G. Désarmement
111. Un travail considérable a été accompli
dans le domaine du désarmement, en particulier depuis
la fin de la guerre froide. L’Assemblée générale
et la Première Commission, ainsi que d’autres
organes compétents de l’ONU, ont joué
un rôle considérable à cet égard.
On a toutefois le sentiment aujourd’hui d’être
arrivé à un point mort. Quand on sait que la
Conférence des Parties chargée d’examiner
le Traité sur la non-prolifération des armes
nucléaires n’a pu parvenir à un consensus
en mai 2005, que le Document final du Sommet mondial de 2005
ne comporte pas de section sur la non-prolifération
ni sur le désarmement et que la Conférence du
désarmement ne parvient toujours pas à se mettre
d’accord sur un programme de travail, il y a lieu de
s’inquiéter. Cet état de choses est d’autant
plus préoccupant qu’il est urgent, compte tenu
du regain manifeste d’activités de ces groupes
à travers le monde depuis plusieurs années,
de mettre en place un mécanisme pour éviter
que des armes de destruction massive ne tombent entre les
mains de terroristes ou d’éléments criminels.
112. Sans perdre de vue les menaces que font peser les armes
de destruction massive, les États Membres continuent
d’examiner de près les questions relatives aux
armes classiques, notamment le commerce illicite des armes
légères et la mise en application de la Convention
sur l’interdiction des mines antipersonnel.
113. Il est bien évident que ce qu’il faut
surtout, c’est la volonté politique de progresser
sur l’ensemble des grands problèmes auxquels
nous sommes confrontés et de parvenir rapidement à
des résultats concrets. Il ne suffira pas, à
cet égard, de remettre à plat les mandats, il
faudra aussi dégager des ressources et du temps pour
les consacrer aux questions qui importent le plus. Je ferai
donc quelques
suggestions, que je soumets à l’Assemblée
générale.
Rapports demandés
114. Un examen des nombreuses questions et des nombreux
points subsidiaires inscrits à l’ordre du jour
de l’Assemblée générale et consacrés
au désarmement, ainsi que des résolutions adoptées
sur la question et de leur impact réel sur le terrain,
révèle un écart entre les intentions
déclarées et les résultats obtenus. Il
semble que l’établissement de rapports sur ces
questions ne présente qu’un intérêt
limité. Pour dégager du temps et des ressources,
je suggérerais que l’Assemblée générale
soit saisie moins fréquemment de certains points de
l’ordre du jour ayant
trait à des questions de sécurité et
de désarmement d’ordre général,
renvoyées à la Première Commission, lorsque
ces points ont un caractère thématique et ne
sont pas liés à une question d’actualité
(Parmi les questions qui pourraient faire l’objet de
cette mesure, figurent les suivantes : « Les progrès
de la téléinformatique dans le contexte de la
sécurité internationale », « Le
rôle de la science et de la technique dans le contexte
de la sécurité internationale et du désarmement
», « Législations nationales relatives
au transfert d’armes, de matériel militaire et
de produits
de techniques à double usage », « Respect
des normes relatives à l’environnement dans l’élaboration
et l’application des accords de désarmement et
de maîtrise des armements », « Mesures de
confiance à l’échelon régional
et sous-régional », « Maîtrise des
armes classiques
aux niveaux régional et sous-régional »
et « Renforcement de la sécurité et de
la coopération dans la région de la Méditerranée
». De même, l’Assemblée pourrait
n’être saisie qu’une année sur deux
des quatre points subsidiaires ayant trait aux centres régionaux
des Nations Unies pour
la paix et le désarmement, ou elle pourrait regrouper
les résolutions portant sur ces points.). Il suffirait
d’établir des rapports sur ces questions tous
les deux ou trois ans, selon ce qui aurait été
décidé à l’issue d’une évaluation
de l’impact des rapports et de leur caractère
plus ou moins urgent.
115. La question dont l’Assemblée générale
est saisie chaque année concernant la notification
des essais nucléaires est devenue redondante depuis
l’adoption du Traité d’interdiction complète
des essais nucléaires et des normes relatives aux essais
nucléaires, établies par le Traité. Étant
donné qu’aucun progrès n’a été
fait quant au fond depuis plus de 10 ans, il y aurait également
lieu de se demander s’il convient
de continuer d’examiner la question relative à
l’application de la Déclaration faisant de l’océan
Indien une zone de paix.
116. Au fil des ans, divers groupes d’experts gouvernementaux
ont été chargés de réaliser des
études sur les questions de désarmement et ont
fait la preuve de leur utilité à travers des
rapports qui ont fait date, notamment sur les armes nucléaires,
les différentes conceptions de la sécurité
et les armes légères. Mais pour certaines questions,
ce mécanisme s’est avéré moins
efficace. Au cours des cinq dernières années,
la question des missiles sous tous ses aspects a été
confiée à deux groupes experts gouvernementaux,
dont un seulement est parvenu à s’entendre sur
un rapport de consensus. En ce qui concerne le groupe d’experts
sur les missiles, qui doit être créé en
2007 et faire rapport en 2008, il a été décidé
d’établir un rapport de consultants pour l’assister
dans ses travaux. Si on se fie à l’expérience,
il semble y avoir peu d’intérêt à
confier à un groupe un mandat fondé sur une
formule qui a été mise en pratique et a donné
des résultats insatisfaisants. S’agissant des
questions de désarmement, lorsqu’un désaccord
demeure quant au fond, on devrait envisager d’autres
moyens d’examen qui pourraient permettre de sortir de
l’impasse : constitution de groupes plus restreints,
organisation de réunions sous diverses formes ou encore
engagement de consultants.
117. Par sa résolution 1284 (1999), le Conseil de
sécurité a créé la Commission
de contrôle, de vérification et d’inspection
des Nations Unies, qui a été chargée
de vérifier que l’Iraq respectait l’obligation
qui lui était faite de ne pas employer, mettre au point
ni fabriquer des armes biologiques et chimiques et des missiles
et autres vecteurs d’une portée supérieure
à 150 kilomètres et de contrôler le désarmement
de l’Iraq à cet égard. Il est couramment
admis que la Commission a acquis une expérience considérable,
notamment dans les domaines des armes
chimiques et des vecteurs, et qu’elle possède
des compétences qui n’existent nulle part ailleurs
dans le système multilatéral. Compte tenu de
l’évolution de la situation en Iraq, il conviendrait
peut-être que le Conseil de sécurité revoie
le mandat de la Commission, et réfléchisse à
la manière dont on pourrait tirer parti de certains
domaines de compétence de la Commission et notamment
de son fichier d’experts
techniques.
118. Les activités du Comité consultatif permanent
des Nations Unies chargé des questions de sécurité
en Afrique centrale pourraient être examinées
dans la même optique, en tenant compte des résultats
auxquels ont abouti les débats du Comité ces
dernières années, des réalisations obtenues
au regard du nombre de réunions tenues et des lieux
où celles-ci ont été organisées,
et d’autres facteurs pertinents.
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