Définition et exécution : analyse et recommandations aux fins de l'examen des mandats - Rapport du Secrétaire général de l'ONU (A/60/733 du 30 mars 2006)
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VI. Instituts de recherche et de formation des Nations Unies

132. La recherche et la formation constituent des aspects importants de toute organisation moderne. Pour le système des Nations Unies, qui doit relever de nombreux défis touchant un large éventail de questions, il est indispensable de disposer de travaux de recherche approfondie indépendants et équilibrés et de dispenser une formation appropriée au personnel et aux États Membres. Les divers instituts de formation et de recherche des Nations Unies ont évolué au gré des circonstances. Ces 45 dernières années, ils se sont dotés d’un mode d’action et de clients propres, leurs programmes étant parfois antagoniques. Ces instituts sont actuellement plutôt éparpillés, sans aucun lien les uns avec les autres. Ils ont par conséquent un effet fragmenté et compartimentalisé, l’ensemble ne représentant guère la somme des différents éléments.

133. À l’heure actuelle, le champ d’action des instituts de recherche et de formation des Nations Unies s’étend du développement économique et social à la prévention du crime et à la justice pénale en passant par les questions de désarmement et de sécurité et l’égalité des sexes. Il s’agit d’entités autonomes créées en vertu d’un mandat défini par l’Assemblée générale, à laquelle elles font rapport (Université des Nations Unies (Créée par la résolution 2951 (XXVII) (1972) de l’Assemblée générale, récemment réaffirmée dans la résolution A/C.2/59/L.35. Aux termes de sa résolution fondatrice, l’Université des Nations Unies est un organe autonome de l’Assemblée générale), Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR) [Créé par la résolution 34/83 M (1980) de l’Assemblée générale; mandat récemment réaffirmé par la résolution 60/89], Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) [Résolution 1934 (XVIII) (1963) de l’Assemblée générale, sur recommandation du Conseil économique et social. Le mandat de l’UNITAR a été révisé par l’Assemblée générale dans sa résolution 42/197 (1987) et récemment réaffirmé par la résolution 59/252. Dans sa résolution 52/206, l’Assemblée générale a défini la division du travail entre l’UNU et l’École des cadres] et École des cadres des Nations Unies [Établie par le Secrétaire général en 1996 comme un projet, l’École des cadres a été créée par l’Assemblée générale comme entité par sa résolution 55/207; mandat récemment réaffirmé par la résolution 58/224 (2003)], par le Conseil économique et social (INSTRAW [Créé par la résolution 1998 (LX) (1976) du Conseil économique et social; mandat récemment réaffirmé par la résolution 59/260 de l’Assemblée générale] et Institut interrégional de recherche des Nations Unies sur la criminalité et la justice [Créé par la résolution 1989/56 (1989) du Conseil économique et social; mandat récemment réaffirmé par la résolution 46/152 de l’Assemblée générale]) et par le Secrétaire général (Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social [ST/SGB/126 du 1er août 1963]).

134. Les priorités et les activités de ces institutions sont fixées par leurs conseils d’administration respectifs. Une analyse de leurs mandats et activités fait apparaître des problèmes communs, qui ont essentiellement trait aux carences dans les domaines de la coordination et de la coopération, au manque de rationalisation, à des responsabilités mal définies et à l’absence d’une étude d’impact effective qui permette de définir les priorités dans leurs plans de travail. Il importe, lors de l’examen de ces mandats, de voir si l’on a dûment tenu compte des travaux déjà effectués et d’envisager la possibilité d’adapter la contribution qu’ils apporteront aux besoins des États Membres.

135. Il faudrait améliorer la coordination entre les instituts de recherche et de formation et la coopération entre ceux-ci et les autres organismes des Nations Unies afin d’éviter les doubles emplois et d’assurer l’utilisation la plus judicieuse possible des crédits. Une meilleure coordination ainsi qu’une participation active des milieux universitaires internationaux accroîtraient considérablement l’utilité et le rayonnement de ces instituts. Il faudrait renforcer le mécanisme existant d’établissement de réseaux en vue de mettre en place un réseau solide de connaissances. Comme les organismes et les instituts de recherche et de formation des Nations Unies sont présents dans diverses régions géographiques, la mise en place de réseaux Internet et d’espaces de discussion par voie électronique pourrait faciliter la coordination.

136. Il faut un système qui rende les instituts comptables de leurs activités et qui consisterait notamment en un examen périodique, au moyen d’évaluations et d’études, de l’impact que ces derniers ont sur les besoins des États Membres et de l’ensemble de l’Organisation, et de leur utilité. La recherche et la formation entreprises seront ainsi adaptées aux activités des décideurs. Une politique commune aux instituts de recherche et de formation des Nations Unies aiderait à rationaliser la prise de décisions et le contrôle, à accroître l’efficacité, à éliminer les insuffisances et à garantir l’indépendance des instituts. En outre, pour éviter les doubles emplois, les projets devraient être rattachés à un ensemble de domaines de recherche convenus, qu’auraient approuvé les organes principaux et les organes directeurs. Ces instituts devraient, lorsqu’ils proposent leurs domaines d’activité, présenter à leur conseil d’administration une liste détaillée des projets exécutés par tous les instituts des Nations Unies afin de lui permettre de se prononcer en toute connaissance de cause et d’éviter tout double emploi.

137. Pour donner plus de cohérence au contrôle et à l’évaluation des activités, on pourrait également revoir le mécanisme d’établissement de rapports. À l’heure actuelle, les activités des instituts sont examinées séparément et par différents organes. Pour renforcer la transparence et la coordination intergouvernementale, on pourrait examiner ensemble les rapports de l’Université des Nations Unies, de l’UNITAR (Dans la résolution 60/213, l’Assemblée générale invite le Secrétaire général, après avoir consulté le Conseil d’administration de l’Institut conformément à l’article XI du Statut de l’Institut, à examiner s’il est souhaitable de modifier l’alinéa j) du paragraphe 2 de l’article V du Statut, de façon que le rapport du Secrétaire général puisse être soumis au Conseil économique et social plutôt qu’à l’Assemblée générale, et à inclure ses conclusions dans son rapport à l’Assemblée générale à sa soixante-deuxième session) et de l’École des cadres (Dans la résolution 60/214, l’Assemblée générale a décidé que le paragraphe 5 de l’article IV du Statut de l’École des cadres doit être amendé de sorte que les rapports biennaux sur les activités de l’École soient présentés au Conseil économique et social plutôt qu’à l’Assemblée générale) au titre d’un point unique de l’ordre du jour du Conseil économique et social tous les deux ans. Pour ma part, j’entends revoir le mandat de l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social, y compris son utilité et son efficacité (L’Institut a été créé par une circulaire du Secrétaire général de 1963 dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour le développement, pour une période de trois à cinq ans. Aucune résolution n’a été ultérieurement adoptée par l’Assemblée générale ou le Conseil économique et social à cet effet. À l’heure actuelle, l’Institut ne fait rapport à aucun organe principal).

138. L’heure est venue d’envisager de regrouper tous ces instituts en un système d’enseignement, de recherche et de formation des Nations Unies propre à faciliter la rationalisation de toutes les structures et opérations et dont l’ensemble des organismes des Nations Unies pourrait tirer le meilleur parti. Un tel système permettrait d’offrir aux diverses institutions une finalité commune et une série unique d’orientations stratégiques. Par ailleurs, il s’inscrirait dans le cadre général de la réforme de la gestion, avec des acquis en matière de gestion et sur le plan opérationnel.

139. Le système des instituts de recherche et de formation devrait tendre à devenir le moteur intellectuel du processus décisionnel et des activités opérationnelles de
l’ ONU.



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