Journée internationale contre les essais nucléaires (29 août)
Pour un monde sans armes nucléaires

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Les essais nucléaires de 1945 à 2013

Le début de l’ère nucléaire

Les États-Unis d'Amérique ont amorcé l’ère nucléaire dans les quelques heures précédant l’aube du 16 juillet 1945, quand ils ont fait exploser une bombe atomique de 20 kilotonnes dont le nom de code était « Trinity » à Alamogordo, au Nouveau-Mexique.

Sous l’égide du « Projet Manhattan », le but initial de l’essai avait été de confirmer qu’une arme nucléaire de type implosion était faisable. Il donnait aussi aux scientifiques et à la force militaire des États-Unis d'Amérique une idée de la taille et les effets véritables de telles explosions nucléaires avant de les utiliser pour le combat.

Bien que l’essai Alamogordo démontra de nombreux effets de l’explosion, il ne parvint pas à aider à comprendre les retombées nucléaires radioactives, qui ne furent vraiment comprises par les scientifiques du projet que bien des années plus tard.

Les États-Unis d'Amérique ont largué deux bombes atomiques sur le Japon vers la fin de la deuxième guerre mondiale: l’une était une bombe de type arme à fission nommée « Little Boy » larguée sur Hiroshima le 6 août 1945; l’autre une bombe de type à implosion testée à Alamogordo pour la première fois un mois plus tôt et nommée « Fat man » qui fut larguée sur Nagasaki le 9 août. Ces deux bombes ont tué à elles seules quelques 220 000 citoyens japonais d’un seul coup, auxquels sont venus s’ajouter plus de 200 000 personnes mortes ultérieurement d’overdoses mortelles de radiation.

De la « guerre chaude » à la Guerre Froide

La Deuxième Guerre mondiale était à peine terminée en août 1945 qu’une course aux armes nucléaires technico-industrielles suivit entre les deux nouvelles superpuissances émergeantes, les États-Unis d'Amérique et l’Union Soviétique. Entre 1946 et 1949, les États-Unis d'Amérique ont effectué six essais supplémentaires. Puis, le 29 août 1949, l’Union Soviétique a testé sa première bombe nucléaire, « Joe 1 ». Cet essai a marqué le début de la course aux armes nucléaires de la Guerre Froide entre les deux superpuissances.

L’Union Soviétique ayant effectué son premier essai de bombe nucléaire le 29 août 1949, la course aux armes nucléaires de la « Guerre Froide » entre l’URSS et les États-Unis d'Amérique était lancée.

Le premier essai nucléaire de l’URSS « Joe 1 » à Semipalatinsk, au Kazakhstan, le 29 août 1949.  Photo: OTICE.
Le premier essai nucléaire de l’URSS « Joe 1 » à Semipalatinsk, au Kazakhstan, le 29 août 1949. Photo : OTICE.

Au départ, ni les États-Unis d'Amérique ni l’Union Soviétique n’avaient beaucoup d’armes nucléaires à leur disposition, leurs essais nucléaires étaient donc relativement limités. Toutefois, dès les années 1950, les États-Unis d'Amérique ont établi un site d’essai spécifique (le Site d’Essai du Nevada), et ils ont utilisé aussi les Îles Marshall (Site d’Essai du Pacifique) pour des essais nucléaires approfondis. L’Union Soviétique a aussi commencé à faire des essais à petite échelle, essentiellement à Semipalatinsk, dans la République soviétique du Kazakhstan. Des essais précoces ont été utilisés essentiellement pour déterminer les effets militaires des armes nucléaires et pour tester de nouveaux modèles d’armes.

Des tensions exacerbées et une atmosphère de peur et de méfiance envahissante ont catalysé la compétition pour construire des bombes toujours plus puissantes et sophistiquées. Pendant les années 1950, de nouveaux modèles de bombes à hydrogène ont été testés dans le Pacifique, ainsi que de nouveaux modèles et des modèles améliorés d’armes à fission.

En 1954, le Premier Ministre de l’Inde, Jawaharlal Nehru devint le premier homme d’état à demander un accord sur la non prolifération des essais nucléaires.

L’essai de Castle Bravo a causé le pire désastre radiologique de l’histoire des essais des États-Unis, Atoll de Bikini, Îles Marshall, le 1er mars 1954.
L’essai de Castle Bravo a causé le pire désastre radiologique de l’histoire des essais des États-Unis d'Amérique, Atoll de Bikini, Îles Marshall, le 1er mars 1954. Photo : OTICE.

Le 3 octobre 1952, le Royaume-Uni est devenu le troisième pays à tester des armes nucléaires. Au départ, le Royaume-Uni testait principalement en Australie et, plus tard, aux États-Unis d'Amérique. À partir de 1958, son programme fut étroitement coordonné à celui des États-Unis d'Amérique par l’Accord de Défense Mutuelle RU-EU.

La première bombe à hydrogène

Le premier novembre 1952, les États-Unis d'Amérique devinrent le premier pays à tester une bombe à hydrogène. L’essai de Castle Bravo effectué le 1er mars 1954 produisit 15 mégatonnes. C’était l’arme nucléaire la plus large que les États-Unis d'Amérique aient jamais fait détoner. Les atolls habités de Rongelap, Rongerik et d’Utirik furent accidentellement contaminés par des retombées radioactives, comme le fut le chalutier japonais, le Lucky Dragon. La controverse sur les retombées radioactives des activités d’essais causèrent une grande préoccupation internationale.

Le 2 avril 1954, le premier ministre de l’Inde, Jawaharlal Nehru, fut le premier homme d’état à demander un accord d’ « arrêt » des essais nucléaires. Toutefois, ceci eut peu d’effet pour arrêter les essais nucléaires extensifs qui caractérisèrent les 35 années suivantes, et qui ne s’apaisèrent qu’à la fin de la Guerre Froide à la fin des années 1980.

Entre 1955 et 1989, environ 55 essais nucléaires furent effectués chaque année. Le pic d’essais nucléaires se fit à la fin des années 50 et au début des années 60. Rien qu’en 1962, 178 essais furent effectués: 96 par les États-Unis d'Amérique et 79 par l’Union Soviétique. Cette année-là, la Guerre Froide devint presque une guerre nucléaire avec la crise des missiles de Cuba. L’année précédente, l’Union Soviétique effectua l’essai de la plus large arme nucléaire, la « Tsar Bomba », d’une production estimée de 50 mégatonnes. Elle fut testée au centre d’essai de Novaya Zemlya près du Cercle Polaire.

La France et la Chine devinrent des Nations à arme nucléaires en 1960 et 1964, respectivement, toutes deux ayant un programme nucléaire dont le but était de fournir des déterrent nucléaires crédibles. Au départ, la France fit des essais en Algérie, puis dans le Pacifique Sud. La Chine effectua tous ses essais nucléaires à Lop Nur dans la province de Xinjiang.

Le Traité d’interdiction partielle de 1963 interdit les essais nucléaires, y compris les essais à but pacifique, dans l’atmosphère, sous l’eau et dans l’espace... mais pas sous terre.

Le début des années 60 vit aussi l’introduction du seul effort de limitation d’essais qui ait eu des conséquences réelles sur la façon dont les essais étaient conduits pendant la Guerre Froide. Le Traité d’Interdiction Partielle d’essais nucléaires de 1963 interdit les essais à but militaire et pacifique, dans l’atmosphère, sous l’eau et dans l’espace. Le Traité était important du point de vue de l’environnement, car il limitait les retombées radioactives étroitement associées aux essais atmosphériques, mais il eut peu d’effet sur les essais nucléaires dans leur ensemble, qui se firent largement sous terre.

Le plein essor des arsenaux nucléaires

3 000 armes à peine en 1955 à plus de 37 000 armes en 1965 (États-Unis d'Amérique, 31 000 et l’Union Soviétique, 6 000), jusqu’à 47 000 dès 1975 (États-Unis d'Amérique 27 000 et Union Soviétique 20 000), et plus de 60 000 à la fin des années 1980 (États-Unis d'Amérique, 23 000 et Union Soviétique, 39 000).

Selon l’Initiative de la Menace Nucléaire, Israël a amorcé un programme nucléaire dans les années 1950, et a complété la phase de recherche et de développement de son programme d’armes nucléaires en 1966, bien qu’il n’ait pas, du moins qu’on le sache, testé de telles armes. Israël a adopté une soi-disant « politique nucléaire d’ambigüité », ne confirmant ni ne déniant son statu nucléaire. Il n’est pas partie au Traité de Non-prolifération de 1968, et il a signé le TICE sans le ratifier. Plus d'informations sur Israël et sur le TICE EN.

L’Inde est devenue officiellement la sixième nation à développer des armes nucléaires en mai 1974, ayant alors effectué un essai nucléaire qu’elle qualifia d’explosion nucléaire pacifique.

En 1982, une nation de plus, l’Afrique du Sud, acquit des armes nucléaires, selon le Centre d’Études sur la Non-prolifération de l’Institut Monterey. Autant que l’on sache, l’Afrique du Sud n’a pas effectué d’essais nucléaires. Moins de dix ans plus tard, avec la transition tant attendue vers un gouvernement élu à la majorité, l’Afrique du Sud a démantelé toutes ses armes nucléaires, étant à ce jour la seule nation à avoir volontairement renoncé aux armes nucléaires entièrement sous son contrôle. Le démantèlement fut terminé en 1991. La même année, l’Afrique du Sud accéda au Traité de Non-prolifération de 1968 en tant d’État non possesseur d’armes nucléaires. Elle a voté majoritairement la fin de l’apartheid le 18 mars 1992.

Les essais nucléaires souterrains ont été interdits par le Traité de 1996 instaurant une interdiction complète des essais nucléaires.

Ce n’est qu’au début des années 1990 que l’on a pu noter une diminution importante des activités d’essais nucléaires et d' acquisition d’armes nucléaires parmi les États détenteurs. Le nombre total d’essais nucléaires dans le seconde partie des années 1980 fut de 174.

Les relations sont devenues plus chaleureuses entre l’Union Soviétique et les États-Unis d' Amérique à partir des années 1985. La chute du mur de Berlin en 1989, la dissolution de l’Union Soviétique, en 1991, elle-même remplacée par la Fédération russe, la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ukraine, qui avaient accueilli l’arsenal nucléaire soviétique, devinrent des États sans armes nucléaires sous le Traité de Non-prolifération. Le site principal d’essais, Semipalatinsk au Kazakhstan fut fermé en 1991.

Des moratoires sur les essais nucléaires

En 1990, l’Union Soviétique proposa un moratoire sur les essais nucléaires que le Royaume-Uni et les États-Unis d'Amérique approuvèrent. Ceci créa une opportunité de progrès aux partisans qui, depuis des décennies, avaient promu une interdiction complète de tous les essais nucléaires.

Cinq essais nucléaires ont été effectués entre 1998 et 2007 : deux par l’Inde et deux par le Pakistan en 1998, et un que la Corée du Nord déclara en 2006.

Le dernier essai nucléaire de l’Union Soviétique a eu lieu le 24 octobre 1990 ; celui du Royaume-Uni le 26 novembre 1991, et celui des États-Unis d'Amérique le 23 septembre 1992. La France et la Chine ont effectué leurs derniers essais en janvier et en juillet 1996 respectivement, avant de signer le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires le jour où celui-ci fut ouvert à la signature EN , le 14 septembre 1996, de concert avec les trois autres États détenteurs d’armes nucléaires ainsi que 66 autres pays. La France a fermé et démantelé tous ses sites d’essais nucléaires dans les années 1990 – c’est le seul État détenteur d’armes nucléaires à l’avoir fait à ce jour.

Violation du moratoire de fait

Environ cinq essais nucléaires ont été effectués entre 1998 et 2007: deux par l’Inde et deux par le Pakistan, ainsi qu’un que la Corée du Nord déclara en 2006, violant ainsi par deux fois le moratoire de fait établi par le TICE.

L’Inde a effectué deux essais nucléaires souterrains, « Shakti(Pouvoir) ’98 », le 11 et 13 mai 1998 sur son site d’essais souterrain de Pokhran. Contrairement aux premiers essais nucléaires effectués par l’Inde en 1974, ces essais ne furent aucunement qualifiés officiellement d’ « essais pacifiques ». Au contraire, les représentants du gouvernement ont rapidement souligné la nature militaire des explosions.

À peine deux semaines plus tard, le Pakistan a réagi en effectuant deux essais nucléaires souterrains sur son site de Ras Koh.

L’Inde et le Pakistan ont toutes deux annoncé immédiatement des moratoires unilatéraux sur les essais nucléaires et aucun autre essai n'a été effectué depuis 1998.

Plus d’information sur les essais conduits en 1998 par l’Inde et le Pakistan : Historique du Traité EN.

L’essai nucléaire annoncé par la Corée du Nord le 9 octobre 2006 a violé de fait le moratoire qui était en vigueur depuis huit ans, et est allé à l’encontre du texte et de l’esprit du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

Une fois encore, le 9 octobre 2006, l’essai nucléaire annoncé par la Corée du Nord viola ce moratoire qui était en vigueur depuis huit ans. La réponse mondiale fut une expression de préoccupation. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies condamna fermement cet acte qu’il qualifia de menace à la paix et à la sécurité internationales. Le directeur et Secrétaire Exécutif de la Commission Préparatoire pour l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), ainsi que les États signataires, exprimèrent une profonde préoccupation en ce qui concerne l’essai déclaré, et qualifié l’événement d’action contre le texte et l’esprit du TICE. Après l'essai nucléaire du 12 février 2013, le Conseil de sécurité adopta , à l'unanimité, une résolution étendant de fait les sanctions imposées à la suite des essais de 2006 et 2009.

Informations sur les essais annoncés par la Corée du Nord et les découvertes de l’OTICE par rapport à ces essais déclarés : 2006 EN , 2009 EN et 2013 EN

Carte EN du statut du TICE des pays qui ont effectué des essais nucléaires

Histoire  EN des essais nucléaires de 1945 à nos jours.