H. Contrôle des drogues, prévention du crime
et lutte contre le terrorisme international
119. Les activités de l’ONU dans les domaines
du contrôle des drogues, de la répression de
la criminalité transnationale et de la lutte contre
le terrorisme international se sont considérablement
accrues depuis 10 ans. Cette situation résulte du fait
que l’on est de plus en plus conscient de l’incidence
du trafic de drogues, de la criminalité et du terrorisme
sur la sécurité et le développement.
L’ONU reçoit dans ces domaines les mandats les
plus divers, depuis la création de nouveaux organes
jusqu’à la réalisation de rapports et
d’études, en passant par l’organisation
de conférences et l’apport d’une assistance
technique aux gouvernements. Ces mandats lui sont confiés
par l’Assemblée générale, le Conseil
de sécurité et le Conseil économique
et social, ainsi que par des organes subsidiaires, à
savoir la Commission des stupéfiants et la Commission
pour la prévention du crime et la justice pénale. Chevauchement des activités 120. Les travaux du système des Nations Unies dans
les domaines du contrôle des drogues, de la répression
de la criminalité et de la lutte contre le terrorisme
international sont extrêmement dispersés, du
fait, en partie, de la manière dont sont établis
les mandats. 121. La Commission des stupéfiants et la Commission
pour la prévention du crime et la justice pénale
constituent deux organes distincts qui obéissent
à des mandats différents (Voir résolution
1/9, par. 1, et 1992/1, par. 2, respectivement, du Conseil
économique et social). Toutefois, étant donné
que les questions dont s’occupe chacune de ces deux
commissions se recoupent, les États Membres se demandent
depuis peu s'il n’y aurait pas lieu de les regrouper
et en une seule commission. La création d’une
commission unique ne se traduirait pas nécessairement
par des économies importantes dans la mesure où
les responsabilités normatives et budgétaires
du nouvel organe et ses travaux dans le domaine des traités
exigeraient des débats et une documentation aussi
importants que c’est actuellement pour les deux commissions.
L’intérêt d’un regroupement résiderait
dans l’unification des lignes d’action et de
l’orientation stratégique. Les États
Membres pourraient peut-être prendre une décision
sur la question aussi rapidement que possible. À
titre de mesure complémentaire, il est également
envisagé de regrouper en un seul fonds d’affectation
spéciale le Fonds des Nations Unies pour la prévention
du crime et la justice pénale et le Fonds du Programme
des Nations Unies pour le contrôle international des
drogues. Un mécanisme de financement plus efficace
et géré globalement ferait ainsi pendant à
la création d’une commission unique plus efficace. 122. Les trois organes subsidiaires du Conseil de sécurité
qui interviennent dans le domaine du terrorisme [le Comité
contre le terrorisme, le Comité créé
par la résolution 1267 (1999) et le Comité
créé par la résolution 1540 (2004)]
ont été créés dans des buts
et dans des contextes historiques différents et font
donc rapport séparément au Conseil. Cependant,
comme ils font rapport sur des questions voisines, leurs
activités se chevauchent en partie et il arrive qu’ils
organisent des visites dans les mêmes pays. En outre,
chacun suit une procédure différente face
aux États qui ne remplissent pas leurs obligations.
Pour remédier à ces difficultés, des
mesures pratiques pourraient être prises dans l’immédiat
et à plus long terme. Premièrement, le Conseil
de sécurité pourrait envisager, dans les prochains
mois, de regrouper en un seul document les rapports que
doivent lui présenter ces trois organes. Dans l’immédiat,
on pourrait aussi regrouper en une seule mission de pays
les missions effectuées par les experts de chacun
des comités. Cela se fait déjà dans
une certaine mesure de façon officieuse, mais si
ce système était officialisé, les missions
pourraient être mieux coordonnées. Le Conseil
de sécurité pourrait aussi réfléchir
à une procédure ou une norme commune qui serait
suivie en ce qui concerne les États qui ne respectent
pas leurs obligations. À plus long terme, on pourrait
envisager de créer un seul organe subsidiaire dont
la compétence engloberait celle des trois organes
actuels. Cet organe unique comprendrait des experts des
différents domaines et les difficultés mentionnées
plus haut disparaîtraient d’elles-mêmes.
Il faudrait bien entendu que le Conseil de sécurité
se prononce au moyen d’une résolution. Mandats et ressources
123. L’ONU est de plus en plus appelée à
intervenir dans les domaines du contrôle des drogues,
de la répression de la criminalité et de la
lutte contre le terrorisme international. Il importe donc
qu’elle élimine les chevauchements et les doubles
emplois inutiles afin que les ressources ainsi économisées
puissent être consacrées aux nombreuses activités
sur le terrain qui sont importantes et manquent actuellement
de moyens. Comme c’est le cas pour bien d’autres
domaines d’intervention de l’ONU, l’action
de l’Organisation dans ces trois domaines est entravée
par une pléthore de mandats et d’obligations
en matière d’établissement de rapports.
Par ailleurs, il importe de plus en plus de suivre l’application
des conventions adoptées dans ces domaines et on
manque de ressources pour organiser des conférences.
Il faudrait donc que dans les mois qui viennent les États
Membres réfléchissent au volume des documents
et rapports demandés afin de rationaliser la documentation,
de regrouper les rapports lorsque c’est possible et
de consacrer les ressources ainsi libérées
à des activités ayant un degré de priorité
plus élevé, notamment le suivi de certaines
conférences et conventions. Page précédente
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