorsqu’on me demande pourquoi j’ai choisi d’apprendre le français, je réponds presque sans hésitation  que c’est par hasard.

L’avantage d’avoir une langue étrangère, c’est peut-être de pouvoir jouir d’une longueur d’avance, tout comme au Lincoln Plaza Cinema, devant un film français, tu peux éclater de rire cinq secondes avant tes voisins.

Le hasard commença en 1977. J’avais 10 ans, en troisième année d’école primaire. La Chine venait de tourner la douloureuse page de la Révolution culturelle, après 10 ans de chaos. Un jour, mon institutrice me dit que l’école des langues étrangères de Nanjing, un pensionnat qui offrait en plus du programme scolaire habituel des cours de langues, allait sélectionner des élèves pour la rentrée et que l’on m’avait choisie, ainsi qu’un garçon, pour être candidats. Il y eut un examen écrit suivi d’un oral. Le jour de l’oral, mon institutrice m’accompagna jusque dans la salle d’attente. Voulant m’entraîner jusqu’à la dernière minute, elle me proposa de rouler le r - elle devait se souvenir de ses lointaines et vagues connaissances de russe enseigné assez généralement en Chine dans les années 1950. Je fis quelques efforts, mais sans succès, à ma grande déception. Il y eut un moment de silence. Ce fut alors qu’elle me dit : « si jamais on te demande pourquoi tu veux apprendre une langue étrangère, tu réponds ceci : Parce que Marx a dit qu’une langue étrangère est une arme dans la lutte pour l’existence ».

Je ne me souviens plus si le jury me posa cette question ni si j’ai réussi à citer Marx; peu importe, le résultat fut que j’ai commencé ma quatrième année dans une nouvelle école, affectée dans la classe de français, sans être consultée bien sûr. Le français m’ouvrit la porte sur le monde de Tintin et du Petit Prince de Saint-Exupéry, un monde nouveau qui ne cessa depuis de me nourrir et de m’inspirer.

Parfois, je me demande si ma vie aurait été très différente si je n’avais pas appris le français. Sans doute y aurait-il eu une différence, mais peut-être pas si importante que cela car j’ai appris le français quand la société chinoise s’ouvrait sur le monde extérieur. L’avantage d’avoir une langue étrangère, c’est peut-être de pouvoir jouir d’une longueur d’avance, tout comme au Lincoln Plaza Cinema, devant un film français, tu peux éclater de rire cinq secondes avant tes voisins.

Lerra Sheynin

Je suis née à Moscou dans les années 1960 (pas de date exacte!). Ma première langue était donc le russe. Nous avons émigré aux États-Unis dans les années 70. Ma deuxième langue est donc l'anglais, puisque je suis devenue américaine. Ma mère et grand-mère étaient toutes les deux profs d'anglais en Russie, une langue que je considérais, dans mon enfance comme sans beaucoup de charme, je dois dire. Je pense que j'associais l'anglais à ma mère, qui travaillait le soir, et par conséquent je ne la voyais pas beaucoup, et elle me manquait. Comme dans la plupart des ménages soviétiques, les grand-mères élevaient les enfants, car les mères travaillaient beaucoup. Et pour moi, ma grand-mère était le centre de mon monde. Elle était polyglotte; de la génération d'avant la révolution, elle avait eu une jeune fille au pair allemande pendant son enfance et avait passé un an à Nice quand elle avait 8 ans. Tout cela faisait partie de la mythologie familiale. Elle parlait donc l'anglais, le français et l'allemand (et le russe comme langue maternelle). Pour moi, elle représentait l'intelligence, la sophistication, l'Europe. Je savais qu'elle n'était pas comme les autres grand-mères russes; j'étais très fière d'elle. Pour moi, elle avait l'accès direct à l'histoire et à la beauté du monde extérieur. Avant de me coucher, je lui demandais souvent de me compter jusqu'à dix en français, juste pour entendre la musique de cette langue. Une fois, quand j'avais 8 ans, elle m'a amenée au festival de cinéma étranger à Moscou. Le film était « Jane Eyre », en anglais. Dans le film, M. Rochester avait une fille, Adèle, qui ne parlait que le français. Je me rappelle, que je me suis dit, « un jour, j'aurai une petite fille qui parlera le français, aussi ».

Huong Do

A vrai dire, je n'ai pas souvenir d'avoir « appris » le français. Tout ce que je sais, c'est que j'ai commencé à pratiquer cette langue à partir de la maternelle. Normal : à l'époque, le Vietnam était une colonie française. Mes parents voulaient que leurs enfants fassent des études. Cela voulait dire des études en français.