V. Égalité des sexes et autonomisation des femmes
124. L’égalité des sexes et l’autonomisation
de la femme sont au nombre des questions qui, à l’instar
de l’environnement, de la consolidation de la paix et
des droits de l’homme, intéressent de plus en
plus tous les domaines d’activité de l’Organisation
ces trois dernières décennies.
125. Ainsi qu’il est dit plus haut dans la section
IV, il est institué des mécanismes intergouvernementaux
qui ont spécialement pour vocation de traiter de ces
questions multisectorielles. Un mécanisme consultatif
de l’Assemblée générale a pour
mission d’examiner le dispositif institutionnel dans
le domaine de l’environnement, le but étant de
permettre d’apporter une réponse institutionnelle
adaptée aux problèmes qui se posent de nos jours
dans le domaine de l’environnement. Le Groupe d’experts
de haut niveau sur la cohérence à l’échelle
du système réfléchira au rôle de
l’ONU dans le domaine normatif des accords multilatéraux
relatifs à l’environnement ainsi qu’à
l’institutionnalisation de l’environnement dans
toutes les activités de l’Organisation au niveau
des pays. La Commission de la consolidation de la paix et
le Conseil des droits de l’homme seront le lieu de rationaliser
les mandats dans les domaines de la consolidation de la paix
et des droits de l’homme dans le sens d’une démarche
plus concertée et stratégique, une fois que
l’Assemblée générale se sera prononcée
sur la mission et les responsabilités du nouveau dispositif.
126. Les questions d’égalité entre les
sexes méritent la même attention. Le Document
final du Sommet mondial de 2005 réaffirme que «
ce qui est un progrès pour les femmes est un progrès
pour tous » et consacre la volonté des États
Membres de « renforcer les capacités du système
des Nations Unies dans ce domaine » (Voir résolution
60/1, par. 58 et 59). Divers organismes intergouvernementaux
sont dotés de mandats à caractère général
appelant une action en faveur de l’égalité
des sexes; aussi, un examen approfondi s’impose-t-il
à cet égard.
127. Le grand nombre de rapports sur la condition de la
femme établis chaque année, outre ceux établis
tous les deux ou trois ans, est une importante question qui
mérite d’être examinée sans délai.
Pour la plupart, les mandats portant établissement
de rapports réguliers émanent de la Commission
de la condition de la femme, de la Troisième Commission
de l’Assemblée générale et de la
Commission des droits de l’homme, un nombre moindre
émanant du Conseil économique et social. La
question des rapports prescrits par la Convention sur l’élimination
de toutes les formes de discrimination à l’égard
des femmes doit être examinée séparément,
car elle découle d’un traité. Il ressort
d’un examen des rapports sur la condition de la femme
que certains pourraient être regroupés, en particulier
ceux qui traitent la même question sous différents
angles et qui sont destinés à différents
organes intergouvernementaux.
128. Parmi les documents qui pourraient être regroupés,
on peut notamment citer les rapports sur la femme et le développement
(Demandés en application du paragraphe 4 de la résolution
3342 (XXIX) (1974) de l’Assemblée générale
et récemment réaffirmés par la résolution
60/210), dans lesquels pourraient s’incorporer les rapports
sur la condition de la femme en milieu rural (le rapport unique
proposé devrait, de préférence, être
adressé à la Deuxième et à la
Troisième Commission) (Demandés en application
du paragraphe 5 de la résolution
3523 (XXX) (1975) de l’Assemblée générale
et récemment réaffirmés par la résolution
60/138). Les rapports sur tels ou tels aspects de la violence
contre les femmes, notamment la traite des femmes, les pratiques
traditionnelles néfastes affectant les femmes et les
filles, la violence contre les migrantes et les crimes d’honneur
(Ces rapports sont respectivement demandés en application
des résolutions ci-après : 49/166
(1994), par. 11; 52/99
(1997), par. 4; 47/96
(1992), par. 6; et 55/66
(2000), par. 7), pourraient également être regroupés
en un seul rapport annuel. La prochaine étude approfondie
sur la violence à l’égard des femmes (Demandée
en application de la résolution
58/185), que je présenterai à l’Assemblée
générale à sa soixante et unième
session, pourrait être une bonne occasion de dégager
une approche plus systématique de la question.
129. Sur le plan opérationnel, les mandats dans ce
domaine exigent des organes compétents du système
qu’ils prennent des mesures concrètes pour promouvoir
l’égalité des sexes, mais précisent
rarement les mesures attendues des différentes entités
(Voir par exemple la résolution
59/167, dans laquelle l’Assemblée générale
demande instamment aux « organismes compétents
» des Nations Unies d’aider les pays dans leurs
efforts pour prévenir et éliminer toutes les
formes de violence contre les femmes, ou la résolution
60/138, dans laquelle l’Assemblée invite
les « organismes et organes compétents des Nations
Unies, en particulier ceux qui s’occupent de questions
de développement », à appuyer l’autonomisation
des femmes en milieu rural), ce qui engendre doubles emplois
et carences dans la mise en œuvre des engagements pris
à l’échelle mondiale en faveur de l’égalité
des sexes. C’est ainsi que des insuffisances ont été
recensées s’agissant d’aider les États
Membres à se donner les moyens d’intégrer
une démarche soucieuse d’égalité
entre les sexes dans tous leurs programmes et politiques au
niveau national. J’encourage les États Membres
à examiner les progrès accomplis dans la mise
en œuvre des engagements pris en matière d’égalité
des sexes et de prise en compte des sexospécificités,
y compris le statut des mécanismes institutionnels
et l’affectation des ressources dans ce domaine, ainsi
que les mécanismes mis en place pour assurer la cohérence
et la coordination à l’échelle du système.
130. Des progrès notables vers la réalisation des
objectifs fixés à l’échelle mondiale
passent par un examen d’ensemble des ressources institutionnelles
consacrées à la promotion de l’égalité
des sexes et à l’évaluation des succès
et échecs enregistrés en matière d’égalité
entre les sexes dans l’action de l’ONU. Il convient
de renforcer les mécanismes institutionnels internes
en place, notamment les méthodes et instruments de
renforcement des capacités, l’impact sur les
activités et les résultats, l’engagement
au niveau des politiques et de la gestion ainsi que les moyens
humains et financiers. Il faut porter remède aux insuffisances
constatées s’agissant de la cohérence,
de la collaboration et de la coordination dans la mise œuvre
de l’action de l’Organisation en matière
d’égalité entre les sexes, en tirant parti
des travaux du Réseau interinstitutions pour les femmes
et l’égalité des sexes, du Conseil des
chefs de secrétariat et du Groupe des Nations Unies
pour le développement. Si les mandats du Bureau de
la Conseillère spéciale pour la parité
des sexes et la promotion de la femme, de la Division de la
promotion de la femme, du Fonds de développement des
Nations Unies pour la femme et de l’Institut international
de recherche et de formation pour la promotion de la femme
(INSTRAW) ont été définis dans les résolutions
portant création de ces organes et les résolutions
ultérieures, leur interprétation a depuis évolué,
d’où la nécessité de prendre les
mesures voulues pour y faire face.
131. La révision des mandats dans ce domaine est l’une
des mesures nécessaires pour mieux préciser
les responsabilités institutionnelles et agir de façon
plus concertée en faveur de l’égalité
des sexes. Il y a lieu d’évaluer les progrès
accomplis à l’échelle du système,
les insuffisances et les problèmes qui subsistent,
ainsi que les moyens d’améliorer les résultats.
Je compte demander au Groupe d’experts de haut niveau
sur la cohérence à l’échelle du
système d’étudier aussi les moyens propres
à permettre à l’ONU de mieux œuvrer
à l’égalité des sexes, notamment
par la prise en compte des sexospécificités,
en particulier dans les activités opérationnelles
qu’elle entreprend sur le terrain.
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