24 juin 2026

Le 16 juin, le Département des opérations de paix (DPO) a organisé à New York une réunion de haut niveau, coorganisée par les gouvernements du Canada, de l’Allemagne, de l’Uruguay et de la Zambie, afin de réaffirmer les engagements et d’accélérer les progrès concernant la participation des femmes en uniforme aux opérations de maintien de la paix.

Cette rencontre a rassemblé les pays fournissant des contingents militaires et de police, ainsi que ceux fournissant du personnel gouvernemental dans les domaines de la justice et de l’administration pénitentiaire.

« La parité entre les sexes est un impératif opérationnel », a souligné le représentant de la Zambie. « Des opérations de paix plus inclusives sont plus solides. » Elles bénéficient d’un meilleur accès aux communautés locales, d’un niveau de confiance accru, d’une collecte d’informations et d’une anticipation des risques améliorées, ainsi que d’une réponse plus efficace.

Depuis l’adoption de la Stratégie uniforme pour la parité entre les sexes (2018-2028) [en anglais], les missions sont mieux outillées pour soutenir aussi bien les hommes que les femmes. La participation des femmes est passée de moins de 5 % à plus de 10 %. Ces avancées restent toutefois fragiles en raison de contraintes financières et d’obstacles structurels persistants, notamment pour les postes militaires et les fonctions de direction.

Les intervenants ont souligné la nécessité d’élargir l’accès des femmes à tous les postes, y compris aux fonctions de direction, en renforçant les processus de recrutement, de formation et d’évolution de carrière à l’échelle nationale. Le représentant de l’Uruguay a insisté sur l’importance de l’échange d’expériences entre les pays contributeurs, afin « d’apprendre et de progresser collectivement ».

Les participants ont également souligné l'importance de renforcer un leadership sensible au genre. « Cela exige davantage qu'une simple augmentation des effectifs, cela nécessite une responsabilité institutionnelle », a déclaré le représentant du Cambodge.

Les intervenants du Bureau des affaires militaires, de la Division de la police et du Service de la justice et des services pénitentiaires du DPO ont tous souligné la nécessité de créer des environnements propices, notamment en assurant des aménagements adéquats, des services de santé et une culture de travail inclusive.

Le représentant du Rwanda a souligné l’importance de conditions qui « permettent aux femmes de servir et d’exercer des fonctions de direction, et garantissent qu’elles puissent apporter une contribution significative à tous les niveaux ».

Le Réseau des femmes en uniforme du maintien de la paix, une initiative clé soutenant ces priorités, est désormais déployé dans toutes les missions et compte environ 1 800 membres originaires de plus de 90 pays. Il renforce le soutien entre pairs, améliore l’accès à l’information et porte la voix des femmes pour éclairer la prise de décision. L’Allemagne a exhorté les États membres à soutenir ce réseau, soulignant qu’il « contribue au succès des opérations de maintien de la paix ».

Alors qu'il ne reste que deux ans pour atteindre les objectifs de la Stratégie de parité entre les sexes au sein des contingents en uniforme, les participants ont souligné la nécessité d'éliminer les obstacles persistants grâce à un engagement soutenu, des partenariats et des actions concrètes.

« Ce n'est pas aux femmes membres des forces de maintien de la paix qu'il incombe de relever ce défi. C'est le devoir de l'ensemble de l'architecture de maintien de la paix », a conclu le représentant du Canada.