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III. Défis essentiels
16. Il apparait que pour être en mesure de procéder
utilement à un examen véritablement exhaustif des
mandats les États Membres doivent disposer d’outils
et de données qui leur permettent de mieux exercer leur droit
de regard sur ces mandats, en apprécier l’utilité
et voir en quoi chacun de ces mandats concourt à la réalisation
des objectifs prioritaires globaux de l’Organisation. Il faudrait
réfléchir à nouveau au cycle de vie des mandats,
qui va de leur adoption au moment où il faut décider
de les proroger, de les modifier ou de les supprimer, en passant
par leur financement et leur exécution. Le système
actuel ne permet pas véritablement à tel organe intergouvernemental
qui a adopté une résolution d’en apprécier
l’utilité du mandat sous l’angle général
des activités de l’Organisation, lorsqu’il est
amené à se prononcer par la suite sur le sort à
réserver à ce mandat. Ce cycle n’obéit
à aucune continuité et on ignore à qui incombe
le suivi de telle ou telle phase. Il arrive que le soin de décisions
portant modification de mandats ou de priorités relatifs
aux programmes soit confié à des organes qui ne sont
pas nécessairement habilités à prendre de telles
décisions.
17. En ce qui concerne le renouvellement et l’adoption des
mandats, il faudrait améliorer considérablement le
système afin de garantir que l’organe intergouvernemental
qui est à l’origine d’un mandat soit informé
en temps opportun, clairement et en toute transparence, de l’utilité
de celui-ci. Ainsi, l’organe en question doit notamment savoir
si le mandat a été exécuté et dans quelle
mesure et en quoi son exécution a concouru à la réalisation
des objectifs généraux de l’Organisation, ce
qu’il reste à faire et à financer, et si le
mandat a toujours la même utilité. Il doit aussi, et
c’est important, savoir exploiter cette information. Au cours
des consultations sur l’examen des mandats, nombre de délégations
ont précisé qu’elles souhaitaient, aux fins
de cet examen, être mieux renseignées sur l’état
d’avancement de l’exécution de chaque mandat
et quant à savoir si les activités prescrites concouraient
effectivement à la réalisation du but recherché.
Or, les organes délibérants ne sont pas saisis à
l’heure actuelle en temps opportun, d’éléments
d’information concis et transparents sur ces questions, et
s’en passent donc pour prendre les décisions. (Il ressort
du rapport sur la réforme de la gestion intitulé « Investir
dans l’Organisation des Nations Unies » (A/60/672)
qu’il faudrait absolument assurer le financement de l’évaluation
des résultats et renforcer cette activité, comme
prescrit dans plusieurs résolutions.)
18. Cette lacune de taille a aggravé ou exacerbé
les problèmes suivants, que l’on retrouve dans tous
les domaines d’activité et départements de l’Organisation :
Pléthore de rapports à établir
19. Le symptôme le plus flagrant de l’absence de système
cohérent d’évaluation des mandats et de leur
utilité est la masse écrasante des rapports demandés
au Secrétariat sans aucune coordination. Environ un mandat
sur trois consiste dans l’établissement d’un
rapport, activité qui est ainsi la plus fréquemment
prescrite dans une résolution. Rien qu’en 2005, 1 200
rapports et documents directifs ont été présentés
aux États Membres. Sans parler des centaines d’exposés
détaillés que le Secrétariat est amené
à faire souvent à l’occasion de débats
consacrés à la même question par différents
organes intergouvernementaux. Mais la masse d’informations
à digérer est également une charge pour les
États Membres. Bien des rapports demandés dans l’optique
étroite de telle ou telle résolution n’envisagent
pas les activités de l’Organisation dans leur globalité.
Il arrive qu’un rapport soit dicté par un compromis
politique et non par un réel besoin d’information susceptible
d’éclairer un certain domaine. Il est souvent demandé
des rapports qui font double emploi, et les directives gouvernant
certains rapports en série ne sont pas actualisées
en fonction de l’évolution des circonstances ou des
besoins.
20. Cette pléthore de documentation de caractère
descriptif et analytique est à l’origine de plusieurs
problèmes. Pour commencer, la qualité des rapports
en pâtit, et la teneur est difficile à débrouiller.
Ensuite, on consacre des ressources humaines et financières
à l’établissement, à la traduction et
à la publication de nombreux rapports, au lieu de chercher
à en améliorer la qualité. De plus, les délégations
sont submergées, surtout les petites qui ont moins de moyens
pour trier et exploiter l’avalanche d’informations émanant
du Secrétariat, si bien que nombre de rapports ne sont pas
lus. Enfin, comme d’ordinaire ils n’appréhendent
pas toute la mesure de l’activité de l’Organisation
dans tel ou tel domaine, les États Membres ont du mal à
dire en quoi tels ou tels mandats et directives concourant à
la réalisation des objectifs de l’Organisation, et
sont ainsi d’autant moins en mesure d’exercer leur droit
de regard et de procéder à l’examen stratégique
des questions de fond.
Chevauchement d’activités entre les organes principaux
et à l’intérieur de ces organes
21. La Charte délimite les différentes responsabilités
des principaux organes, mais, au fil des ans et du fait de la complexité
croissante des problèmes et de la prolifération des
situations nouvelles dans le monde, la division du travail par rapport
aux réalités sur le terrain est devenue moins nette.
Comme je l’ai fait observer dans mon rapport intitulé
« Dans une liberté
plus grande : développement, sécurité
et respect des droits de l’homme pour tous »
(A/59/2005), la pauvreté et le déni des droits de
l’homme peuvent être des facteurs d’instabilité,
de violence et de criminalité, en même temps que la
guerre et les conflits peuvent faire reculer le processus de développement.
Les problèmes étant ainsi liés les uns aux
autres, il y a inévitablement des chevauchements entre organes,
et il est souhaitable que les choses soient envisagées selon
différentes perspectives. Néanmoins, dans la plupart
des cas, le manque de coordination et l’adoption de nombreux
mandats et directives voisins par différents organes – voire
par le même organe – peuvent être sources
de confusion, de doublon et de gaspillage.
22. Année après année, l’Assemblée
générale, le Conseil économique et social et
le Conseil de sécurité continuent d’arrêter
des mandats et directives, parfois même au titre de différents
points de l’ordre du jour d’un même organe, sur
des questions qui ont déjà fait l’objet de résolutions,
et ce, d’ordinaire sans aller jusqu’à proposer
des idées ou approches nouvelles. Faute de directives limpides
des organes principaux, de nombreuses composantes du Secrétariat
et du système des Nations Unies mènent dans le désordre
une multitude d’activités dans le même domaine.
Des mécanismes d’exécution lourds et superfétatoires
23. En dépit des nombreux succès remportés
par l’ONU, la prolifération des résolutions
a donné naissance à des mécanismes d’exécution
des mandats dans les domaines prioritaires qui, dans certains cas,
se chevauchent, ne sont pas coordonnés et sont contradictoires :
le tout est moins que la somme des parties. On ne cesse de créer
de nouveaux mécanismes, sans préciser le sort à
réserver aux mandats antérieurs touchant les mêmes
questions, ceux-là survivant pendant des années. Aux
mandats créant des entités, des mécanismes
ou des instances de concertation viennent s’ajouter d’autres
portant sur le même sujet ou se substituer à de nouveaux
organes, alors que leurs activités auraient dû être
regroupées, éliminées plus ou moins rapidement
ou modifiées. Dans certains domaines, le gaspillage d’énergie
tient aussi à des mandats créés par des organes
subsidiaires ou par les conseils d’administration des fonds
et programmes.
Disparité entre mandats et ressources allouées
24. Un des grands points forts de l’ONU, que les études
confirment l’une après l’autre, tient à
son aptitude à mener de nombreuses activités sur le
terrain avec des moyens bien en deçà de ceux qu’il
faudrait à des gouvernements pour produire les mêmes
résultats. Mais ce niveau d’efficience a été
atteint en dépit du fait qu’on a souvent empêché
l’ONU de déployer la plénitude de ses capacités.
25. Surtout pour le Secrétariat, un problème fondamental
qui revient sans cesse est la prescription, année après
année, de centaines de mandats qui doivent être exécutés
dans les limites de moyens financiers qui ne suivent pas. Aux activités
existantes, les États Membres rajoutent des responsabilités
supplémentaires, sans en prévoir le financement ni
donner des indications sur la manière de redistribuer les
ressources, ce qui n’est pas sans nuire à l’Organisation
et aux gens pour le bien de qui elle travaille. L’Organisation
n’est crédible que dans la mesure où elle tient
ses promesses.
26. Pour ma part, je n’aurais de cesse que les États
Membres me donnent les moyens les plus efficaces et économiques
d’exécuter tous leurs mandats. Si elles sont adoptées,
les mesures de réforme de la gestion que j’ai proposées,
iront dans ce sens. Elles devraient nous permettre d’éliminer,
ou au moins de réduire nettement, la disparité entre
les mandats et les ressources allouées : les mandats
et mécanismes actuels seraient pris en compte; on serait
sûr que les mandats correspondent à des besoins actuels
et à des priorités stratégiques; un système
serait mis en place pour examiner régulièrement, et
éventuellement regrouper, les mandats déjà
anciens qui ne correspondent plus aux priorités des États
Membres; des ressources suffisantes seraient prévues, et
débloquées en temps voulu.
Une manière d’avancer
27. On pourrait s’attaquer à certains de ces problèmes
en renforçant le système de manière à
améliorer le contrôle de l’exécution des
mandats exercé par les États Membres à la faveur
d’outils meilleurs et d’échanges plus fructueux
avec le Secrétariat. Un dialogue stratégique entre
les États Membres et le Secrétariat permettrait aux
premiers de voir si les mandats sont effectivement mis en œuvre
et en quoi leur exécution concourt à la réalisation
des principaux objectifs et priorités de l’Organisation.
Le système en serait plus transparent, et les États
Membres pourraient, lorsqu’ils envisagent d’adopter
ou de renouveler des mandats, se prononcer en toute connaissance
de cause, quant à la trajectoire qu’ils souhaiteraient
tracer à l’Organisation.
28. Pour que ce mécanisme soit efficace, dans un système
où l’organe intergouvernemental donne des directives,
suit la mise en œuvre, prend les mesures de suivi nécessaires
et décide de créer ou non des mandats, il faut que
trois outils soient élaborés et utilisés plus
stratégiquement :
a) Rapports et documentation demandés. Il faudrait
améliorer et regrouper les rapports afin qu’ils apportent
à point nommé des éléments d’information
concis et clairs, d’une manière qui répond
aux besoins des États Membres sans surcharger le Secrétariat;
b) Suivi et évaluation des mandats. L’organe
principal qui est à l’origine d’un mandat devrait
être informé de son utilité et savoir comment
il s’inscrit dans le programme de travail général
de l’Organisation, lorsqu’il est amené à
se prononcer sur des mandats à venir. À cette fin,
l’information d’évaluation revêt une
importance cruciale : il faut l’améliorer;
c) Décisions et résolutions des organes délibérants.
Les États Membres devraient, lorsqu’ils adoptent
une résolution, fixer des orientations et des objectifs
stratégiques, et, aux fins d’une plus grande responsabilisation,
le Secrétaire général devrait déterminer
quelle entité ou département est le plus qualifié
pour prendre la tête des activités de mise en œuvre.
Rationaliser la documentation
29. Le problème de la surabondance de rapports et de documentation
n’a rien de nouveau. J’ai même proposé,
dans mon rapport intitulé « Renforcer
l’ONU : un programme pour aller plus loin dans le changement »
(A/57/387 et Corr.1), des moyens de s’y attaquer, et quelques
progrès ont été accomplis. Mais il reste à
faire. Aujourd’hui plus que jamais, il faut absolument faire
en sorte que le Secrétariat produise l’information
stratégique de manière novatrice, en répondant
à ce qu’est réellement la demande de connaissance
des activités de l’ONU. Sur ce point, qu’il me
soit permis de m’inspirer d’idées proposées
dans mon rapport intitulé « Investir
dans l’Organisation des Nations Unies pour lui donner les
moyens de sa vocation mondiale » (A/60/692) pour
faire les suggestions suivantes :
30. Outre le rapport annuel détaillé contenant l’information
financière et programmatique, qui est proposé dans
le rapport susmentionné, il pourrait s’établir
des rapports analytiques regroupant l’information relative
aux domaines d’activité essentiels et aux grandes questions
d’orientation générale, plutôt que des
rapports distincts par point de l’ordre du jour. Une série
de rapports sur les questions d’orientation essentielles pourrait
être établie tous les deux ans sur chacun des domaines
d’activité prioritaires de l’Organisation. Des
rapports complémentaires plus courts consacrés à
la situation dans tel ou tel pays ou région, ou à
tels ou tels problèmes, pourraient être présentés
selon les besoins, ou comme suite à une demande expresse.
Les questions touchant aux activités d’organismes ou
programmes des Nations Unies extérieurs au Secrétariat
pourraient faire simplement l’objet d’un renvoi aux
documents pertinents de l’entité concernée.
Les États Membres recevraient ainsi une information plus
stratégique et plus diversifiée sur les grands problèmes
du jour dans chaque domaine thématique, cependant que l’on
réduirait ainsi la masse des documents établis et
produits par l’Organisation et l’on relèverait
le niveau de qualité de ses travaux.
31. Une grande partie de la documentation provient des États
Membres, qui rendent compte de la manière dont ils s’acquittent
de leurs obligations conventionnelles. Il en résulte un surcroît
d’informations à examiner, et une charge énorme
pour les services de traduction. Les rapports et communications
présentés par les pays devraient être enfermés
dans des limites de pages, et devraient lorsque ces limites sont
dépassées être renvoyés au pays, à
qui il incomberait de les ramener à la longueur réglementaire.
En outre, les organes subsidiaires, en particulier ceux du Conseil
économique et social, devraient imposer une présentation
standard grâce à laquelle les documents se liraient
plus facilement et l’information y serait plus facile à
trouver. Les États Membres pourraient se pencher à
nouveau sur la question du nombre de séances devant donner
lieu à l’établissement de procès-verbaux.
On pourrait ainsi envisager que ceux-ci soient réservés
aux séances plénières du Conseil de sécurité,
au débat général de l’Assemblée,
aux réunions spéciales ou de haut niveau et aux séances
où des projets de résolution ou de décision
sont examinés. Pour les autres réunions, on se contenterait
de comptes rendus analytiques. Le Secrétariat formulera éventuellement,
le moment venu, d’autres suggestions concernant ces questions.
Amélioration de l’exécution des mandats grâce
à l’évaluation stratégique
32. Lorsqu’ils ont envisagé de procéder à
l’examen des mandats, les États Membres ont demandé
si les données nécessaires à cet examen étaient
disponibles. Ils ont souhaité recevoir une liste des mandats
pour avoir une vue d’ensemble de tout ce qu’ils ont
demandé, sachant qu’il leur faudrait plus d’éléments
d’information pour décider si tel ou tel mandat mérite
d’être maintenu, a perdu son utilité ou a besoin
d’être renforcé, modifié ou regroupé
avec d’autres.
33. Comme je l’ai déjà fait observer dans
le rapport sur la réforme de la gestion (« Investir
dans l’Organisation des Nations Unies »), le
Secrétariat ne peut être bien géré que
si les États Membres assurent une bonne gouvernance. Il faut
pour cela que les organes principaux aient une idée claire
et complète de ce que fait l’Organisation, en particulier
lorsqu’ils envisagent d’adopter ou de proroger une résolution,
et qu’ils sachent si le programme nouvellement prescrit vient
compléter des programmes existants et des activités
en cours ou s’inscrire dans leur prolongement, et ce qu’il
peut apporter à la réalisation des objectifs généraux
de l’Organisation. Le système actuel ne permettant
pas du tout aux organes intergouvernementaux de suivre facilement
la manière dont leurs mandats sont exécutés
ni de cerner le contexte stratégique, ces organes risquent
davantage d’adopter des résolutions qui se chevauchent.
Il faudrait que l’information dont ils ont besoin soit synchronisée
avec le cycle d’adoption, d’exécution et de renouvellement
des mandats, de sorte que les États Membres puissent mieux
exercer leur droit de regard sur l’exécution des mandats.
34. Le Secrétariat sera d’autant plus en mesure de
fournir des éléments d’information stratégiques
et détaillés pour le suivi et l’évaluation
des programmes prescrits, qu’il dispose de ressources et pourra
entretenir un dialogue avec les États Membres. L’Assemblée
générale a eu beau adopter plusieurs résolutions
dans lesquelles elle demandait des évaluations (voir notamment
les résolutions 37/234,
48/218
B, 53/207,
58/269
et 59/275,
dans lesquelles l’Assemblée générale
a demandé que les capacités d’évaluation
soient renforcées), ces outils ont été d’autant
moins opérants que les moyens faisaient défaut. Au
cours de l’exercice biennal 2004-2005, le montant consacré
aux activités de suivi et d’évaluation n’a
pas dépassé 0,35 % du budget ordinaire, alors
que la norme se situe à au moins 2 ou 3 % dans les autres
grosses organisations.
35. De ce fait, les évaluations ont été peu
approfondies et d’une portée limitée, et il
y en a eu trop peu. Comme je l’ai signalé dans mon
rapport sur la réforme de la gestion, les comités
techniques chargés de s’occuper en détail des
résultats et de la budgétisation ne disposent pas
comme il le faudrait d’éléments d’information
de cette nature. Le rapport sur l’exécution des programmes
que le Bureau des services de contrôle interne publie à
la fin de chaque exercice biennal donne certaines indications sur
la manière dont les mandats ont été exécutés,
mais ses analyses ne sont pas validées rigoureusement à
l’issue d’une évaluation indépendante
et objective. En outre, l’information dont on dispose actuellement
n’est pas suffisamment analytique pour permettre aux États
Membres d’apprécier l’utilité des mandats
au regard des objectifs poursuivis et de dire lesquels convient
de renouveler, de maintenir, de supprimer ou de modifier. S’il
est décidé d’appliquer les réformes proposées
dans « Investir dans l’Organisation des Nations
Unies pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale »,
un grand progrès sera réalisé tant sur le plan
de l’action que sur celui de la transparence.
36. Certes, la procédure de budgétisation permet
de mettre le doigt sur les activités qui ne sont plus prioritaires
ou d’actualité en vue d’y mettre fin, conformément
aux règles et règlements qui régissent la planification
des programmes, les budgets et les activités de suivi et
d’évaluation (ces règles et règlements
sont énoncés dans le bulletin du Secrétaire
général publié le 19 avril 2000 sous la cote
ST/SGB/2000/8
et intitulé « Règlements et règles
régissant la planification des programmes, les aspects du
budget qui ont trait aux programmes, le contrôle de l’exécution
et les méthodes d’évaluation »),
et permet aussi d’apporter certaines modifications au niveau
de l’appui aux programmes, mais ne permet pas de dégager
et d’utiliser comme il conviendrait les éléments
d’information et les analyses relatives à l’utilité
générale des programmes voulus par des organes délibérants.
Il faut absolument qu’une analyse approfondie des mandats,
suivie de décisions stratégiques prises en fonction
de l’utilité des mandats et des priorités des
États Membres, soit réalisée par ceux qui ont
le pouvoir de renforcer, de supprimer, de modifier ou de renouveler
les mandats. Comme l’ont indiqué la plupart des États
Membres, ces décisions ne peuvent être prises par des
comités à vocation technique, mais seulement par les
organes intergouvernementaux dont sont issus les mandats.
37. Afin que ces organes examinent les mandats qu’ils ont
arrêtés et prennent des décisions stratégiques
à leur sujet, je propose que le Secrétariat leur donne
des renseignements sur les mandats proposés dans tout projet
de résolution, tout comme il indique les incidences financières
de tout projet de résolution au moment de son examen. Les
éléments d’information fournis pourraient comprendre :
a) l’état d’avancement de l’exécution
des mandats antérieurs intéressant la même question,
ainsi qu’une évaluation des résultats obtenus;
b) la mesure dans laquelle le mandat envisagé viendrait compléter
ce qui existe déjà comme mécanismes, conférences,
rapports et activités; et c) en quoi l’exécution
du mandat pourrait concourir à la réalisation des
objectifs généraux de l’Organisation.
38. Une des retombées intéressantes de la réalisation
de cette analyse a été la mise en place du répertoire
en ligne des mandats, qui permettra aux États Membres de
trouver, de voir et de comparer les mandats qu’ils ont adoptés.
Dans un premier temps, ils pourraient aussi se servir du répertoire
comme simple outil de suivi, pour s’informer de l’état
d’avancement de l’exécution des mandats, comme
l’ont demandé plusieurs délégations.
Dans un souci d’utilité, je demanderai aux directeurs
de programme d’indiquer régulièrement dans le
répertoire si tel ou tel mandat a été exécuté
ou est en cours d’exécution. Le répertoire en
ligne ayant déjà été mis au point parallèlement
au présent rapport, peu de dépenses supplémentaires
seront nécessaires en dehors des frais ordinaires de maintenance,
de mise à jour et, si on le demande, de développement
du système. C’est au moins là un point de départ
pour la fourniture d’information aux États Membres
sur les mandats, qui pourrait un jour trouver sa place dans d’autres
systèmes d’information de gestion.
39. En outre, cela fait plusieurs années qu’on se
plaint de manquer d’évaluations rigoureuses et régulières
des prestations et des résultats. J’espère que,
l’accent étant à nouveau mis sur l’amélioration
de l’efficacité de l’Organisation, les États
Membres feront preuve d’esprit de décision et donneront
suite rapidement à toute recommandation visant à renforcer
les activités d’évaluation, y compris les recommandations
qui pourront provenir de l’examen global du dispositif de
gouvernance et de l’évaluation du dispositif de contrôle.
Fixer des axes stratégiques pour les mandats
40. Pour veiller à ce que leurs directives soient convenablement
suivies, les États Membres devraient envisager, lorsqu’ils
adoptent une résolution, de préciser clairement les
objectifs assignés à l’exécution du mandat
ainsi arrêté.
41. Ces dernières années, les États Membres
ont commencé, dans certains cas, à préciser
quelle entité devrait être chargée d’exécuter
tel ou tel mandat, ou bien, dans d’autres cas, à indiquer
que le mandat doit être exécuté par « toutes
les entités concernées ». C’est en
partie là l’origine des mécanismes trop compliqués
et de la mauvaise répartition des tâches entre les
différents départements et entités. Aux fins
de la responsabilisation et du renforcement de la coordination des
activités d’exécution, c’est le Secrétaire
général qui devrait décider quel département
ou entité est le plus compétent pour jouer le rôle
de chef de file dans l’exécution de tel mandat. On
parviendrait sans doute ainsi à réduire les chevauchements
et à ceci que les priorités des États Membres
seraient mises en œuvre par le département dont les
capacités et les compétences sont les plus adaptées.
42. Cela étant, je continuerai à appuyer l’action
menée par les États Membres pour rationaliser les
mandats dans les différents domaines thématiques,
en leur présentant des analyses et des options à étudier.
Ces suggestions seront également soumises au Groupe d’experts
de haut niveau sur la cohérence à l’échelle
du système, que j’ai créé récemment
comme suite à une demande formulée dans le Document
final du Sommet mondial de 2005, où j’étais
invité à entreprendre de renforcer encore la gestion
et la coordination des activités opérationnelles des
Nations Unies (Voir la résolution
60/1, par. 169.). Par la suite, il faudra également que
le Secrétariat soit prêt à faciliter l’examen
des mandats arrêtés par des organes subsidiaires, si
les États Membres décident d’élargir
encore la portée de l’examen des mandats.
43. Enfin, les États Membres souhaiteront peut-être
mieux coordonner l’examen des résolutions par les différents
organes, afin de réduire, si possible, le risque de voir
ces organes adopter des mandats incohérents ou se chevauchant.
Ils souhaiteront peut-être réfléchir plus avant
à la question de savoir quel organe intergouvernemental il
convient de désigner comme principal centre du débat
sur certaines questions, ainsi que des moyens d’améliorer
la coordination entre les organes principaux pour les questions
qui intéressent tous les organes. Dans le premier cas, il
faudrait coordonner et regrouper les débats tenus par un
même organe sur des résolutions portant sur des questions
de même nature, en se gardant de dissocier ces débats
de l’examen des résolutions effectué par les
organes subsidiaires et les autres organes principaux. Quelques-uns
des domaines où ce problème se pose sont signalés
dans le présent rapport.
44. Il ne s’agit ici que des premières mesures à
prendre pour améliorer le déroulement du cycle de
vie des mandats. Elles seront complétées par ce qui
ressortira de l’examen global du dispositif de gouvernance
et de ce qui se fait actuellement en vue de revitaliser l’Assemblée
générale et de renforcer le rôle du Conseil
économique et social, ainsi que par des décisions
prises pour doter les États Membres d’outils meilleurs
pour exercer leur droit de regard, donner des orientations stratégiques
aux activités de l’Organisation et dialoguer avec le
Secrétariat.
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