VI. Instituts de recherche et de formation des Nations Unies
132. La recherche et la formation constituent des aspects
importants de toute organisation moderne. Pour le système
des Nations Unies, qui doit relever de nombreux défis
touchant un large éventail de questions, il est indispensable
de disposer de travaux de recherche approfondie indépendants
et équilibrés et de dispenser une formation
appropriée au personnel et aux États Membres.
Les divers instituts de formation et de recherche des Nations
Unies ont évolué au gré des circonstances.
Ces 45 dernières années, ils se sont dotés
d’un mode d’action et de clients propres, leurs
programmes étant parfois antagoniques. Ces instituts
sont actuellement plutôt éparpillés, sans
aucun lien les uns avec les autres. Ils ont par conséquent
un effet fragmenté et compartimentalisé, l’ensemble
ne représentant guère la somme des différents
éléments.
133. À l’heure actuelle, le champ d’action
des instituts de recherche et de formation des Nations Unies
s’étend du développement économique
et social à la prévention du crime et à
la justice pénale en passant par les questions de désarmement
et de sécurité et l’égalité
des sexes. Il s’agit d’entités autonomes
créées en vertu d’un mandat défini
par l’Assemblée générale, à
laquelle elles font rapport (Université des Nations
Unies (Créée par la résolution
2951 (XXVII) (1972) de l’Assemblée générale,
récemment réaffirmée dans la résolution
A/C.2/59/L.35. Aux termes de sa résolution fondatrice,
l’Université des Nations Unies est un organe
autonome de l’Assemblée générale),
Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement
(UNIDIR) [Créé par la résolution
34/83 M (1980) de l’Assemblée générale;
mandat récemment réaffirmé par la résolution
60/89], Institut des Nations Unies pour la formation et
la recherche (UNITAR) [Résolution
1934 (XVIII) (1963) de l’Assemblée générale,
sur recommandation du Conseil économique et social.
Le mandat de l’UNITAR a été révisé
par l’Assemblée générale dans sa
résolution
42/197 (1987) et récemment réaffirmé
par la résolution
59/252. Dans sa résolution
52/206, l’Assemblée générale
a défini la division du travail entre l’UNU et
l’École des cadres] et École des cadres
des Nations Unies [Établie par le Secrétaire
général en 1996 comme un projet, l’École
des cadres a été créée par l’Assemblée
générale comme entité par sa résolution
55/207; mandat récemment réaffirmé
par la résolution
58/224 (2003)], par le Conseil économique et social
(INSTRAW [Créé par la résolution 1998
(LX) (1976) du Conseil économique et social; mandat
récemment réaffirmé par la résolution
59/260 de l’Assemblée générale]
et Institut interrégional de recherche des Nations
Unies sur la criminalité et la justice [Créé
par la résolution 1989/56 (1989) du Conseil économique
et social; mandat récemment réaffirmé
par la résolution
46/152 de l’Assemblée générale])
et par le Secrétaire général (Institut
de recherche des Nations Unies pour le développement
social [ST/SGB/126 du 1er août 1963]).
134. Les priorités et les activités de ces
institutions sont fixées par leurs conseils d’administration
respectifs. Une analyse de leurs mandats et activités
fait apparaître des problèmes communs, qui ont
essentiellement trait aux carences dans les domaines de la
coordination et de la coopération, au manque de rationalisation,
à des responsabilités mal définies et
à l’absence d’une étude d’impact
effective qui permette de définir les priorités
dans leurs plans de travail. Il importe, lors de l’examen
de ces mandats, de voir si l’on a dûment tenu
compte des travaux déjà effectués et
d’envisager la possibilité d’adapter la
contribution qu’ils apporteront aux besoins des États
Membres.
135. Il faudrait améliorer la coordination entre les
instituts de recherche et de formation et la coopération
entre ceux-ci et les autres organismes des Nations Unies afin
d’éviter les doubles emplois et d’assurer
l’utilisation la plus judicieuse possible des crédits.
Une meilleure coordination ainsi qu’une participation
active des milieux universitaires internationaux accroîtraient
considérablement l’utilité et le rayonnement
de ces instituts. Il faudrait renforcer le mécanisme
existant d’établissement de réseaux en
vue de mettre en place un réseau solide de connaissances.
Comme les organismes et les instituts de recherche et de formation
des Nations Unies sont présents dans diverses régions
géographiques, la mise en place de réseaux Internet
et d’espaces de discussion par voie électronique
pourrait faciliter la coordination.
136. Il faut un système qui rende les instituts comptables
de leurs activités et qui consisterait notamment en
un examen périodique, au moyen d’évaluations
et d’études, de l’impact que ces derniers
ont sur les besoins des États Membres et de l’ensemble
de l’Organisation, et de leur utilité. La recherche
et la formation entreprises seront ainsi adaptées aux
activités des décideurs. Une politique commune
aux instituts de recherche et de formation des Nations Unies
aiderait à rationaliser la prise de décisions
et le contrôle, à accroître l’efficacité,
à éliminer les insuffisances et à garantir
l’indépendance des instituts. En outre, pour
éviter les doubles emplois, les projets devraient être
rattachés à un ensemble de domaines de recherche
convenus, qu’auraient approuvé les organes principaux
et les organes directeurs. Ces instituts devraient, lorsqu’ils
proposent leurs domaines d’activité, présenter
à leur conseil d’administration une liste détaillée
des projets exécutés par tous les instituts
des Nations Unies afin de lui permettre de se prononcer en
toute connaissance de cause et d’éviter tout
double emploi.
137. Pour donner plus de cohérence au contrôle
et à l’évaluation des activités,
on pourrait également revoir le mécanisme d’établissement
de rapports. À l’heure actuelle, les activités
des instituts sont examinées séparément
et par différents organes. Pour renforcer la transparence
et la coordination intergouvernementale, on pourrait examiner
ensemble les rapports de l’Université des Nations
Unies, de l’UNITAR (Dans la résolution 60/213,
l’Assemblée générale invite le
Secrétaire général, après avoir
consulté le Conseil d’administration de l’Institut
conformément à l’article XI du Statut
de l’Institut, à examiner s’il est souhaitable
de modifier l’alinéa j) du paragraphe 2 de l’article
V du Statut, de façon que le rapport du Secrétaire
général puisse être soumis au Conseil
économique et social plutôt qu’à
l’Assemblée générale, et à
inclure ses conclusions dans son rapport à l’Assemblée
générale à sa soixante-deuxième
session) et de l’École des cadres (Dans la résolution
60/214, l’Assemblée générale a
décidé que le paragraphe 5 de l’article
IV du Statut de l’École des cadres doit être
amendé de sorte que les rapports biennaux sur les activités
de l’École soient présentés au
Conseil économique et social plutôt qu’à
l’Assemblée générale) au titre
d’un point unique de l’ordre du jour du Conseil
économique et social tous les deux ans. Pour ma part,
j’entends revoir le mandat de l’Institut de recherche
des Nations Unies pour le développement social, y compris
son utilité et son efficacité (L’Institut
a été créé par une circulaire
du Secrétaire général de 1963 dans le
cadre de la Décennie des Nations Unies pour le développement,
pour une période de trois à cinq ans. Aucune
résolution n’a été ultérieurement
adoptée par l’Assemblée générale
ou le Conseil économique et social à cet effet.
À l’heure actuelle, l’Institut ne fait
rapport à aucun organe principal).
138. L’heure est venue d’envisager de regrouper
tous ces instituts en un système d’enseignement,
de recherche et de formation des Nations Unies propre à
faciliter la rationalisation de toutes les structures et opérations
et dont l’ensemble des organismes des Nations Unies
pourrait tirer le meilleur parti. Un tel système permettrait
d’offrir aux diverses institutions une finalité
commune et une série unique d’orientations stratégiques.
Par ailleurs, il s’inscrirait dans le cadre général
de la réforme de la gestion, avec des acquis en matière
de gestion et sur le plan opérationnel.
139. Le système des instituts de recherche et de formation
devrait tendre à devenir le moteur intellectuel du
processus décisionnel et des activités opérationnelles
de
l’ ONU.
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